“A mort l’arbitre!” aux cinémas du Grütli

Un mois sur deux, la revue romande Tracés, la Cinémathèque suisse et la Maison de l’Architecture de Genève explorent les liens entre architecture et cinéma.
La séance du lundi 27 février aux Cinémas du Grütli, se penche sur le destin cinématographique d’un ensemble postmoderne réalisé par Ricardo Bofill.

 

Michel Serrault en train de couper le téléphone de l’immeuble de Bofill.

C’est dans les espaces d’Abraxas de Ricardo Bofill, un ensemble résidentiel emblématique du néoclassicisme postmoderne à Noisy-le-Grand, que Jean Pierre Mocky place l’intrigue de ce film d’action sorti en salle en 1984. Véritable chasse à l’homme dans ce qui s’apparente à un palais pour le peuple, “A mort l’arbitre” constitue une étonnante visite du propriétaire.
Bofill est l’une des figures éminentes du postmodernisme des années 80. Il prône une architecture monumentale et formaliste qui remet à l’ordre du jour certains attributs du classicisme. Redonnant sa place à l’ornement, il orchestre l’espace comme un décor de théâtre.
Un décor qui plaît aux cinéastes. Après Mocky, Terry Gilliam y tournera certaines scènes de “Brazil”. De l’angoissant piège chez Mocky, au décor d’une dictature chez Gilliam, les espaces d’Abraxas incarnent au fil des tournages une véritable dystopie filmique. Dernier épisode de ce destin cinématographique, le troisième volet de la saga “Hunger Games” y a été tourné en 2014.
Pourtant ce bâtiment-ville semble vouloir résister au destin auquel le vouent les réalisateurs. Malgré le lent déclin sociologique de ce qui était au départ un ensemble résidentiel de standing, les espaces d’Abraxas restent encore aujourd’hui un prestigieux décor apprécié de ses habitants.

 

“A Mort L’arbitre!” de Jean-Pierre Mocky, aux Cinémas du Grütli, à Genève le 27 février, à 20h45.

Christophe Catsaros

Christophe Catsaros

Christophe Catsaros a étudié la philosophie à l’Université de Nanterre. Critique d’architecture, il est, depuis 2011, rédacteur en chef de Tracés, la revue de la SIA.

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