Le réchauffement a-t-il dépassé le point de non-retour?

Que se passerait-il si les émissions de carbone s’arrêtaient?

Une nouvelle publication suggère que le réchauffement climatique a dépassé le point de non-retour. Si l’Humanité disparaissait demain, il continuerait et atteindrait  2,3°C en 2070. Après cette période, les températures baisseraient mais augmenteraient de nouveau  quelques dizaines d’années plus tard et atteindraient environ 4°C en 2500.

Le modèle ESCIMO de Jorgen Randers et Ulrich Goluke aboutit à la conclusion que nous avons atteint la température où le permafrost fond lentement, où sa fonte continuera et provoquera un léger dégagement de méthane qui alimentera le réchauffement au cours des prochaines centaines d’années.

Il modèle le réchauffement à court et moyen terme, sans entrer dans les grands cycles du climat terrestre.

Le modèle est simple, clairement décrit dans un article que je peux lire et critiquer. Cela me plaît beaucoup. Les modèles climatiques complexes sont publiés comme ‘modèle x qui utilise modèle y’ et finalement je ne vois pas quels phénomènes naturels ils incluent et lesquels ils omettent, je crains qu’ils n’oublient l’importance du carbone du Vivant, c’est à dire des plantes, des animaux, et des bactéries sur la Terre.

Je critiquerais le modèle ESCIMO car il considère uniquement que le réchauffement peut accroître l’absorption du CO2 par la Biosphère.  Celle-ci peut cependant aussi être réduite par les sécheresses, comme celles que nous avons observé dans le Nord de la France récemment, et provoquer une importante émission de carbone du sol. D’après moi, ce point pourrait être amélioré.

Le modèle est accessible sur le site http://www.2052.info/ESCIMO/. Il peut être installé sur un ordinateur personnel et utilisé pour visualiser immédiatement l’effet des différentes mesures politiques.  Le site contient toutes les données qui ont servi de base à l’excellent livre 2052 de Joergen Randers, divers articles et présentations.

Rôle de l’océan et du permafrost

Le professeur Michael Mann a fortement critiqué ce modèle (CleanTechnica, USA Today), plus simple et différent des modèles classiques du climat terrestre.  Il calcule quant à lui que si nous arrêtions les émissions de carbone aujourd’hui, le réchauffement s’arrêterait, à cause de la dynamique des océans, qu’il estime mieux décrite dans d’autres modèles.

Cependant, les conclusions du modèle ESCIMO sont basées sur la fonte du permafrost, que le professeur Michael Mann a sérieusement mis en doute récemment parce qu’elles ne sont pas publiées de manière rigoureuse. Le permafrost terrestre et sous-marin semble pourtant dégeler rapidement et à grande échelle. Les spécialistes du permafrost sous-marin, Natalia Shakova (blog blog), les expéditions récentes qui étudient le permafrost sous-marin International Shelf Study Expeditions 2020), observent qu’il dégèle plus vite et profondément que prévu par les modèles.  Ces conclusions ne sont pas encore acceptées par la communauté de climatologues et ne sont pas inclues dans les principaux modèles. Les prévisions d’ESCIMO pourraient mieux prendre en compte la situation actuelle, et moins les reconstructions géologiques des climats passés. Cela montre que l’évolution du permafrost doit être très attentivement surveillée.

Les émissions de carbone continuent

Les calculs de Michael Mann et de Joergen Randers aboutissent à des conclusions différentes sur un point très théorique, à savoir comment évoluerait le climat si les émissions humaines cessaient demain, si toutes les chauffages et les usines au charbon s’arrêtaient.

L’Humanité est toujours là, avec sa civilisation industrielle basée sur la croissance économique infinie.  Les émissions de carbone continuent, le réchauffement augmente, et si nous continuons nos émissions de carbone incontrôlées, nous dépasserons le point de non-retour, et nous provoquerons un réchauffement plus fort et plus rapide.

Michael Mann  est connu pour avoir attiré l’attention sur la gravité du changement climatique. Il a par exemple signé un appel qui demande de diminuer le carbone atmosphérique.  En complément d’une réduction d’émissions de carbone à zéro, il conseille d’extraire d’immenses quantités de carbone de l’atmosphère, pour éviter des siècles de catastrophes.  Malgré les différences des modèles, ces scientifiques s’accordent sur l’urgence à agir pour le climat.

Le non-respect de l’accord de la COP21 serait plus grave qu’un génocide

Un réchauffement de plus de 4°C pourrait, selon certains experts, causer plus de six milliards de morts sur la Planète. Il provoquera la mort de nations, et aucun pays, aucune ville ne sera à l’abri. Le climat provoque déjà des effets graves, cette année des inondations des terres agricoles du Midwest ont réduit la production de maïs américaine, et les records de chaleur ont provoqué une sécheresse dans le delta du Mékong, grand producteur de riz, qui l’exporte dans le monde entier.

Le retrait récent de Etats-Unis de la COP21 ouvre la voie à la destruction des conditions de vie des pays du Sud. Il entraînerait des génocides de plusieurs peuples particulièrement exposés au changement. Les dirigeants américains mettent aussi leur peuple en danger.

C’est même plus grave, il pourrait mener à la disparition de toute l’Humanité, de tous les peuples de la Planète, ou en tout cas d’une grande partie de leur population.

Pensent-ils à maîtriser le climat d’une manière autre que les recommandations actuelles des experts, qui pourrait être aussi dangereuse?

Lors de la COP21, les spécialistes ont insisté sur la nécessité de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, plutôt à 1,5°C. Ils supposent qu’au-dessus de ces températures, le climat terrestre deviendrait complètement instable, et des sauts de températures rapides et forts seraient possibles. Permettre un réchauffement de plus de 2°C, c’est foncer tête baissée vers les milliards de morts et  vers la fin de la vie sur Terre.

Cette évolution du climat, provoquée par les émissions de méthane du permafrost, commence en fait déjà.

Je suis convaincue qu’on peut trouver des moyens de la maîtriser, mais il faut en faire une priorité absolue. J’espère que  les dirigeants américains, qui sont maintenant souvent confrontés à plusieurs catastrophes naturelles simultanées ou proches, changeront vite d’avis, car le climat ne s’arrêtera pas. Hier ils devaient affronter les feux de forêt en Californie et la neige au Texas. Les feux de Californie provoquent de nombreuses coupures de courant. Les catastrophes causeront souvent une réduction spontanée de l’activité économique.

Il faut peut-être aussi inventer une façon d’inciter les Etats-Unis à respecter l’accord de la COP21, ou de réduire leurs émissions de carbone d’autant.  Il en va de la survie de nos populations.

NB: Les émissions massive de méthane du permafrost pourraient provoquer d’immenses explosions, qui pourraient ressembler à la photo.

Edité le 30 octobre 2019

L’importance de six milliards de vies humaines

Un réchauffement de 4°C aurait des conséquences dévastatrices

Dans mon blog précédent j’ai discuté l’effet d’un réchauffement de 4°C. Il serait apocalyptique, et certains scientifiques ont calculé qu’il pourrait tuer environ six milliards d’humains, et que seule une petite minorité pourrait y survivre.

Les commentaires m’ont alors accusé de considérations purement émotionnelles. Je ne comprends pas très bien, je crois que je suis restée technique et factuelle.  Estiment-ils que mentionner la mort de six milliards d’humains appartient au domaine de l’émotionnel? Au nom de quelles considérations supérieures? Le cours de l’action des compagnies pétrolières?

Ou considèrent-ils ce chiffre comme exagéré? Je dois insister qu’un réchauffement de 4°C serait d’une gravité extrême, des vagues de chaleur avoisinant les 50°C en Bourgogne et en Suisse, les conséquences seraient très graves partout sur la Planète et que déjà maintenant, le climat cause des nombreuses catastrophes.

Il y a plus d’inondations, plus de vagues de chaleur et de sécheresses, d’ouragans forts,  les coraux meurent déjà, et de nouveaux dangers causés par la foudre, la grêle, les tornades semblent émerger maintenant.  A +2°C plusieurs pays vont subir de graves désastres, et de nombreux écosystèmes s’effondreront.

Pourquoi n’avons nous pas agi plus tôt?

Il y a quelques dizaines d’années, nos autorités ont décidé de ne pas éviter totalement le réchauffement et de privilégier la croissance économique. Maintenant, nous en subirons les conséquences.

Ont -ils pensé que cela n’arrivera qu’aux autres, très loin ou très tard?

Ont -ils alors délibérément décidé la mort de populations entières des pays tropicaux? A +2°C, certains pays courent de très grands risques,  il fera en moyenne 4°C de plus sur la plupart des continents (selon le rapport du GIEC 1,5°C), mais les vagues de chaleur culmineront plus haut.

L’extrême-droite nie-t-elle sciemment le problème du climat en espérant éliminer les populations des pays chauds de la surface de la Terre?

Certains estiment qu’il vaut mieux laisser la Nature se débarrasser du cancer humain et se reconstituer elle-même.  Là, je ne suis pas d’accord, pour moi l’important est de sauver les vies humaines.  D’autre part la bêtise portée à l’extrême pourrait mener à d’immenses bunkers climatisés et des avions privés par lesquels une minorité continuerait à polluer une Planète brûlante et déjà déserte.

Permettre un réchauffement de plus de 2°C, ou plus probablement de plus de 1,5°C,  équivaut à permettre un génocide.  Il deviendrait difficile de tenir le compte des morts dans le chaos généralisé, des pays entiers seraient rayés de la carte.

Nous avons tout intérêt à contenir le réchauffement

La décision de privilégier la croissance se révèle aujourd’hui néfaste, et lourde de conséquences. Le réchauffement climatique touche tous les pays. La Suisse, qui semblait tout d’abord peu exposée, sera frappée par de fortes vagues de chaleur, des glissements de terrain, des foudres et des grêles inconnues jusqu’à peu. Les conséquences s’aggraveront, ce que décris est encore en dessous de la réalité. Des petits ouragans se sont récemment aventurés au-dessus de l’Espagne, de la Grèce, et ou de l’Angleterre, mais si, à des températures supérieures, ils atteignent la taille de l’immense typhon Hagibis qui a frappé le Japon, ils couvriront toute l’Europe.

Un réchauffement de 4°C causerait d’immenses tempêtes. Chaque ville subirait des destructions et compterait des morts et des blessés.  La survie à cette hécatombe tiendrait de la chance, la civilisation succomberait vite, et nos enfants ou nos petits-enfants se battraient pour l’existence entre l’effondrement économique et le déchaînement de la Nature, se cacheraient des vagues de chaleur dans les décombres, défendraient leur potager cultivé sur les décombres de l’école actuelle, fuiraient les inondations.

C’est une mauvaise décision pour l’économie mondiale car le degré et demi ou deux degrés acceptés pour entretenir la croissance économique signifient déjà que les petites mains de cette croissance, les travailleurs du Bangladesh ou d’Inde mourront ou devront se réfugier ailleurs et ne pourront plus être les rouages de cette machine mondiale.

Les transports seront perturbés, les entrepôts inondés ou emportés par les flots et les vents et l’économie en ressentira de nombreux effets. Nous n’aurons pas les moyens de reconstruire notre civilisation de plus en plus souvent. Il coûtera toujours moins cher d’éviter l’aggravation (Lord Stern).

Nous n’avons pas le droit de détruire les conditions de vie de peuples entiers, leur Histoire, leurs cultures. Dans des nombreux pays, la température atteindra ou dépassera cinquante degrés, le sol s’effritera, l’agriculture et le travail physique seront souvent impossibles. Dans plusieurs pays d’Asie, il sera dangereux de sortir une grande partie de l’année. Le climat de plusieurs pays ne permettrait plus de cultiver des aliments. Nous en sommes responsables. Les émissions de carbone mettent en danger de nombreux pays, et les citoyens des pays émetteurs mêmes.

Nos autorités doivent absolument éviter la dégradation des conditions de vie des Humains, de tous les Humains, sur Terre. Le réchauffement climatique a déjà causé les famines du Sahel des années 1980 et ainsi que des nombreuses autres, et les pays émetteurs ou les entreprises responsables doivent en prendre la responsabilité. Au final, cela nous sauvera aussi, car le Futur climatique sera dangereux pour tout le monde.

Les bases du débat climatique: Le climat pourrait causer la mort de 6 milliards de personnes

Un jeune homme a récemment exprimé dans les colonnes du Temps l‘opinion que dans le domaine du climat, l’émotionnel a pris le pas sur le rationnel. Il appelle à l’esprit critique et au débat rationnel, mais simultanément, il ignore lui-même les informations scientifiques qui devraient former les bases du débat.

Le fondateur d’Extinction Rebellion a récemment déclaré que si nous ne prenons pas de mesures strictes, le climat pourrait causer la mort de six milliards d’humains. Cette déclaration repose justement sur des bases scientifiques.

Nous savons depuis longtemps que les bombes nucléaires pourraient effacer l’Humanité de la Planète. Le changement climatique comporte les mêmes risques, nous devons le désamorcer.
Un degré de réchauffement nous a déjà apporté plus de vagues de chaleur, plus d’inondations, plus d’ouragans forts et de feux de forêt. En 2019, la production agricole intensive du Midwest américain a été fortement perturbée par les inondations, celle de l’Iran anéantie quand 90% (la quasi-totalité) de la surface du pays ont été inondés. Le delta du Mékong, le plus grand producteur de riz de la Planète a subi des sécheresses et des chaleurs record, inédites au printemps, et sa production de riz en a souffert. L’Australie est frappée par des chaleurs record chaque année depuis quatre ans et sa production alimentaire a aussi diminué. Le Nord de l’Europe a également subi des sécheresses. Cette année déjà, les catastrophes climatiques diminuent les ressources alimentaires de la Planète. L’Index Mondial de faim relève déjà des niveaux alarmants de famine causés par le réchauffement climatique dans plusieurs pays africains (selon the Guardian).


Les vagues de chaleur et les sécheresses provoquent également des catastrophes écologiques: des feux de forêts, récemment des hécatombes de kangourous en Australie, d’hippopotames au Botswana, la mort de la Grande Barrière de corail australienne.

Cela va empirer, des vagues de chaleur plus fortes causeront des sécheresses importantes, les inondations s’aggraveront beaucoup, elles deviendront plusieurs fois plus grandes, des ouragans plus forts, des tornades et des grêles immenses frapperont les terres.

Selon le rapport du GIEC 2018, la production alimentaire de la Planète courra des risques sérieux à environ 2 degrés et demi de réchauffement.

Plusieurs scientifiques estiment que si nous laissons le réchauffement continuer jusqu’à 4°C, moins d’un milliard de personnes survivraient et donc six milliards disparaîtraient. D’autres parlent de 10% de survivants, d’autres d’un demi-milliard. The Tyee, un journal canadien, a trouvé des déclarations de nombreux scientifiques qui vont dans ce sens. Les profs Shellnhuber, Rockström, Anderson, Spratt, Dunlop ont fourni ces estimations. Le professeur d’écologie Guy McPherson prévoit des événements très dangereux avant même 2050. Imaginez qu’à +4°C, il fera en moyenne +8°C au milieu des continents, et les vagues de chaleur monteront plus haut, plus de dix degrés au dessus des maxima actuels. Une étude a spécifiquement établi que dans notre région, les vagues de chaleur pourraient atteindre 50°C et seraient directement mortelles, mais elles anéantiraient aussi  notre production agricole. Les vaches y succomberont vite.

Ces faits scientifiques doivent constituer les bases du débat sur le climat, et ils ont provoqué l’accord de la COP21 en 2015.

Le danger est immense. Les solutions existent, et nous devons maintenant ouvrir les yeux et les appliquer de façon responsable.

Nous pouvons sûrement survivre au méthane qui bouillonne dans la mer de Sibérie

Des bulles inquiétantes

Une expédition sur la mer de Sibérie a récemment découvert des bulles de méthane à la surface de l’eau.  Cette mer recouvre une immense plateforme, à une centaine de mètres de profondeur.  Celle-ci est constituée de terre gelée depuis des millénaires, qui a été submergée lorsque le niveau des mers est monté.  Dès qu’elle dégèle, elle émet du méthane. Ce gaz produit un effet de serre très important. Les scientifiques se sont demandés si le gaz est géologique, provenant des profondeurs de la terre, ou produit par la fermentation de restes végétaux gelés dans le sol. Certaines études ont montré qu’il est organique, ie provient des plantes ou d’animaux préhistoriques.  D’autres suggèrent que le permafrost pourrait contenir d’énormes quantités de méthane, et qu’il dégèle plus vite et plus profondément que prévu (travaux de Natalia Shakova). Une scientifique estime que ce gaz va diffuser à travers le fond marin si la température monte.  A d’autres endroits des poches de méthane d’origine géologique ont été trouvés .

Le permafrost contient d’énormes quantités de carbone.  Lorsque la mer de Sibérie était recouverte de glace, les faibles quantités de gaz se dissolvaient dans l’eau, restaient piégées sous la glace et se dégradaient lentement, spontanément ou consommées par des bactéries méthanotrophes.  Maintenant, la surface est souvent libre de glace, la température de l’eau augmente, des courants chauds de l’Atlantique atteignent l’océan Arctique. Des champs de bulles de méthane ont été observés dans le fond marin par l’expédition Swerus-C3). Cette année, le méthane jaillit du fond en geysers de bulles qui atteignent la surface et passent dans l’atmosphère.  L’académie Russe des Sciences a communiqué il y a quelques mois que ce gaz augmente déjà l’effet de serre. Le méthane s’échappe maintenant en grandes quantités, les zones effervescentes bouillonnantes atteignent un kilomètre de diamètre (Igor Semiletov, cité par the Independent). Paul Beckwith a relevé que l’eau était alors particulièrement chaude à cet endroit, le dégagement de gaz pourrait être directement provoqué par l’arrivée d’un courant chaud.

Comment contenir le méthane?

Le phénomène est à ses débuts. S’il s’aggrave, il pourrait rayer l’Humanité de la surface de la Planète.   Je crois que sans compter le permafrost, le réchauffement climatique menace nos villes et nos vies et qu’il faut le maîtriser au plus vite.   Le méthane semble encore plus dangereux.  Il est aussi très inflammable, cela dit s’il prenait feu il serait transformé en gaz carbonique et causerait vingt fois moins d’effet de serre.

 

Pour éviter les émissions de méthane, il faudrait réduire les températures de la Planète à un niveau où la mer Arctique reste gelée en été.  Il se dégraderait probablement lentement sous la glace.  Si les températures de l’eau des océans montent trop, le gaz pourrait s’échapper en gigantesques explosions dans le cercle Arctique, aux conséquences fatales pour toute la Terre.

Eliminer le méthane grâce à des bactéries

Les bactéries méthanotrophes pourraient le consommer.  Elles seraient produites en bioréacteur et ajoutées à l’eau de mer, ou directement cultivées dans les fonds marins, mais cela porterait atteinte à l’écosystème naturel de l’océan.  Pour éviter ceci,  l’eau pourrait passer dans un circuit capteur de méthane qui d’ailleurs pourrait aussi utiliser des méthodes chimiques.   Idéalement le gaz serait capté et utilisé comme carburant, ce qui réduirait déjà son effet de serre de vingt fois.

Le protéger d’un couvercle de glace

Si la glace ne se reforme pas naturellement, certains suggèrent de la produire artificiellement et de recouvrir la mer Arctique d’un couvercle de glace bien épais (voir vidéo What if We Could Refreeze the Arctic ci-dessous). Cela abaisserait immédiatement la température de la Terre et garderait le méthane sous couvercle, tant  que le fond des océans ne deviendrait pas trop chaud.  Nous avons probablement au moins dix ans avant les catastrophes du méthane, un temps suffisant pour que les ingénieurs trouvent des solutions.  Qu’ils les cherchent maintenant! Entre-temps, nous devons freiner au maximum les émissions de carbone et planter des arbres qui l’absorberont.

Modifié le 11 octobre 2019

Nous ne nous adapterons pas au réchauffement. Arrêtons – le!

Graves menaces pour les Etats insulaires

J’ai assisté à une conférence de l’ONU sur le climat,  le ‘UN Trade forum’ axé sur les objectifs de développement durable et au changement climatique.

Les représentants de nombreux états insulaires ont affirmé les dangers du climat.

Le weekend précédent, l’ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, et deux typhons ont touché le Japon et la Chine.
Le représentant de Wuanatu a déclaré que la Planète est en danger et a demandé un secrétaire spécial et un rapporteur spécial sur le changement climatique, ce qui semble une très bonne idée de nos jours.
Les représentants de Sainte-Lucie, des Maldives, des Bahamas ont évoqué les catastrophes actuelles et les dangers qui les menacent. Ils sont exposés à des ouragans, à la sécheresse et à la montée du niveau de la mer, les transports pourraient être interrompus et selon les diplomates concernées, les scénarios prédictifs sont terribles.

Image parWikiImages de Pixabay

Les représentants des Bahamas ont évoqué la possibilité que les ouragans actuels constituent leur nouvelle réalité. De nombreux Etats insulaires demandent des moyens financiers pour s’adapter au changement climatique.

Je ne suis pas d’accord avec cette analyse de la situation climatique. Je crois que n’est pas la nouvelle norme, ce n’est qu’un début.

Tout le monde sous-estime le climat. Selon un nouveau rapport de la Commission Globale pour l’Adaptation (Ban Ki-Moon, Bill Gates, Banque Mondiale, divisions climat et environnement de l’ONU), la préparation aux catastrophes climatiques est gravement insuffisante.  Les actions les plus urgentes recommandées par cette commission incluent des systèmes d’avertissement rapides, et le développement de cultures alimentaires qui peuvent supporter les sécheresses (d’après Carrington, The Guardian).

Ouragans cent fois plus destructeurs

Les catastrophes augmentent quasiment chaque année, et elles pourraient s’aggraver au même rythme.

Le rapport du GIEC sur les océans qui sera publié le 25 septembre estime que les dégâts causés les ouragans augmenteront au centuple.

L’OMM a qualifié d’avertissement les ouragans terribles qui ont frappé le Mozambique. Les tempêtes destructrices sont de plus en plus nombreuses et des plus terribles pourraient survenir. Nous n’avons, de loin, pas tout prévu.

Actuellement, les tempêtes sont plus fortes, il semble y avoir plus de pluies intenses, d’inondations, de grêle, de tornades, de foudre, même en Europe. Ces phénomènes doivent déjà être surveillés, car si l’augmentation continue, la météo deviendra dangereuse partout.

Menaces pour la Terre entière

Les fortes tempêtes pourraient bien être la réalité avec laquelle nous devrons vivre en Europe et à laquelle nous devrons nous adapter. Je doute que nous puissions sauver les états insulaires de catastrophes répétées et croissantes. Les ouragans enflent, la fonte du Groenland atteint déjà des seuils attendus pour 2100, les vagues deviennent de plus en plus grandes.
Ils pourraient être frappés par des tempêtes plus fortes, puis par la montée du niveau de la mer.
Ces états ont maintenant besoin d’abris anti-catastrophe, de bateaux d’évacuation, et de lieux d’accueil.

C’est ici, en Europe, que nous devons nous concentrer sur l’adaptation aux graves catastrophes. Nous devons préparer des canaux pour évacuer les inondations,  rendre nos maisons résistantes aux tempêtes, vents, grêles et vagues de chaleur, isoler les bâtiments et passer aux énergies renouvelables. Nous pouvons encore nous calfeutrer pendant que d’autres pays seront rayés de la carte.

Mais nous ne devons pas faire cela! Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement, et éviter ce Futur de destruction de la Terre, et de vie dans des abris pour les plus chanceux.
Nous devons arrêter le réchauffement climatique au plus vite, avant qu’il n’inflige de dégâts irrémédiables.
Nous entrevoyons maintenant quels risques nous prenons en chauffant la Planète, ils pourraient bien nous heurter de plein fouet, sous forme de tornades, de grêles, de foudres ou de vents destructeurs.

Nous devons déclarer un Etat d’urgence planétaire, où seule la production et le transport de biens indispensables seront permis. Nous devons arrêter les usines sur la Planète Terre et employer une grande partie de la population à capter du carbone dans des forêts et les sols. Nous devons le faire vite,  pendant qu’il est encore temps de sauver nos villes et notre civilisation.

Le 17 juin 2020, je note que ma demande adressée à l’UNCTAD d’arrêter les usines et les avions s’est étonnement réalisée ce printemps , lors de l’épidémie de coronavirus. En fait c’était assez facile.

L’Amazonie en feu: danger pour le Brésil et toute la Terre

Feux en Amazonie causés par le défrichage

L’Amazonie brûle. Des centaines de milliers de feux ravagent la forêt. Les fumées obscurcissent le ciel de Sao Paolo où il fait nuit en plein jour.

Les feux sont souvent allumés lors du défrichement de parcelles d’Amazonie. Cette année, les feux sont souvent causés par un surcroît d’exploitation de la forêt amazonienne. Un expert à l’institut de recherche environnementale sur l’Amazonie affirme que le nombre d’incendies en forte hausse en Amazonie brésilienne est surtout lié à la progression de la déforestation (France Inter).

Fumée au-dessus de l’Amérique du Sud le 20 août 2019:

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En 2019,  l’agence spatiale Brésilienne a dénombré 73000 brasiers dans la région amazonienne. Les feux sont souvent causés par l’Homme, récemment les Brésiliens ont même décrété un ‘jour du feu’ où ils en ont allumé un grand nombre. Malheureusement, la pluie ne les éteint pas et le réchauffement et la météo associée à El Nino leur permettent de continuer.

Cette année est aussi une année el Nino. Le courant chaud est proche de l’Amérique du Sud, et il s’accompagne habituellement de chaleur et de sécheresses, ce qui favorise les feux. Lors du précédent El Nino, en 2016, de nombreux incendies ont frappé l’Amazonie et ont provoqué un dégagement de carbone de la forêt.

La perte de l’Amazonie

Nous vivons probablement une décennie d’extinction massive. Le plus riche écosystème marin, la grande barrière de corail australienne, a beaucoup souffert lors des vagues de chaleur de 2016, 2017 et 2018. La forêt amazonienne abrite aussi une énorme richesse d’espèces uniques, qui est en grave danger. Allons -nous perdre ces deux écosystèmes exceptionnels au cours de cette décennie?

Plusieurs études scientifiques, qui souvent estiment l’état de la végétation d’après la quantité de vert détectée par satellite, alertent sur les dommages subi par les forêts tropicales. Elles sont déjà en danger, fragilisées par le changement climatique et par l’Homme.
Depuis l’an 2000, l’Amazonie souffre de sécheresses et croît moins. La saison sèche devient plus sèche, la saison humide plus humide et s’accompagne d’inondations catastrophiques.
Mais heureusement, des efforts de reforestation sont entrepris dans des nombreux pays.
Il est important de préserver les forêts vierges: l’Amazonie sans la jungle perdra rapidement le carbone et la fertilité du sol, subira des chaleurs plus importantes et moins de pluie, et pourrait devenir désertique, entraînant la Terre dans la spirale du réchauffement accéléré. Il y a quelques années, un expert disait que la perte des forêts vierges peut augmenter la température de la Planète de 2°C. Elles disparaissent progressivement et c’est extrêmement dangereux pour toute la Terre. Les arbres sont faits en grande partie de carbone, qui est émis dans l’atmosphère et augmente l’effet de serre.  Cependant, si les arbres sont remplacés par une savane claire, l’effet de la couleur limitera celui du carbone des arbres. Troisièmement, la déforestation dans les régions tropicales est souvent suivie par la perte du carbone du sol qui augmenterait encore le réchauffement.  Ces perturbations de la Biosphère ne sont pas totalement prévisibles, mais très dangereuses.

Les catastrophes climatiques au Brésil

Le Brésil souffrira directement de ces changements. Le réchauffement climatique provoque des pluies intenses et des inondations. Cette année, le Brésil, comme de nombreux autres pays, subit de nombreuses inondations.
Les principales villes du pays: Rio, Sao Paulo, Bahia, Recife, Franka, Ukeraba, Permambuco  ont subi des graves déferlements et des glissements de terrain, causant des centaines de morts. Un barrage dans le Minas Gerais a cédé sous l’accumulation d’eau et provoqué une grave inondation.

Les incendies de l’Amazonie accélèrent le réchauffement climatique et vont causer des inondations plus graves, très dangereuses pour les habitants du Brésil. Ils mettent leur vie en danger.  Ils sont aussi dangereux pour le climat terrestre. L’ancien ministre de l’Environnement du Brésil les appelle ‘un crime contre l’Humanité’.

Sauver l’Amazonie?

A mesure que le réchauffement progressera, les forêts vierges subiront plus de sécheresses et seront plus susceptibles au feu.
A long terme, il sera difficile de les sauver, et dangereux de les perdre. Après les forêts tropicales, des grosses catastrophes s’abattront sur nos régions. Nos forêts et nos vies seront en danger.

Ces forêts tropicales stabilisent notre climat et nous en avons tous besoin. Il faut absolument éviter les feux et faire le maximum pour la protéger.
Une grande étendue de forêt résiste mieux aux changements climatiques.  Elle limite la chaleur grâce à la transpiration des arbres, et attire des pluies. Une Amazonie réduite pourrait vite se transformer en désert brûlant, et au contraire, une forêt reconstituée, plus étendue, pourrait être plus résistante. De grands projets de reforestation doivent être immédiatement entrepris en Amérique du Sud.

Une pétition récente demande à l’Union Européenne de mettre fin à toute relation commerciale qui nuit à l’écosystème Amazonien. Je trouve que c’est une excellente idée, la perte de l’Amazonie accentue le danger climatique pour les Européens et la Terre entière, et nos gouvernements devraient investir dans sa survie, qui contribue à la sécurité des citoyens européens face au réchauffement climatique. L’Europe ou la Suisse devraient refuser d’acheter des produits brésiliens.

Nous pourrions boycotter les produits brésiliens à titre personnel ou officiellement, au niveau national. Nous pouvons renoncer au boeuf Brésilien, ou au boeuf nourri au soja issu de la déforestation. Nous pouvons exiger que la nourriture de notre bétail soit locale.

On pourrait imaginer d’éviter les feux et les sécheresses en Amazonie en arrosant la forêt de pluies provoquées artificiellement. Il est possible de provoquer la condensation de gouttes de pluie à l’aide de diverses molécules chimiques plus ou moins polluantes, ou de la glace carbonique, peu polluante. Les arbres favorisent la formation de gouttes par des molécules de terpènes naturels. Les efforts pour sauver la forêt pourraient inclure des pluies artificielles, mais il faudrait que les composés utilisés respectent l’écosystème. Evidemment, avant tout, il faut éviter de provoquer des feux et arrêter la déforestation.

Inondations et sécheresses plus fortes à +2°C

Les pluies intenses provoquent déjà d’impressionnantes inondations. Selon l’OMM, ces catastrophes ont abondé en 2018. Cette année, des événements très graves se sont déjà produit, d’immenses inondations au Queensland en Australie, dans le Midwest américain, le cyclone Idaï en Afrique, l’inondation d’Iran qui a touché une grande partie de ce pays.

D’après l’Agence Européenne de l’Environnement, les catastrophes climatiques, inondations, vagues de chaleurs et sécheresses ont causé 453 milliards d’euros de dommages entre 1980 et 2017 en Europe, ainsi que plus de 115’000 décès.  Les années 2018 et 2019 alourdiront déjà ce bilan, qui croîtra rapidement.
L’intensification de précipitations avait été prévue en partie au moins et les experts préviennent qu’elles augmenteront encore.
LE GIEC2018 prévoit qu’à 1,5°C, les trois quarts d’Européens seront exposés aux inondations tous les 5 ans, et à 2°C, ces débordements deviendront bien plus importants.
Une étude s’est penchée sur ce risque d’inondation et prévoit qu’il va s’accroître fortement entre 1,5°C et 2°C.
Le réchauffement climatique va renforcer le cycle hydrologique de pluie et d’évaporation d’eau du sol et des océans.

Une équipe de scientifiques a créé un indice pouvant indiquer les catastrophes climatiques, inondation et sécheresse, tenant compte à la fois du volume des pluies et de la durée des sécheresses. Ils prévoient que la quantité d’eau totale par année augmentera un peu avec la température, mais les pluies intenses et les sécheresses croîtront bien plus.

Dans leur modèle, à +2°C, les précipitations diminuent en Amazonie et en Amérique centrale, ce qui fait peser une menace sur les forêts vierges qui couvrent ces régions.
Le région méditerranéenne subirait plus de sécheresses, ce qui pourrait causer sa désertification,  alors que le Sud-Est de l’Afrique de l’Ouest bénéficierait peut-être de pluies plus régulières.
L’Asie du Nord et d’Est pourrait subir des pluies très abondantes, l’Ouest et l’Est de l’Amérique du Nord aussi.

Pluies totales par épisode de pluie: dans les zones en bleu, il pleuvra moins, dans les zones en rouge, il pleuvra plus (Madakumbura,et al, Nature 2019). Les événements extrêmes semblent augmenter plus que cette moyenne.

Des événements tels que les sécheresses extrêmes suivies de pluies intenses, provoquant alors des inondations et l’érosion, vont fortément augmenter et leur conséquences aussi.

Il faudrait établir rapidement quels seront les risques de déferlements et de glissement de terrain pour la Suisse aux pluies prévues pour 1,5°C et 2°C et voir ce qui est sûr et quel niveau d’inondation provoque l’effondrement des bâtiments. Selon ce graphique, on dirait que les précipitations pour la Suisse diminueront au-dessus de 1,5°C, ce qui affecterait la végétation suisse. Ces événements pourraient encore augmenter dangereusement avant d’atteindre 1,5°C.

Lors des récentes inondations de Crète,  20 cm de pluie se sont accumulés et ont  atteint 3 mètres d’eau dans certaines rues. Les ingénieurs de l’EPFL savent probablement calculer ce qu’une pluie deux ou dix  fois plus abondante peut provoquer, et cela peut être très impressionnant. Une double quantité d’eau pourrait mener à des inondations de l’ordre de dix fois plus importantes et les destructions et leurs coûts augmenteront d’autant.  L’économie mondiale sera fortement touchée.

Ce serait super de disposer d’un bon outil de visualisation des effets de précipitations sur chaque ville, qui permettrait de voir où s’écouleront les rivières soudaines. On pourrait peut-être gérer les pluies par des généreux canaux d’évacuation et des réservoirs, les glissements de terrain pourraient être plus difficiles à maîtriser.

Selon les auteurs de l’étude, une augmentation de température à 2°C pourrait causer des catastrophes bien plus graves et il vaudrait bien mieux les éviter en limitant le réchauffement à 1,5°C.

Aujourd’hui, déjà, des zones de plus en plus étendues, des pays entiers se retrouvent touchés par des catastrophes, en Iran par exemple la plupart des provinces et une grande partie des routes a été touchée, et les récoltes détruites. La gravité de ces épisodes augmente vite, les vies humaines seront de plus en plus menacées ,  les torrents d’eau de plus en plus impressionnants.

https://www.nature.com/articles/s41598-019-39936-2 et Supplementary Information

Le méthane du permafrost augmente le réchauffement

Le permafrost est le sol du Grand Nord, perpétuellement gelé depuis la dernière glaciation, il y a des milliers d’années. La surface dégèle un peu en été, mais des dizaines de mètres restent toujours pris. On y retrouve parfois des squelettes de mammouths, le permafrost contient aussi des restes de plantes et de végétaux. Il compose aussi le fond de la mer de Sibérie. Quand il décongèle, les fragments végétaux fermentent et le processus dégage du CO2 et du méthane.  Ce dernier peut augmenter fortement l’effet de serre. Il y a des années, le pire cauchemar des climatologues était que ces terres puissent dégager du méthane et augmenter l’effet de serre.

Aujourd’hui, des grandes surfaces de permafrost dégèlent visiblement en Sibérie et en Alaska, les côtes sont érodées, les maisons et les routes s’affaissent. La concentration de méthane dans l’atmosphère augmente.

L’académie Russe des Sciences informe que les émissions de méthane ont augmenté. D’après eux,  il y a plus de méthane dans l’atmosphère, il semble bien provenir du dégel du permafrost et de l’érosion des côtes dégelées, et contribuera fortement, et peut-être à un niveau dangereux,  au réchauffement climatique. Le président de l’Académie a déclaré ‘n’avons nous pas mis en route un processus indépendant des émissions industrielles? En effet, une fois amorcées, les émissions de méthane pourraient changer le climat à elles seules.

Le GIEC n’a pour le moment pas inclus ce facteur dans ses calculs. Le permafrost pourrait amener le réchauffement au-delà des 1,5°C prévus dès 2030.  Pour le moment, son effet est probablement faible. Le permafrost dégagera plus de méthane à mesure qu’une surface plus grande décongèle, que la température du sol augmente et  qu’il dégèle plus en profondeur. La disparition de la glace provoque aussi des émissions plus importantes de gaz dans l’atmosphère.  La fermentation peut dégager du CO2 ou du méthane, peut-être selon la présence d’une surface d’eau, un étang ou une flaque.

Nous ne savons donc pas combien de méthane s’échappera des terres du Grand Nord: il peut y en avoir de plus en plus, les quantités de carbone présentes dans le permafrost sont immenses.   Et si le méthane fait augmenter la température de la Planète d’un degré, le permafrost fondra d’autant plus vite, et émettra plus de gaz, provoquant des sauts de température de plus en plus forts. L’académie russe des sciences suggère que ce processus commence. Très vite, l’agriculture serait fortement touchée (Image par FlorenceD de Pixabay).

 

Selon les informations dont je dispose (OMM/GIEC), la contribution du méthane au changement climatique est faible en 2018, il augmentera au cours des années et des dizaines d’années prochaines.  Natalya Shakova, qui explore le fonds de la mer de Sibérie en brise-glace, rapporte que le permafrost dégèle plus profondément et plus vite que prévu. E. Cardoso estimait il y a quelques années qu’un dégagement de méthane dangereux pourrait se produire d’ici environ 25 ans. Je propose que l’EPFL  travaille essentiellement sur la capture du méthane pendant ces 25 années, par des bactéries, par des solutions chimiques, etc, etc, pour nous proposer une solution de secours.  Le Climate Institute conseille de faire descendre la température de la Planète à +0,5°C en pratiquant un geoengeneering localisé. Ils suggèrent de pomper de l’eau à la surface de la glace arctique pour l’épaissir pour qu’elle supporte l’été.

Nous avons tout intérêt à limiter les émissions de carbone beaucoup et rapidement.  1,5°C expose déjà le monde à des inondations, des tempêtes et des vagues de chaleur dangereuses, qui vont bouleverser notre existence au cours de cette décennie. Encore plus dangereuses, les émissions du permafrost provoquées par le réchauffement créent un risque sérieux pour la vie de la population Suisse.

Nous devons réduire les émissions de carbone autant que possible, passer au plus vite aux énergies renouvelables, et peut-être ajouter d’autres solutions qui permettront des réductions plus rapides d’émissions, par exemple une limitation de l’aviation, un gel des constructions, une limitation de la viande accompagnée de reforestation de terres ainsi libérées. Nous pouvons aussi capter énormément de carbone d’une façon sûre pour nous dans des nouvelles forêts et en récréant des sols fertiles et riches sur toute la Terre.  Il y a des  nombreuses solutions, et nous avons besoin d’une mobilisation et d’un investissement sans précédent pour les réaliser à temps.

https://arctic.ru/forumarctica/20190409/845308.html

Plus chaud, plus vite? Que signifie l’état du climat en 2018?

Le rapport ‘L’Etat du Climat en 2018’ de l’Organisation Météorologique Mondiale fait le point sur les changements climatiques en 2018. Il relève des nombreuses catastrophes, et une accélération des conséquences du réchauffement.

Les 4 dernières années, 2015 à 2018, ont été les années les plus chaudes sur Terre depuis le début des mesures.

L’année dernière était une année La Nina. Ce phénomène cyclique amène de l’eau froide à la surface du Pacifique. Il se produit tous les 4 à 5 ans. Les années La Nina sont généralement froides et sèches. Cependant, en 2018 les températures n’ont que peu baissé. Ce fut l’année la plus chaude pour la France , la Suisse et l’Allemagne, et des nombreuses inondations se sont produites en Californie, en Afghanistan,  en Afrique, sur la péninsule arabique, en Asie centrale et du Sud-Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Sud de l’Europe, et en Amérique du Sud (OMM).

La légère baisse de températures qui s’est produite en 2018 s’explique probablement par la Nina qui amène de l’eau froide à la surface des océans.
Cependant, les températures n’ont pas baissé autant qu’elles le font habituellement lors de ce courant froid. James Hansen, un des grands experts mondiaux du climat, considère que les températures lors de la Nina sont très prévisibles, et que les valeurs de 2018 prouvent que le réchauffement climatique s’est accéléré.

Dans ce cas, les températures pourraient monter plus vite que les prévisions du GIEC (qui supposent 1,5°C de réchauffement dès 2030). L’Organisation Météorologique Mondiale parle actuellement d’une accélération des conséquences.

Depuis, la surface des océans s’est très vite réchauffée, sa température monte très vite, dépasse tous les records. Je crois que cela présage des catastrophes météorologiques sans précédent en 2019. Par exemple, la moitié des Etats-Unis est menacée d’inondation (NOAA), ce qui causera certainement la catastrophe la plus coûteuse jusqu’à présent. Et le déluge déferle bien actuellement sur les Etats-Unis.

Une accélération du réchauffement signifierait que cette année ne sera pas une exception. Le climat changera quasiment chaque année, et apportera des catastrophes toujours plus graves. Nos vies sont en danger, et nous avons besoin d’une réponse mondiale sans précédent.

Cliquer pour accéder à Climate_Statement_2018.pdf