S’adapter à un environnement complexe pour mieux rebondir

En pleine pandémie, les jeunes éprouvent de grandes difficultés à se projeter dans la vie professionnelle. Face à des perspectives floues, ils doivent absolument rester actifs pour ne pas être déconnectés. Quand l’économie redémarrera, ils seront les premiers à être engagés.

La crise du coronavirus affecte sévèrement le monde professionnel, et n’épargne guère les jeunes de 18 à 25 ans. Ces derniers sont touchés de plein fouet par les conséquences de cette pandémie. Entre un marché du travail qui s’est brutalement refermé, des cours à distance compliqués à suivre et la diminution drastique des petits boulots, leurs perspectives se sont notablement assombries.

Les entreprises, durement touchées elles aussi, ne sont pour la plupart pas en mesure d’engager des jeunes actuellement. L’urgence consiste pour elles à survivre à la crise et à conserver leur main-d’œuvre. Intégrer des jeunes dans le marché du travail reste ainsi une préoccupation à moyen terme. A ce propos, les entreprises qui passent la crise sans trop de difficulté doivent songer à s’investir davantage dans la formation afin de garantir des compétences à l’avenir. L’appel est lancé.

Lorsque l’économie redémarrera pleinement, les sociétés auront besoin de ces aptitudes, a fortiori à un moment où les baby-boomers s’apprêtent à quitter massivement le monde du travail. Aussi il est crucial que les jeunes maintiennent une activité si nous ne voulons pas nous retrouver face à un manque de main-d’œuvre qualifiée dans quelques années. Les crises passées ont montré que les jeunes profitent, dans une mesure supérieure à la moyenne, des phases de reprise économique.

Une bonne nouvelle à signaler dans le marasme ambiant: les aides vaudoises en faveur de l’apprentissage, à savoir 16 millions issus du fonds de lutte contre le chômage, ont permis une hausse de 1,3% du nombre d’apprentis en 2020. Il reste que former ces jeunes gens à l’heure du télétravail n’est guère évident. Un apprenant ne peut acquérir ni le métier ni la culture de l’entreprise depuis son domicile. A la CVCI, nous avons instauré un tournus en présentiel pour nos trois apprentis afin de pouvoir continuer à les former au mieux.

Entretenir sa soif d’apprendre

Les étudiants des Hautes écoles entrevoient pour leur part un horizon professionnel bouché. Dans l’attente d’un vrai redémarrage de l’économie, cette génération doit se montrer inventive et entretenir sa soif d’apprendre. Des solutions existent, comme reprendre ou poursuivre des études, suivre un stage pour acquérir de nouvelles compétences, se perfectionner ou, pourquoi pas, se réorienter. Les jeunes doivent prendre conscience qu’ils changeront plusieurs fois de métier au cours de leur carrière. Il leur faudra donc d’adapter à un monde professionnel en perpétuelle mutation, où la digitalisation prendra toujours plus d’importance.

En ce sens, la pandémie actuelle stimule l’inventivité et la faculté à s’adapter à un environnement complexe. L’expérience montre qu’une formation professionnelle solide a une incidence directe sur la santé de l’économie. De nombreuses études l’attestent. Aussi dure qu’elle soit, cette crise pourrait ainsi révéler des opportunités insoupçonnées à celles et ceux qui sauront les saisir. Pour mieux rebondir.

Photo: AdobeStock

Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.

2 réponses à “S’adapter à un environnement complexe pour mieux rebondir

  1. Tout à fait d’accord avec ce point de vue et surtout pour le soutien et la formation continue des jeunes !

    Il reste néanmoins le facteur du cash, comme un corps sans sang , l’entreprise ne peut survivre longtemps aux réalités qui leur sont imposées et consomment leurs réserves. Qu’adviendra-t-il aux entreprises exsangues et ne pouvant plus faire face à leurs obligations si l’Etat ne les soutient pas à 100% pour sortir de ce marasme, ne nous leurrons pas, la Suisse est riche , voir tres riche et peut ouvrir les vannes. Sans entreprises saines, pas de place de travail et un chômage en hausse. Un entrepreneur sait quand il doit investir pour le longterme….. et Berne ?

  2. Comme entrepreneur je suis pour un engagement total en faveur de la formation des jeunes, mais aussi des moins jeunes qui rejoignent mon entreprise.
    Et j’espère que la reprise annoncée nous permettra de continuer dans cette voie.
    MAIS ! quand je viens de voir que LAUSANNE veut faire en sorte que la ville bannisse totalement les voitures, j’ai pris la décision en moins d’une heure (!) avec mon conseil d’administration de FUIR cette ville et de projeter la délocalisation de l’entreprise dans une ville plus sérieuse et responsable !!!

    Voilà un sujet que vous devriez traiter chère Madame Amstein, car la décision de Lausanne va toucher de nombreuses entreprises, et de surcroit l’avenir de nos jeunes et des moins jeunes !

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