Le télétravail affirmé

Le Covid-19 et les services RH en entreprise : le point

J’espère que ce billet de blog vous trouve en bonne forme avec le moral en hausse. Le déconfinement est en cours et c’est tant mieux. Permettez-moi de partager avec vous mes observations sous l’angle du management, durant cette période dite «extraordinaire»: télétravail à mettre en place d’urgence, RHT, gestion des équipes à distance, création de nouveaux cycles de décision. Nous allons voir plus en détail ces aspects, et surtout, essayer d’imaginer ce qui pourrait subsister, six mois après la crise sanitaire.

  1.Panique à bord ou cap maintenu

Vendredi 13 mars : le Conseil fédéral édicte ses premières directives Covid-19. Il est demandé aux collaborateur·trice·s de rester à la maison autant que faire se peut. Principales exceptions ? Les activités liées à la logistique, l’alimentation et les produits de première nécessité, sans oublier les « 3 S » (Santé, Social et Sécurité).

En moins de 24 h, les organisations ont dû mettre en marche la logistique informatique, la sécurité et les processus de travail. Celles qui avaient de l’avance dans les domaines précités étaient opérationnelles ; quant aux autres, elles ont « ramé » pour se mettre à niveau. Trois mois plus tard, on observe que :

  • Le télétravail est tout à fait possible dans la plupart des entreprises,
  • la productivité des collaborateur·trice·s est bonne,
  • l’autonomisation des personnes se révèle fiable.

Bien évidemment, il a fallu jongler avec les horaires, alterner travail et garde d’enfants : en écoutant mes clients, la direction s’est dite surprise par la faculté d’adaptation et l’implication des employé·e·s.

Les managers « fédérateurs » ont réussi à maintenir l’esprit d’équipe en organisant des cafés virtuels: les tâches dévolues à chacun·e étaient claires. Les collaborateur·trice·s pouvaient organiser leur propre travail avec une certaine souplesse.

Et les responsables qui ont manqué le coche ? Ils ont marqué les esprits par leur absence de leadership. Nonobstant, les informaticiens ont été mis à rude épreuve, se transformant parfois en livreurs d’écrans et de laptops. Grâce à eux, les outils de visioconférences (Webex, Zoom, Skype, Teams […]) font désormais partie du langage courant.

 2. Des cycles de décision raccourcis et efficaces

Au début de la crise sanitaire, avec la distanciation des collègues, il a fallu revoir les cycles de décision, la gestion des signatures, les approbations de projets; et trouver des alternatives au management pyramidal. Certains plans digitaux ont abouti en quelques jours, alors qu’habituellement, 12 à 18 mois étaient nécessaires.

Les multiples séances i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e-s s’abrègent ou s’annulent. La gestion du temps s’améliore : transports publics et voitures sont remplacés par des visioconférences courtes et structurées. Fini le temps où l’on palabrait à qui mieux mieux : l’organisateur·trice de la séance gère désormais seul·e interventions et temps de parole. Impossible de parler tous·tes en même temps !

Ce qui ressort de cette période ? Des réunions efficaces en temps et en heure, l’assouplissement des contraintes décisionnelles et la mise en œuvre d’actions pour aller droit à l’essentiel.

 3.Les défis pour la suite

Avec le déconfinement, les entreprises vont devoir gérer « l’après ». Quelques sujets de discussion fixés à l’agenda :

  • Home Office : les collaborateur·trice·s ont pris goût au télétravail. Un gain de temps quotidien sur les transports et une efficacité prouvée [sans compter le retour des enfants à l’école]. La tendance actuelle ? Pérenniser le travail chez soi avec une durée de deux jours, au minimum. Conséquence prévisible : désertification des restaurants et des transports publics.
  • Esprit d’équipe : il va falloir motiver les collègues de travail à revenir au bureau, renouer les liens. Enfin, prendre le temps de débriefer la période de confinement passée.
  • Nouvelles mesures : il s’agira de mettre le curseur au bon endroit, entre le tout directif et le tout participatif ou autonome.

Et si cette période de confinement était le déclencheur pour une nouvelle organisation professionnelle? Si, au lieu de courir tous azimuts, de séance en séance, nous prenions le recul nécessaire pour obtenir des résultats probants ? Ceci pourrait être plus productif pour les deux parties : employeur et employé·e·s. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Bon retour en entreprise: tirez profit de ces trois derniers mois.

Christophe ANDREAE [email protected]www.jrmc.ch

Comment “déchirer” à son premier entretien

J’espère que ce blog vous trouve en bonne santé physique et morale. Il est vrai que le coronavirus a bouleversé nos vies et qu’il remet en question nos choix professionnels. Dès que la situation sanitaire sera revenue à la normalité (et que nous aurons repris une vie professionnelle régulière), il se peut que vous figuriez prochainement dans un processus de recrutement. Et qui dit processus de recrutement, dit entretien avec votre futur employeur. Révisez vos gammes, à l’instar d’un musicien.

 1.Bien se préparer, un gage de réussite

Je me souviens d’un de mes professeurs arguant ce précepte : « 80 % du succès réside dans la préparation. Plus vous serez au point, plus vous serez libre dans votre esprit pour rebondir sur des questions imprévues ». Il avait raison. La préparation d’un entretien relève d’une importance stratégique. Quelques étapes clés à prendre en compte :

  • La connaissance de l’entreprise
  • L’analyse du poste à repourvoir
  • La teneur du cahier des charges
  • La concertation avec votre chasseur de têtes
  • Votre adéquation au poste
  • L’argumentaire de votre parcours professionnel (en lien avec votre CV)

Prenez le temps de bien préparer votre pitch (qui ne devrait pas excéder 10 min) !

 

Mettez-vous dans la peau de votre interlocuteur·trice :

  • Que souhaite-t-il/elle entendre ?
  • Quelles expériences vont l’intéresser ?
  • Quelles compétences faut-il mettre en avant en fonction de l’annonce ?
  • Quels éléments plus personnels faut-il partager : famille, loisirs, bénévolat (…) ?

Il est tactiquement subtil, lors de votre présentation, de «répondre» de manière anticipée aux questions auxquelles vous n’échapperez guère. Et « mener le bal » est nettement plus agréable qu’adopter une posture purement réactive.

 2. Le jour “J”: interaction !

Voici venu le jour « J » : vous êtes préparé·e, décontracté·e et serein·e. Il y a de fortes probabilités que votre interlocuteur·trice vous donne la parole en premier : « Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? » Étant donné qu’en amont, vous avez bien travaillé votre argumentaire, lancez-vous !

Attention au détail des accessoires que vous aurez pris soin d’emporter avec vous :

  • Un bloc-notes
  • Une fiche de questions (les personnes du recrutement adorent les entrevoir)
  • Le rapport annuel de l’entreprise
  • Quelques impressions des pages du site web
  • Toute documentation relative à l’entreprise (qui prouve votre vif intérêt)

Dans votre présentation, gardez le timing en tête. Attention à ne pas vous laisser dépasser par le temps. À force de donner trop de détails, vous vous égarez et vous perdez le fil de votre pitch. Restez fidèle à votre feuille de route. Ainsi, vous gardez la main sur l’entretien.

À la fin de votre présentation, ouvrez la discussion en posant, par exemple, les questions suivantes :

  • Souhaitez-vous que je détaille un point particulier de mon parcours professionnel ?
  • J’ai une première question : dans l’annonce, il est demandé(…). Ai-je bien compris (…) ?
  • En fonction de ce que j’ai saisi de vos défis futurs, je peux vous apporter (…). Est-ce bien le cas ?

 3. Laissez une trace

Mon expérience me montre que c’est lors du premier entretien que le/la candidat·e doit se démarquer. Et laisser une empreinte suffisamment forte pour que son potentiel « futur employeur » ait envie de le revoir. C’est à ce prix qu’il décrochera les entretiens suivants. Alors, pourquoi ne pas préparer une fiche qui résume ces éléments ?

  • Les points clés de votre parcours professionnel en relation avec le poste
  • Votre compréhension du poste : vos atouts et valeurs ajoutées
  • Quelques éléments personnels
  • Vos questions ou points à approfondir

Vous pouvez distribuer ce document avant de commencer l’interview : il sera le fil rouge de votre présentation. Et permettra à votre interlocuteur de se concentrer sur votre propos tout en y apposant ses notes. Ceci démontre votre professionnalisme et vous gagnez des points. Le temps et l’énergie investis vous démarqueront des autres. Rien d’exceptionnel dans ces conseils… Mais ne vous y trompez pas. Revenir aux éléments simples et fondamentaux lors de votre candidature, demeure une valeur sûre.

Bonne préparation et « déchirez tout » à votre premier entretien !

Rester à son poste ou partir ?

Nous sommes à la mi-janvier. Les bulles se sont dissipées et 2020 a vite englouti la trêve des fêtes de fin d’année. Vous voici de retour aux affaires, avec les mêmes collègues, les mêmes soucis, après avoir «di-géré» les emails reçus en amont et en aval de la Saint-Sylvestre. Où se cachent les défis exaltants, l’énergie conquérante? Si janvier joue les prolongations avec une certaine introspection, lisez ces quelques lignes.

 1.Faire le point.

Un état des lieux de votre situation actuelle est primordial. Avant de penser à évoluer sous d’autres cieux, il convient de prendre conscience du chemin parcouru, des projets réalisés, des compétences acquises et des formations suivies. Tout aussi important : analyser les raisons qui vous poussent à regarder par la fenêtre.

 

 

  • Est-ce lié à un environnement qui devient irrespirable ?
  • Est-ce lié à une impression de stagnation ?
  • Est-ce lié à la fin d’un cycle ?
  • Est-ce lié à un manager âpre et bourru ?

«Je veux changer de poste!» Très bien. Qu’avez-vous à offrir ?

 Le bon timing est souvent la clé et l’adage «Il est plus facile de trouver un emploi quand on en a déjà un» demeure toujours d’actualité. « Vouloir bouger » pour de bonnes raisons semble légitime. Cependant, il est recommandé d’éviter le piège du « tout de suite, au plus vite ». Je rencontre trop souvent des candidats qui, malheureusement, ont agi avec précipitation : ils ont donné leur congé sans avoir de plan B. Résultat : une grosse pression familiale et financière à gérer. Combien sont partis pour fuir un chef tyrannique et — s’ils avaient patienté un peu plus — auraient pu fêter son départ et non le leur ?

 

 

2.Étape suivante

Une fois la volonté de quitter son job analysée, soupesée et validée, vous pouvez passer à l’étape suivante : esquisser votre prochain poste. Il est important de bien faire la différence entre les activités qu’on souhaite garder dans le prochain défi et leur nature proprement dite.

En effet, aimer le contact avec les gens, la gestion de projets, l’autonomie ou les responsabilités, peuvent se décliner de différentes façons :

  • Quelles valeurs doit avoir mon prochain employeur ?
  • Je cherche un poste d’expert ou de manager ?
  • Les trois compétences que je souhaite exploiter ?
  • Les aptitudes que j’aimerais développer ?
  • Dans quel laps de temps je désire changer de fonction ?

Ces éléments-clés vous permettront à la fois de : mieux préparer votre CV, cibler les offres d’emploi auxquelles répondre et aussi quels intermédiaires solliciter afin d’apparaître dans leur radar.

3.La patience, mère des vertus?

Cette fois, vous avez les idées claires sur la suite à donner à votre carrière : un CV à jour et une furieuse envie d’aller de l’avant. Mais c’est ici qu’il va falloir — peut-être — apprendre à développer une nouvelle compétence : la patience. Rome ne s’est pas faite en un jour : il s’agit de ne pas confondre vitesse et précipitation. L’emploi suivant existe quelque part, encore faut-il que les planètes « choix – opportunité – temps » soient alignées.

 

Investissez du temps pour relancer votre réseau, envoyez des signaux indiquant votre ouverture aux défis et changements. Soyez aux aguets : ouvrez grand vos yeux et vos oreilles. Pourquoi ne pas mettre à profit votre envie d’évoluer en démarrant une nouvelle formation ou certification d’envergure ? Cela vous permettrait de patienter tout en stimulant vos neurones.

And last but not least…, si vous misiez sur un autre poste, au sein de votre entreprise actuelle ? L’herbe n’est pas forcément plus verte chez le voisin.

 

 

Réponse négative, mode d’emploi

Qui parmi nous n’a pas vécu le sentiment désagréable du rejet, lors d’une réponse négative? A fortiori, dans le cadre d’une postulation? Passée l’étape de la déception, il est utile de faire un travail d’introspection afin d’en tirer les enseignements pour demain. Trois grandes étapes se profilent dans un processus de recrutement:

 

1.Postulation rejetée 

Si vous êtes recalé à la première lecture, vous n’avez pas eu l’occasion de défendre — de vive voix — votre dossier, vos compétences et votre personnalité. Dès lors, voici quelques questions à se poser pour éviter, autant que faire se peut, ce désagrément :

Curriculum Vitae

  • Ai-je mentionné ma date de naissance complète ?
  • Ai-je résumé ma carrière en trois lignes, en haut de la 1ère page ?
  • Ai-je mis en avant mes expériences au regard des exigences du poste ?
  • Ai-je précisé la durée exacte des emplois précédemment occupés ?
  • L’ai-je rédigé dans un langage corporate qui prouve mon adéquation avec la firme ?

Lettre de motivation

  • Est-elle écrite de façon personnalisée sur une seule page ?
  • Est-elle pertinente par rapport aux profil et responsabilités énoncés ?
  • Explique-t-elle les écarts que j’ai par rapport au poste et surtout comment j’entends les combler au plus vite ?

Grâce à ces éléments, le recruteur analysera votre dossier et le retiendra… ou pas. En toute franchise, avez-vous fait acte de candidature par obligation vis-à-vis du chômage? Ou par défi — en sachant que vos chances étaient (très) faibles ?

Je demeure surpris par le nombre de postulants qui m’avouent : « J’ai essayé, car votre cabinet ou votre entreprise m’intéresse, alors j’envoie ». Démarche périlleuse ! Mieux vaut candidater de manière spontanée en expliquant clairement vos motivations.

 

2.Recalé au premier ou deuxième entretien

Vous avez eu l’opportunité de vous présenter face à face au recruteur. Vous avez démontré vos compétences pour le poste, mais le processus s’arrête à ce stade. Vous avez investi du temps pour cette entrevue : votre interlocuteur vous doit plus que le juste « Désolé, nous avons trouvé une personne plus en adéquation avec le poste ». Vous êtes en droit de demander des informations : il s’agit de récolter de précieux indices pour vos prochaines candidatures . Les questions à se poser :

 

  • Ai-je bien compris les enjeux du poste et de l’entreprise ?
  • Ai-je convaincu de la pertinence de ma candidature ?
  • Est-ce que j’ai valorisé suffisamment mes atouts ?
  • Est-ce que mes exigences salariales étaient acceptables ?
  • Les candidats retenus, qu’avaient-ils de plus que moi ?

Rappelez-vous qu’on invite entre deux et quatre candidats pour les entretiens suivants : les places sont chères. Il est difficile de lutter contre une «plus grande expérience» ou des soft skills plus appropriées à l’entreprise.

 

3.La médaille d’or vous échappe 

Vous étiez dans le dernier trio ou quatuor. Malheureusement, le choix s’est porté sur un autre candidat. Dans la phase de recrutement, il n’y a qu’une seule place sur le podium. Plus vous avancez dans le processus, plus vous vous projetez dans le poste convoité. Et dans votre potentiel futur. Il est important de garder en tête le mot « potentiel » afin d’alléger votre amertume. Souvent, la décision finale se joue sur des détails. Ici encore, interrogez–vous :

  • Ai-je exprimé clairement ma motivation ?
  • Ai-je vraiment démontré ma valeur ajoutée ?
  • Me suis-je vraiment projeté du statut de « candidat » à celui de « futur collègue » ?
  • Avec quelle énergie me suis-je battu pour obtenir cet emploi ?

 

Même si cela est difficile à accepter, un processus de recrutement reste un parcours complexe et particulier. Bien qu’il n’y ait qu’un seul élu, soyez fier d’être arrivé jusqu’ici. Tirez-en les leçons nécessaires pour affûter votre dossier. Et surtout, gardez en mémoire que si ce poste vous est passé sous le nez, le prochain — en parfaite adéquation avec vous — vous attend de pied ferme !

[email protected]

30 secondes pour attirer l’attention

Je vais vous confier un secret : les recruteurs passent infiniment moins de temps devant votre CV et votre lettre de motivation que ce que vous pouvez imaginer dans vos pires cauchemars. Avec l’arrivée de l’Intelligence artificielle et des algorithmes liés à la digitalisation des processus, ce temps va sûrement encore diminuer. Actuellement, selon les indications de mes clients, ce premier regard-filtrage dure… trente petites secondes. Une demi-minute afin de décider si OUI ou NON on va creuser plus en profondeur les informations et décider d’inviter le candidat à un premier entretien. Raide mais pas rédhibitoire. Il y a des moyens simples de surmonter cette première épreuve pour décrocher le poste de vos rêves. Il faut être percutant, suivre quelques règles, et se mettre dans la peau d’un recruteur pressé d’identifier la perle rare.

Quel est votre fil rouge ?

Bien évidemment, la pièce maîtresse reste le CV (Curriculum Vitae). Les points cruciaux ? Deux pages maximum et en format PDF. Si vous voulez mettre une photo, alors elle doit être de qualité. Inutile en revanche de cacher votre âge, vos origines ou les trous dans votre CV. Votre date naissance est indiquée dans chaque certificat. Mais devoir aller la chercher au milieu de divers documents va énerver le recruteur. A vous de voir. Il en est de même pour les périodes de travail. Si vous mettez 2015-2016, ceci peut aussi bien être 12.2015-01.2016 … Facilitez la tâche du lecteur.
Ce qui prime dans un CV, c’est de détecter rapidement quel est le fil rouge de votre parcours professionnel. C’est ce fil rouge qui va donner du relief à votre carrière.
Inutile aussi de bombarder le lecteur de pourcentage de croissance, de réussites magnifiques ! A ce stade du processus, il s’agit des données impossibles à vérifier, donc pas pertinentes. Que signifie vraiment l’assertion selon laquelle le chiffre d’affaires aurait doublé en une année grâce à vous ? Qu’il a grimpé de 50. Fr à 100. Fr, de 100mios à 200mios ? Bon : il est vrai que si vous postulez pour des entreprises anglo-saxonnes, celles-ci sont plus friandes de métriques qu’une PME locale. Un résumé de son parcours ou ses objectifs peut valoriser vos compétences, à condition que vous fassiez le lien avec les éléments de profil mentionnés dans l’annonce. Dire que l’on veut travailler dans une entreprise internationale alors que l’activité est circonscrite au canton de Vaud va juste démontrer que vous n’avez pas investi le temps nécessaire à votre postulation.

Que savez-vous de votre potentiel futur employeur ?

Je peux vous l’assurer : la lettre de motivation ou d’accompagnement a encore beaucoup d’importance. Surtout si elle est bien structurée. Les points cruciaux ? Une page maximum et en format PDF. La lettre doit clairement exprimer votre compréhension de l’environnement de votre potentiel futur employeur, mettre en avant vos points en adéquation avec le poste, mais aussi ceux qui s’en écartent afin d’indiquer comment vous comptez les combler. Cette lettre doit être « VOUS » et le lecteur doit sentir qu’elle a été vraiment réfléchie et structurée. Trop souvent, on n’y lit que des banalités convenues, ou une liste dithyrambique de qualités sans lien avec le poste.

Voulez-vous vraiment démotiver le recruteur ?

Malgré toute la littérature qu’on peut lire sur internet, dans les livres spécialisés ou au travers des portails, l’envoi par mail de votre lettre d’accompagnement ou de motivation, de votre CV et des certificats et diplômes peut encore être périlleux.
Le pire ? Fichiers de 40Mb, les Zip avec 40 documents du genre « choisissez ce que vous voulez dans le tas », les 30 copies de formations de un ou deux jours suivies il y a 20 ans. Si une partie de vos expériences professionnelles s’est déroulée à l’étranger, vous ne disposerez sûrement pas de certificats de travail « à la suisse ». Dans ce cas, quelques lettres de recommandation sont pertinentes.
A l’ère du numérique, il n’est pas rare que le recruteur lise ses mails depuis son smartphone, et prenne connaissance des documents dans le train. Alors imaginer sa réaction s’il faut 2 minutes pour charger un CV de 10Mb ou de quatre pages ?

Bref, soyez efficace et percutant, il sera toujours temps d’entrer dans les détails lors du premier entretien.

Christophe

 

Qu’attendre d’un chasseur de têtes … ou pas !

Je vais vous confier un secret : le chasseur de têtes peut donner l’impression qu’il ne sait plus où donner de la tête. Ce métier passionnant allie la gestion de son réseau, l’analyse des entreprises, la validation des descriptions de fonction, l’évaluation et la sélection des candidats et les conseils. Le recruteur doit ainsi arbitrer son temps entre les recherches à effectuer pour ses clients, la rencontre des candidats dont le profil pourrait être intéressant pour un futur mandat, sans oublier de suivre les candidats placés, de prospecter des mandataires potentiels et d’avoir un œil sur les nouvelles tendances du marché. Ces multiples préoccupations déconcertent parfois les candidats qui s’imaginent le spécialiste à leur écoute totalement concentré sur leur seul avenir.

Essayons de décrire ce que vous pouvez attendre d’un chasseur de têtes, et ceci en fonction de votre situation personnelle.

Vous êtes en recherche active

Vous êtes entre deux emplois, et votre priorité est de retrouver dans un délai raisonnable une activité professionnelle adéquate. Dans ce cas de figure, vous êtes à 100% dédié à votre recherche, en répondant à des annonces, en travaillant votre réseau et en entretenant le contact avec des cabinets de recrutement. Durant cette période, il ne faut pas oublier qu’il faut que, dans le même espace temporel, le consultant en recrutement dispose d’un poste adapté à vos compétences. Malgré toute sa bonne volonté, s’il n’a rien d’adéquat dans son pipeline, il ne pourra pas inventer des jobs parfaits pour vous. Dès lors, organiser une rencontre ne fera qu’encombrer son agenda et le vôtre. Le moyen le plus rapide et le plus efficace d’entrer dans le viseur du chasseur de têtes est d’avoir un contact téléphonique au cours duquel vous expliquerez vos axes de recherches (postes, entreprises, secteurs géographiques, fourchette salariale). Et comme nous vivons au XXIième siècle, confirmez ensuite les points de la discussion par mail. Ainsi vous figurerez dans le radar du recruteur, qui ne manquera pas de vous appeler, et de prendre l’initiative d’une rencontre lorsqu’il aura quelque chose de concret à vous proposer. N’oubliez pas de l’informer, par courtoisie, si vos recherches aboutissent.

Vous êtes en poste mais commencez à avoir un œil ouvert

Dans ce cas, le momentum n’est pas le même. Vous êtes dans la position d’un conducteur qui est content de sa voiture, mais commence à regarder les nouvelles offres ou à se renseigner sur les conditions de reprise et les promotions. Ici, ce sont les circonstances et les opportunités qui vont jouer un rôle primordial. Le temps n’a pas la même importance, car votre horizon de changement se situe en général entre 12 et 24 mois. On peut considérer que les paramètres à communiquer au chasseur de têtes restent les mêmes (les axes d’évolution, le type d’entreprise, les aspects géographiques et salariaux). En revanche, un entretien sera plus performant, car le consultant pourra challenger certaines de vos attentes, vous conseiller sur une formation complémentaire ou vous renseigner précisément sur les évolutions salariales actuelles. Vous pourrez ainsi créer ou raviver un lien de confiance. Choisissez un chasseur de têtes qui est actif dans votre domaine de compétences. Il suffit de demander à vos amis ou collègues de vous donner deux ou trois noms de cabinets spécialisés dans votre industrie. Contactez en priorité celui qui est cité le plus souvent.

Le chasseur n’a pas toutes les réponses

Quelle que soit votre situation professionnelle, sachez que la moyenne des postes repourvus par des intermédiaires se situe entre 15 et 20%. Ce pourcentage, non négligeable, indique qu’il serait peu raisonnable de se priver des autres canaux, principalement le réseau, le “bouche à oreilles” et les annonces (jobboards ou sites des entreprises). A vous d’optimiser l’énergie mise dans vos recherches entre les intermédiaires, les annonces et le réseau. Se contenter d’envoyer votre dossier à trois recruteurs, fussent-ils particulièrement réputés, et attendre n’est pas la meilleure voie du succès.

Christophe ANDREAE

[email protected]

https://www.linkedin.com/in/christopheandreae/