Vénus de Milo

Demain, j’enlève le bas

Alors que dans le monde de langue allemande on ne compte pas les paires de villages dont le nom est construit sur le modèle Oberdorf/Niederndorf selon qu’ils se situent plus en amont ou pus en aval, en France plus personne ou presque n’entend habiter un département ou une région qui ne tienne le haut du pavé.

Voilà déjà un demi-siècle que les départements de la Seine-Inférieure et de la Loire-Inférieure, qui, sachez-le, ne cèdent le pas à personne, se sont promus au rang de Seine-Maritime et de Loire-Atlantique respectivement. Qu’on se rassure, les habitants de la Haute-Loire n’ont quant à eux pas été molestés. Ils rejoignent leurs voisins de la Haute-Savoie qui, depuis plus de 150 ans participent activement aux recherches en vue d’établir l’emplacement, toujours inconnu, de la Basse-Savoie.

Plus récemment, on a assisté à la création de la nouvelle région des Hauts-de-France, que la Ligne Claire aurait volontiers baptisé de Gaule Belgique, et qui ne doit en rien son nom à la géographie et tout à la convention qui veut que le nord figure en haut d’une carte.

Demeure alors la question du département du Bas-Rhin. La Ligne Claire a tenté d’éclaircir ce mystère en se laissant glisser au fil du grand fleuve pour aborder la région allemande du Niederrhein dont Düsseldorf est le chef-lieu. C’est ici que tout s’éclaire car si le Bas-Rhin subsiste, c’est parce qu’il n’est pas si bas que cela puisqu’en aval se situe plus bas que lui, la Basse-Rhénanie, Niederrhein en allemand. Et c’est pourquoi, fort de cette découverte, à Strasbourg on conserve le Bas.

Dominique de la Barre

Dominique de la Barre

Belge offshore, amateur d'histoire et du patrimoine culturel européen, attaché aux questions liées à la transmission.

2 réponses à “Demain, j’enlève le bas

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