Initiative pour des entreprises responsables

 

A l’heure où l’on apprend la fuite, chaque année, depuis le continent africain, de 75 milliards d’euros qui sont en majorité des capitaux illicites (évasion fiscale, contrebande, corruption, sous facturation, etc.) et représentent à peu près la totalité de l’aide au développement générale, on est consterné ! Comment est-ce possible alors que les représentants des 4 principaux partis politiques suisses, soient contre cette initiative pour que des entreprises ayant leur siège en Suisse soient responsables des dégâts qu’elles causent dans les pays émergents ? Tout y est : environnement, pollution, empoisonnements de populations, morts dans les mines artisanales (or surtout), achat d’armes, etc. Bien sûr cela coûterait quelques sous. Evidemment, on ne peut le reprocher au PLR (Petra Gössi) ou à l’UDC (Marco Chiesa, dont c’est la ligne de pensée. Oui, mais à la Verte libérale Isabelle Chevalley et au président du PDC Gerhard Pfister qui utilisent des arguments tordus, on doit le leur reprocher.

Certes il y a des entreprises qui agissent correctement et même noblement et font leur possible pour limiter les dégâts et éduquer la jeunesse de ces pays émergents où rôdent les djihadistes à l’affût. La plupart des entreprises basées en Suisse, assistés par des lobbyistes onéreux, vous racontent la main sur le cœur, tout le bien qu’elles font localement, mais elles ne savent pas vraiment ce qui s’y passe, qui empoche les dividendes et comment ces montants sont rapatriés dans des paradis fiscaux. La plupart utilisent à peu près les mêmes méthodes que les Chinois (prendre la terre en cas de dettes) ou celles d’organisations mafieuses (s’emparer d’uranium). Donc inutile de parler du respect de la souveraineté d’un état comme Gerhard Pfister. Les états, au contraire, se réjouiraient que de telles magouilles soient punies chez eux. Et évoquer le Covid et la pauvreté qui en découle n’est pas acceptable non plus, car il y aurait assez d’argent dans ces pays sans la corruption…

Il vient d’y avoir un appel de plusieurs centaines d’intellectuels africains pour soutenir l’action du prix Nobel de littérature 1986 Wole Soyinka (Nigéria) qui essayent justement de moraliser leurs dirigeants corrompus. Ils se sont bien rendu compte que c’est le seul moyen de responsabiliser les Africains à la place de continuer à en faire des assistés qui sabotent ainsi la démocratie. Même les peuples en ont assez, les jeunes surtout, qui maintenant osent protester ouvertement dans la rue contre leurs dirigeants. Aidons-les.

Pensons au « Great Reset » dont a parlé Klaus Schwab au Forum des 100. A Davos 2021 il demandera aux actionnaires de ces entreprises de diminuer leurs profits (caisses de retraite et AVS notamment) et de prendre plus en compte la dignité des personnes et la solidarité. C’est ce que pensent aussi Christine Lagarde depuis longtemps et le pape François dans sa récente encyclique « Tutti Fratelli ». Selon eux, il n’y a pas d’autres moyens de sauver l’humanité… Bien sûr cela ne convient pas à l’Américain Mike Pompeo, secrétaire d’Etat et au président Trump.

 

 

Chine: Quand la femme adultère est lapidée par Jésus…

 

La Chine et le Vatican se sont entendus pour prolonger l’accord historique provisoire conclu en 2018. Ce texte permet à Rome et à la Chine de se mettre d’accord sur la question ultrasensible de la nomination d’évêques dans un contexte actuel  durcissement du pouvoir chinois. Il utilise cependant les mêmes termes qu’en 2018. La question de nomination d’évêques peut paraître technique, mais ce qui importe pour Rome, est l’unité des catholiques chinois et l’évitement d’un schisme. En effet, depuis une dizaine d’années, les autorités désignaient elles-mêmes les évêques, parallèlement à ceux clandestins par Rome. Par deux fois les autorités chinoises avaient affirmé leur volonté de les nommer, une quarantaine, en dehors de l’approbation de Rome, ce qui aurait rendu difficile une reconnaissance postérieure. Aujourd’hui, Rome a une sorte de veto et s’engage à ne plus nommer des évêques clandestins.

Une première : en novembre 2019, plusieurs négociateurs venus de Rome avaient reçu l’autorisation de célébrer une messe dans la cathédrale de Pékin, un évènement suivi, en février 2020, d’une rencontre entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et son homologue au Vatican Mgr. Paul Richard Gallagher, avec l’ordination possible de deux nouveaux évêques.

Mais tout cela se produit dans le nouveau contexte de durcissement chinois. Il y a l’importante critique du cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong Kong. Il estime que cela peut amener à « l’anéantissement de la vraie Eglise » chinoise. D’autres critiquent aussi le fait que cet accord reste secret ce qui permet aux autorités chinoises de pouvoir toujours se prévaloir d’une caution du Vatican pour mener ses actions. Des catholiques chinois pensent que cet accord ne conduit pas au respect de la liberté religieuse.

Ce qui a fait sursauter le ministre américain des Affaires étrangères Mike Pompeo en visite ces jours au Vatican après sa tournée au Moyen Orient et en Méditerranée, c’est l’interprétation du « catéchisme chrétien » chinois où Jésus doit se fondre dans l’idéologie chinoise : « La femme adultère est lapidée par Jésus », obéissant ainsi aux lois de son pays Israël. Jésus est ainsi mis au service de la culture politique chinoise. Une sorte de win-win…

Mais le Père Antonio Spadaro reste malgré tout positif. Cela permet de passer d’une Eglise clandestine à une Eglise officielle. La revue jésuite Civiltà Cattolica a aussi la permission de publier les messages du pape François en chinois, et utilise aussi le réseau Wechat, très prisé. Une manière d’entretenir un lien entre Pékin et Rome. Ce n’est pas l’avis de Trump évidemment, ni de Mike Pompeo, ni d’un ancien cardinal Carlo Maria Vigano qui avait osé demander la démission de François aussi pour d’autres raisons. Mais au Vatican, on parle du « martyre de la patience »…

 

 

 

 

 

 

Quand des intellectuels africains moralisent leurs dirigeants…

 

L’économiste sénégalais Felwine Sarr exigeait dans son livre « Afrotopie » (2016) un tournant civilisationnel (voir NZZ 12.09.20). Il faut baisser, selon lui, les différentes manettes de la locomotive de croissance, pour avoir enfin le temps de penser où nous devons aller… Evidemment il ne pensait pas, il y a quatre ans, qu’une pandémie allait forcer le monde à une pause, et maintenant, on peut même penser que l’appel révolutionnaire provenant du continent africain pourrait donner le ton globalement.

Depuis plusieurs années, des philosophes et des politiciens africains débattent d’une période postcoloniale et demandent un « reset » pour construire un monde économique et des sociétés plus intégrées, plus égales, et plus durables, comme l’a expliqué le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. On entend les mêmes exigences du Forum de Davos qui invite, pour le début 2021, à une rencontre mondiale des actionnaires (stakeholders) qui doivent penser à un « Great Reset ». Il s’agirait de jeter les bases d’un contrat de civilisation mettant au centre la dignité humaine et la justice sociale et non pas en premier lieu le développement économique. Inimaginable il y a encore une année !

C’est un nouvel espoir pour le continent africain que la locomotive occidentale axée sur le profit prenne une autre direction qui ressemble à la philosophie humaniste de l’Ubuntu sud-africaine où le choix de la solidarité permet la participation au bien-être de tous. Mais la crise du Covid va-t-elle même pousser à l’application des idées extrêmes du Camerounais Achille Mbembe qui exige lui une « justice compensatoire » des ex-colonies ?

En avril 2020, une centaine d’intellectuels africains ont co-signé une lettre ouverte du prix Nobel de littérature Wole Soyinka du Nigeria (1986) à leurs dirigeants et élites, les invitant à ne plus être des spectateurs passifs, à avoir plus de compassion envers leurs peuples, à cesser leurs égoïsmes et leurs suffisances, qu’ils mettent en place ensemble des mesures solidaires. Après la pandémie, la coopération au développement à l’égard surtout d’une population jeune (60 %) et les richesses du sous-sol ne créeront un bien être partagé et une reconnaissance internationale que si les 54 états auront pu rassembler ensemble tous leurs potentiels, une tentative déjà dirigée par l’Union Africaine (UA) sous l’impulsion du président rwandais Paul Kagame, reprenant un essai plus ancien du président sud-africain Thabo Mbeki « Renaissance », vouée à l’échec rapidement.

Il est vrai que l’OMS n’enregistre « officiellement » que 5 % de personnes infectées ce qui serait dû à la jeunesse de la population de moins de 25 ans. Mais néanmoins les menaces des conséquences de la pandémie mettent la politique africaine sous pression : exportations de matières premières, investissements étrangers, remises de dettes…Les intérêts nationaux, les luttes pour le pouvoir (Côte d’Ivoire aujourd’hui), la concurrence, continueront d’imprégner les relations internationales malgré les exigences environnementales et une meilleure répartition des biens. C’est seulement sur la base d’actionnaires convainquants pesant de tout leur poids dans la balance, que les Africains pourront aussi participer au Great Reset, à la même hauteur que les autres. Et pas seulement dans l’espoir d’un fonctionnement moralisateur de la politique et de l’économie. Mais les multinationales et autres investisseurs joueront-ils le jeu renonçant cette fois à leurs énormes profits, Chinois compris ? Pas sûr. Nous venons d’apprendre que la compagnie canadienne ReconAfrica a l’autorisation de forer pour du gaz et du pétrole dans une des plus belles régions entre le Botswana et la Namibie. 

 

 

 

 

 

Sans vérité et justice, pas de paix durable en RD Congo

Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, « le médecin qui répare les femmes victimes d’abus sexuels en RD Congo », en est convaincu, c’est une étape essentielle pour avancer vers la paix. En effet, il faut que les victimes et leurs bourreaux puissent reconstruire un avenir apaisé pour les générations futures.

Et pourtant l’ONU avait déjà mis au jour de nombreuses violations des droits humains commis entre 1993 et 2003 surtout dans les régions de l’Est et tout est documenté dans le rapport Mapping. Mais voilà, il a été très rapidement enterré par les autorités responsables d’alors. Aujourd’hui, l’ONU s’inquiète d’une détérioration de la situation des droits de l’homme dans les provinces en conflits. Le Bureau conjoint des Nations Unies a rapporté plus de 4000 violations et atteintes aux droits humains, commises entre janvier et juin 2020… Le Dr Mukwege a rapidement compris, avec l’aide d’une juriste internationale Céline Bardet, spécialiste des questions de crimes de guerre, que pour stopper ces violences, il fallait résoudre le problème de l’impunité. Et son combat vise à déterrer le rapport Mapping pour que la liste officielle des commanditaires établie par l’ONU soit publiée. En plaidant ouvertement pour cette justice, il soulève la question d’une impunité totale sur un conflit dont les responsables n’ont jamais été jugés. Depuis 25 ans, un grand nombre d’auteurs présumés figurent dans les hautes instances dirigeantes politiques et militaires des pays de la région des Grands Lacs, ce qu’avait déjà dénoncé l’ONG Acat en 2019. Tout cela participe de la déstabilisation de l’Afrique centrale, du Mali à Mogadiscio.

Mais les intentions de Denis Mukwege dérangent beaucoup de personnes et il a été menacé de mort, ainsi que des membres de sa famille. Des menaces qu’il prend aujourd’hui très au sérieux. C’est pourquoi il en appelle aussi à la communauté internationale. L’ONU est particulièrement concernée puisqu’elle avait déjà fait un rapport. Seule une décision du Conseil de Sécurité peut permettre la création d’un Tribunal pénal international chargé de juger les exactions commises au cours des dernières décennies.

La Coopération suisse au développement a plusieurs projets d’aide aux populations de l’Est de la RDC et a cofinancé un film projeté récemment à Lutry (VD) montrant un concert pour la paix. Le chœur africain chantait le Requiem de Mozart sans aucun livret, pour donner du courage aux victimes de nombreux deuils. Un rappeur mimait des scènes terribles. C’était sous le patronage de Denis Mukwege et de l’évêque de Bukavu. Un moment émouvant que diverses personnalités ont aidé à réaliser, notamment le représentant de la DDC Jean-Luc Virchaux. Une manière aussi de rendre hommage aux milliers de morts innocents.

Changement climatique : il n’y a plus d’avenir ici en Afrique australe…

 Ce sont deux Sud-Africains d’origine boer établis dans la région australe qui l’affirment. Depuis cinq ans maintenant, à la pointe sud du continent africain, cyclones et sécheresses se succèdent et ont des répercussions désastreuses. Les températures y montent deux fois plus vite que sur le reste du continent : le Mozambique, le Zimbabwe, le Malawi, la Zambie, le Botswana, les ont subies il y a deux ans. Aujourd’hui, c’est le tour de l’Afrique du Sud, de la Namibie en partie, du Botswana et de l’Angola. Petits paysans, grands exploitants, éleveurs, hôteliers, enseignants, tous sont touchés plus ou moins fortement… Et c’est une triste chaîne de malheurs qui s’installent : insécurité alimentaire, corona virus, chute du tourisme, mort des animaux, chômage, migrants qui ne transfèrent plus d’argent. L’excellente qualité des hôpitaux sud-africains et namibiens diminue par manque de moyens et de compétences. Le changement climatique et le corona virus sont devenus les nouveaux vautours qui planent dans le ciel austral ainsi assombri.

Le pays le plus fragilisé est le Zimbabwe. D’après le PAM (Programme Alimentaire Mondial), 60 % de la population (8,6 millions de personnes sur 15 millions) seront menacées de famine d’ici la fin de l’année (Le Monde Afrique). Là, la sécheresse s’ajoute à une liste de difficultés économiques : inflation, pénurie de liquidité, d’essence, de médicaments, d’eau, d’électricité, notamment à Buhera à l’est. « Tout le monde ici est en situation d’insécurité alimentaire, constate un « vieux » de 68 ans, on a beau organiser des prières pour faire pleuvoir, rien n’y fait. Même les marécages et cours d’eau qui coulent toute l’année, sont asséchés. » « Cette année est une mauvaise année, ajoute Celia. L’année passée les terres ont été emportées par les eaux. Cette année, elles seront brûlées par le soleil….

Et pourtant, à 800 km plus à l’ouest, en Zambie, l’herbe est haute et les routes boueuses. Les pluies sont arrivées fin décembre à Simumbwe, au sud-ouest. Mais des centaines de personnes attendent patiemment une distribution de nourriture organisée par l’ONG World Vision et le PAM. L’année passée, 70 % des récoltes ont été perdues à cause de la sécheresse. «J’avais récolté 18 kg de nourriture, autant dire rien, raconte Loveness, mère de cinq enfants, bénéficiaire de l’aide de Simumbwe. On peut manger une fois par jour ». Les fonds manquent pour répondre aux besoins des 2,3 millions de personnes en Zambie. Le PAM n’a reçu qu’un tiers des 36 millions de dollars promis. Récemment des voleurs se sont emparés de la nourriture allouée à une école. Une des solutions serait la diversification des légumes nutritifs, en utilisant des techniques agricoles adaptées au changement climatique, mais il faut de l’argent… Faute de pluies, le barrage Kariba, principale source d’électricité de la Zambie et du Zimbabwe ne peut fonctionner qu’à 25 % de sa capacité. Cela signifie des coupures d’électricité jusqu’à vingt heures par jour. Par 45°, cela affecte les hôteliers qui doivent mettre la climatisation à plein régime pour les touristes venus admirer les chutes Victoria pourtant diminuées en partie.

La Banque Africaine du Développement (BAD) est pessimiste en ce qui concerne les conséquences du corona virus qui prévoit une contraction du PIB pour l’ensemble du continent, entre 1,7 % et 3,4 % (1.2. milliard d’habitants). Cela provoquera une violente crise économique là où le secteur informel est très important et où on vit au jour le jour. De 28 à 42 millions de personnes pourraient tomber dans une extrême pauvreté…

On a de la peine à s’imaginer la tragédie qui commence à montrer ses effets dévastateurs, surtout dans les pays déjà affaiblis, nous qui nous plaignons pour la moindre défaillance. Ainsi, les belles prévisions de développement pour l’Afrique pourraient être balayées par le changement climatique et le terrible virus. Puisque en Europe le changement climatique se fait aussi sentir, il faut se préparer à la solidarité comme l’UE l’a décidé et mieux utiliser nos ressources pour parer à ce qui pourrait aussi nous arriver : vivre avec moins. Grâce à leur résilience, les Africains nous montrent l’exemple…

 

L’Afrique du Sud lutte courageusement contre le nouveau Covid 19

 

On a de la peine à imaginer que 13 000 agents de santé ont été infectés par le nouveau Covid 19 en Afrique du Sud, dont une centaine sont morts ! 408 000 cas ont été signalés à ce jour dont 6000 décès. Le réseau médical était excellent par rapport à d’autres pays africains, mais les compétences semblent avoir diminué avec la nouvelle génération qui manque d’expérience. L’Afrique du Sud est parmi les cinq premiers pays en termes de cas confirmés. «L’augmentation de cas de Covid 19 ajoute de la pression sur les services de santé à travers le continent, a déclaré la Doctoresse Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS, lors d’une conférence de presse jeudi 23 juillet (Le Monde Afrique). Cela engendre des conséquences sur les personnes qui travaillent dans le secteur de la santé, il n’y a rien de plus décevant pour elles d’apprendre que certaines sont mortes. »

Le pays doit faire face ainsi à une accélération des cas de Covid 19 et à une augmentation de 60 % des chiffres de la mortalité. Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa vient d’annoncer une nouvelle fermeture des écoles publiques pour un mois, alors que les autorités avaient déjà imposé à fin mars un très strict confinement. Il avait été assoupli pour éviter un effondrement de l’économie de la première puissance industrielle du continent africain. Les cours d’école avaient repris, mais vont être malheureusement refermés le 27 juillet jusqu’au 24 août. Il faut tenir compte que c’est l’hiver dans l’hémisphère sud et qu’il y a peu de vacances. Cyril Ramaphosa a expliqué que c’est plus prudent pour la santé des enfants et des enseignants, mais le parti d’opposition DA (Democratic Alliance) l’a accusé de s’être mis à genoux devant les puissants syndicats des enseignants. Il a en outre affirmé l’ouverture de plusieurs enquêtes pour vol et détournements de fonds destinés à combattre la faim et à acheter des équipements de protection…

Dans la Namibie voisine qui a été sous mandat de l’Afrique du Sud pendant plus de 70 ans, la situation n’est pas aussi sombre car il n’y a que 2,5 millions d’habitants, mais des compétences médicales manquent aussi. De plus, un vibrant appel sur les réseaux sociaux a été lancé par des membres de la société civile de la côte atlantique qui « seraient utilisés comme cobayes pour des vaccins chinois contre le Covid 19 et qui nous tuent. D’ailleurs les Chinois sont trop nombreux et viennent piller notre pays. » Mais évidemment les autorités laissent faire comme dans d’autres pays d’Afrique…

 

 

Le gouvernement chinois veut siniser les religions

 

La reprise des cultes est l’occasion pour le gouvernement chinois de les autoriser seulement sous condition de « prières patriotiques ». Adopté en 2015 déjà et réaffirmé par le président Xi Jinping en 2017 lors du 19e congrès du parti communiste chinois, le plan de « sinisation » doit rendre compatible la religion avec la culture communiste chinoise. Cela concerne toutes les religions : le christianisme (catholiques et protestants), le bouddhisme, le taoïsme et l’Islam. Pour les catholiques, les directives passent par les évêques dépendants du Vatican et par les fonctionnaires de l’Association patriotique. De cette manière, le Président à vie Xi Jinping cherche à asseoir un peu plus son pouvoir et veut créer une sorte de « secteur public religieux » pour qu’il serve l’objectif de pleinement concilier le socialisme et la tradition nationale chinoise. Selon le jésuite Benoît Fernander, professeur de Sciences religieuses à l’université Fudan de Shanghaï. « Les relais du pouvoir doivent insister tout particulièrement sur la sinisation des expressions de la foi, mais aussi des arts, de l’architecture, de la liturgie, sur le développement d’une recherche théologique guidée par la tradition nationale. Mais cela pourrait déboucher sur des conflits sérieux, si les traductions et notes de la Bible devait être modifiées en fonction des consignes du Parti », précise le jésuite qui met aussi en garde contre la volonté de Pékin de mettre la main sur les religions, afin qu’elles ne soient pas des terrains de dissidence. Il rappelle aussi que le Parti croit pouvoir mettre en place une religion civile fondée sur le culte de la mère patrie et les valeurs socialistes… Cela rappelle les écrits du philosophe et économiste français Saint Simon qui se fonde sur une religion de la science et la constitution d’une nouvelle classe industrielle (1760-1825).

Ces jours, suite au déconfinement en Chine, un avertissement a été lancé à l’Eglise catholique. Le gouvernement de la province de Zhejiang près de Shanghaï, a adressé une directive aux institutions catholiques locales, l’une officielle, l’autre dépendant du Vatican, de faire des prêches sur le patriotisme. Cité par l’agence de presse asiatique UCA News, le Père Liu , de la province de Hebei, terre de forte tradition catholique, s’insurge : « En tant que membre de l’Eglise catholique universelle nous ne pouvons accepter et glorifier ce que le gouvernement communiste considère comme l’éducation patriotique ». Fin 2019, le Président Xi Jinping est allé exhorter les responsables religieux, à retraduire leurs textes sacrés pour les rendre plus conformes à l’idéologie du Parti… La province du Zhejiang est particulièrement visée par cette offensive antireligieuse car elle possède une forte communauté catholique. Chasse aux croix, églises détruites, car « non autorisées », disparitions mystérieuses d’évêques… Un acharnement qui s’explique par la défiance qui confine à la paranoïa, du parti communiste à l’égard de la religion chrétienne, « elle représente une menace d’ingérence étrangère, explique Emmanuel Lincot, spécialiste de l’histoire politique et culturelle de la Chine. De plus la ville de Wenzhou a de forts appuis hors de Chine, elle a connu une forte diaspora et conservé des liens puissants avec elle. » Les protestants seraient encore plus nombreux que les catholiques et sont confrontés aux mêmes problèmes.

En 2018 le Pape François avait conclu un accord provisoire avec le gouvernement chinois l’autorisant notamment à élire les évêques catholiques. Un pas audacieux très critiqué surtout par le vieux cardinal Joseph Zen venu en personne à Rome pour lui expliquer le danger que courait l’Eglise catholique. Les négociations ont ralenti certes, mais François s’en remet au « temps de Dieu. » Le cardinal Zen d’ailleurs, qui habite Hong Kong, essaie aussi d’être un médiateur pour empêcher que la situation ne tourne en un conflit violent et dévastateur. Il conseille la prudence aux hongkongais.

Enfin, on ne peut parler de jésuites en Chine sans mentionner le plus connu et admiré de tous, Matteo Ricci (1552-1610), Li Matou en chinois, qui s’intégra pleinement dans la langue, la culture et la société chinoise d’alors qu’il admirait sous la dynastie des Ming. Il est encore vénéré aujourd’hui. Peut-être, c’est ce qu’attend le président chinois des chrétiens…

 

 

 

 

 

China First en Afrique

 

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           « China First » en Afrique….

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion. Christine von Garnier, Dr. en sociologie politique, 27 avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           « China First » en Afrique….

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion. Christine von Garnier, Dr. en sociologie politique, 27 avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Goodbye South African Airways

Goodbye South African Airways…

Le nouvelle est tombée il y a quelques jours, la South African Airways (SAA) ne volera plus. Une excellente compagnie fondée sous la colonisation anglaise de l’Afrique du Sud en 1934 ! Quand elle a été remise à la nouvelle Afrique du Sud de l’ANC en 1994, elle était en bonne santé, présente dans de nombreux pays du monde. Il aura fallu presque 30 ans à l’ANC pour la détruire…Incompétences, sans doute, mais aussi corruption sous le président Zuma et le siphonage par des hauts cadres de l’ANC. Bien que le gouvernement sud-africain ait tenté à plusieurs reprises de la renflouer, la SAA n’a pas pu continuer. C’est la fin d’un des fleurons de l’Afrique du Sud, d’autres suivront comme Escom (électricité) par exemple car tout ce qui est « occidental » semble voué à la déconstruction.

Tentons une explication : il y a deux ans, l’Union Africaine (UA) à Addis Abeba qui regroupe 56 pays d’Afrique, alors sous la présidence du rwandais Paul Kagame, avait décidé que le continent ne devait avoir qu’une seule compagnie d’aviation et qu’une monnaie. Le tout d’ici 2069. Le président actuel de l’UA est le sud-africain Ramaphosa qui doit avoir subi des pressions de l’UA. En effet, il faut rappeler que la Chine avait généreusement offert de payer la construction du grand bâtiment de l’UA où on a découvert par la suite qu’il y avait des micros partout ! De plus le président Kagame est sous influence des Chinois qui sont très présents au Rwanda. Donc on peut supposer que le président Ramaphosa et l’ANC ont été fortement influencés par la Chine qui place ses pions partout sur le continent africain et dans les grandes organisations internationales comme nous le constatons. La disparition de la SAA qui atterrissait à Zurich, a un goût amer pour les millions de personnes qui l’ont utilisée.

 

 

En Ethiopie, les deux batailles:Covid-19 et les criquets

 

Le 13 avril dernier, les Nations Unies ont annoncé leur vive inquiétude concernant l’invasion des criquets pèlerins en Ethiopie qui sévissent depuis plusieurs mois dans toute la Corne de l’Afrique. Des milliards de criquets se sont ainsi abattus ces derniers mois, dévastant l’agriculture et les pâturages dans une région où 25,5 millions de personnes sont déjà dans une grave insécurité alimentaire.

Comment sont-ils arrivés là ? Ce sont les pluies abondantes qui ont favorisé leur reproduction et l’Organisation des Nations Unies craint même que ce fléau devienne vingt fois plus grand dans les mois à venir. Une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire. En effet, le criquet pèlerin est l’insecte le plus destructeur au monde : un essaim d’un kilomètre carré peut manger autant de nourriture que 35 000 personnes en une journée…

La FAO a demandé 139 millions d’Euros pour livrer cette bataille. De nombreuses organisations humanitaires réclament aussi des aides immédiates. « Si aucune action rapide n’est entreprise pour lutter contre cette infestation, nous ferons face à une situation encore plus catastrophique dans les mois à venir », a déclaré le directeur régional d’Action contre la Faim en Afrique de l’Est, Hajir Maalim.

Comme de nombreux pays en Afrique, l’Ethiopie a déclaré l’état d’urgence sanitaire à cause du Covid-19. Mais la bataille de la pandémie vient compliquer l’acheminement des denrées alimentaires et les pesticides. A la huitième plaie d’Egypte (et de la Corne de l’Afrique), s’ajoute en plus le Covid-19 que nous avons créé nous-mêmes… Jusqu’où ira-t-on ?