Face au climat: gérons le changement!

Aujourd’hui, une couche de neige exceptionnelle couvre le Nord des Alpes et cause un danger d’avalanche maximal sur l’échelle de mesures que nous avons utilisé jusqu’à présent. En juin, Lausanne subissait une pluie hors normes, cet été la Suisse et le Nord de l’Europe ont connu des sécheresses importantes. De nombreux autres événements hors du commun se produisent partout sur la Planète.
Ces phénomènes dus au réchauffement climatique vont s’aggraver, il est même possible, comme je l’ai expliqué précédemment, que l’aggravation soit rapide et spectaculaire.
Nous devons faire face à ce problème grave, nouveau, auquel seuls les films de science-fiction nous ont préparé. Le climat est le plus grand danger du 21ième siècle et doit être traité comme tel. Toute la société devrait être réorganisée pour réduire ce danger et pour y faire face correctement. Dès aujourd’hui, nous avons besoin de suivre, et de prévoir les changements climatiques et leur conséquences.

Météorologie Climatique

Nous avons besoin d’un office de météorologie climatique qui sera à jour sur les événements climatiques exceptionnels, sans précédent, inconnus de l’Homme, qui se sont produits sur toute la Planète au cours de ces dernières années. Un mètre de pluie en Afrique peut nous donner une indication sur les événements météo chez nous. Nous pourrions baser les prévisions sur le constat qu’il s’agit d’une augmentation de 5 fois de la pluviométrie normale. Il faudrait ensuite savoir si une augmentation semblable se produit partout, y compris dans nos régions. Les pluies ici ont- elles aussi augmenté de 5 fois? Cette augmentation avec la température est -elle linéaire, ou exponentielle? Les prévisions pourraient aussi se baser sur celles du GIEC, sur des modèles de circulation atmosphérique qui tentent de calculer quelles tempêtes ou canicules pourraient bien nous arriver à 1,5°C ou 2°C . Bien que ce soit très difficile de nos jours, ce service pourrait émettre des prévisions de risques sur 5 ans et alerter les bureaux concernés des catastrophes climatiques possibles.

Agriculture Climatique

Nous avons besoin d’un office d’agriculture climatique, qui étudiera les effets sur l’agriculture des changements climatiques constants, auxquels nous sommes désormais exposés. Cet organisme devrait recouper les conditions de croissance des plantes cultivées, ou de survie des animaux, et les prédictions météorologiques et pouvoir informer les agriculteurs quelle production sera possible et fructueuse. Il devra adapter souvent, par exemple tous les 5 ans, ou même chaque année, les recommandations sur l’agriculture en Suisse, et informer quels aliments pousseront ici.

 

 

Sécurité des infrastructures

Les pluies intenses, neiges abondantes, et glissements de terrain augmenteront avec le réchauffement (GIEC) et ces changements sont déjà perceptibles. Nous avons besoin d’un office de la sécurité des infrastructures qui vérifiera à quel niveau de catastrophe climatique les bâtiments et transports sont menacés. Il pourrait y avoir un petit problème. Le danger pourrait être quasiment omniprésent. Le rapport du GIEC d’octobre 2018 prévoit qu’à 1,5°C de réchauffement, qui nous menacent bientôt, 74% d’européens sont exposés aux inondations, et ils n’ont pas prévu tous les dangers. Des nouvelles normes de sécurité s’imposent pour l’ère du climat. Nous pourrions ainsi éviter de construire de nouveaux bâtiments sensibles aux intempéries futures, et dans un deuxième temps tenter de sécuriser ce qui peut l’être.

 

Capture de carbone

Un office de capture naturelle de carbone est indispensable pour planifier et gérer la capture du carbone atmosphérique dans le sol, la végétation, les tourbières et les arbres.

Si nous recréons un mètre supplémentaire de sol fertile, nous aurons résolu le problème du climat, car ce mètre de sol capterait le carbone responsable de l’effet de serre. Une végétation touffue, et particulièrement les arbres, captent aussi beaucoup de gaz carbonique responsable de l’effet de serre. Nous avons besoin d’un bureau qui étudiera les possibilités de capture de carbone dans le sol, la végétation, les cultures agricoles, les forêts et les arbres isolés, et, s’occupera de la réalisation de ces projets. A mon avis, nous devons nous lancer immédiatement dans la capture du carbone naturelle, par la végétation, parallèlement aux réductions d’émissions. Cela limitera l’aggravation des phénomènes climatiques auxquels nous serons exposés au cours de ces 50 prochaines années. D’ici quelques décennies, ces solutions naturelles pourront être complétés par des technologies nouvelles de capture de carbone qui sont en développement actuellement.

Réduction d’émissions

Nous avons besoin d’un office de contrôle qui répertoriera toutes les émissions de carbone, et les plans de réductions. Il vérifiera si les rejets des entreprises diminuent comme prévu, et adaptera les buts, en fonction des décisions politiques et des nécessités futures. Il s’assurerait que les nouvelles industries ne nuisent pas à l’environnement et au climat, elles pourraient être soumises à autorisation conditionnelle, qui attesterait qu’elles ne causent pas d’émissions de carbone dangereuses pour l’Humanité . Un office de contrôle pourrait décider de fermetures d’urgence, en cas de besoin et limiterait fortement les dangers futurs.

Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

4 réponses à “Face au climat: gérons le changement!

  1. La sacro-sainte croissance nous empêchera encore longtemps de lutter contre le réchauffement climatique. Mais la société capitaliste pourra trouver du profit dans la gestion de ce réchauffement et en profiter largement. Un exemple parmi d’autres, si la Bourgogne devient trop chaude et trop sèche pour y produire du vin, nous pourrons peut-être le produire en Islande. Il aura un bon goût de volcan et ça se vendra très bien.

    1. Effectivement, là se situe le problème complexe à solutionner, celui de cette croyance en cette sacro-sainte croissance « continue » en dehors de laquelle tout devrait paraît-il « régresser » selon nos politiciens Et business man actuels ! Contrairement aux croyances, nos connaissances scientifiques ont largement progressés, et progressent encore, elles peuvent nous permettre d’adapter nos habitudes futures, jusque-là essentiellement induites par l’economie de marché (consommation, voyages low cost, etc.). Le climat a ses lois, l’economie les siennes, et il va falloir que cette dernière trouve et s’adapte rapidement afin de trouver un terrain d’entente.

  2. Il paraîtrait désormais très probable que plutôt que pour la requête d’un ‘simple’ office de météorologie climatique l’on devra travailler d’ici en avant pour un changement radical de toute la structure institutionnelle, vu qu’il semble qu’elle nous administre plutôt vers l’autodestruction de l’espèce …à grande vitesse.

  3. La “capture de carbone” par les arbres posera un problème de conscience à plus d’un naturaliste. ¿ Quelles espèces faut-il planter pour que dans 50 ans et plus ces arbres survivent ? Le débat sur les espèces invasives fait rage dans la communauté scientifique et je crains fort que le puritansime ambiant límite queque peu la portee dans le temps d’une telle opération en ne permettant pas les autorités que soient plantées les espèces mieux adaptéis aux climats su futur…

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