Une grande radio pas de gauche. Enfin !  

Il faut bien l’avouer : le départ de Nicolas Canteloup m’a fait douter. Que toute une série de légendes quittent la station après des décennies de fidélité n’est pas une catastrophe, mais la disparition du numéro quotidien de l’imitateur sur le coup de 8h45, c’est autre chose. Europe 1 se relèvera-t-elle de l’absence de ses versions hilarantes d’Anne Hidalgo, niaise et nasillarde ou de Macron, malin et prétentieux (deux de ses personnages les mieux réussis) m’angoissais-je en auditeur fidèle de la station qui, il y a longtemps déjà, enchantait mon adolescence ?

Eh bien oui.

Rapide rembobinage : depuis près de dix ans, l’audience de la plus fameuse des premières stations libres de France connaît une forte chute d’audience : près de la moitié de son auditoire évaporée depuis 2010. De nombreux remaniements de grille n’y changent rien jusqu’à l’été dernier où, à la faveur d’une OPA de Vivendi – le groupe de Vincent Bolloré – sur Lagardère, propriétaire d’Europe 1 et de nombreux médias, le grand ménage est lancé. Exit les vieilles gloires, dont Laurent Cabrol et Julie (près d’un siècle de fidélité à la station à eux deux !) et place à la relève. Un risque car l’on sait bien que l’auditeur ne déteste rien tant que le changement de ses habitudes.

 

La grande peur du camp du Bien

Or, ce ne sont pas les auditeurs qui ont protesté. C’est une partie de la rédaction et les autres médias. Une grève de six jours, inédite à Europe 1, a permis aux plus vieux cadors, tels Patrick Cohen soutenu par Anne Sinclair, de dire leur indignation et leur peur de voir disparaître la fameuse neutralité et l’indépendance journalistique qui les animent. Les mêmes valeurs qui, en même temps, ne les poussaient pas à s’offusquer de la propagande écolo-politique quotidienne que la brave Fanny Agostini distillait jusque-là sous un vernis de « conseils pour la planète ».

Sonia Mabrouk, une digne successeuse de Jean-Pierre Elkabbach, munie de redoutables punchlines

La bien-pensance outrée a atteint son paroxysme avec Libération, toujours prompt à donner le ton dans le camp du Bien, qui s’en est pris à Sonia Mabrouk, l’excellentissime journaliste d’origine tunisienne remarquable meneuse de débats sur Europe et CNews. « Directrice de la réaction », « égérie de la droitosphère », «brushing à la Fox News » : les termes employés, largement en dessous de la ceinture, ne témoignent, dans le fond, de rien d’autre que la grande peur de l’élite de gauche, qui archidomine le paysage médiatique, de perdre du terrain au profit de journalistes qui auraient l’outrecuidance de ne pas penser juste. Car, oui, il en existe. En France à tout le moins.
On les trouve notamment sur CNews, où officiait Eric Zemmour jusqu’il y a peu et qui appartient à… Vincent Bolloré. D’où la grande peur chez les Justes. Et pour une fois, leurs craintes n’étaient pas vaines. C’est bien un sérieux rapprochement qui s’est opéré entre la radio et la chaîne d’info continue. Un rapprochement qui fait sens du point de vue de la ligne éditoriale autant qu’économique. Les uns et les autres officiant en synergie, certaines émissions étant même diffusées simultanément en TV et en radio, donnant ainsi raison au grand homme de radio José Arthur qui ne manquait jamais de rappeler que la supériorité de la radio sur la TV tient au fait que la première peut se passer d’images.

 

La politique et la cuisine

La nouvelle grille d’Europe 1 applique une recette originale qui a tout pour plaire au public français. Elle repose sur deux ingrédients majeurs : la politique et la bouffe. L’info est renforcée dans ses créneaux traditionnels, notamment dans la matinale et l’espace laissé libre par Canteloup sous un angle ultra politique centré sur le débat et les tribunes. Quant à la cuisine, elle s’invite à toute heure grâce aux talents de deux remarquables connaisseurs.

 

 

Deux femmes et un Ukrainien aux avant-postes de l’info

Aux commandes des grands rendez-vous de l’info en synergie avec CNews : Sonia Mabrouk et Laurence Ferrari. La première reste la digne héritière de son mentor Jean-Pierre Elkabbach (qui revient à l’antenne sur la chaîne de ses débuts). Il ne fait toujours pas bon passer dans son viseur si l’on transige avec quelques solides valeurs républicaines qui lui sont chères. La pauvre Sandrine Rousseau, candidate présidentielle éco-féministe évoluant en stabulation libre dans l’univers autistique de la cancel culture, en a récemment fait les frais. Tout comme la ministre du budget, Agnès Pannier-Runacher, accueillie par un impératif « joyeux Noël !», introduisant la discussion sur les « cadeaux » du prochain budget au nom de la relance. Il faut encore noter que Sonia Mabrouk a déniché, pour l’accompagner dans les débats une véritable pépite en la personne de Mathieu Bock-Côté, un esprit agile et un regard frais venu du Québec, qui délivre un véritable scoop : non, les sociologues ne sont pas fatalement tous de gauche.

Dimitri Pavlenko pointe les vrais sujets, sans tabous : immigration, insécurité, laïcité…

Non dénué de talent et d’intelligence non plus, Dimitri Pavlenko a pris les rênes de la matinale. Vif et cultivé, il maîtrise les débats et les entretiens avec une aisance qui n’a rien à voir avec la décontraction autosatisfaite de son prédécesseur Matthieu Belliard. En période de brusque lancement de la campagne présidentielle, Pavlenklo et ses camarades pointent les vrais sujets, sans tabous : immigration, insécurité, laïcité, nucléaire, etc. et se montrent très réactifs : ils sont les premiers à recevoir Bertrand Piccard à la sortie de son livre proposant de remettre un peu de raison dans le débat environnemental.

Une info renforcée et nerveuse où il est vrai que le débat a remplacé, en grande partie, le travail d’investigation si cher à la profession et ses traditions. Mais, dans le fond, qui demande de l’investigation ? On voit bien que les grandes enquêtes, Panama Papers, Paradise Papers ou encore Pandora Papers ont, en dehors du microcosme, à chaque fois moins d’impact. A quand les Panini Papers ?

 

Un Belge aux fourneaux

Côté cuisine justement : deux stars. Laurent Mariotte sait comme personne exploiter la convivialité de la cuisine pour que, sous la torture d’une Cancoillotte bien crémeuse, ses invités se mettent à table. Et ça marche : ils se dévoilent sous un jour neuf. Entendre Amélie Nothomb dire sa passion du champagne est… enivrant.
Olivier Poels, lui, est belge d’origine mais français d’estomac. Il pratique une sorte de guérilla urbaine culinaire au niveau de la chaîne. Il intervient à tout moment avec des rubriques gourmandes autant qu’érudites dans nombreuses émissions au fil de la journée. Toujours prêt à dégainer la recette du poulet à l’estragon ou du mi-cuit au wasabi.

 

Un Suisse à la barre de l’humour

Le 26 septembre 1985, Coluche lançait un appel à la solidarité sur Europe 1 et fondait les Restos du Cœur.

Faire dans l’humour à Europe 1, n’est pas chose facile. C’est un segment prestigieux de l’ADN de la chaîne dont un des studios porte le nom de Coluche, ce type qui anima quelques émissions culte de la station à la fin des années 70 comme « On n’est pas là pour se faire engueuler ». Une liberté de ton, de vocabulaire et un maniement du second degré (dont le 21ème siècle a été amputé pour cause d’obésité morale) qui lui vaudrait au minimum la prison aujourd’hui pour autant qu’il ait eu la chance d’échapper à la décapitation.

Canteloup et Anne Roumanoff évacués, le lourd héritage du rire repose désormais à Europe 1 sur les épaules d’un grand gaillard répondant au nom de Matthieu Noël. Il répète à satiété qu’il est le Suisse de la bande. Effet de manche. Pas plus suisse que le Pape n’est italien, il est né à Genève au hasard d’une mission de ses parents traducteurs à l’ONU. En témoigne son incapacité à prononcer correctement le nom d’un lieu suisse en dehors de sa ville natale, comme lorsqu’il se vante faussement d’avoir échangé des balles avec Federer à Ecublansse.

Matthieu Noël, un esprit vif et agile. Il fait oublier Canteloup. C’est tout dire.

Il intervient dans la matinale où il plaide avec autant de talent que de mauvaise foi les causes les plus impossibles et l’après-midi dans « Historiquement vôtre » où il joue admirablement le faux faire-valoir de Stéphane Berne. En compagnie d’Olivier Poels, David Castello-Lopes (beaucoup plus drôle ici qu’à la RTS) et Clémentine Portier-Kaltenbach (une intelligence supérieure comme les familles françaises protestantes savent en accoucher), les deux s’entendent à merveille et produisent deux heures de pur bonheur radiophonique en racontant « l’histoire sans se la raconter ». Matthieu Noël est une perle rare, un esprit vif qui a fait du détournement des propos hors antenne de ses collègues une marque de fabrique. Il fait oublier Canteloup. C’est tout dire.

 

Emerger du vacarme

Le pari d’Europe 1, version Bolloré et abhorrée de l’élite du métier qui y voit bien sûr une dérive populiste, comme à chaque fois qu’elle voit son écrasante domination « progressiste » contestée, réussira-t-il ? Les résultats d’audience de la nouvelle grille ne sont pas encore publics. En revanche, ceux de la grille d’été, après le départ des anciennes gloires, sont prometteurs. Quoi qu’il en soit, on ne peut que l’espérer tant il est important de tendre un micro à ceux qui défendent des valeurs – liberté, prospérité, innovation, esprit d’entreprise, progrès (scientifique notamment) – rendues inaudibles par le vacarme de la pensée médiatique unique.

Christian Jacot-Descombes

Christian Jacot-Descombes a exercé successivement les métiers de neuropsychologue, animateur et journaliste de radio, journaliste de presse écrite et responsable de la communication d’une grande entreprise. Il voyage beaucoup parce qu’il pense que ça ouvre l’esprit et aussi parce que ses différentes expériences professionnelles lui ont démontré qu’il vaut toujours mieux voir par soi-même.

38 réponses à “Une grande radio pas de gauche. Enfin !  

    1. Pas de réelle concurrence entre les acteurs : marché trop petit (en Suisse romande surtout) et monopole de fait d’un média de service publique terriblement biaisé à gauche. Ce qui ne gênerait personne s’il était comme Europe 1 une affaire privée. Financé par le contribuable, c’est une autre affaire. Un pur scandale comme c’est d’ailleurs le cas chez nos voisins avec France Inter, Info, etc.

  1. Hey Christian!
    On principle I never touch the French media. Not the press, not the radio, none of their laughable TV — none of it. Reading you, I just might have to make one exception! Thanks for the article, eye-opening as always. Dave

  2. Merci pour votre article rafraichissant. Il est temps que les journalistes osent penser par eux-mêmes sans se croire obliger de faire leur signe de croix de la bienpensance avant d’écrire ou de dire quoi que ce soit.
    Comme vous le mentionnez l’équipe sur place est constituée de professionnels d’autant meilleurs qu’ils prennent des risques en tranchant par rapport à leurs confrères.
    La nouvelle Europe 1 et CNews sont les deux ancres à partir desquelles va se développer un nouveau journalisme vraiment de droite, sans honte et sans remord (pour ne pas dire sans peur et sans reproche, ce qui ferait un peu “daté”).

    1. Merci de votre message. Je partage votre espoir de voir se développer un journalisme d’opposition à la bien-pensance dominante dans la profession, phénomène qui ne va pas en s’améliorant avec l’arrivée de la génération woke dans les rédactions. On aimerait pouvoir croire à un journalisme objectif et indépendant mais c’est probablement un espoir vain, Du moins, tant que le métier recrutera massivement dans les sciences humaines. J’ai eu un collègue à la radio dont le background était la physique. Il a fini à la météo…

      1. “…tant que le métier recrutera massivement dans les sciences humaines…”

        Quand j’étais correspondant de la “Gazette de Lausanne” et du “Journal de Genève”, ancêtres du Temps, aux Etats-Unis dans les années soixante, mes rédacteurs-en-chef étaient licenciés en lettres (François Landgraf pour le premier et Bernard Béguin pour le second). Les études de lettres, souvent confondues à tort avec les sciences humaines et sociales, étaient encore la principale pépinière de futur(e)s journalistes. Depuis que, comme vous le relevez, la profession puise surtout dans les facultés de sciences politiques, économiques, en sociologie, psychologie et/ou en droit, on en voit le résultat: le tam-tam tribal de Marshall McLuhan bat plus fort que jamais. Et le public déserte.

        Au temps des Landgraf et Béguin, les deux premiers quotidiens de Suisse romande offraient un minimum d’illustration, aux antipodes de l’exhibitionnisme odieux-visuel des mass-médiocres actuels. Priorité était donnée au texte. Si José Arthur (il n’est pas encore au Musée Grévin de la presse, celui-là?) ne manquait jamais de rappeler que la supériorité de la radio sur la TV tient au fait que la première peut se passer d’images, avec un peu plus de recul il aurait pu ajouter que l’écrit, lui, se passe à la fois d’image et de son. Un mot ne vaut-il pas mille images? Et, comme chacun sait, si les paroles s’envolent, les écrits restent – et même plus que jamais sur le Web.

        Autrefois, quand ni Internet, ni smartphones, ni ordinateurs n’existaient encore, mes collègues et moi, au temps où les reporters sortaient encore de leur rédaction, partions sur le terrain munis de nos seuls stylos et calepins, parfois, pour ceux qui, comme moi, aimaient la photo, avec un vieux Leica ou un Voïgtlander 24-36 en bandoulière, qui nous faisaient rêver d’être Cartier-Bresson ou Eugene Atget. Nous n’en rapportions pas moins souvent dix fois plus d’informations qu’une équipe de télévision ou de radio parvenue à grands frais sur place avec son fatras de cameras, trépieds, enregistreurs et perches pour preneurs de son, sans parler de son personnel: producteur, assistant-producteur, script-girl, cameramen, preneurs de son et, bien sûr, le journaliste-vedette qui reléguait en arrière-plan dans le cadre de l’image les scènes sensées faire l’objet de l’émission. je pourrais en citer quelques exemples mémorables.

        L’infobésité, sinon l’infobêtise, n’affectait pas encore la presse, même celle de caniveau. “Les journaux sont les lupanars de la pensée”, disait H. de Balzac, qui était journaliste. Comment s’informer sans être accroc des maisons closes et quand on n’a ni télé, ni radio, ni smartphone, ni pas mal d’autre choses d’ailleurs, sans pour autant s’en porter plus mal? Ne peut-on trouver aussi bien et en fait beaucoup mieux sur des sites bien plus fiables, gratuits et sans publicité tels que WikiNews et Wikipedia? N’est-ce pas là que se joue l’avenir du journalisme?

        “But more about that later”, comme on disait autrefois chez Oncle Sam.

        1. Excellent !
          Nous avons donc travaillé pour les mêmes journaux. La disparition du journal de Genève m’a toujours paru de mauvais augure quant à l’avenir de la profession. Il était probablement le dernier pour qui “libéral” n’était pas un gros mot.
          Je vous rejoins sur le fait qu’il faut faire confiance, pour s’informer comme pour beaucoup d’autres besoins, à la responsabilité individuelle, à la raison et à l’intelligence. Elles dominent depuis les Lumières, passent une période difficile, mais s’en remettront.
          PS: José Artur est mort en 2015. Il a légué son corps à la science. Selon son fils, c’était surtout pour se faire tripoter une dernière fois…

  3. Cher Monsieur, merci pour ce bel article que je partage en tous points, notamment celui de mon “intelligence supérieure” 🙂 Je vais montrer ça sur le champs à mon mari … cela va prolonger mon mariage déjà trentenaire, de trente ans de plus !
    J’ai littéralement jubilé lisant votre e article. Je partage votre enthousiasme pour Dimitri Pavlenko grâce à qui la matinale a repris du poil de la bête et Matthieu assure dansa ses plaidoiries. Votre analyse est tellement juste! Bravo et merci! Clémentine PK

    1. Chère Madame, je vous avoue que je suis très honoré de votre commentaire. Non seulement parce qu’il est toujours agréable de recevoir des compliments de la part d’une intelligence supérieure mais aussi parce que nous avons presque un lien personnel (au-delà de ma responsabilité dans l’allongement de votre mariage). Je m’explique: il y a de nombreuses années, lorsque j’étais journaliste pour un hebdomadaire suisse, nous avions réalisé l’interview de deux magnifiques personnalités parisiennes pour les besoins d’une enquête sur les différentes approches d’intégration de l’immigration. Ces deux personnes se prénommaient Jeanne-Hélène et Pierre-Patrick. C’étaient vos parents. Une belle rencontre dont le souvenir m’est revenu lorsque je vous ai entendu pour la première fois dans “Historiquement vôtre”. Une fois de plus, la branche n’était pas tombée loin de l’arbre. PS: l’enquête n’a jamais été publiée, censurée par nos pairs de la rédaction 😉 Christian JD

      1. MERCI pour cette analyse! Et aussi pour celle en quelques mots sur la radio Suisse Romande. Nous devrions être plus sévère encore car visiblement cette radio devient bas de gamme malgré quelques très bons animateurs. Au plaisir de vous lire.

  4. Merci pour votre analyse pertinente, lucide et pondérée.
    La fraîcheur du commentaire de Clémentine PK à son sujet en dit long sur la frustration des journalistes qui ne participent pas volontiers à la grand-messe.
    Il serait toutefois naïf d’imaginer que le fond de vos propos ne concerne que les médias français…
    Rien à ajouter si ce n’est: « …svp continuez! ».

  5. Bonjour,

    Je crois que vous confondez « objectivité » et « propagande ».

    Oui la tendance sur les chaînes publiques est à l’ouverture d’esprit. Ce n’est pas nouveau.

    Mais pour les écouter d’une oreille, je ne pense pas qu’on puisse les qualifier de « propagandiste », au contraire de la grille d’Europe 1 / cnews.

    Rien que le fait de se gausser d’avoir des conservateurs dans moult programmes revient à se rendre porteurs des défauts que vous attribuez à « ceux d’en face ».

    Un bon média est objectif et nuancé. Ce ne semble pas être le cas pour Europe 1.

    1. Bonjour, oui, c’est l’argument habituel du service public qui s’autoproclame depuis toujours “ouvert d’esprit” pour masquer un biais politique qui se perpétue depuis quelques décennies. Comme je l’ai écrit dans un commentaire précédent, je ne me fais aucune illusion sur la capacité des médias à être objectifs. Ce qui ne pose pas de problème s’agissant de médias privés, chacun menant ses affaires comme bon lui semble. En revanche, cela en pose un pour le service public qui ne devrait, en toute légitimité, pas être un acteur militant subventionné, comme il l’est, puisque financé par le contribuable.

  6. J’aimerais qu’on m’explique un jour comment la TSR fait, avec un budget aussi important, pour produire des jeux télé nullissime et des séries d’une qualité inférieure à celle de youtubeurs amateurs…

    C’est un problème de formation en Suisse romande? De choix des cadres ?
    Ou juste que vu que le salaire tombe à la fin du mois, on ne se foule pas le petit doigt… ?

    Pour rappel: la TSR a un budget équivalent à la tv nationale coréenne qui produit et exporte des jeux, des séries, même des films… et ne parlons pas du budget de la tv danoise…

    C’est une honte.
    Il est de bon ton de critiquer notre armée, mais pourquoi cette bienveillance envers l’incompétence de la TSR ?

    1. J’avais exposé quelques éléments de réponse à vos questions ici : https://www.jacotdescombes.ch/post/darius-rochebin-l-armée-mexicaine-et-la-redevance. Au-delà de ça, je dois reconnaître avec vous qu’au-delà du problème de l’information biaisée, la qualité est en chute libre. Le TJ ressemble à un atelier de puériculture; les sports (qui malgré le budget que vous mentionnez n’ont plus les moyens d’acheter des images) à un séminaire d’intersectionnalité de l’Université de Lausanne et les magazines à la rubrique opinion d’un journal syndical. A quel prix déjà ? CHF 335 par an.

      1. J’ai eu la curiosité de lire votre artickec{ù vous parliez de notre Darius national. Et j’y ai lu ceci:

        “On ne va pas s’apitoyer sur son sort. Il a été lui-même le premier à tirer, avec plaisir, sur des cordes dont l’autre extrémité s’est révélée un mortel nœud coulant pour ses victimes.”

        Pourriez-vous préciser ? Je ne suis pas un défenseur inconditionnel de Rochebin, mais j’ai quand-même trouvé qu’il avait été lynchés. Aurait-il lui aussi exécuté des gens sans jugement par le passé ? Je n’en garde pas le souvenir. A quoi faisiez-vous allusion ?

        A part ça, j’ai trouvé tres drôles vos remarques acerbes sur certains programnes de la RTS:

        “Le TJ ressemble à un atelier de puériculture; les sports … à un séminaire d’intersectionnalité de l’Université de Lausanne et les magazines à la rubrique opinion d’un journal syndical.”

        Ce n’est pas faux, mais vous n’allez pas vous faire que des amis avec ça.

        1. Je pensais notamment à son interview de Juan Antonio Samaranch lorsque ce dernier était encore président du CIO. Feignant d’ignorer que le CIO est une institution privée (qui ne vit pas au crochet du contribuable comme son employeur), Darius l’a férocement attaqué sur des comptes qu’il n’avait pas à rendre, comme son train de vie. C’était d’autant plus facile que le français n’était pas la langue de prédilection de Samaranch.
          J’ai gardé quelques amis dans le service public mais plus, c’est vrai, parmi ceux qui ont eu le courage de le quitter.

          1. le CIO est une institution privée (qui ne vit pas au crochet du contribuable comme son employeur)

            En tout cas, si cette institution privée qu’est le CIO, comme le sont aussi beaucoup d’autres fédérations de sport professionnel dans le monde, ne vit pas aux crochets du contribuable, ces derniers sont régulièrement et intensivement impliqués par leurs gouvernements pour payer stades et événements qui, on le sait, commencent à dépérir dès les jeux terminés… Des montants astronomiques dont les retombées économiques sont très faibles, voire quasi inexistantes, voir négatives.

            Donc, ce Samaranch, comme les autres Bernies Ecclestone ou Gary Bettman de ce monde, sont passés maîtres dans cette nouvelle forme de capitalisme qui consiste à privatiser les profits et socialiser les pertes (par conséquent qui ne pourrait rien faire sans l’argent public). Bref, quand Darius, dont l’employeur consomme 1 milliars de CHF par année, “attaque férocement” un Samaranch dont les deux semaines de jeux consument jusqu’à 50 milliards $ US, et bien je ne trouve pas qu’il exagère…

          2. A qui la faute sinon aux gouvernements ? Ils ne manquent ni de recul, ni d’expérience pour juger des chances de réussite de tenter les JO. D’ailleurs, il n’y a bientôt plus que les villes de gauche (où l’on dépense l’argent des autres) qui candidatent: Paris, Los Angeles (sous Garcetti avant que Biden ne l’envoie en Inde) et bien sûr Pékin.

        2. Je me souviens de cette interview de Samaranch en effet. Elle était très perfide.

          Si j’avait été Samaranch, j’aurais pris de haut le petit journaleux et l’aurais renvoyé dans ses buts d’une manière cinglante.

  7. Le problème des prêches d’opinion c’est davantage le prêche que l’opinion. On s’en tape des pour ou contre la gauche ou la droite. Il est temps que les prédicateurs binaires dégagent!

  8. bonjour;
    c’est bien que vous soyez content qu’Europe soit bien en vie ! je vous avoue humblement que j’ai fuit les médias mainstream depuis pas mal de temps et qu’il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent, à mon sens . ah si, suis-je bête, y a Zemmour ! bon vent .

  9. Cet article est juste allucinant.
    Sous Bollore, on sait comment l’humour est contraint (sur Canal+ des humoristes mis a la porte pour avoir fait un portrait pas trop flatteur de Pascal Praud. Et mise a la porte aussi de ceux qui l’avait soutenu).
    Se rejouir de depart de Cabrol, car trop vieux, et trouver Elkabbach “a sa place”, c’est pour le moins etonnant.
    Mabrouk et Ferrari ne sont plus journalists mais debateuses politiques. On lit la hargne sur leurs visages quand un politique, pas de leur bord se presente. Il ne faut juste pas les voir comme journalistes, elles sont la pour faire passer une idee, et qu’une idee, et non pour ouvrir l’esprit de l’auditeur. Les auditeurs, en choisissant Europe1 aujourd’hui, savent ce qu’ils veulent entendre et l’entendront. On ne vient pas s’informer, mais juste conforter ce que l’on pense deja. C’est sans doute un nouveau concept “d’information” Ca sera juste une radio d’opinion.
    Mathieu Bock-Cote “esprit agile et regard frais” ca sent plutot le rance.
    Coluche doit se retourner dans sa tombe.
    Il y a plein de radios pas de “gauche” en France. RTL, Sud-Radio, Radio Courtoisie. Meme a France Inter, des Natacha Polony et Alexandre Devecchio (journaliste au Figaro et membre du comite Orwell, magma souverainiste de droite) font partie des chroniqueurs reguliers de la chaine.
    Europe 1 a perdu pendant l’ete, 98 journalistes et collaborateurs. Ca donne un signe de l’orientation actuel de la chaine.
    La vraie sentence sera l’audimat.

    1. Pourquoi “allucinant”, pourquoi pas “éactionnaire” ou “asciste” ou encore “otalitariste” ? Il faut hassumer, bon dieu 🙂
      Bref, s’il y a des gens dans la galaxie Bolloré ou ailleurs qui sont capables de dire à des humoristes qu’ils ne sont pas drôles, alors j’applaudis des deux mains. Le service public, en Suisse aussi, est rempli d’humoristes militants subventionnés qui passent leur temps à donner des leçons de bien-penser et ne s’autorisent à un humour médiocre que dans les limites du politiquement correct qui les inspire. Un désastre.
      Quant aux 98 départs, une bonne part d’entre eux est liée à l’activation de la clause de départ pour cause de droitisation de l’antenne. Vous connaissez beaucoup de “vrais journalistes” (selon votre acception) qui ont jamais activé la clause de départ pour cause de gauchisation de l’antenne ? Moi pas.

  10. J’ai été auditeur d’Europe no 1 (à l’époque) depuis ses tout débuts; une radio qui a complètement dépoussiéré la manière de faire de la radio après-guerre. Dans ma jeunesse, j’adorais SLC, “Pour ceux qui aiment le jazz”, les chroniques scientifiques d’Albert Ducrocq (ah son inoubliable et inimitable commentaire du premier alunissage!), les chroniques de Pierre Bellemare, etc. J’ai mis maintenant fin à plus de 60 ans de fidélité d’écoute. J’espère que Bolloré aura le décence de rebaptiser la station; il est libre d’en faire ce qu’il veut puisqu’il en a pris le contrôle, mais ce n’est plus “Europe 1”, qu’il lui trouve un nom plus adéquat!

    1. SLC et les autres émissions légendaires ont eu leur époque de gloire mais le temps passe. En ne cédant pas à la dérive des médias mainstream et en offrant une tribune aux valeurs que j’évoque à la fin de l’article, Europe 1 se montre digne de son passé. A ce titre, elle ne devrait pas changer d’identité.

      1. Il faut assumer, bon dieu ( 😉 !), une radio qui perd autant de ses animateurs en si peu de temps n’est évidemment plus la radio d’origine (peu importe qu’on le déplore ou non), donc il faut avoir l’honnêteté de lui donner un autre nom.

        1. 🙂 Europe 3 ? Je relève toutefois qu’il n’existe plus aucun des grandes voix de la RSR d’autrefois, Emile Gardaz, Gilles, Michel Dénériaz, Jean Charles, feu mon ami Bruno Durring, et qu’elle n’a pas pour autant changé de nom…

          1. “perd AUTANT de ses animateurs EN SI PEU DE TEMPS”. Il faut lire les commentaires complètement!

          2. Si vous incluez les mises au placard, alors vous devez appliquer votre raisonnement à la TSR qui a fait un petit ménage il y a peu et exiger son changement de nom. Des suggestions ?

  11. Mon rêve, c’est de voir émerger, en France comme en Suisse (disons dans la francophonie en général), un journalisme robuste à l’idéologie woke et à ses protubérances (rectitude politique, culture de l’annulation, concepts de “micro-agression”, “safe spaces”, censure, etc). Car c’est là tout le paradoxe: le wokisme nous vient d’outre-atlantique, au pays de Fox New et du capitalisme sauvage, là où la gauche est à droite de la droite europénne (j’exagère à peine même si je néglige Bernie Sanders dont les idées n’ont aucune chance là-bas). Puis, ce mouvement woke s’est propagé à vitesse foudroyante dans toute l’anglosphère: Canada, Royaume-Uni, et même pays scandinaves (culturellement proches).

    Ce n’est pas un hasard que le Québec et la France, deux espaces francophones, ont fait une déclaration commune, via leurs ministres de l’Éducation respectifs, dénonçant cette idéologie liberticide qui fait des ravages jusqu’à dans les départements de sciences humaines (sutout) des universités.

    Je rêve d’un journalisme francophone qui s’assume et qui ne cherche pas à systématiquement singer ce qui se fait dans l’anglosphère. Cela a commencé il y a déjà trop longtemps avec l’apparition d’une orgie d’anglicisme inutiles, et voilà que cela se poursuit avec la menace woke. La statue de la Liberté, vous auriez dû la garder pour vous.

    1. Si vous comptez sur les journalistes pour contrer le wokisme, je crains que vous ne deviez attendre longtemps. Il est en train d’envahir les rédactions comme il l’a fait des campus. Le paradoxe que vous évoquez est relatif. Les USA sont aussi le pays de CNN, MSNBC qui soutiennent le mouvement. Quant à Bernie Sanders, son influence n’est pas négligeable, y compris là où l’intelligence devrait régner. A Boston, il n’est pas rare de voir ses banderoles aux fenêtres du MIT… Il se trompe évidemment mais c’est un honnête homme. Pas sûr que l’on puisse en dire autant de ses relais dans les générations suivantes : AOC et la 47ème présidente des Etats-Unis: Kamala Harris notamment. (Avez-vous entendu Biden parler de la “Harris-Biden administration” ? ) Edifiant !

    1. « On sait qu’il faut du temps quand on change une grille », justifie Constance Benqué, présidente de Lagardère News, « c’est normal qu’on trinque. Il faut attendre les résultats sur deux saisons pour cette nouvelle grille construite avec Arnaud Lagardère. Laissez-nous le temps de nous installer progressivement. » Elle insiste sur la bonne tenue de la tranche animée l’après-midi par Laurence Ferrari et le pari des récits fait sur la tranche 14 heures-18 heures avec Christophe Hondelatte et le duo Stéphane Bern-Matthieu Noël. « Le bad buzz entre mai et juillet a déstabilisé les équipes et les auditeurs. Je le répète : nous ne sommes pas une radio d’opinion. Le chemin est long pour reconstruire la marque », conclut-elle.
      Elle a raison.

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