Les océans changent vite, pourraient subir d’importants dommages et provoquer un réchauffement rapide ces prochaines années (IPSO). Il faut des mécanismes financiers pour sauver les océans.

Les océans sont en danger

Les experts réunis par le Programme international sur l’état des océans (International  Programme on the State of the Ocean, IPSO) constatent des nombreux changements  de grande ampleur dans les océans:

Ils observent une hausse de la température,  de  l’acidification, des invasions biologiques, des perturbations des nutriments dans l’océan, ainsi qu’une  réduction de l’oxygène. S’ils se poursuivent, plusieurs de ces changements pourraient devenir définitifs.

Graves conséquences pour l’Humanité et la Nature

Le réchauffement océanique s’accélère, augmentant jusqu’à 40 % plus vite en moyenne que ce qu’un groupe d’experts des Nations Unies estimait il y a cinq ans:
● Le réchauffement de la couche supérieure de l’océan rend les vagues plus fortes ;
● L’océan pourrait contribuer à d’importantes hausses des températures mondiales dans les années à venir ;
● Le niveau d’oxygène dans les océans diminue, et associé à des polluants, rend de très vastes zones hypoxiques ou anoxiques et mène à la formation de zones mortes dans les océans.
● La glace de l’Arctique et de l’Antarctique fond plus rapidement que ce que les scientifiques avaient anticipé, et l’élévation du niveau de la mer pourrait être plus importante.

Solutions: limiter le réchauffement, la surpêche, la pollution et valoriser les océans

Les experts ont émis plusieurs suggestions pour éviter une dégradation irrémédiable de la vie dans les océans:

Le plus important est de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, car la hausse des températures a des conséquences graves sur la vie marine.

Les experts suggèrent aussi de mettre un moratoire aux extractions minières de fonds marins qui dévastent les écosystèmes benthiques.
Ils conseillent de limiter la pêche et la pollution marine. Celle-ci provient de plastiques à usages uniques, de polluants chimiques, et d’excès d’engrais et de rejets de production animale. Ils proposent de trouver des mécanismes financiers pour la gestion de océans et d’augmenter la recherche et l’accessibilité des données. La valeur des ressources marines devrait être mieux prise en compte, les activités nocives devraient être correctement taxées. Les industries marines doivent rapidement déplacer leurs investissements dans l’innovation pour réduire la pollution.

Les experts suggèrent des fonds et des structures d’assurances au niveau mondial, des partenariats public -privé et des outils financiers, ainsi qu’une banque de la durabilité des océans.

Les océans sont essentiels pour la vie sur Terre

Nous voyons déjà des extinctions d’espèces et des morts d’écosystèmes au niveau des récifs coralliens. Les écosystèmes polaires subissent des changements météorologiques importants et sont menacés. Les effets du changement climatique se manifestent déjà globalement à grande échelle.

Les océans recouvrent la majorité de la Planète, et jouent un rôle essentiel dans le climat terrestre. Ils accumulent les 90% de la chaleur du réchauffement et pourraient la restituer, menant à un réchauffement rapide.  Les banquises sont aussi cruciales au maintien du climat terrestre et fondent rapidement. Les récifs coralliens sont déjà très endommagés par la surpêche, la pollution et par les pics de chaleurs de ces dernières années. Les poissons disparaissent à de nombreux endroits. Les océans contiennent de nombreux écosystèmes très riches, actuellement menacés, et sont une source d’alimentation importante pour l’Humanité.  Ils sont aussi une étape importante du cycle du carbone. Si les algues des océans disparaissaient, cela pourrait faire monter les températures de la Planète au-dessus des températures supportables pour l’Humanité. Il est donc très important de garder le réchauffement en dessous d’1,5°C pour éviter des changements beaucoup plus graves.

Rapport: http://www.stateoftheocean.org/wp-content/uploads/2019/07/IPSO-2019-Report-Final_web-PDF.pdf

Publication: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/aqc.3182

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

6 réponses à “Les océans changent vite, pourraient subir d’importants dommages et provoquer un réchauffement rapide ces prochaines années (IPSO). Il faut des mécanismes financiers pour sauver les océans.

  1. Vous rapportez « changements définitifs » ce qui me semble exagéré. Temporaire et de longue durée (temps géologiques) serait plus approprié. Mais je ne me réfère pas aux 5 extinctions du passé. Des virus vivants il y a des millions d’années se «réveillent» avec la fonte du permafrost.
    Vous parlez aussi de financement (avancé par l’IPSO), ce qui est susceptible de parler aux financiers et politiques (souvent climato sceptiques par simple ignorance) mais ne pas oublier que ces derniers, jusqu’à preuve du contraire, ne croient qu’à l’activité économique en croissance, à la variable de l’emploi, et surtout au chiffre d’affaire, qui comme Baal dans l’antiquité, semble être vénère comme son dieux. Comme par le passé, il sera toujours difficile de lutter contre des croyances. L’histoire générale connaît des scientifiques du passé (Giordano par ex.) qui en ont fait les frais.
    Cela dit, ma chère Dorota, vous avez raison de souligner et communiquer ces infos scientifiques robustes et incontestables qui nous concerne tous, notre environnement et sa biodiversité avec. Je me réjouis d’avance de lire un nouvel éclairage.

  2. Votre titre, de par sa longueur, peut donner une idée de l’ampleur du phénomène, mais est peu digeste 😉

    La mer doit être traitée par la terre.
    Hormis la surpêche et l’exploitation des gisements, son plus grave danger consiste en des milliards de tonnes de plastiques, de pesticides, d’antibiotiques et autres délicates boues pétrolées qui lui parviennent par les cours d’eau, en majeure partie (par les pluies aussi, bien sûr).

    Bref, … on n’est pas rendu!!!

  3. Pour ne faire référence qu’à la Méditerranée, dèjà les innomables qui gouvernent la France pourraient cesser très vite d’y laisser déverser des boues rouges du coté de Vitrolles. Alors il y a déjà une chose que chacun, chacune peut faire, ne plus aller se baigner dans ce qui est en train de devenir un site Seveso d’autant plus que la Mer en question devient peu à peu le premier cimetière du monde. Je n’y mets plus les pieds depuis un bon moment et j’ai renoncé à tous les produits de la mer qui en proviennent.
    Beurk !

  4. Bonjour Dorota,
    Vous signalez, dans votre article la disparition progressive des algues marines qui pourrait faire monter les températures de la Planète au-dessus des températures supportables pour l’Humanité. Est-ce que les algues dont vous parlez dans votre article, sont le phytoplancton marin responsable de l’absorption du CO2 atmosphèrique et de la production de l’oxygène moléculaire ?

  5. les traités internationaux, type CETA, entre l’Europe et le Canada, induisent le transport maritime, or l’énergie dépensée est énorme ainsi que la pollution et les rejets de GAS; le bon sens dicte d’annuler ce traité commercial puiqu’absolument aucun des produits susceptibles de traverser l’Atlantique, n’est une exclusivité commerciale de l’un quelconque des partenaires; les politiques, c’est à dire la finance, nous oblige à marcher sur la tête ! heureuse Suisse qui actuellement n’est pas emmêlée dans les filets de l’UE !

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