La situation actuelle est un laboratoire de villes écologiques

L’épidémie de coronavirus a provoqué de nombreuses restrictions. Dans certaines villes, les restaurants, les lieux publics ainsi que des nombreux lieux de travail étaient à l’arrêt, de nombreux employés en télétravail. Les enfants n’allaient plus à l’école.  En Suisse, les commerces non-essentiels étaient fermés, et dans ceux qui restaient ouverts, les rayons de jouets, d’habits, de teinture à cheveux et de bricolage, je crois, étaient supprimés car non-essentiels. La Suisse a justement décidé de privilégier l’approvisionnement en biens essentiels.

Aux Etats-Unis, la situation a réduit la consommation d’essence par les voitures de 40% et la consommation du fuel par les avions de 60%. Les émissions de carbone planétaires en ont baissé de 5%, jusqu’à 15% si la situation continue toute l’année (lien).

En Chine, en Italie du Nord, à Paris, la pollution a diminué, ce qui a évité de nombreux morts.  Le bruit de la circulation s’est aussi allégé dans certaines villes. Aux Etats-Unis, un tiers de la population a perdu son travail et n’a pas payé son loyer.

Ces dernières semaines, les villes ont vu éclore des suspensions d’expulsions, des suppressions de loyers, des services nationalisés, le transport et les soins médicaux gratuits,  un revenu minimum temporaire par endroits.  De nombreuses solutions sociales rêvées sont soudainement devenues réalité,  elles se sont imposées face à la crise actuelle.

Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux changements sont possibles. Nous pouvons changer radicalement très vite. Nous pouvons aussi améliorer durablement l’organisation de nos villes grâce à cette expérience. Nous pouvons visiblement nous passer facilement de l’avion et de nombreux trajets individuels.  Nous voulons chauffer nos appartements, être approvisionnés en alimentation et en sécurité.

Les villes sans voiture, parcourues par des piétons et des vélos sont bien plus agréables. Nous pouvons optimiser durablement les transports. La réduction du trafic, jusqu’à 60%,  peut s’avérer essentielle pour réduire le réchauffement climatique. Nous devrions renoncer à la voiture au cours de cette décennie (Paul Chatterton). Le mieux, actuellement, est de réduire nos déplacements au maximum et d’adopter le vélo.

Nous pouvons aussi améliorer l’économie locale, développer des coopératives, une distribution locale, les jardins communautaires, l’énergie locale.

Nous pouvons gagner en bien-être en réduisant nos déplacements et la pollution, en dégageant du temps et des espaces de loisirs.

 

Paul Chatterton suggère les axes suivants pour améliorer durablement nos villes:

  1. Se réapproprier les routes pour l’exercice et les déplacements actifs
  2. Offrir des transports publics gratuits aux employés essentiels
  3. Créer des revenus minimum pour éviter les laissés pour compte
  4.  Introduire des subsides pour la production utile pour la société
  5.  Assurer des logements convenables lors des prochaines crises
  6. Destiner l’espace libre à l’exercice, aux loisirs, à la nature et à la biodiversité
  7. Augmenter la production locale d’aliments et les entreprises communautaires
  8.  Réduire la vitesse sur les routes pour réduire les accidents de circulation
  9. Soutenir les entreprises et les magasins locaux
  10. Créer des indicateurs pour prendre en compte les employés essentiels,  les soins nécessaires donnés gratuitement, la qualité de la vie, et la protection de l’environnement.

http://www.unlockingsustainablecities.org/

http://www.unlockingsustainablecities.org/climate-emergency.htm

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

19 réponses à “La situation actuelle est un laboratoire de villes écologiques

  1. Cette proposition qui ressemble à une charte me sied parfaitement.
    Serait-il possible de l’étendre à la planète ?
    J’ai une proposition de charte peut-être complémentaire mais avec des recoupements :
    1- toute initiative économique doit utiliser
    essentiellement des matériaux recyclables.
    2- tout besoin d’énergie doit s’appuyer essentiellement
    sur du renouvelable.
    3- toute production agricole doit se faire en minimisant au
    maximum les intrants chimiques toxiques.
    4- toute production doit se faire en limitant au maximum
    les transports inutiles.
    5- toute consommation doit se faire en limitant au
    maximum les transports inutiles.
    6- tout transport néanmoins nécessaire doit se faire en
    privilégiant les moins énergivores individuellement et
    collectivement.
    7- l’éducation, la culture et la santé seront au cœur des
    objectifs.
    8- la structure économique de base sera essentiellement
    authentiquement coopérative
    9- le respect des biens communs s’imposera à tous.
    10- de cercle local en cercle régional puis continental et
    mondial la gouvernance aura pour but de garantir cette
    charte. Les moyens de cette gouvernance seront fournis
    par des impôts supportables.
    11- chacun aura droit à un revenu minimal lui
    garantissant un niveau de vie décent et épanouissant dans
    le cadre du respect de cette charte.

    Votre avis ?

    1. Je suis bien d’accord, encore faudra t il lancer tout ça sans doute en 2 temps, l’un pour les initiatives qui ne connaitront que peu d’obstacles et un bon socle de volontaires, l’autre pour celles qui demanderont plus de temps pour construire des consensus moins évidents.

    2. Over my dead body!

      Qu’attendez vous donc pour vivre au Sahel selon vos désirs ? Faites y un ashram, pour y vivre d’amour et d’eau pas fraîche
      A votre avis, pourquoi des millions de gens risquent leur vie pour vivre ici ? Pour l’air pollué européen (qui ne l’est pas)?

  2. En transport, c’est vraiment dommage qu’on ne puisse pas revenir à l’ancienne, ça veut dire en autre : à cheval. Le moyen de transport le moins polluant jamais connu sur Terre (avec le vélo, bien sûr)

      1. Et qui ramasse les crottins?

        Certes, le fumier est fertile. On y trouve même parfois des perles, comme disait Leibniz à propos de la scolastique, ce “stercus scholasticorum”. L’abbé fribourgeois Bovet l’a même immortalisé dans ces paroles que tout enfant de la ville des Zaehringen a fredonnés: “Chantons le fumier lon la, chantons le fumier lon laire…” Il n’en a pourtant pas fait un dogme.

        Entre relents d’excréments et de pots d’échappement, mes naseaux tanguent.

        1. Pour répondre à votre question, disons que j’emploie de l’humour cynique pour cacher mon dégoût face à de telles aberrations. Surtout venant de Mme Retelska, “amie” de la nature, qui rêve de réintroduire des millions de chevaux dans les enfers urbains.
          C’est ne pas comprendre que les “fossés” qui entourent nos immeubles construits au début du 19e siècle n’étaient pas faits pour faire joli, mais pour entasser les excréments de cheval qui s’accumulaient dans la rue.
          C’est ignorer totalement que la mortalité sur les routes en 1900 avec les chevaux était largement supérieure à celle d’aujourd’hui avec les voitures. Pourtant Mme Retelska semble concernée par la sécurité routière avec son point 8.
          De mon point de vue personnelle, bien qu’il est évident qu’il soit primordiale de s’orienter vers un avenir écologique, et que je partage l’opinion de Mme Retelska sur le problème de surpopulation (qu’elle ne met surtout pas en avant, car ça ne fait pas partie de la ligne politique de son parti), en partageant son fantasme utopique, Mme Retelska ne sert ni la science, ni l’écologie, ni le progrès sociétal.

          1. A propos d’utopie, vous proposez de remplacer la multitude d’engins à miteur à explision par quoi pour diminuer les rejets de gaz à effet de serre et ainsi limiter les changements climatiques anthropiques ?

          2. En commençant par investir davantage auprès de scientifiques qui cherchent et trouvent des solutions plutôt qu’auprès de ceux qui préconisent un retour au Moyen-Age.
            Si, comme vous le dites au point 7, vous souhaitez que notre objectif se concentre sur la santé, il va falloir remplacer bien plus de technologies que celle du moteur à explosion pour réussir les défis écologiques.
            Car le secteur de la santé actuel consomme énormément de matière plastique, de produit à usage unique non recyclables, et génère des déchets radioactifs qui correspondent à 1/3 des déchets radioactifs produits en Suisse.

          3. Je vois que vous devenez, à mesure que nous échangeons, moins hostile, notamment à ma suggestion de charte. Elle pourrait d’ailleurs s’enrichir de points manquants.
            Je ne suis pas un adepte du ” teetotalitarianism” comme disent les anglais.
            Je préfère les évolutions en douceur.
            Les changements climatiques anthropiques exigent une évolution désormais plus rapide. C’est encore possible. Mais cela implique une évolution du style de vie actuel vers moins de prédations anthropiques. Sinon ce sera plus difficile de s’adapter et cela impliquera peut-être plus de renoncements. Contrairement à ce que suggère Michael Moore dans son son dernier documentaire, il faut passer vite au renouvelable. Tout ce qui est humain étant imparfait, il y aura des dérives qu’il utilise pour proposer le tout ou rien.

          4. Mon hostilité va simplement à l’encontre des idées et des organisations extrémistes.

      1. Oui, mais au moins les excréments peuvent servir aussi pour l’agriculture, ça permet de faire de l’engrais comme ça, alors que l’automobile ne sert qu’à une seule chose : faire des trous dans la couche d’ozone, et augmenter encore plus la pollution, donc des problèmes atmosphérique (comme les canicules, les effets de serre, etc …).
        Je préfère largement revenir à cheval que plutôt de massacrer encore plus notre belle planète.
        Point barre.

    1. Je vais vous donner mon sentiment ou mon rêve…
      Je vis en Uruguay, j’ai des chevaux et j’avais même acheté un sulky, pour aller faire mes courses au village à 2 km.

      Mallheureusement, je n’ai jamais trouvé personne, ni pour réparer mon sulky d’un siècle (plus d’artisans) et encore moins pour me “dresser” un de mes chevaux à l’attelage.

      J’ai toujours les chevaux, mes copains, mais j’ai vendu le sulky (pour une bouchée de pain, d’ailleurs, une pièce de collection qu’il ne fallait pas laisser pourrir).

      Alors, voyez, les rêves, ne sont parfois que des rêves et c’est très bien ainsi 🙂

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