Pourquoi il faut se préparer à désobéir

Prohibition. La bonne vieille interdiction de l’alcool qui a fait la fortune d’Al Capone. C’est l’une des mesures sanitaires qui ont été imposées dans certains pays comme l’Afrique du Sud, l’Argentine et la Colombie. Le but de la manœuvre ? Un refrain connu : éviter la surcharge des hôpitaux en minimisant le risque d’accident.

En Colombie, la prohibition sanitaire se nomme Ley Seca et, bien sûr, elle n’est pas populaire. Mais les Colombiens sont habitués aux frasques d’un Etat, disons, inconsistant et composent avec lui sur une autre gamme : celle de l’économie « informelle ». C’est ainsi, par exemple dans certaines villes, qu’ils payent aux gangs un impôt qui leur assure la sécurité que l’Etat est incapable de leur garantir. On sait donc où trouver à boire et faire la fête jusqu’au bout de la nuit malgré le couvre-feu. Il y a peu, une septantaine de Vénézuéliens – qui sont très nombreux à s’être réfugiés en Colombie – ont été arrêtés au petit matin dans une fête clandestine à Bogota.

Habillés de noir, les manifestants de Medellin réclament la fin de la prohibition

La Ley Seca s’ajoute à d’autres mesures qui, pour beaucoup, conduisent à la destruction de nombreuses activités économiques. C’est le cas des métiers du tourisme et de la culture où il est plus difficile de se retourner vers l’économie «informelle». A Medellin, des manifestations réclament donc régulièrement la possibilité de reprendre ces activités et la réouverture, sans contrainte, de l’économie. Les médias colombiens, comme les autres, se contentent d’indiquer le nombre de morts quotidiens liés au Covid. Ils « oublient » de contextualiser en comparant ce chiffre au nombre moyen habituel de décès quotidiens dans le pays.  Les Colombiens y écoutent les médecins, parés des attributs qui fondent leur légitimité, venus prêcher la bonne parole sanitaire et puis… ils sortent faire la fête. Il en faut plus pour démoraliser ce peuple joyeux et tolérant.

Si la déprime collective qui ravage le Vieux Contient n’existe pas dans la patrie de Shakira, ce n’est pas seulement parce que la misère (sanitaire) est moins pénible au soleil, c’est aussi parce que les Colombiens n’accordent que peu de crédibilité et de légitimité à ceux qui les gouvernent et, par conséquent, ne se soumettent à l’Autorité qu’avec une saine distance.

 

Crise de compétence

Un médecin colombien et son stéthoscope rappellent les consignes sanitaires

On a déjà abordé, dans cette chronique, les aspects de la crise sanitaire liés à la recherche de légitimité par les acteurs principaux du drame : politiques, experts et médias. Au-delà, on voit également émerger les signes d’une crise de compétences. On en avait senti les prémisses dans la valse-hésitation au sujet des masques. L’affaire se corse avec l’incapacité d’anticiper et d’adapter les systèmes de santé entre les vagues. Avec CHF 1,7 milliard de budget d’argent public, 12’000 collaborateurs, le CHUV lausannois sature lorsqu’il accueille… 35 patients en soins intensifs (que se passerait-t-il si un train avait le malheur de dérailler ?). C’était le cas en mars 2020. Ça l’est toujours aujourd’hui.

Mais c’est avec la vaccination que l’incompétence des décideurs se dévoile de la manière la plus évidente. Manque d’anticipation, réticences idéologiques, incompréhension des enjeux et incapacité de formaliser une organisation dans l’urgence. Face au manque de doses en Europe, on a entendu la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen faire le constat que « l’industrie ne suit pas le rythme de la science ». Vraiment ? Ne serait-ce pas plutôt la politique qui ne suit ni le rythme de la science, ni celui de l’industrie ? Et que faut-il penser de l’administration française, pourtant au bénéfice de l’un des fiscs les plus confiscatoires au monde, obligée de se tourner vers le consultant Mc Kinsey pour lui demander d’organiser sa campagne de vaccination ? Comment interpréter, dans certains cantons suisses, les réticences idéologiques à l’égard des cliniques privées, écartées du système de soin public saturé ?

 

Les limites de la démocratie représentative

“Plus de prohibition, plus de couvre-feu, laissez-nous travailler” : quelques-unes des revendications des travailleurs des secteurs de la culture et du tourisme à Medellin… et dans le monde entier.

Hormis la dimension idéologique, il n’y a probablement pas de mauvaises intentions chez ces décideurs dépassés par la difficulté de la situation. Nous vivons dans un monde passionnant certes, mais dont les problèmes, devenus si complexes, réclament la convocation de compétences hors du commun. A ce jeu-là, nous avons également déjà vu que les vieilles démocraties sont très sérieusement challengées par le changement de paradigme lié à l’économie de la connaissance. Sur quoi, sur quel savoir, un « économiste », propulsé de l’Université à la politique sans passer par la case travail, une sociologue qui suit le même parcours, un vigneron ou un avocat spécialisé dans les divorces peut-il fonder son jugement lorsqu’il se trouve face aux avis d’experts-conseils non dénués d’intérêts personnels ou sectoriels ? La question se pose.

Les campagnes électorales actuelles fournissent l’occasion de sonder la composition de la base des partis. Il est intéressant de constater par exemple que la liste du parti largement majoritaire d’une « grande » ville romande est formé de plus de 60% de fonctionnaires ou de retraités de la fonction publique auxquels s’ajoutent une bonne proportion d’employés du… parti lui-même. Peut-on compter sur leur vision quant aux prochains grands enjeux : transhumanisme, liberté d’expression, résistance aux antibiotiques, terrorisme nucléaire, énergies, climat pour ne citer que les problèmes les plus évidents ? Si on en doute, alors peut-être est-il temps de songer à plus de démocratie directe et moins de représentation.

 

Attention aux agendas cachés

L’interdiction de se déplacer a été la plus liberticides de toutes les mesures sanitaires. Hors confinement, ce sont les voyages que l’on cherche à condamner avec des incitations négatives. CHF 169.- pour un test PCR de voyage (auquel le douanier ou l’employé du check-in jette un bref coup d’œil et que l’on trouve au marché noir) représentent une majoration de CHF 32.- par rapport au même test lorsqu’il est destiné au dépistage. A tel point que les employés de l’hôpital qui encaissent ces tarifs en sont ouvertement honteux.

Dans l’indignité, l’interdiction faite aux citoyens suisses de rentrer chez eux s’ils ne présentent pas un test négatif pousse la limite à un point inégalé jusque-là.  La quarantaine hôtelière au retour et aux frais des citoyens imposée par Justin Trudeau aux Canadiens qui vont chercher le soleil et la chaleur est du même ordre. En fermant la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern a détruit la plus grande partie d’une industrie touristique qui crée de la valeur pour environ 20% du PIB du pays. Cela ne l’empêche pas de rester l’égérie des médias mainstream. Femme, jeune, attractive, de gauche : une figure parfaite de la bien-pensance contemporaine.

Il conviendra d’être très attentif à ce que les décideurs ne profitent pas de cette situation d’interdiction, motivée par la pandémie, pour transformer ces mesures en nouvelles normes sous l’influence des prophètes de l’Apocalypse verte. C’est l’industrie de l’aviation, de l’hôtellerie, mais aussi les Universités (qui dépendent beaucoup des échanges internationaux de cerveaux) et finalement la possibilité de s’enrichir culturellement et intellectuellement à la découverte de l’Autre qui seront en grave danger.

Rester attentif. Au besoin, désobéir… Et développer une économie «informelle» à la manière des Colombiens ?

 

 

 

Christian Jacot-Descombes

Christian Jacot-Descombes a exercé successivement les métiers de chauffeur de taxi, neuropsychologue, animateur et journaliste de radio, journaliste de presse écrite et responsable de la communication d’une grande entreprise. Il voyage beaucoup parce qu’il pense que ça ouvre l’esprit et aussi parce que ses différentes expériences professionnelles lui ont démontré qu’il vaut toujours mieux voir par soi-même.

53 réponses à “Pourquoi il faut se préparer à désobéir

  1. Monsieur Jacot-Descombes,
    Je vous félicite pour avoir le courage de livrer le chiffre hallucinant, que j’ai aussi eu l’occasion d’avancer à plusieurs reprises pour questionner l’efficience de notre système de santé + la gouvernance de notre pays : “Le CHUV, mais on pourrait aussi citer les HUG ou l’Hôpital du VS, occupe plus de 12’000 personnes et sature avec 35 personnes aux soins intensifs !?!” Et par conséquence, on met toute l’économie du pays à l’arrêt, entraînant la ruine d’un très grand nombre de petits entrepreneurs, une perte de revenus importante pour beaucoup d’employés du secteur privé, et au final, une grave crise économique dont le pays mettra 1 à 2 décennies à se remettre. Quelles seront les conséquences à long terme de cette gabegie totale ?

    1. Merci ! En effet, comme vous, je crains que les conséquences de ces décisions soient d’autant plus graves qu’elles ne toucheront que très peu ceux qui les prennent. Peut-être que la politique gagnerait à ce que les créateurs de valeur s’y intéressent un peu plus.

  2. Si vous n’appréciez pas le discours scientifique autour de l’urgence climatique et toutes leurs alertes lancées pour nous inciter à changer nos modes de vie non durable, peut-être se poser au moins la question de l’avenir de l’aviation, qui est un sous-produit du pétrole. Si le tourisme local est résilient, le tourisme international ne l’est pas, et totalement dépendant du pétrole bon marché, qui s’épuise.
    Ce n’est pas le moment de défendre un secteur condamné et une technologie zombie (le moteur à réaction et son rendement catastrophique).
    Chacun pourra s’intéresser aussi aux opinions des professionnels de l’aviation et des motorisations pour évaluer la faisabilité des avions de transport de masse électriques ou à hydrogène d’ici 2050 : quasi nulle. Un secteur bien trop énergivore pour passer ces prochaines décennies sans une très forte contraction.
    Accessoirement c’est bien l’aviation qui a répandu cette pandémie d’un continent à l’autre, qu’elle ne se plaigne pas des conséquences.

    1. L’idéologie (en l’occurrence celle de l’écologie politique et de ses gretorquemada modernes) comme l’anonymat n’apportent rien au débat.

      1. Je n’ai jamais compris en quoi l’anonymat posait problème dans les débats (en ligne). J’utilise ici un prénom et un nom, mais qu’est-ce qui vous prouve qu’il s’agit bien de mes vrais nom et prénom? Et qu’est-ce que cela changerait si mes prénom et nom étaient faux (ou réels)? Est-ce que ça rend les idées partagées moins légitimes sous prétexte qu’elles sont défendues par quelqu’un de “lâche”, qui n’assumerait pas ses propos jusqu’au bout? (Et si la réponse à cette dernière question est “oui”, en quoi l’anonymat prouverait-il que la personne est lâche? Qui dit qu’elle n’a simplement pas envie de subir des représailles/insultes en ligne en raison de ses opinions, puisque ces représailles/insultes sont légion sur les réseaux sociaux?)

        J’ai l’impression que l’affirmation “l’anonymat n’apporte rien au débat” n’est qu’une excuse pour éviter de répondre aux arguments présentés par ce “Skid”. Pour ce qui est de l’idéologie, on pourrait en discuter (même si on pourrait aussi, peut-être, vous le reprocher), mais pour ce qui est de l’anonymat… J’ai un peu de peine à comprendre. Tout élément de réponse serait le bienvenu.

        1. Je vous remercie de votre aimable message.
          L’anonymat n’est pas un problème en soi. Je réponds d’ailleurs volontiers aux commentaires anonymes. Il se trouve que j’accorde plus de valeur aux opinions assumées. De plus, de nos jours, il se trouve que le “d’où tu parles” a une certaine importance. Pour le reste, il est vrai que je n’entre pas en matière sur des propos consternants tels que “c’est bien l’aviation qui a répandu cette pandémie d’un continent à l’autre, qu’elle ne se plaigne pas des conséquences”.

    2. Raisonnement stupide. Désolé.
      L’avion pollue de moins en moins et les avions à hydrogène ou autre sont pour bientôt. Une étude de l’UNIL ( magazine Allez savoir ) a démontré que tous les systèmes liés à l’informatique ou à la téléphonie mobile sont plus énergivores que les avions …

  3. Gnagnagna j’ai été chauffeur de taxi et neuropsychologue comme je suis fort je suis un vrai gars de la rue et en plus je suis trés zintelligent hihihi
    Et en plus j’ai pas peur de désobéir je suis un véritable guerillero et je vous previens je n’aurai pas peur de passer à l’action pour pouvoir retourner faire la tournée du gaultmillau avec bobonne

  4. Bonjour Christian, je vous ai lu attentivement, avec une certaine curiosité même, jusqu’au passage où vous mentionnez “l’Apocalypse verte”, bien que mes yeux aient louché aussi un peu plus haut lorsque vous décrivez Jacinda Ardern comme une “femme, jeune, attractive, de gauche”, pourquoi s’attarder sur ces caractéristiques plutôt que sur ses actions ?
    Et puis, en rafraichissant la page j’ai découvert votre réponse ci-haut au commentaire de SKID, qui au delà du fait qu’il m’ait écœuré (gretorquemada ?!), confirme bien votre intention cachée derrière l’usage du terme absolument ridicule d'”Apocalypse verte” ainsi que le ton de votre tribune prenant de plus en plus des airs d’élucubration philosophique de comptoir aux relents de lendemain difficile.
    Si d’après vous la politique ne suit pas le rythme de la science ni de l’industrie, je me demande sérieusement quel rythme vous suivez si ce n’est celui du patriarcat repus, assis sur ses privilèges.
    Comment pouvez-vous encourager le besoin de désobéissance civile à l’encontre des institutions derrière un semblant d’idéologie libertarienne tout en insultant au passage des combats aussi essentiels tels que la sauvegarde de l’environnement et le féminisme en quelques lignes ?
    Internet permet à tout un chacun de s’exprimer mais s’il-vous-plaît évitons d’écrire n’importe quoi, ou alors gardons cela pour nos statuts Facebook qui auront au moins le mérite d’amuser la galerie.

      1. Merci pour votre réponse qui n’apporte aucun élément de réponse (sic) mais qui a au moins le mérite de pouvoir se laisser interpréter comme un aveux.
        En effet vous n’échappez pas à ces clichés, j’y vois là comme une lueur de clairvoyance de votre côté.
        En espérant que votre prochain cliché aura le mérite d’être un peu plus éclairé et votre argumentaire mieux défendu!

  5. Nous nous réjouissons tous de vous voir prendre les commandes en ce qui concerne la pandémie, et en particulier l’écologie… Dommage que vous ne puissiez pas expliquer votre position disons dans une quarantaine ou une cinquantaines d’années. Avec vous, c’est un peu comme “après nous le déluge”…Vous déblatérez, c’est tout. Facile comme position !

  6. Merci pour ces lignes, enfin une réflexion digne de ce nom. La presse romande, sauf peut-être l’Illustré qui surprend par ses interviews courageuses, est plutôt frileuse en ces temps de pandémie. Dommage que votre article soit «confiné » au blog. Il mériterait d’être surclassé en éditorial….

    1. Merci ! Oui, vous avez raison, l’Illustré connaît une nouvelle vie depuis l’arrivée de son nouveau rédacteur-en-chef

  7. Je me joins à ceux qui vous disent bravo Mr pour votre article. Je suis tout comme vous très sceptique quant à l’intelligence opérationnelle de nos responsables politiciens qui n’ont hélas montré leur incapacité à gérer des situations d’urgence d’une manière cohérente et responsable. Ça va de la fermeture des restaurants, salle de gym et j’en passe, quarantaine alors que le test est négatif, et le plus incroyable de tout c’est leur manque de se remettre en question car les consequences de leurs décisions ne sont pas de leur fautes mais plutôt de la faute du virus. En parlant avec des petits commerçants qui se trouvent vraiment étouffés économiquement à cause de ces mesures insensées, et dont certains ont reçu des aides dérisoires voir de “foutage de G…” 1000 frs pour 3 mois.

  8. Tout y est: anti-expert anti-fonctionnaire, anti-politique… Le petit précis complet du complotiste moyen! Quand vous voit si savant et si intelligent, cher monsieur, on se demande pourquoi vous n’êtes pas directeur du CHUV et PDG de Novartis et, pourquoi pas, conseiller fédéral! Ah non, j’oubliais, vous êtes avant tout spécialiste du décolleté…

    1. Vous oubliez anti-écolo et anti-féministe, (si l’on en croit un des vos co-commentateurs). Quant au décolleté, merci du compliment mais, en réalité, je débute…

      1. Ah ! Pour oser mettre en tête de votre «article» la photo que vous y avez placée, il faut n’avoir pas compris grand-chose à l’évolution récente de la société. Avant de pondre votre prochain texte sur la néo-censure, la «canceled culture» et la liberté d’expression, demandez peut-être rédacteur en chef du Temps ce qu’il en pense… Mais persévérez, il ne fait pas de doute que vous entrerez dans le nouveau dictionnaire des idées reçues.

    2. Triste réaction, cela doit être très dur de détenir la vérité.
      Je pense que Monsieur Jacot-Descombes, n’a pas assez d’orgueil, de vanité et d’appuis politiques pour occuper les places que vous citez.
      Peut-être que vous avez les compétences nécessaires pour les postes que vous mentionnez 😂

  9. Bravo, cher confrère, pour cette réflexion inspirée…mais quand même teintée de populisme. Je partage votre analyse sur les blocages administratifs et les insuffisances des hôpitaux universitaires. Mais je reste un peu sceptique lorsque vous évoquez des “agendas cachés”. Quant à votre appel à imiter la Colombie et son “économie cachée”, je m’interroge : êtes-vous favorable à une Suisse, patrie des narcos-trafiquants, comme la Colombie dont un quart du budget sert à rembourser la dette, la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne ?

    1. Merci Marc. Pas d’appel à imiter la Colombie (sinon pour le sens de la fête). Le ? qui termine la phrase aurait plutôt tendance à suggérer le danger de glisser dans une économie informelle.

  10. On a les dirigeants que l’on mérite… Désobéir n’est pas constructif. Pourquoi ne pas appeler les gens à plus s’impliquer dans la vie politique et civique, à élire des représentants plus capables, qui auront à cœur de vraiment régler les problèmes auxquels nous faisons face? Ce n’est pas quand on a déjà fait dans ses culottes qu’il faut serrer les fesses.

    1. Force est de constater que la politique est désertée par les talents. Peut-être que la gravité de la situation entraînera une prise de conscience et ramènera les compétences qui s’en sont écartées, souvent par dépit. Je n’y crois pas vraiment, c’est pourquoi je pense que nous devrions creuser et approfondir ce qui nous réussit le mieux depuis plus de 700 ans: la démocratie directe.

  11. Je comprends et salue la réflexion autour d’une crise inhabituelle. La critique est nécessaire et permet de remettre en cause des manquements du système. Il est par contre maladroit de mélanger les arguments de “faillite” du système comme présenté dans ce papier avec des réflexions politiques.

    Je ne comprends par exemple pas le commentaire concernant le système soi-disant débordé par 35 patients. Si l’on prend la courbe genevoise des hospitalisation, le pic de deuxième vague a atteint 600 patients. N’importe qui ayant côtoyé un hôpital se rend bien compte qu’aucun système de santé ne sort indemne d’un taux d’hospitalisation aussi élevé tout en essayant de traiter de la meilleur manière possible les autre pathologies (AVC, infarctus, accident de la route mais aussi pneumonie, dialyse, diabète etc…).

    Pour enrichir le propos sur vos prochaines chroniques, je vous conseille de lire l’article dans le bulletin de l’OFSP n°50 sur les hospitalisations dû au Covid en Suisse (publié avant le pic de la 2ème vague) pour être un peu plus au clair à quoi le système de santé est confronté: 13.5% de mortalité dans les hospitalisés, âge médian des hospitalisés: 63-69ans.

    Vous comprendrez donc bien que c’est une épidémie qui ne touche pas qu’une population très âgée et fragile mais un pan très important de la population que l’ont peu pas simplement “isoler”.

    1. Merci de vos conseils.
      Je m’étonne simplement que :
      1) une institution au budget quasi double milliardaire sature avec 35 patients aux soins intensifs.
      2) cette même institution se trouve dans cette situation en mars 2020 puis, à nouveau en janvier 2021 dans les mêmes proportions. Sans que rien n’ait été entrepris manifestement pour pallier la saturation.

      1. Il me semble que beaucoup a été fait mais malheureusement on ne crée pas des unités de soins intensifs, intermédiaires ou des étages de médecine avec une qualité des soins et du personnel certifiés en quelques mois. La vision ultra-libérale de la santé et de la rentabilité de l’hôpital est passé par là est même avec plus d’1 mrd de budget il n’y a pas de réserve pour une pandémie.
        (à la différence d’un accident de bus qui mobilise beaucoup de ressources mais sur une période courte)

          1. Comparaison foireuse. Un soignant ne se fabrique pas à la chaîne. Nous ne sommes pas dans “Le Meilleur des Mondes”

            La deuxième vague a été plutôt un problème humain que materiel. On a augmenté les capacités et le matériel a suivi.

  12. En effet, on peut se demander comment il est possible qu’un pays qui dépense en 2019 12.1% de son PIB – faisant d’elle le deuxième pays de l’OCDE qui dépense le plus pour sa santé (source : https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=SHA&lang=fr#) – puisse se retrouver en mars 2020 avec quasiment aucun masque, pas de test et encore moins de médicament ou de vaccin. Où passe l’argent ponctionné aux assurés/contribuables que nous sommes pour arriver à cette situation ? A quel moment le mimétisme – si cher au mime Marceau – va cesser d’être une politique. Qu’en est-il de la prévention, du recyclage des molècules anciennes et pas chers, du traitement et de l’isolement d’uniquement des personnes malades afin qu’elles ne contaminent pas leur entourage ? quand est-ce que les autorités vont daigner analyser ce qui s’est fait en Corée du Sud, à Taiwan, à Hong Kong et à Singapour ?

  13. En citant l’Afrique du Sud, l’Argentine et la Colombie, tous des as de la corruption, c’est la clé du travail informel, cher Jacques.

    Enfin, content pour vous que vous puissiez à nouveau voyager, il parait que la Colombie a les plus belles femmes après le Vénézuela 🙂
    Abrazos

    P.S. faites quand même attention, une amie suisse y a disparu et personne n’a plus jamais eu de ses nouvelles!

  14. D’un certain point de vue c’est le chaos mais à Lausanne, tout le contraire. Oui ! je sors du CHUV ou j’ai été, questionné, re-questionné, conseillé, accompagné, rassuré, piqué d’une aiguille fine dans un cagibi sans âme puis parqué dans une cellule de plexiglas pour une méditation de 15min, avant d’être prié, de sortir sans omettre de passer devant le dernier collaborateur spécialiste du clavier/souris. 9 (neuf) intervenants pour enfin recevoir, en 4 secondes, 5 ml de Moderna. J’ai suivi les points rouges disposés sur le sol (de peur que je m’égare dans un couloir ?) j’ai reçu de la main experte d’une charmante dame, après qu’elle eut pressé sur un bouton, un numéro qui, dans la salle suivante, est apparu sur un grand panneau disposé sur le mur blanc. (Du « propre en ordre quoi !) Ceci justifie les 12’ooo spécialistes de l’institution et les coûts de la santé en Suisse. A part cela, et pour reprendre le chemin tortueux du blog fourre-tout, ma question : Est-ce que « L’économie de la connaissance » est de considérer que tous les décideurs, devant des choix difficiles, sont des c.. ?
    Pour le reste, je l’ai déjà dit, Monsieur Christian Jacot-Descombes est un bon photographe.

  15. Dans le fond, ce Monsieur Jacot-Descombes, est un lobbyiste.

    Il me semblait que vous étiez un bohémien voyageur.
    Mais non, vous travaillez pour quel GAFAMM?

    Et expliquez-nous par quel miracle, vous seriez en Colombie????
    …. pfff

  16. Voir le nombre de moutons qui bêlent dès qu’un article est quelque peu différent de la propagande officielle est consternant… heureusement je m’aperçois de plus en plus que la majorité silencieuse se réveille et, même si ça n’apparaît pas encore au grand jour (les médias trient bien ce qui doit sortir et ce qui doit être caché et censuré le plus longtemps possible), oui, le peuple se rebelle gentiment mais sûrement en se réinformant correctement petit à petit, après des décennies de désinformation ciblée.

    M. Jacot-Descombes, beaucoup de gens (probablement la majorité mais difficile de savoir vu la censure permanente) pensent tout bas ce que vous dites tout haut, simplement la “cancel culture” et “bienpensance” modernes les empêchent de le dire et de le vivre, du moins pour le moment.

    Bravo à vous et merci pour ces articles !

  17. Monsieur Jacot-Descombes,
    Je vous appréciais déjà comme journaliste à la RTS. Je constate avec plaisir que vous avez gardé votre esprit acéré, votre grande humanité, votre solide dose de bon sens et surtout le courage de les exprimer.
    Je vous en remercie chaleureusement…

    1. Quelle mémoire ! Merci beaucoup de votre message. J’ai été ravi de lire aujourd’hui les raisons de la démission de Marcel Salathé de la Task Force au motif de l’incompétence des Autorités. “Je le vois au niveau politique: il y a un immense déficit de compétence au niveau des décideurs, que ce soit à l’échelle fédérale, cantonale ou communale.” dit sa collègue co-fondatrice de CH++, une initiative dont le but est de “créer des bases décisionnelles nécessaires aux prises de décision démocratiques éclairées”. Le bon sens finira-t-il par triompher ? En tous cas, il émerge de plusieurs sources. Rassurant.

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