Mes entretiens d’embauches se sont presque toujours tournés autour de mes enfants

Il y a à peu près vingt ans, quand je suis arrivée en Suisse, je cherchais du travail dans une banque comme lorsque j’habitais en Colombie. Une de mes filles avait 7 ans et l’autre 10 mois. Mes entretiens d’embauches se sont presque toujours tournés autour de mes enfants, de comment j’allais les garder, si j’avais une nounou, si ils allaient à la crèche. Le fait de venir d’ailleurs est une difficulté de plus. 
Ça n’est pas le sujet d’un entretien, ils n’ont qu’à regarder les diplômes, le parcours. C’était très présent à l’époque. On ne demande jamais ça à un homme. Mon conjoint, on ne lui a jamais posé la question, il a trouvé du travail au bout d’un mois et demi et moi au bout d’un an. J’ai arrêté de chercher dans la banque, je trouve que c’est un milieu très, très macho en Suisse. Si tu es une femme et que tu as des enfants, on te met des bâtons dans les roues. Même si l’homme a des enfants, il ne vivra pas ça.

Gisèle,
 48 ans, Lancy, vendeuse

 

Quand j’étais petite, je voulais être astronaute mais on m’a toujours dit que c’était un métier de garçon. Mon prof de physique me disait qu’il fallait être « bon en science ». Bon, pas bonne.
Mes collègues savent que je fais grève, que je me renseigne, que j’en parler autour de moi, que je me positionne. L’autre jours, trois collègues masculins m’ont coincée dans l’ascenseur et m’ont dit « alors, tu fais moins la maline hein? ». C’est quoi ça, si ça n’est pas du harcèlement sexiste? Je veux un congé parental, je pense que les premiers mois de la vie d’un enfant peuvent être très isolants pour la mère. Les hommes auraient tout intérêt à vivre les premiers mois de leur enfant, à pouvoir construire cette relation privilégiée. L’égalité profite à tous, elle combat aussi le mythe de la virilité qui nuit aux hommes, leur met une pression de concurrence, de performance, les force à cacher leur sensibilité et à passer moins de temps en famille.

Cheffe de projet, 
38 ans, maman d’un enfant de 6 ans, mariée à un homme solidaire

 

Je fais la grève pour plusieurs raisons, Tout d’abord, pour les inégalités salariales. J’étais très choquée par les statistiques. Faire grève ici montre aussi qu’on est solidaire envers les femmes d’autres pays dont les droits ne sont pas forcément respectés.
Je me suis intéressée à ce mouvement il y a un an. J’étais avec un partenaire qui avait beaucoup de stéréotypes de comment devait être une femme. Je me suis rendue compte qu’il voulait me changer. Il trouvait qu’une femme ne doit pas boire, ne pas crier, ne pas être provoquante. Ça ne me choquait pas au début parce que j’étais amoureuse mais ça a fini par me questionner. Je trouve que si toutes les femmes devaient se comporter comme ça, ce serait inhumain.

Justine, 18 ans, étudiante, maturité artistique ECG, Arzier

Le Collectif genevois de la Grève féministe / Grève des femmes

Le Collectif genevois de la Grève féministe / Grève des femmes s'est constitué il y a un an en préparation de la Grève nationale du 14 juin 2019. Il regroupe des femmes* de tous âges et de tous horizons: migrantes et suisses, employées et mères au foyer, vieilles dames indignées et retraitées, collégiennes et étudiantes, politiques et apolitiques, féministes.

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