La diversification reste la clé du succès économique

Ce n’est pas un scoop, mais le fait est toujours plaisant à lire: à la traîne de l’économie suisse dans les années 1990, l’Arc lémanique se caractérise aujourd’hui par un tissu économique performant, diversifié et résilient. C’est ce que rappelle Avenir Suisse dans une récente étude, dont les Alémaniques feraient bien d’intégrer les constats…

«Cette publication (…)  est aussi une forme de pied-de-nez envers ceux qui considéreraient encore les «Welches» comme les «Grecs de la Suisse» pour reprendre l’ancienne formule d’un hebdomadaire zurichois.» Dans l’étude «Le dynamisme unique de l’Arc lémanique», Jérôme Cosandey, directeur du think tank Avenir Suisse, salue la place de choix qu’occupe aujourd’hui cette région dans l’économie de notre pays, ce dont nos amis alémaniques ne semblent pas tous avoir pris conscience.

Les faits sont pourtant bien là: le dynamisme économique des cantons de Vaud et de Genève permet à ces derniers de concurrencer les grandes régions métropolitaines de notre pays et d’Europe, que ce soit au niveau de la croissance, des hautes écoles à la renommée planétaire, de la création de start-up ou encore de la densité des entreprises multinationales et des organisations internationales que l’on y trouve. L’économie vaudoise affiche même une croissance supérieure à la moyenne nationale depuis près d’une décennie.

Fiscalité à revoir

Avenir Suisse se garde pourtant de dresser un tableau idyllique, car les succès enregistrés ne doivent pas faire oublier certains problèmes persistants comme l’insuffisance des infrastructures, un taux de chômage plus élevé qu’outre-Sarine, une fiscalité lourde et des dépenses pour la santé et le logement particulièrement élevées. Sans parler d’un rôle de l’État plus important qu’ailleurs. Il est certain qu’il reste du travail pour améliorer la situation, notamment en termes d’imposition. Notre canton affiche aujourd’hui une santé financière enviable, et il est donc temps d’alléger la pression sur les contribuables, qui ont largement participé, depuis l’entrée en vigueur de la loi cantonale sur les impôts directs en 2001, au renflouement des caisses de l’État.

Mais revenons à la prospérité vaudoise. Elle ne résulte pas seulement de rebonds conjoncturels et de comptes publics maîtrisés. Si Vaud peut se targuer d’être un moteur de la croissance de notre pays, c’est avant tout parce que son économie a su se diversifier. C’est là que réside la clé de son succès. Son tissu s’est régénéré depuis plus de vingt ans, comme le relevait l’étude en 2016 l’étude «Le tigre discret», publiée par l’Institut CREA de l’Université de Lausanne, la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) et l’Observatoire BCV de l’économie vaudoise. La construction a repris à la faveur de la dynamique du marché immobilier. La branche des pharma s’est imposée comme la plus productive du canton, notamment grâce à de sociétés comme Ferring ou Merck (ex-Serono). L’industrie alimentaire a connu un spectaculaire renouveau dans le canton avec, par exemple, la croissance de Nespresso. Les services aux entreprises, la santé ou l’éducation se sont également fortement développés.

Pilier de la prospérité vaudoise, la diversification doit rester vigoureuse. La CVCI, par son engagement pour le maintien et le développement de bonnes conditions-cadres, entend bien continuer à y contribuer.

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Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.