L’économie vaudoise se défend bien dans un environnement morose

En dépit des nuages qui s’accumulent à l’horizon, une bonne partie des entreprises du canton de Vaud restent confiantes quant aux perspectives conjoncturelles. Par ailleurs, le développement durable fait peu à peu son nid au sein des sociétés.

Les perspectives économiques pour la Suisse demeurent sombres pour la fin de cette année, selon le centre de recherches conjoncturelles KOF de l’École polytechnique fédérale de Zurich. À fin septembre, le baromètre économique de ce dernier a atteint son niveau le plus bas depuis 2015. En dépit de ces présages, rien ne semble devoir entamer la foi des entrepreneurs vaudois en leurs affaires. Les résultats de l’enquête conjoncturelle semestrielle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), publiés hier, montrent que les chefs d’entreprises restent globalement confiants quant à l’évolution économique à moyen terme. Le constat vaut également pour le secteur industriel, bien qu’il soit davantage dépendant des aléas des marchés mondiaux.

S’agissant de 2019, notre enquête montre que la marche des affaires est jugée satisfaisante ou positive par 85% du panel, tant dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Les excellents résultats de l’an dernier ont favorisé une hausse sensible des salaires en début d’année, puisque près de 60% des entreprises ont accordé des augmentations de l’ordre de 1,2%. La dynamique demeure favorable en matière d’emploi: plus d’un quart des répondants ont augmenté leurs effectifs, aussi bien dans l’industrie que dans les services. Cette tendance devrait se poursuivre, puisqu’un répondant sur cinq prévoit d’embaucher l’an prochain. Seuls 7% d’entre eux s’attendent à devoir réduire leur personnel.

Un pic a été atteint

Si les prévisions à moyen terme paraissent favorables, le pic semble toutefois avoir été atteint. Les industriels, en particulier, relèvent quelques signaux tempérant le climat conjoncturel actuel, ainsi qu’un manque de visibilité à plus long terme. Ceux-ci sont d’ailleurs globalement moins satisfaits du niveau de leurs marges d’autofinancement que l’an dernier. En outre, 37% des entreprises ont procédé à des investissements cette année (contre 38% en 2018), un pourcentage qui devrait encore baisser l’an prochain, à 35%.

L’alarmisme n’est pourtant pas de rigueur. La croissance, même à la baisse, reste pour l’heure positive. Les fondamentaux de notre économie demeurent consistants. Il convient toutefois de rester vigilant et réactif. Les réformes doivent être poursuivies, de même que les efforts pour garantir des conditions-cadres solides. Il s’agira surtout de clarifier et de régler rapidement un dossier majeur: celui de nos relations avec l’Union européenne. Il est en outre primordial de pérenniser une formation de haute qualité pour faire éclore les talents dont notre économie aura besoin pour maintenir sa prospérité.

En marge de son enquête semestrielle, la CVCI a également demandé à ses membres s’ils avaient mis sur pied des projets liés au développement durable ces deux dernières années. Quatre répondants sur dix déclarent avoir réalisé des actions ou des projets dans le but d’améliorer la performance économique de leur entreprise, tout en intégrant des enjeux environnementaux ou sociaux. Il ressort enfin que 29% des entreprises ont déjà mis en place des plans de mobilité. Davantage concernées par cette problématique, les sociétés de plus de 100 collaborateurs sont plus nombreuses à avoir franchi le pas (56%). Les mesures instaurées consistent principalement en des encouragements à l’utilisation des transports publics (61%) et, pour près d’un répondant sur deux, en services aux collaborateurs (crèche, restaurant d’entreprise, télétravail, vidéoconférence, etc.). La CVCI organise depuis plusieurs années des séminaires pour accompagner les entreprises dans l’établissement de plans de mobilité, et va poursuivre ses actions de sensibilisation.

Crédit photo: CVCI

Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.