La croissance verte est la clé du monde de demain

Pour faire face au défi climatique, les entreprises ont un rôle central à jouer. Elles doivent produire en respectant davantage la nature et aller dans le sens d’une économie innovante et écologique. Le philosophe Luc Ferry défend cette vision avec foi.

Au milieu du catastrophisme ambiant et du bashing récurrent dont font l’objet les entreprises, il est des messages qui font du bien. Celui qui a été porté lundi matin sur les ondes de La Première par le philosophe français Luc Ferry est du nombre. Pour lui, «ce qui va sauver le monde, c’est une croissance verte». Celui qui fut brièvement ministre de l’Éducation nationale au début de ce siècle sait de quoi il parle: ce ne sont pas les politiques, mais bien les entrepreneurs qui détiennent les clés de la transition énergétique. «La balle est dans le camp des chefs d’entreprises», a-t-il plaidé. Il voit en outre dans l’émergence de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, comme la 5G, les prémices de «conséquences magnifiques».

Ces promesses, j’en suis convaincue, les entreprises peuvent les concrétiser. Elles ont déjà commencé à réduire singulièrement leurs émissions de CO2. Depuis 1990, celles-ci ont baissé de 18% selon des chiffres de l’Office fédéral de l’environnement. Le progrès technique et le volontarisme aidant, ce bilan va encore s’améliorer. À ce jour, quelque 4000 sociétés ont conclu une convention d’objectifs avec l’appui de l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC) pour réduire leurs émissions polluantes. Grâce à la diminution de leurs coûts, à la fois en énergie et en taxes, les entreprises ont économisé près de 650 millions de francs, qu’elles peuvent investir dans des mesures innovantes, pour améliorer encore leur performance énergétique comme pour développer des produits respectueux de l’environnement.

Davantage d’innovation et moins d’idéologie

Accélérer la recherche et le développement, on le voit, est essentiel. Présent lundi à New York au Sommet sur le climat, Ueli Maurer, président de la Confédération, a rappelé à la tribune que «notre monde a besoin de plus de progrès technologiques, d’innovation et de moins d’idéologie». Pour concrétiser au mieux la transition énergétique, le canton de Vaud dispose de nombreux atouts: des Hautes écoles de renommée mondiale, un tissu de PME varié et riche en compétences, et des start-up où des concepts novateurs naissent à la vitesse Grand V (voir à cette égard l’étude CVCI-BCV-Innovaud Vaud innove). Et n’allez pas croire que les grandes entreprises sont en retrait. On en veut pour exemple Nestlé, qui vient d’inaugurer sur les hauts de Lausanne un institut de recherche sur les emballages destiné à réduire l’empreinte environnementale de ses produits. La multinationale veveysanne fait d’ailleurs partie des 87 entreprises qui soutiennent l’engagement Business Ambition for 1,5° défendu par le Sommet sur le climat des Nations Unies.

Comme Luc Ferry, je pense que la croissance verte est une nécessité. «Il y a dans l’écologie une composante antimoderne», déplore-t-il. Il est certain que l’écologie politique sous-entend une haine du libéralisme qui n’a absolument pas lieu d’être. L’écologie est une science qu’il convient de prendre au sérieux et qui nous concerne tous. Les entrepreneurs ont tout intérêt à en saisir rapidement les enjeux et à montrer la voie. Ils sont déjà nombreux à s’y être engagé

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Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.

4 réponses à “La croissance verte est la clé du monde de demain

  1. Exactement, c’est la voie royale et c’est à la société civile de montrer le chemin et aux élus d’adapter les lois en conséquence. Ils ont 4 ans pour la faire !
    De plus je vous recommande le livre que Luc Ferry a co-écrit avec Nicolas Bouzou (Sagesse et folie du monde qui vient).

  2. Pour rebondir sur la citation de M. Ueli Maurer et sur le développement de Mme Claudine Amstein, il est particulièrement piquant de lire une injonction à moins d’idéologie, alors que l’idée même de croissance verte et de développement des technologies pour répondre à cette urgence climatique participe pleinement d’une l’idéologie justement, celle du capitalisme et du productivisme. Est-il nécessaire de rappeler que cette dernière est largement responsable de la situation alarmante dans laquelle nous nous trouvons ?

  3. Mon commentaire s’adresse à ceux qui accusent le système capitaliste d’être responsable du réchauffement climatique et qui se trompent complètement (ou font preuve de mauvaise foi): la consommation d’énergie fossile ne dépend pas du système politique mais du niveau de développement. L’Europe et les Etats-Unis produisent plus de CO2 que l’Afrique parce qu’ils sont nettement plus développés. Il n’y a pas si longtemps la communiste URSS produisait aussi beaucoup de CO2 et les républiques islamiques d’Iran et d’Arabie Saoudite en produisent autant ou plus que la plupart des pays capitalistes d’Afrique. La Chine produit énormément de CO2 et ne venez pas me dire qu’il s’agit d’un système capitaliste…Et que diriez-vous d’un pays qui ne produirait pas de CO2 parce qu’il aurait tout misé sur le nucléaire?

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