La gênante idée de Monsieur Darwin : Un écosystème luxuriant planté par l’Homme – un espoir pour notre avenir?

Le réchauffement climatique menace de nombreuses espèces, dans tous les écosystèmes de la Planète. Les animaux et les végétaux migrent chaque année vers le nord ou en altitude.  Dans nos forêts, nous voyons maintenant des arbres jaunis, attaqués par les bostryches et des arbres arrachés par les tempêtes. Nous pourrions perdre certains écosystèmes actuels. Nos régions se désertifieront -elles?

Je partage ici la moitié du blog d’Adrien Rodriguez, géologue. Il décrit dans celui-ci un exemple réussi de création d’un écosystème par l’Homme, consultez son site pour les descriptions botaniques et pour les autres articles (blog).

 

La gênante idée de monsieur Darwin (Adrien Rodriguez)

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Tout le monde connaît Charles Darwin et sait qu’il fut le père de la théorie de l’évolution, qui révolutionna complètement la biologie. Beaucoup de personnes savent également que le développement de ces idées dut beaucoup à un voyage qu’il réalisa à travers l’Hémisphère Sud, qui le conduisit jusqu’aux Iles Galapagos. Ces îles sont un authentique laboratoire à ciel ouvert où l’évolution suit son cours sous l’attentif regard des scientifiques. Peu de personnes savent, par contre, qu’à son retour des Galapagos, Darwin fit escale sur la petite île d’Ascension, perdue au beau milieu de l’Atlantique à mi-chemin entre le Brésil et l’Afrique.
L’île attira surtout son attention par la presque totale absence de végétation qui avait déjà été remarquée par l’allemand P. Osbeck, qui donnait une terrible description de l’île en 1752: “I never saw a more disagreeable place in all the world than this island”. Sachant qu’à cette époque il n’y avait que 29 espèces de plantes natives recensées – aucune d’elle arborescente ou même ligneuse – on comprend mieux l’impression de désolation que ce lieu devait causer.

A son retour, Darwin suggéra à son ami Joseph Hooker, qui fut plus tard le directeur des fameux Jardins Botaniques Royaux de Kew, de planter sur cette île des arbres et des plantes capables de “capturer” l’eau apportée par les nuages afin d’améliorer les conditions de vie sur l’île.

L’idée ne fut pas oubliée et quelques années plus tard la marine anglaise entreprit avec l’aide des jardins de Kew un ambitieux programme de plantation d’espèces originaires de différents endroits du monde, qui furent plantées dans les zones les plus hautes de l’île, a priori plus humides et plus favorables à leur établissement. Le succès fut tel qu’aujourd’hui une foisonnante jungle tropicale couvre une bonne partie de la Green Mountain, dont le nom reflète bien le changement intervenu.

Le succès de cette idée, cependant, incommode aujourd’hui beaucoup les biologistes conservationnistes, qui se refusent à accepter l’idée que d’authentiques écosystèmes fonctionnels aient pu se développer dans un temps si court et de perdurer jusqu’à aujourd’hui. Certains affirment même que cette végétation n’a aucune chance de survivre et qu’elle serait même en train de disparaître. Ce n’est pas, toutefois, ce que montrent les observations de terrain, qui semblent plutôt démontrer le contraire, le nombre d’espèces présentes sur l’île et l’aire occupée par celles-ci ayant sensiblement augmenté. Il semble donc que l’on soit encore bien loin d’avoir atteint un état d’équilibre. Il est vraiment curieux de constater que plus d’un siècle et demi plus tard, Darwin continue de déranger…

Les espèces introduites se sont naturellement distribuées, grosso modo, en 3 étages de végétation qui reflètent l’augmentation des précipitations avec l’altitude. Le nombre des espèces présentes augmente avec l’altitude et atteint un maximum de 139 espèces dans la région sommitale de la Green Mountain.

En plus des plantes, l’île compte également plusieurs espèces de vertébrés introduites volontairement ou accidentellement et dont la présence est importante pour certaines espèces de plantes. L’animal “terrestre” natif de l’île le plus important est, en réalité, un crabe qui s’alimente exclusivement de végétaux et qui raffole des goyaves (qui n’existaient pas sur l’île auparavant). Il existe cependant quelques populations férales d’ânes, de moutons, de souris et de rats. Les chats, par contre, ont été complètement éradiqués afin d’éviter la menace qu’ils faisaient planer sur le futur de nombreuses espèces d’oiseaux marins. Quelques espèces d’oiseaux ont également été introduites et jouent un rôle important en dispersant les graines des fruits qu’ils consomment.

Pourquoi la végétation de cette île éveille-t-elle tant l’intérêt des scientifiques ? C’est surtout parce qu’elle démontre que des espèces originaires de lieux différents et qui n’ont pas coévolué au contact les unes des autres sont tout-à-fait capables de coexister et de constituer un écosystème “nouvel” (libre traduction du terme anglais novel ecosystem) au sein duquel chaque espèce occupe sa propre niche écologique et assume un certain nombre de fonctions qui permettent à l’écosystème de fonctionner normalement. Un tel exemple ouvre bien sûr des perspectives intéressantes dans l’optique de la récupération des terres dégradées ou voir même de la colonisation d’autres planètes. Accepter une telle idée change bien sûr complètement le point de vue que nous avions vis-à-vis des espèces exotiques et de la manière de gérer les espèces invasives, ce qui est très mal accepté par les biologistes conservationnistes.

blog d’Adrien Rodriguez, Retour au Pliocène, Août 2019

Dans les autres articles de son blog, Adrien Rodriguez  décrit les espèces paléo-autochtones de la péninsule ibérique, qui y proliféraient quand le climat était plus chaud.  S’épanouiront-elles à nouveau? C’est un sujet très intéressant. Nos écosystèmes sont très menacés. Devons-nous prendre le risque de nous retrouver face à un paysage aride, ou devons-nous prendre les devants et planter des forêts résistantes au réchauffement? Pouvons-nous suffisamment prédire le climat qui régnera dans quarante ou cinquante ans? La Nature formera-t-elle des nouveaux écosystèmes elle-même?

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

15 réponses à “La gênante idée de Monsieur Darwin : Un écosystème luxuriant planté par l’Homme – un espoir pour notre avenir?

  1. Bonjour,
    Il est observé que l’assemblage des espèces au sein des communautés est déjà en cours de modification dans la plupart des écosystèmes, et certain que cela va s’accélérer. De là à considérer ces nouveaux assemblages comme des “écosystèmes” comparables aux systèmes naturels préexistants, c’est un pas que je ne franchirais pas (au moins sur le plan fonctionnel). Comme le montre l’exemple cité, ces assemblages ne sont pas en équilibre stable et ne vont pas l’être pour longtemps puisque le climat va continuer à changer pendant plusieurs siècles…

    1. Qu’est-ce qu’un équilibre stable ? La nature est en perpétuel réajustement, essayant de suivre les changements que lui imposent les bouleversements climatiques et les grandes catastrophes géologiques. Notre civilisation a pu se développer pendant un court laps de temps de relative quiétude qui peut nous donner l’impression qu’effectivement la nature atteint, à un moment donné un état d’équilibre que nous avons tendance à quelque peu à idéaliser (la fameuse notion de “climax” des phytosociologues) mais qui n’est en réalité que le fruit d’une succession de hasards. Les écosystèmes sont le reflet du lieu et de l’époque où il se développent mais changent continuellement. Ils naissent, évoluent et meurent au gré des circonstances. De ce point de vue, l’homme n’est guère qu’un facteur aléatoire de plus contribuant à l’évolution des écosystèmes existants et à la création d’écosystèmes totalement nouveaux. Les écosystèmes de l’île d’Ascension évoluent et s’organisent spontanément, façonnés par les contraintes climatiques de l’île. Déjà, des étages de végétation apparaissent, nous démontrant que malgré le hasard de leur installation sur l’île, il y a peu de hasard dans la manière dont s’organisent les espèces, chacune jouant un rôle particulier dans ce “système” qui s’établit peu à peu. L’orchestre est formé de solistes qui ne se connaissaient pas avant d’arriver sur cette île, mais déjà l’ensemble joue une musique tout à fait reconnaissable, qui n’est autre que celle que compose la nature de manière totalement spontanée…

      1. Attention aux affirmations sans réelle base scientifique. En revanche le concept d’écosystème présuppose un équilibre avec le milieu, donc une stabilité (c’est sous-jacent à sa définition, sinon l’écosystème n’existe pas). Elle peut s’exercer sur des milliers d’années voire davantage. Le changement climatique bouleverse à court terme cet équilibre et entraîne les espèces et leurs interactions en dehors de leur intervalle de variation naturel. Rien à voir avec les changements d’époques de l’histoire de la terre qui s’exercent sur des périodicités bien plus longues la plupart du temps (sauf “ruptures” catastrophiques comme le passage crétacé-tertiaire) et laissent le temps aux espèces d’évoluer et de s’adapter, au minimum de se déplacer…Le cas de l’île d’Ascension est tout à fait particulier et d’origine artificielle.

      2. M. Rodriguez, J’ai donné mon avis sur votre blog dans un autre post. Je réponds à votre intervention. En tant que scientifique, je suis bien convaincu par vos arguments rationnels. Mais votre point de vue me semble faire preuve d’une certaine absence de morale, à moins que cette morale soit cachée, morale indispensable selon moi à toute action humaine. “De ce point de vue, l’homme n’est guère qu’un facteur aléatoire de plus contribuant à l’évolution des écosystèmes existants et à la création d’écosystèmes totalement nouveaux. ” Je conteste la banalité froide de cette vision. Je pense que la réalité est qu’une certaine partie de l’humanité agit comme élément destructeur des écosystèmes à l’échelle planétaire et sur une échelle de temps extrêmement courte. Vous semblez présenter l’action de l’homme comme incontestable (l’homme “contribue à”), négligeable (guère qu’un facteur de plus) voire bénéfique ou délectable (création d’écosystème nouveau), là où je vois une destruction et extinction massive par l’homme digne de l’explosion d’une météorite géante au crétacé. Ce qui me gène le plus, c’est votre façon de présenter comme acceptable ce qui n’est que le point de vue d’une partie de l’humanité, celle des colonisateurs (on construit un environnement en ignorant et méprisant son impact sur les autochtones). Il me semble difficile de faire comprendre aux indigènes d’Amazonie que Bolsonaro est en train de “créer un écosystème totalement nouveau” en Amazonie.

  2. Très intéressant, le concept et le blog de Adrien Rodriguez.

    Nous n’aurons de toute façon pas le choix de faire les difficiles.

    Un peu comme l’Uruguay qui croit se sauver avec une troisième usine à chips de cellulose (pour le papier).
    Soit planter des arbres de tercera, pour 2’000 postes provisoires, sans doute 200, une fois l’usine réalisée et qui vont déstabiliser tous les régimes hydriques, au profit de firmes étrangères, exonérées d’impôt.

    On appelle ça “Le Progrès”
    🙂

  3. En fait tout co-évolue de façon systémique dans un ré-équilibrage permanent et donc dynamique partout sur notre planète. Bien malin celui qui prouvera le contraire.

    1. Attention à ne pas reproduire une erreur courante en matière de climat : confondre les fluctuations à court terme avec l’évolution à long terme. Le “ré-équilibrage permanent” ne porte que sur des variations transitoires et sous un seuil de tolérance d’une majorité d’espèces et de populations, et non sur la structure stable de l’écosystème. C’est cette dernière qui est remise en cause par le changement climatique, compte tenu de son ampleur et de sa rapidité. La question a été étudiée un peu partout dans le monde ces dernières années.

  4. Bonjour, merci Dorota pour votre blog que je suis toujours avec attention.
    Je suis assez géné par ce qu’exprime Adrian Rodriguez, pour plusieurs raisons. Tout d’abord j’échange souvent avec un proche qui transmet le même courant de pensée, essentiellement l’anti-écologie de conservation. Cette personne tenait un blog climato-sceptique avant de devenir ce que j’appelle écolo-sceptique. Dans cette forme de pensée “sceptique”, je ressens un élément essentiel, qui est l’indifférence à l’action de l’homme sur son environnement, et la défense de l’idée (voire le plaisir à l’idée) que tout va (doit) de toute façon changer et qu’il faut accepter ces changements. Je n’ai rien pour l’écologie de conservation et il est évident que dans certaines situations, il faut s’adapter et adapter les écosystèmes pour qu’ils survivent. Mais pour 1 cas comme celui de l’île de Darwin (Darwin hérite des lumières, à cette époque la nature était à “combattre”, de nos jours on dit à “gérer”), **combien** d’écosystèmes détruits par l’homme ? **Combien** d’espèces disparues dans les îles suite à l’introduction d’espèces invasives ? Il est triste pour moi de voir combattre l’écologie de conservation, même si elle est surement parfois contre-productive et irrationnelle, et pas l’impact de l’homme sur la nature. Le discours de Rodriguez semble accepter la colonisation de l’homme, et refuse et critique avec vigueur certains écologistes. Mais ceux qui détruisent les écosystèmes ne sont ***définitivement pas*** les écologistes de conservation, ce sont les sociétés capitalistes, qui exacerbent l’individualisme et favorisent l’esprit de domination et la cupidité, sociétés qui profitent du progrès technologique et du pillage des ressources. Je cite deux phrases extraites du blog de Rodriguez : “La plupart des écologistes considèrent comme une hérésie la présence d’espèces exotiques” : j’ai une certaine réticence à croire sur parole l’auteur de cette phrase. “[…]de nombreux écologistes sont conscients de la réalité du changement climatique et affirment […] que nos écosystèmes sont résilients et qu’ils seront parfaitement capables de “s’adapter” aux effets du changement climatique[…]”. Je ne connais pas le milieu de l’écologie scientifique, mais je me permets également de douter de ce que transmet Rodriguez. Je lis dans ces éléments de langage quelque chose qui ressemble au mieux à une capitulation face aux excès de l’homme, dont les conséquences sont pourtant bien documentées, et implicitement acceptées, dans son blog, au pire à du négationisme de la destruction systématique des écosystèmes par l’homme. Pour l’anecdote, à titre personnel, je suis très ennuyé dans mon jardin par l’invasion d’espèces non désirables et je n’ai aucun état d’âme à introduire des espèces nouvelles. J’ai sur mon terrain des orchidées sauvages qui sont mises en danger par des espèces invasives plantées par l’homme. Je n’ai aucune réserve à planter, à côté de cette “réserve sauvage” dans mon jardin, des pommes de terre et des tomates. C’est très concret et cela ne va pas dans le sens du blog de Rodriguez. Je vois aussi dans mon jardin les effet du réchauffement, avec l’apparition d’espèces indésirables (moustiques, parasites etc), et peut-être à terme la disparition d’espèces autochtones. Définitivement, je pense que les éléments de langage de Rodriguez déforme la réalité et la nature de l’action politique. La réalité est que l’homme est une espèces invasive et nuisible aux écosystèmes, l’homme détruit le climat. Je pense qu’il faut demander à l’homme de réduire son impact sur l’environnement ***bien avant*** de lui demander de replanter des espèces adaptées au futur climat et aux nouveaux écosystèmes (même si je ne conteste pas ce point de vue). Je ne ressens pas de remise en cause dans ce sens dans le blog de Rodriguez, mais un message systèmatique de critique des conservateurs, allant dans le sens de l’expérimentation colonialiste. C’est une une forme de pensée dominante dans le capitalisme triomphant. Selon moi, la Nature demande essentiellement que l’homme lui fiche un peu la paix et la respecte, elle n’a pas besoin de savant fou pour créer un nouveau monde meilleur (dont un représentant canonique est Elon Musk).

  5. Je sais, il est difficile de prévoir l’effet des interventions humaines, les plantes importées deviennent parfois invasives. D’un autre côté, à cause du réchauffement anthropique, nos forêts pourraient mourir d’une vague de chaleur à 45°C dans cinq ou dix ans, et nous serions face à des montagnes arides. C’est un risque réel, auquel il nous faut réfléchir. Evidemment il vaudrait mieux l’éviter et revenir au climat du vingtième siècle.

    1. Merci pour votre réponse Dorota. Je suis bien convaincu qu’il faut prendre des mesures “non conventionnelles” pour sauver la biodiversité. Il est important d’aider la Nature à se remettre de ce qu’on lui inflige. Je suis persuadé que partout dans le monde des scientifiques et des écologistes oeuvrent pour déplacer des espèces, planter, introduire ou réintroduire. Mais je n’apprécie pas un certain message prenant clairement plaisir à la transformation de notre environnement et blamant l’écologie de conservation. Je perçois, peut-être par erreur, du cynisme à utiliser la gravité et l’inéluctabilité de ce qui va se produire pour justifier une idéologie “transnaturaliste” (à comparer au transhumanisme). Cela me gène d’autant plus lorsque cela vient de personne qui luttaient il y a 20 ans ou 40 ans contre les écologistes et scientifiques qui alertaient sur la destruction de la terre et du climat, alors “d’aujourd’hui”, maintenant du passé :-(, avec des arguments similaires (ne changeons rien à nos habitudes, tant pis si on change notre environnement).

      1. Cher Cric, je craIns fort que mes propos aient été quelque peu mal interprétés. Les changements en cours ne sont ni bons ni mauvais. Je ne m’en réjouis pas plus que vous. Mais l’idée que je défends est que nous avons l’obligation de comprendre ces changements et le devoir d’en tirer des conclusions. Le problème de fond, que je constate dans les milieux conservationnistes, c’est le déni de la réalité du changement climatique. Beaucoup de personnes sont d’accord pour affirmer que le changement climatique est une réalité mais peu sont celles qui acceptent réellement les conséquences de celui-ci. Nous parlons, juste pour nous situer, d’une montée potentielle des étages de végétation de près d’un kilomètre d’ici la fin du siècle, d’un déplacement vers le nord de plusieurs centaines de kilomètres des grands biomes. C’est-à-dire, des mouvement d’une échelle supérieure aux dimensions de la Suisse et de nombreux pays européens. Je n’invente rien. Ce sont les prévisions des météorologues. Partant de là, essayez d’imaginer à quoi ressembleront nos écosystèmes d’ici la fin du siècle et au delà. Il a suffit d’un seul été de canicule en 2018 pour pratiquement anéantir les hêtres et les sapins dans beaucoup de régions d’Europe Centrale. L’affirmer n’est pas du catastrophisme, bien au contraire, il me semble que les scientifiques ont aujourd’hui l’obligation morale de nous avertir de ce qui nous attend. Rester dans une attitude attentiste et affirmer que nos écosystèmes sont “résilients” me semble être une attitude dangereuse. Vous dites que les scientifiques et les écologistes oeuvrent pour déplacer des espèces et je peux vous affirmer que cette idée est encore très mal acceptée dans le monde scientifique. Les forestiers sont par contre bien plus conscients de l’urgence et des pays comme le Canada ont déjà mené des expériences très intéressantes à ce sujet. Les tentatives de “migrations assistées” se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main et ces projets sont le fait d’associations comme les “Torreya Guardians” aux États Unis, qui n’ont bénéficié d’aucun appui officiel (ni des autorités ni des Universités, anchilosées par le conservationnisme ambiant) pour mener à bien leur projet. Bref, pardonnez-moi que je me sois étendu, le danger aujourd’hui c’est l’inaction et il faudra bien, pour que les futurs projets de protection de l’environnement soient efficaces, que l’on passe d’un simple conservationnisme à des politiques plus actives et plus osées !

  6. Article intéressent et bien écrit. Selon vous dans certaines régions comme le nord de la France, pensez vous que l’agriculture va changer de visage ? Que des plantes, des fruits et des légumes qui, à la base poussent dans des régions du sud, risquent d’apparaître dans une région comme les Flandres, les Hauts de France? Je parle vers 2050 par exemple. Avec un +2C° global voir +3C°

    Cordialement
    Francis

    1. Oui, je crois que c’est déjà le cas, que chaque année aura un climat différent, l’année passée nous avons eu l’année des super-tomates, et chaque année la production changera. Nous n’anticipons pas assez.

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