Des idées pour le climat

Urgence Climatique

Samedi, quelques centaines de personnes se sont réunies à Genève et plus de mille à Berne pour donner l’alarme climatique.
Les participants ont sonné le tocsin, ils ont bruyamment attiré l’attention sur l’urgence climatique, les drames humains que le réchauffement climatique apporte, et la nécessité de prendre des mesures.

J’ai personnellement eu envie de crier: Evacuation, inondation! Evacuation, vague de chaleur! Evacuation, tornade! Cela me semblait étrangement proche, et pourrait bien représenter notre réalité de demain.

Il est essentiel de prendre des mesures rapides pour le climat. Nous devons réduire les émissions de CO2 avant que les températures ne montent des quelques dixièmes de degré qui provoqueront des inondations dans la majorité de l’Europe et des pénuries alimentaires.

Si nous n’y arrivons pas, nous devrons les réduire tout de suite après, avant que les inondations et les tempêtes n’emportent nos villes et les pénuries alimentaires ne deviennent famines. En tous les cas, nous devrons le faire.

Heureusement, des initiatives prometteuses en faveur du climat germent par-ci par-là: parallèlement au passage graduel aux énergies renouvelables, quelques bonnes idées toutes simples sont mises en oeuvre en ce moment:

Le Luxembourg rend les transports publics gratuits

Le Luxembourg, un pays européen un peu plus petit que le canton de Vaud, rend les transports publics gratuits. C’est une excellente idée, qui poussera des nouveaux usagers à les essayer.

Elle va rendre les transports publics faciles à utiliser spontanément et attrayants.
Cette mesure devrait avoir des conséquences bénéfiques à tout point de vue. Elle pourrait réduire les émissions de CO2, les bouchons, la pollution et les cancers qui en découlent, le bruit, les accidents,  ainsi que le bétonnage de la Planète en routes et parkings. J’espère qu’elle créera des nouvelles habitudes chez les habitants, et rendra la ville plus saine et plus agréable à vivre.

Les transports publics sont évidents dans les métropoles modernes. On ne peut s’en passer dans des villes de millions d’habitants, ils évitent les embouteillages et la pollution. Ils sont aussi une nécessité climatique.
Les voitures émettent énormément de CO2, elles remplissent nos lieux de vie d’un nuage de pollution et de bruit.

Les émissions de CO2 dues à l’usage de la voiture ont récemment augmenté en Europe. Il me semble que l’habitude de prendre sa voiture pour un kilomètre ou moins s’installe dans notre société. Il serait intéressant de savoir quand utilise-t-on la voiture. Pour aller travailler, pour transporter les enfants, les courses, pour aller dans la nature, chez des amis? Les transports dans les villes devraient être planifiés pour réduire ces trajets en voiture.  Même à la campagne, les transports publics pourraient être efficaces, rapides et simples à utiliser. Des bus d’excursions réguliers pourraient être mis en place.

Les Pays-Bas et l’Angleterre restaurent des espaces sauvages

Pour sauver notre climat nous devons réduire les émissions et/ou diminuer la quantité de CO2 dans l’atmosphère. Le reboisement reste le moyen le plus simple pour y parvenir.

Un arbre est en grande partie carbone.  Ils en captent le maximum pendant les 40 premières années de leur croissance, et ils enrichissent le sol en carbone pendant plusieurs décennies. Surtout, les végétaux n’ont aucun effet secondaire connu. Ils créent même un milieu de vie parfait pour l’humain, diminuent la pollution, la chaleur et favorisent les pluies. Certains objectent que, quand les arbres auront poussé, le problème se posera à nouveau, mais d’ici là, il y aura peut-être d’autres solutions, d’autres énergies, ou une nouvelle organisation de la société.
Nous devons agir maintenant. Nous devons vraiment maîtriser le carbone atmosphérique pendant ces quarante, et même les vingt prochaines années, faute de quoi le climat nous échappera complètement, et deviendra trop violent pour que d’éventuels oeuvres de restauration de climat puissent être réalisés au milieu des tempêtes apocalyptiques.

Il y a quelques centaines d’années, l’Europe était couverte d’une immense forêt. Elle a graduellement été déboisée pour l’agriculture, et depuis les sols, qui ne régénèrent plus naturellement, s’appauvrissent peu à peu. La moitié d’oiseaux et d’insectes a disparu au cours du dernier quart de siècle, et en restaurant  des espaces de Nature, nous leur permettons peut-être de survivre.

Le gouvernement des Pays-Bas, a entrepris de racheter des parcelles inutilisées et de les reboiser. Ainsi, ils espèrent capter du CO2 et améliorer le bilan carbone de leur pays. C’est une excellente idée, je me réjouis de voir ces nouveaux bosquets. Ils pourraient y planter des espèces qui absorbent beaucoup de carbone et d’azote, ou recréer des biotopes naturels de la région.

Chaque trottoir, chaque mètre de terrain inutilisé pourrait contenir une végétation abondante.

La Grande -Bretagne prévoit de restaurer des espaces naturels sur 2% de son territoire, ce qui lui permettrait de capter un tiers de ses émissions de carbone. Il me semble alors qu’en restaurant des espaces naturels sur 6% du territoire, elle annulerait immédiatement ses émissions de carbone. C’est peut-être la solution la plus simple dans l’urgence, pendant que les voitures et les centrales à charbon sont remplacées. Il faudrait le faire immédiatement, car plus nous tardons, plus nous devrons capter le carbone émis par les systèmes naturels détruits par le réchauffement, les forêts en feu, les écosystèmes désertifiés, irrémédiablement perdus, nos champs et nos forêts d’aujourd’hui. Pendant dix ou vingt ans, il faudrait payer les éleveurs pour planter des arbres sur leurs terres au lieu de produire des excédents laitiers, demander la collaboration des jardins privés, et planter des arbres sur chaque mètre de terrain inutilisé. Nous serons très bien à l’ombre des arbres.

Los Angeles impose un plat végétalien dans chaque lieu public:

La Californie est très exposée au changement climatique. Elle a subi plusieurs sécheresses, d’importants feux de forêts et des glissements de terrain dus aux pluies intenses. Elle semble décidée à réagir contre le réchauffement.
Actuellement, la majorité de terres agricoles sert à alimenter le bétail. Une diminution de la consommation de la viande pourrait permettre de réduire fortement les émissions de carbone, de replanter des arbres dans les champs ainsi libérés, et pourrait être la meilleure solution pour le climat.
C’est souvent aussi souhaitable pour la santé publique. Une faible consommation de viande, et encore plus le régime végétalien, limite l’obésité, le cholestérol, les maladies cardiovasculaires et les cancers. Pour cette raison, les diététiciens américains acceptent le régime végétalien,  les végétaliens stricts et certains végétariens doivent seulement prendre des compléments de vitamine B12 après quelques mois.

En tout cas, la consommation de viande et de produits animaux devrait être modérée, par exemple limitée à un repas par jour, sans charcuterie. Aujourd’hui, il est souvent difficile de trouver un plat végétarien ou végan. Les raviolis à la viande sont souvent servis avec une sauce à la crème ou au fromage, et contiennent donc deux produits animaux au moins. Face à l’offre actuelle, il est même difficile de respecter les recommandations des diététiciens suisses et d’avoir une consommation modérée de viande. La ville de Los Angeles permet seulement le choix au consommateur: Elle demande à tous les lieux publics de proposer un plat végétalien.
Il faudrait faire plus à ce niveau: le plat végétalien devrait être moins cher, ce qui encouragerait à l’essayer. Le prix des ingrédients devrait en fait être bien plus bas. Il faudrait aussi que tout le monde soit parfois exposé aux aliments végétaliens, qui formaient l’alimentation de nos ancêtres. Il me semble qu’il serait facile de remplacer la viande de mauvaise qualité, au goût et à la composition modifiés par des additifs chimiques, dans la sauce bolognaise, les burgers, les saucisses, et que la remplacer par des aliments végétaliens pourrait plutôt les améliorer. Il faudrait en fait inverser le paradigme: la nourriture de base devrait être végétalienne (ou végétarienne sans trop de fondue), et on devrait expressément demander le supplément viande ou le réserver à certains repas. Les diététiciens suisses recommandent d’ailleurs un repas sans protéines, composé seulement de céréales et de légumes.

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

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