Afrique du Sud : la justice triomphe…

Il est heureux de constater que la justice sud-africaine  a fait publier mercredi 2 novembre un rapport accablant pour le président Zuma (335 p.), potentiellement explosif pour tout le pays. Un rapport qu’il a d’abord essayé de bloquer.  La médiatrice de la République, « chargée du bon usage des deniers publics, porte à l’attention du parquet et de la police, à enquêter sur les possibles crimes de corruption commis au sommet de l’Etat… »

De quoi s’agit-il ? Voir le blog du 18 octobre : les frères Gupta, industriels d’une très riche famille d’origine indienne, ont influencé Jacob Zuma sur le choix de deux ministres pour favoriser leur propres intérêts et celui de la gouvernance ; un comportement illicite qui expose le président sud-africain à des poursuites judiciaires. Le document est actuellement dans les mains de la nouvelles médiatrice Busisiwe Mkhwebane. Cette tentative de bloquer la publication du rapport  a poussé la Fondation Nelson Mandela a publier un communiqué très critique. A ses yeux, « il est temps que les personnes qui compromettent notre démocratie et pillent ses ressources rendent des comptes », et d’appeler, à mots couverts, à un changement de leadership à la tête de l’Etat : « La capacité et l’engagement du chef de l’Etat à faire corps avec la Constitution, sont un des piliers de notre nation et comme il menace de rompre,  ce sont tous les autres fondements de nos institutions qui risquent à leur tour de se briser ».

A Pretoria, le 2 novembre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour réclamer la démission de Jacob Zuma, sur lesquelles la police a tiré des balles en caoutchouc.  Alors que les jeunes de l’ANC (African National Congress) descendent dans la rue pour soutenir leur président, d’autres, de l’extrême gauche, veulent des fusils pour demander justice (Justus Malema).

La situation est tendue. L’ANC se déchire à son sommet autour de Zuma. D’un autre  côté les frondeurs menés par le ministre des Finances Pravin Gordhan, que Jacob Zuma voulait emprisonner parce qu’il avait découvert des sommes versées sur un compte inconnu et qui est un champion de la lutte anti-corruption. Il est soutenu dans son bras de fer contre le président par le vice-président Cyril Ramaphosa. publier mercredi 2 novembre un rapport accablant pour le président Zuma (335 p.), potentiellement explosif pour tout le pays. Un rapport qu’il a d’abord essayé de bloquer.  La médiatrice de la République, « chargée du bon usage des deniers publics, porte à l’attention du parquet et de la police, à enquêter sur les possibles crimes de corruption commis au sommet de l’Etat… »

De quoi s’agit-il ? Voir le blog du 18 octobre : les frères Gupta, industriels d’une très riche famille d’origine indienne, ont influencé Jacob Zuma sur le choix de deux ministres pour favoriser leur propres intérêts et celui de la gouvernance ; un comportement illicite qui expose le président sud-africain à des poursuites judiciaires. Le document est actuellement dans les mains de la nouvelles médiatrice Busisiwe Mkhwebane. Cette tentative de bloquer la publication du rapport  a poussé la Fondation Nelson Mandela a publier un communiqué très critique. A ses yeux, « il est temps que les personnes qui compromettent notre démocratie et pillent ses ressources rendent des comptes », et d’appeler, à mots couverts, à un changement de leadership à la tête de l’Etat : « La capacité et l’engagement du chef de l’Etat à faire corps avec la Constitution, sont un des piliers de notre nation et comme il menace de rompre,  ce sont tous les autres fondements de nos institutions qui risquent à leur tour de se briser ».

A Pretoria, le 2 novembre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour réclamer la démission de Jacob Zuma, sur lesquelles la police a tiré des balles en caoutchouc.  Alors que les jeunes de l’ANC (African National Congress) descendent dans la rue pour soutenir leur président, d’autres, de l’extrême gauche, veulent des fusils pour demander justice (Justus Malema).

La situation est tendue. L’ANC se déchire à son sommet autour de Zuma. D’un autre  côté les frondeurs menés par le ministre des Finances Pravin Gordhan, que Jacob Zuma voulait emprisonner parce qu’il avait découvert des sommes versées sur un compte inconnu et qui est un champion de la lutte anti-corruption. Il est soutenu dans son bras de fer contre le président par le vice-président Cyril Ramaphosa. Lors d’élections municipales en août dernier, l’ANC avait subi un revers historique.

Souhaitons que ce triomphe de la lutte anti-corruption  et la justice soit un exemple pour d’autres états africains englués dans des affaires de corruptions et qui croient qu’en sortant de la Cour pénale internationale (CPI), ils pourront plus facilement résoudre leurs problèmes de gouvernance en faisant ce qu’ils veulent…En Afrique du Sud, pour le moment, cela ne marche pas et l’ombre de Mandela est encore très présente.

Christine von Garnier

Christine von Garnier

Christine von Garnier, sociologue et journaliste, a vécu 20 ans en Namibie où elle était correspondante du Journal de Genève et de la NZZ. Elle a aussi travaillé comme sociologue dans le cadre des Eglises. Aujourd’hui, secrétaire exécutive de l’antenne suisse du Réseau Afrique Europe Foi et Justice.

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