Seule une économie prospère fait progresser les salaires

Dans le canton de Vaud, le salaire médian du secteur privé s’est accru de 6% entre 2008 et 2018. La classe moyenne s’est ainsi élargie et concerne aujourd’hui plus des deux tiers des salariés. Ce constat chiffré permet de rappeler le rôle primordial des entreprises dans notre prospérité.

Statistique Vaud vient de publier des chiffres très éclairants sur la structure des salaires du secteur privé dans le Canton en 2018. On y apprend ainsi que le salaire médian s’est établi à 5980 francs mensuels et, surtout, que les rémunérations ont progressé de 6% en dix ans. Cette augmentation s’est traduite par une forte baisse de la part des salariés touchant entre 3000 et 4000 francs et la hausse de la part de ceux gagnant plus de 5000 francs. «En d’autres termes, communique l’organisme cantonal, on assiste d’une part à l’élargissement de la classe moyenne et, d’autre part, à la diminution des postes à bas salaires. La classe moyenne concerne désormais 70% des salariés contre 65% en 2008.»

Dans la morosité pandémique actuelle, il est utile de rappeler le rôle primordial que joue la bonne santé de l’économie dans la prospérité d’une collectivité. On le voit bien aujourd’hui avec les mesures sanitaires liées au Covid-19 qui, pour légitimes qu’elles puissent être, ralentissent voire bloquent des pans entiers de l’activité économique. Les conséquences sont souvent dramatiques pour certains secteurs, comme l’hôtellerie-restauration et l’événementiel.

Les vertus de la valeur ajoutée

Ces statistiques montrent évidemment des différences de salaire médian très marquées selon les branches économiques considérées. Dans le secteur des assurances, il atteint ainsi 9020 francs. L’industrie pharmaceutique et les activités informatiques constituent d’autres exemples de branches où la rémunération est élevée. À l’autre bout de l’échelle, des secteurs d’activité comme l’hébergement et la restauration (4330 francs) et le commerce de détail (4700 francs), offrent des revenus plus modestes. Comme le relève Statistique Vaud, «les différences entre les branches sont étroitement liées à la valeur ajoutée que les entreprises sont capables de générer».

La diversité de notre tissu économique, constitué de PME et de multinationales, contribue à fortifier notre économie, mais elle permet aussi aux secteurs les plus innovants et les plus agiles de générer des profits qui permettront de proposer des salaires attractifs.

Les esprits chagrins objecteront que le salaire médian vaudois reste inférieur à la moyenne suisse (-270 francs). C’est oublier d’où revient le Canton, dont l’économie était à la traîne au début de ce siècle et dont les finances publiques étaient exsangues. Vingt ans plus tard, à travers l’une des impositions les plus lourdes du pays, Vaud présente des comptes enviables et un degré d’endettement très bas. C’est pourquoi il est indispensable que nos autorités redistribuent sous forme d’aides une partie de ce trésor de guerre à celles et ceux qui ont largement renfloué leurs caisses. Cette aide au redémarrage ne peut être que bénéfique pour notre prospérité future.

Photo: AdobeStock

 

Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.

2 réponses à “Seule une économie prospère fait progresser les salaires

  1. Oui entièrement d’accord, mais l’économie va aussi devoir s’améliorer sur un point, tenir compte des crises (sanitaires, climatiques, etc.) toujours possibles.

  2. Chère Madame,
    Vous avez parfaitement raison, mais dans le canton de Vaud vous avez des politiciens pragmatiques aussi bien de gauche et que de droite qui savent faire des compromis et soutiennent le tissu économique, malheureusement à Genève il y a peu de pragmatisme et de compromis, surtout les partis de gauche ou le lobby du clientélisme est fort et l’on pense qu’à taxer et plus encore.
    Maintenant l’économie devra s’adapter par rapport au défi que le changement climatique impose, je fais confiance en l’être humain pour trouver des technologies moins polluantes, restons optimistes.

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