Pour les émissions de carbone il aurait mieux valu partir à point -une diminution annuelle de 7.6% s’impose aujourd’hui

Une forte réduction est nécessaire

Le rapport de l’ONU sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre 2019 compare les émissions de gaz à effet de serre à ce qu’elles devraient être et souligne les meilleurs moyens de combler cet écart (Résumé en français: https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/30798/EGR19ESFR.pdf).

Les émissions de carbone augmentent continuellement. Elle se sont accrues de 1,5% par année au cours de la dernière décennie. La croissance est beaucoup plus forte, de 4,5%, dans les pays hors OCDE.

Le rapport précise que si les réductions d’émissions de carbone avaient commencé en 2010, elles auraient été d’environ 3,3% par année. Au lieu de cela, les émissions de carbone ont continuellement augmenté, et en commençant en 2020, il faudra réduire les émissions de 7,6% par année pour ne pas dépasser le seuil de 1.5 degré par année.

Si nous attendons 2025, il faudra alors réduire les émissions de carbone de 15,5% par année (UNEP). Le confinement fait cependant baisser nos émissions en 2020.


 

 

Certains gouvernements vont à reculons 

Selon l’UNEP,  les gouvernements ne prennent pas de mesures suffisantes pour garantir notre sécurité.

Le rapport donne de nombreuses informations à ce sujet (Chap 2.4). Il mentionne que l’Argentine doit modifier d’urgence ses pratiques agricoles,

que les émissions de l’Australie devraient demeurer inchangées suite aux décisions et à l’absence de progrès de leur nouveau gouvernement conservateur.

Le Brésil a connu une augmentation de la déforestation en 2018, le budget du ministère de l’Environnement pour le climat a été réduit, les règles administratives ont été assouplies, la responsabilité des territoires Indigènes a été transférée au Ministère de l’agriculture, et les comités de la société civile ont été dissous. Il est essentiel que le Brésil renforce son action pour le climat.

Les États-unis relâchent aussi les règles environnementales pour donner plus de liberté à l’industrie. Les émissions des centrales électriques seront réduites de 1% au lieu des 32% prévus sous Obama, les émissions des véhicules resteront inchangées mais celles du pays ont quand même baissé grâce à l’évolution du marché.

La Chine a connu un énorme développement des énergies renouvelables et réduit maintenant les subsides car les prix ont énormément baissé.

Les engagements pour différentes solutions sont passés en revue: énergies renouvelables, sortie du charbon, Industrie à bas carbone, transports publics, transports et aviation zéro-Carbone, bâtiments zéro-émissions, arrêt de la déforestation , prix du carbone, finance compatible avec l’accord de Paris (table 4.3 etc).

Une bonne solution

Un scénario de solution semble particulièrement efficace, LED ( basse demande d’énergie). Il permet à une grande partie de l’Humanité d’accéder à une bonne qualité de vie. Il suggère d’électrifier et d’optimiser  la fin de la chaîne énergétique, y compris les véhicules et les pompes à chaleur, de s’accorder sur un nombre raisonnable d’objets multifonctionnels, une circulation accrue des objets, donc la location ou le partage plutôt que l’achat, etc (5.3.5).

https://www.unenvironment.org/fr/resources/rapport-sur-lecart-entre-les-besoins-et-les-perspectives-en-matiere-de-reduction-des

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

16 réponses à “Pour les émissions de carbone il aurait mieux valu partir à point -une diminution annuelle de 7.6% s’impose aujourd’hui

  1. Il serait effectivement très sage de choisir collectivement une telle voie. Mais la kochlandose est un virus qui transforme ses victimes en porte-voix des lobbies des énergies sales. Le passage dans de nombreuses contrées à des formes de national-populisme imprégnées de déni sur les questions environnementales freine considérablement les évolutions progressives souhaitées est à cet égard un danger majeur. La lecture de “Kochland” (en anglais) est édifiante à cet égard. Les kochlandais ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Ils ne voulaient pas savoir.

  2. Les modifications des paramètres du climat terrestre, de la pollution de notre environnement terrestre, maritime et atmosphérique est avérée depuis des décennies. Ses effets sur la biodiversité aussi. Biologiquement, jusqu’à preuve du contraire, l’être humain en fait aussi partie.
    On sait depuis 1987 qu’il y a une relation entre cycle glaciaire / interglaciaire et composition de l’atmosphère (J. Jouzel et al). L’insolation de l’hémisphère nord de notre planète dépend de l’orbite (circulaire ou elliptique) de notre planète autour du soleil fluctue d’après mes lectures de façon cyclique (M. Milankovic, 1930). Le risque climatique semble connu depuis la modélisation informatique du climat en 1980. Le réchauffement du climat est indéniable depuis 1950. Il est lié aux activités humaines et plus modestement par l’activité humaine et les volcans. Mais il y aussi un refroidissement (J. Jouzel, 2020) lié à la pollution automobile et industrielle (aerosols) qui change la propriété optique des nuages (davantage de réflexion). Il vaut donc mieux lutter contre la pollution (notre santé en dépend) et diminuer la production de CO2 (notre climat et la biologie terrestre en dépendent).
    La situation évolue et il semble que les climato-sceptiques perdent de plus en plus d’influence. Les entreprises et les politiciens semblent avoir enfin aussi compris que leur avenir et celui de l’économie d’un pays et de sa population en dépend.
    Reste un sérieux problème, ceux qui pensent que ce qui n’est pas juridiquement interdit est autorisé.

    1. bonjour, je reprends la dernière phrase du commentaire ci-dessus:
      Reste un sérieux problème, ceux qui pensent que ce qui n’est pas juridiquement interdit est autorisé.
      il y a un groupuscule très influent actuellement: les boomers à qui tout est dû, qui savent tout, etc…et ont encore pignon sur rue actuellement; s’ils sont souvent âgés ils ont souvent inoculé leur virus à quelque quadragénaires influents, tels macron et son groupe de flibustiers sévissant actuellement à l’Elysée (affaire Alexis Kohler) ; donc non seulement il a à patienter que les vieux boomers aillent dans quelques étoiles, mais à vaincre les jeunes, d’autant plus tenaces dans leurs certitudes, qu’ils les pratiquent à l’identique dans le racisme au sens large: intergénérationnel, entre classes sociales, entre états, (Palestine), etc…ce n’est pas gagné, loin de là !

  3. Il est utopique de croire que l’humanité vaincra les changements climatiques dûs aux émissions de gaz à effet de serre. Je le pense depuis très longtemps. Quoi que l’on fasse maintenant ou tente de faire bientôt, il est déjà beaucoup trop tard pour corriger la situation problématique du dérèglement climatique, qui lui va empirer d’années en années. C’est rêver en couleur de penser le contraire. Tôt au tard, se sera l’anarchie totale sur Terre car il y aura des guerres pour le contrôle de l’eau, des famines monstrueuses, des sécheresses infernales, des pénuries totales d’eau dans toutes les plus grandes villes du monde, d’autres pandémies encore pires que celle du coronavirus, des ouragans et des tornades en série et bien pire encore. Tout ceci arrivera car tout le monde veut conserver son mode de vie actuelle qui est bien confortable mais suicidaire hélas !

    1. Je vous trouve bien pessimiste. C’est vrai que la situation est sérieuse, mais pas encore désespérée. Plutôt que voir le verre à moitié vide, si on le considérait plutôt à moitiés plein (ce qui ne suffit pas, évidement, il faut viser à ce qu’il soit complètement plein!)? Beaucoup a déjà été fait pour diminuer notre consommation d’énergie et de ressources, au moins dans le pays développés, c’est-à-dire ceux qui polluent le plus. Nos moteurs consomment moins, nos ampoules consomment mois, nos chauffages consomment moins, etc. Et des technologies encore plus performantes pour ce qui concerne leur faible impact sur l’environnement arrivent à maturité commerciale. Nous pouvons très bien conserver un bon niveau de vie tout en consommant et polluant beaucoup moins. Au lieu de prétendre que “tout est perdu” et que la “fin du monde” est inéluctable, ce qui est le meilleur moyen de décourager tout effort, disons plutôt que nous devons absolument continuer et amplifier le mouvement “vertueux” déjà amorcé; ce sera plus productif et utile!

      1. Comme vous, je suis d’avis qu’il faut tenter d’insuffler un peu d’optimisme pour essayer de faire bouger les choses. Mais la réalité n’invite pas forcément à l’optimisme. Regardez sinon ce graphe, établi par l’AAPG (Association Américaine des Géologues du Pétrole), montrant l’évolution de la consommation d’énergie dans le monde:

        https://2.bp.blogspot.com/-6d9pyFkyj2M/XffQ944XZ9I/AAAAAAAAHeo/It4ThKFfzCgPGoNxok1tkufSeHFMnVVxwCLcBGAsYHQ/s1600/Hydrocarbons-Expected-to-Remain-the-World-s-Primary-Energy-Source-hero.jpg

        La consommation d’hydrocarbures n’a cessé d’augmenter jusqu’à aujourd’hui. Alors que voulez-vous, tous les beaux discours de l’ONU et des différentes autorités nationales me font doucement rigoler… Alors, pour ne pas sombrer dans le dépression, je plantes des arbres…

    2. Pourquoi un tel catastrophisme? Sans être ni climatologue, ni physicien, comme tous je constate que ce mois de juin, dont certains prédisaient qu’il serait encore pire que celui de l’an dernier, où le baromètre a joué avec les 40 degrés, est l’un des plus calmes, et même des plus agréables du point de vue température, pour ne pas parler de la qualité d’un air enfin respirable et d’un niveau sonore de nouveau supportable, qu’il ne l’a été depuis très longtemps (nul doute que les spécialistes, dont Madame Deretska, pourront vous fournir des chiffres précis à ce sujet). Et comme le rappelle Pierre-André Haldi, on a fait des progrès importants dans la baisse des nuisances dues à la pollution.

      L’an dernier, à cette mème période la France suffoquait sous 39 degrés. Mais il y a quelques jours encore, on chauffait dans mon immeuble et ce matin il pleut presque sans discontinuer depuis hier. Bien sûr, les choses pourraient s’aggraver d’un jour à l’autre, mais si la canicule promise par les catastrophistes en tout genre pour cet été commence ainsi, alors vive le réchauffement climatique!

      “Pourvou qué ça doure”, comme disait la mère de Napoléon à son avènement.

  4. « Electrifier … les véhicules et les pompes à chaleur ». Rêvons un peu ! Imaginons 4 millions de véhicules électriques (VEL) en Suisse, roulant 15’000 km par an, ayant une autonomie de 300 km par plein et consommant 20 kWh aux 100 km, soit 3’000 kWh par an, donc avec des batteries pouvant stocker 60 kWh par plein. Chaque VEL devra faire 50 pleins par an. Cela fait en tout 60 milliards de km par an et une consommation électrique de 12 milliards de kWh (12’000 GWh, 12 TWh) par an, une énergie électrique supplémentaire encore à produire, soit un cinquième en plus de la consommation électrique actuelle (60 TW). Ces VEL auront des batteries du type lithium-air, le plus dense possible en énergie par kg de matière, ici le lithium, métal le plus léger. Actuellement, on en est à une capacité de moins de 1 kWh/kg, mais on en sera demain à 2 kWh/kg, voire à la limite à 4 kWh/kg de lithium. Ces 4 millions de VEL en Suisse représenteront une capacité de stockage de 240 millions de kWh (240 GWh, 0,24 TWh). Cela signifiera que chaque VEL aura des batteries contenant entre 15 et 60 kg de lithium, et donc qu’il faudra disposer, seulement en Suisse, de 60’000 à 240’000 tonnes de lithium. En regard de ces chiffres, il faut savoir que le marché annuel mondial actuel du lithium est d’environ 90’000 tonnes. Il y a loin de la coupe aux lèvres pour la seule petite Suisse…

  5. Le taux de CO2 actuel n’est pas un problème, il a été beaucoup plus élevé dans le passé (avant homo sapiens ) sans soucis pour la bio diversité!
    Les données Paléo climatiques sont riches d’enseignements et la nature absorbe le CO2 depuis les origines de la Terre qui se trouve maintenant à plus de 99% dans la croûte terrestre sous forme de calcaire ou absorbée par les espèces consommant ce gaz en nous donnant de l’oxygène.
    Les alarmistes ne semblent pas comprendre les faits élémentaires liés au climat et autres phénomènes naturels !

    1. voir une émission d’arté en replay: https://www.arte.tv/fr/videos/078777-000-A/siberie-les-aventuriers-de-l-age-perdu/ 37 min
      Disponible du 03/11/2017 au 05/11/2037
      Découvrez l’offre VOD-DVD de la boutique ARTE
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      Un géophysicien russe et son fils luttent au bout du monde contre le réchauffement climatique. Leur projet est radical : recréer un écosystème le plus proche possible de celui du Pleistocène – l’âge de glace – pour empêcher le permafrost de fondre. Dans le sous-sol gelé de la Sibérie, une bombe climatique est amorcée. Sergueï et Nikita Zimov tentent de la neutraliser.

      Cette expérimentation, pilotée par la North East Scientific Station, une des principales stations de recherche de l’Arctique, a déjà pris corps sur des milliers d’hectares dans l’Extrême-Orient russe. Il ne manque plus que les mammouths.

      Réalisation et Auteur : Barbara Lohr
      Pays : France
      Année : 2017

    2. Légère différence, AUCUNE des modifications climatiques naturelles du passé ne s’est produite, et de loin, au rythme de celle que nous observons actuellement. Faune et flore ont eu dans le passé le temps de s’adapter progressivement aux changements de températures, niveau des océans, etc.; ce n’est plus le cas avec les changements en cours, d’où le grand danger que court la biosphère aujourd’hui.

  6. Un article de plus qui démontre que la question de l’interaction climat-CO2 n’est malheureusement plus de nature scientifique – contrairement à ce que proclament les tenants de l’orthodoxie en vogue – mais de nature purement politique et idéologique. L’UNET (United Nations Environment Program) n’a pas d’assets scientifiques pour argumenter sur ce plan. Ce programme défend une vision planétaire, en matière climatique comme dans d’autres domaines, inspirée peut-être par de bons sentiments mais très peu de réalisme. Rien à redire, mais distinguons bien ce qui relève de la croyance – respectable en tant que telle – de la rationalité.
    Dans cet article, Il faudrait d’abord éviter une confusion entre carbone (C) et dioxyde de carbone (CO2). Notre système énergétique émet certes du (CO2) mais une tonne de CO2 ne contient que 12/44 tonne de carbone. A prendre en considération quand on mesure de plus en plus toutes les activités humaines à l’aune de la tonne équivalent-CO2 produite.
    Les premières mesures de concentration de CO2 dans l’atmosphère ont été faites dès 1958 à l’observatoire de Mauna Loa. De 1958 à 2005, cette concentration augmente linéairement de 1% par an et s’accompagnent (source NASA) d’un réchauffement de 0,63°C. De 2005 à nos jours, la concentration de CO2 a augmenté linéairement de 3.3% par an, accompagnée d’un réchauffement supplémentaire de 0.27°C (en toute rigueur, il faudra attendre 2035 pour une valeur acceptable au sens climatique de cet accroissement de température en 2019). Rapporté au seul accroissement de CO2, il s’agit d’un ralentissement du réchauffement d’un facteur 8! Mesuré et non simulé. Il y a donc clairement une relation sous-linéaire entre l’augmentation de la concentration de CO2 et l’augmentation de température. Mais ceci est nié par les théories en vogue. Les modèles élémentaires anciens (règle de Myhre) proposaient déjà une relation logarithmique, abandonnée par le GIEC parce qu’elle n’était pas suffisamment alarmiste!
    Finalement, bottons en touche. C’est plus confortable pour nous. Argentine, Australie, Brésil, Etats-Unis, Chine, etc. … faites quelque chose, SVP!
    Ah! Si les LED et les pompes à chaleur pouvaient résoudre le problème!

    1. Contrairement à ce que vos élucubrations affirment, les travaux de Gunnar Myhre sont fréquemment cités par le GIEC. Il a même participé à la rédaction du chapitre 8 de l’AR5 dédié aux forçages radiatifs (IPCC WG1 AR5 CH8).

      Mais visiblement, vous êtes gavés de certitudes et de flemmardise pour prendre la peine de vérifier.

      Bonne continuation dans votre diffamation.

  7. Dans mon commentaire antérieur du 28.06.2020, j’ai donné par erreur l’augmentation de CO2 en “pour cent” (%), alors qu’il s’agit bien sûr en réalité de “ppm”. Désolé pour cette erreur, et merci aux lecteurs attentifs qui auront rectifié d’eux-mêmes.

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