En Angleterre: démesure, inconscience, et anachronisme dans la construction

Constructions hasardeuses

Londres semble édifier une colonie de tours de Babel, une forêt de grues s’affaire autour de gratte-ciel étincelants de verre. La capitale britannique construit actuellement plus de cinq cent bâtiments hauts de plus de vingt étages.  C’est le nombre de gratte-ciel le plus élevé jamais construit dans cette ville.

Mais ils sont inconscients!  Les intempéries s’attaquent déjà aux premiers gratte-ciel. Cette année,  des ouragans et une tornade en Asie, et une forte tempête en Roumanie en ont endommagé plusieurs. Les tempêtes s’aggravent très vite. Il est possible que les ouragans et les tornades se généralisent sur la Planète. De nombreux pays sont martelés de grêles monstrueuses.  Les vitres devraient disposer aux moins de volets solides, l’électricité sera coupée, des inondations se produiront au sol, sans parler de l’avenir de l’économie qui règne sur ces sommets. Ces constructions devraient être arrêtées d’urgence.

Londres sous d’épais nuages. Des nouveaux types de nuages apparaissent ces dernières années et apportent des nouveaux événements météorologiques.

Actuellement, les prévisions du GIEC incluent le fait que 74% d’européens seront exposés à des inondations tous les 5 ans.  L’Angleterre est particulièrement à risque, et subit déjà des nombreux déferlements. A New York, les architectes s’adaptent outre-mesure et proposent des passerelles entre tours aux premiers étages pour circuler au dessus-des inondations.

Le réchauffement climatique pourrait être plus rapide que prévu par le GIEC, ses conséquences sont plus graves (Michael Mann, OMM). Ces nouveaux bâtiments seront exposés à des graves intempéries, je me demande si leur résistance  a même été correctement étudiée.

 

Les estimations de risque sont bien en dessous-de la réalité. Toutes les prévisions doivent être confrontées à la réalité, à la réalité de tornades, d’inondations, de vagues de chaleur et d’ouragans qui se produisent aujourd’hui.  Les prévisions doivent être corrigées rapidement selon les nouveaux événements réels.

Les constructions ont un fort coût écologique et aggravent le réchauffement et les catastrophes qui en découlent. Selon le Professeur Schellnhuber de Potsdam, la construction, si on y inclut l’extraction et la production des matériaux et leur transport, est l’activité économique la plus polluante au monde, qui génère la majorité de la pollution sur la Planète. De plus, la construction est allée trop loin dans bien de pays, d’immenses projets sont totalement inutiles, et de nombreuses bâtisses, comme de nombreux T-shirts, ne serviront jamais.

Londres construit-elle les derniers gratte-ciel du monde alors que la Planète sombre déjà dans le chaos climatique? Des graves inondations et tempêtes déferlent sur tous les pays, des routes sont de plus en plus souvent coupées, les villes déclarent l’état d’urgence climatique l’une après l’autre.  Aujourd’hui, il faut arrêter les constructions et diriger tous nos efforts dans la plantation d’arbres et la restauration du climat.

 

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

7 réponses à “En Angleterre: démesure, inconscience, et anachronisme dans la construction

  1. Toutes ces constructions ont été planifiées et financées dans une logique économique financière libérale un peu délirante et largement non adaptée à l’evolution du climat mondial. Ils ont pris des risques mal calculés. Dommage pour eux.

  2. Bonjour. Le climat change très vite, les insectes et toute une cohorte d’organismes vivants plus ou moins visibles et utiles à notre écosystème apparaissent ou disparaissent à cause de ces changements. Visiblement, arboriser les surfaces semble être une attitude responsable et permettant de créer des ilôts d’ombre ou de “fraîcheur” réduisant le stress de la végétation. A mon échelle, je peux planter 3 ou 4 arbres qui pourraient raisonnablement atteindre 8 à 10 mètres, mais le sous-sol reste celui du plateau suisse-romand et il n’est pas forcément favorable à des essences venant du sud de l’Europe. Planter un arbre peut être un acte assez spontanné avec une réflexion se limitant à sa contribution esthétique dans un jardin, mais si l’on a une vue à 30 ou 50 ans on pourrait prendre le temps de se questionner sur les essences “idéales” sur lesquelles miser aujourd’hui pour une meilleure adaptation demain. En gros c’est planter sans se planter. Auriez-vous des recommandations à fournir à ce propos ? Merci d’avance.

    1. Il me semble de F. Hallé, ex prof. biologie végétale (Montpellier), qui milite pour les arbres depuis des décennies avait écrit parmi de nombreux autres publications, un petit livre en 2005 (Editeur Acte Sud), un plaidoyers pour les arbres à l’intention des hommes politiques. Peut être contient il les informations que vous recherchez

      1. @DELAPLANETE Merci pour l’information. Je vais pouvoir agir au niveau de mon jardin et certainement pouvoir inciter mon voisinage à faire de même.

  3. Bonjour Dorota,
    Vous soulignez un danger bien réel qui guettent les habitations en général incluant les gratte-ciel en particulier. Effectivement , toutes les habitations humaines actuelles sont à risque de destructions partielles ou totales en raison de la multiplication des tornades et des ouragans qui pourraient se développer presque partout sur notre planète. J’imagine que les normes de construction devront évoluer pour se renforcer et seront imposer par les municipalités aux constructeurs d’habitations neuves, notamment par l’utilisation du béton armée pour les murs et de vitres blindées. Sans compter, les habitations qui seront submergées par la mer lorsque celle-ci s’élèvera trop obligeant ses occupants à les désertées. Ce qui est certain selon moi, c’est qu’il est à prévoir que des pertes économiques pharaoniques et des faillites se réaliseront dans le domaine de l’immoilier. L’avenir de l’immobilier n’est pas rose. Ce ne sera plus un secteur où il sera bon d’investir pour le long terme. Dommage pour les spéculateurs immobiliers !

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