Suisse, terre chrétienne depuis quinze siècles

Qui connaît Bubulcus premier évêque des Helvètes, au VIe siècle ? Peu de gens à vrai dire !

C’est sur cette époque que plusieurs historiens se pencheront lors du colloque organisé à l’occasion des 1500 ans de la première attestation d’un évêque en Suisse par la Société d’Histoire de la Suisse Romande en partenariat avec la Gesellschaft für Geschichte du canton de Fribourg. Un colloque en l’occurrence bien fréquenté, avec la présence de Mgr Charles Morerod, Évêque de Fribourg, Lausanne et Genève, qui se déroulera dans la Salle des Cordeliers, à Fribourg (Rue de Morat 8, 1700 Fribourg ), le 4 novembre prochain.

Terre chrétienne depuis quinze siècles, la Suisse a vu la fondation de six évêchés qui ont modelé son territoire au cours du Haut Moyen-âge, en exerçant une influence fondamentale sur la politique, l’organisation administrative mais également l’économie de nos régions. Des sujets peu médiatisés mais pour lesquels des spécialistes existent… encore ! On se réjouit de les entendre.

 

Accueil dès 9h15

– Mots de bienvenue et introduction au colloque par Monseigneur Charles MOREROD Évêque de Lausanne, Genève et Fribourg

– Reflets de la christianisation au travers des découvertes archéologiques par Lucie STEINER

– De la cité romaine des Helvètes à l’évêché des Helvètes : les ruptures par Justin FAVROD

– Du vicus antique de Vidy à la capitale épiscopale de la Cité: état des connaissances archéologiques à Lausanne par Clément HERVÉ

– Le diocèse du Valais, aux origines de la christianisation de la Suisse romande par Eric CHEVALLEY

– Cadre urbain et monde rural, l’apport de l’archéologie sur les premiers siècles de l’ancien évêché de Genève par Jean TERRIER

– Die Anfänge der Bistümer Chur und Windisch/Konstanz par Ernst TREMP

– Les origines du diocèse de Bâle : controverses et état de la question par Jean-Claude REBETEZ

– Conclusion Justin FAVROD

Votre inscription au colloque nous en facilitera l’organisation. Merci ! [email protected] / CP 2012, 1950 Sion / Repas sur réservation (CHF 30.-)

 

(img: fouilles de la cathédrale St-Pierre à Genève / @Christophe Vuilleumier)

 

Christophe Vuilleumier

Christophe Vuilleumier

Christophe Vuilleumier est un historien suisse, actif dans le domaine éditorial, et membre de plusieurs comités de sociétés savantes, notamment de la Société suisse d'histoire. On lui doit plusieurs contributions sur l’histoire helvétique du XVIIème siècle et du XXème siècle, dont certaines sont devenues des références.

9 réponses à “Suisse, terre chrétienne depuis quinze siècles

  1. si je consulte wikipedia, il est fait mention d’un évêque de Bâle en 346 déjà et que en dépit de la réforme, l’évêché de Bâle a toujours existé depuis cette date .
    Ceci dit, la Suisse chrétienne ne représente qu’une partie de ses racines culturelles davantage fondées sur l’héritage gréco-romain, n’en déplaise aux historiens spécialisés des religions.
    Ensuite, la Suisse, comme les autres pays européens, a connu la réforme puis la révolution intellectuelle du siècle des lumières en parallèle aux découvertes scientifiques initiées par Galilée.
    Il serait trop simpliste de réduire notre culture occidentale à une seule religion !

    1. Certes, Justinien était évêque à Augusta Raurica en 346, soit peu après la levée de l’interdiction par l’empereur Constantin, 21 ans après le Concile de Nicée. Le premier évêque de Bâle, nommé saint Pantalus, est pour sa part légendaire et on ignore s’il vécut au IVe ou Ve siècle. Bref, ces attestations inhérentes à une chrétienté primitive en Suisse sont largement discutées ( voir à ce propos l’article de Besson in: Revue d’histoire ecclésiastique suisse http://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=zfk-001:1918:12::288. Cette analyse est un peu datée mais comporte des éléments fort intéressants). Et on ne peut guère déjà parler de diocèse à ces époques! Bubulcus est quant à lui le premier évêque attesté de la Cité des Helvètes, daté de 517.
      Vous avez raison de mentionner le legs greco-romain ainsi que les évolutions diverses et variées au cours des siècles. Il n’est toutefois pas question dans ce colloque de réduire la culture occidentale à une seule religion. Les syncrétismes religieux ont été nombreux, entre Celtes, Romains, Burgondes, ou Alamans. De même, l’existence de communautés juives, souvent opprimées au cours des siècles, pourrait être relevée. Je ne pense pas, par contre, qu’évoquer les progrès de la science ou le jacobinisme de certaines époques soit pertinent dans le cadre évoqué. Il est plus question, au cours de la journée du 4 novembre, de faire un état de la question et d’essayer d’évaluer les conséquences de la création des diocèses.

      1. …surtout qu’en ce moment, la religion n’étant plus aussi fondamentale pour un grand nombre d’habitants, le catholicisme se doit de faire sa publicité 😉

  2. Oui, effectivement, la démarche historique est scientifiquement intéressante; toutefois, que sait-on réellement sur l’adhésion du “petit peuple” au courant de pensée religieuse de l’époque ? Ce n’est pas parce qu’il y a eu un évêque au VIe siècle que les gens étaient forcément croyants (et de quelle manière et pourquoi)…la preuve aujourd’hui où l’infrastructure religieuse catholique est présente, mais les gens de moins en moins dans la réalité.

    1. Mithra a été le dieu le plus “concurrentiel” , notamment en raison de la très large diffusion de sa croyance, très répandue dans les légions romaines. Mais nous avons tout de même un certain nombre d’indices permettant de penser que la religion chrétienne s’est vite répandue. Cela étant, même lorsque le christianisme s’est enraciné et s’est développé, il est probable qu’un certain nombre de croyances anciennes impliquant des coutumes locales se soient maintenues et aient été en partie transformées sous l’influence de la croyance dominante.

  3. Peut-on encore parler de nos jours de la Suisse comme étant une “Terre chrétienne” alors qu’il existe une grande disparité entre les cantons ? Pour exemple, comment comparer Bâle-Ville, qui compterait 19 % de catholiques, 16 % de protestants et 46 % de sans religion, à Uri, respectivement 81 %, 5 % et 10 % ?
    Qui plus est, sur quel sondage se basons-nous sachant qu’il y a une énorme différence entre l’adhésion culturelle et la quête de la “spiritualité” ?
    Si nous transposons ces assertions au VIe siècle, cela me semble encore plus aléatoire…

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