Internet et risque suicidaire : des liaisons dangereuses ?

Les nouvelles technologies numériques sont régulièrement pointées du doigt pour les effets néfastes qu’elles auraient sur la santé mentale. Source de mal-être et de harcèlement ou outil pour l’entraide et le self-care ? Léonore Dupanloup, chargée de prévention média à STOP SUICIDE, vous propose un tour d’horizon des connaissances sur ce sujet.

 

Le numérique au service du self-care

Un des principaux bénéfices d’internet pour la prévention du suicide est le grand potentiel de visibilité et d’accessibilité qu’offre cette technologie. Les acteurs de la prévention se sont saisis de cet outil, et il est désormais facile de diffuser et de trouver sur internet des informations sur les ressources d’aide et les signaux pour repérer une crise suicidaire, ou encore des conseils pour agir. Autant d’éléments qui sont utiles pour la prévention car ils permettent aux personnes concernées et à leurs proches de trouver des pistes de solution (1).

Les nouvelles technologies sont également de plus en plus exploitées dans le domaine du soin, de la prise en charge des personnes en crise, et plus généralement du self-care (littéralement, le fait de prendre soin de soi et de sa santé). De nombreuses applications sont développées pour rester en contact avec son médecin, établir un plan d’urgence en cas de crise, ou pratiquer des exercices permettant de les prévenir (1).

Un autre grand avantage du web est de permettre aux gens de se connecter entre eux, de se réunir en communauté via les forums et les réseaux sociaux. Cela offre la possibilité de développer des relations, d’échanger avec des personnes confrontées aux mêmes difficultés, de recevoir des conseils, du soutien et de l’empathie qu’il est parfois difficile de trouver dans son entourage direct, par gêne ou par peur de l’incompréhension et du rejet (2).

L’anonymat de la navigation sur le web est aussi bénéfique, car il est souvent difficile de parler ouvertement de ses pensées suicidaires en face-à-face ou même par téléphone. Derrière l’écran de l’ordinateur, on peut se sentir plus à l’aise pour chercher de l’aide pour cette situation encore très taboue et stigmatisée.

 

Risques et dérives incitatives d’internet

Mais d’autres aspects d’internet constituent un réel risque pour la prévention du suicide. Plate-forme de communication pratiquement libre de tout contrôle, le web ouvre l’accès à des contenus à risque. Tout comme dans les médias « traditionnels », les articles, photos et vidéos relatant des suicides sur le web peuvent avoir un effet incitatif (dit effet Werther), notamment s’ils présentent de manière explicite une méthode de suicide, si la mise en scène est sensationnaliste ou si le suicide est glorifié. C’est le cas par exemple lorsque des applications comme Facebook Live ou Periscope sont utilisées pour diffuser en direct des suicides ou des tentatives de suicide.

Les nouveaux outils numériques peuvent également être utilisés dans un but malintentionné, pour du chantage ou du harcèlement (1). Récemment, on a aussi vu apparaître sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées des « challenges » dont l’objectif est de nuire à la santé mentale et physique des participants, voire de les pousser au suicide. Difficile pour le moment de savoir si des décès sont effectivement liés à ces « défis », mais le phénomène inquiète les parents d’adolescents, principales cibles de ces actions malveillantes.

Les sites « pro-suicide » et certains forums de discussion sur ce sujet posent également problème, car ils permettent aux internautes de trouver et de s’échanger des informations sur des méthodes de suicide, d’encourager des comportements à risque, voire parfois de former un « pacte suicidaire » (2). Autre aspect problématique, celui du commerce en ligne qui élargit les facilités d’accès à des moyens de suicide.

 

 

Doit-on craindre le pire ?

Faut-il donc s’alarmer face à ce constat ? Va-t-on voir le taux de suicide augmenter dramatiquement avec les développements futurs des technologies de la communication ? Les conclusions des chercheurs sont partagées.

Certaines études associent l’usage d’internet relatif au suicide avec une baisse des pensées suicidaires. Mais elles rappellent également que la réaction d’un individu dépend de facteurs propres à chacun. Un même contenu aura une influence différente selon la façon dont il est perçu.

Rappelons à ce titre que les personnes en crise suicidaire sont elles-mêmes particulièrement ambivalentes, partagées entre le désir de mettre fin à leurs souffrances et leur besoin de vivre. Dans cette situation, il est fréquent qu’elles visitent à la fois des sites préventifs et des sites incitatifs. Une étude britannique (3), qui a interrogé des survivants d’une tentative de suicide sur les sources d’information employées pour définir leur méthode, a montré qu’internet était cité dans près de 60% des cas.

D’autres recherches montrent que le risque potentiel surpasse généralement le bénéfice potentiel (1). Face à cela, il convient donc de penser en priorité aux personnes les plus vulnérables, et mettre en place des mesures préventives adéquates.

 

Les géants du web dans la prévention du suicide

Les sites de prévention du suicide ont un avantage majeur sur les sites « incitatifs » : plus inter-connectés, renvoyant à plus de liens externes, ils sont mieux référencés par les moteurs de recherche et apparaissent en meilleure position dans les résultats (1). Malgré cela, il reste facile de trouver des informations potentiellement incitatives, notamment sur les méthodes de suicide.

Ces dernières années les acteurs du web ont mis en place des outils pour protéger les internautes. Par exemple, Google affiche en priorité les ressources d’aide, même lorsque la recherche porte sur des méthodes de suicide. Facebook permet désormais de signaler les contenus à caractère suicidaire et propose différents moyens d’aider l’utilisateur concerné. La plateforme a également mis en place dans certains pays un système permettant de repérer automatiquement ces contenus pour empêcher leur diffusion et contacter les services d’urgence.

Au-delà de l’autorégulation, une autre approche pour limiter l’accès à des sites pro-suicide consiste à intervenir au niveau légal. Certains pays, comme l’Australie, ont rendu illégal le fait d’utiliser le net pour promouvoir le suicide ou diffuser des détails pratiques à ce sujet et peuvent ainsi plus facilement faire fermer ces sites. Mais cela demande une délicate pesée d’intérêt entre la liberté d’expression et la protection de l’individu. (4)

 

Depuis 2011, STOP SUICIDE sensibilise les journalistes aux enjeux de la médiatisation du suicide, avec pour objectif de diffuser des informations de nature à prévenir le suicide plutôt que d’y inciter. Rencontres avec les rédactions, interventions dans les formations en journalisme, conseils pour la rédaction, veille médiatique et réactions en cas de publication problématique, sont les principales actions mises en oeuvre dans ce but.

Pour en savoir plus sur la prévention du suicide par les médias, n’hésitez pas à consulter les Pages presse du site de STOP SUICIDE.

 

 


Références

  • Pirkis, J., Mok, K., Robinson, J. Suicide and Newer Media : The Good, the Bad, and the Googly. In : Media and Suicide : International Perspectives on Research, Theory, and Policy, Niederkrotenthaler, T., Stack, S. (ed). Transaction Publishers. 2017.
  • Daine K., Hawton K., Singaravelu V., Stewart A., Simkin S., Montgomery, P. The Power of the Web: A Systematic Review of Studies of the Influence of the Internet on Self-Harm and Suicide in Young People. PLoS ONE. 2013 ; 8(10): e77555.
  • Biddle, L., Gunnell, D., Owen-Smith A., Potokar, J., Longson D., Hawton K., Kapur N., Donovan, J. Information sources used by the suicidal to inform choice of method. Journal of Affective Disorders. 2012 ; 136 : 702-709.
  • Biddle, L., Donovan, J.E., Hawton, K., Kapur, N., Gunnell, D. Suicide and the internet. British Medical Journal. 2008 ; 336 : 800-802

Briser le tabou avec les jeunes : les ateliers de STOP SUICIDE

Dans cet article, je vous propose de faire la connaissance des deux chargé.e.s de projet à STOP SUICIDE qui vont à la rencontre des jeunes, partout en Suisse romande, pour parler avec eux du suicide. En quoi consiste leur travail ? Comment abordent-ils nos enfants, adolescents et jeunes adultes ? Quelles sont les réactions qu’ils récoltent ? Tour d’horizon dans cet entretien !

 

Neslie et Abbas, bonjour ! Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

  • Neslie : Je m’appelle Neslie Nsingi. J’ai intégré l’équipe de STOP SUICIDE en octobre 2017 après avoir terminé un master en socioéconomie. Au sein de l’association, je suis chargée des interventions en milieu scolaire, dans les hautes écoles et les universités. Je m’occupe également de l’organisation des modules de sensibilisation destinés aux encadrant.e.s de jeunes.

 

  • Abbas : Je suis Abbas Kanani, j’ai 27 ans et je travaille pour STOP SUICIDE depuis octobre 2017 en tant que chargé de prévention. Je me suis orienté dans le domaine de la prévention du suicide à la suite de mon master en psychologie clinique et sociale. Je suis en charge des interventions dans le milieu extra-scolaire, c’est-à-dire dans les semestres de motivation, foyers, maisons de quartier, écoles professionnelles et autres associations.

 

 

Comment se déroulent vos ateliers ? 

  • Abbas et Neslie : Un atelier se divise en trois parties : on commence par un tour de table pour que tous les participant.e.s se présentent. Ensuite, on déconstruit quelques “mythes” sur le suicide. Les jeunes peuvent donner leur point de vue, et nous expliquons la position de la prévention vis-à-vis de ces idées reçues.
    Puis, les jeunes travaillent ensuite par groupe sur plusieurs situations en lien avec le risque suicidaire : harcèlement, insultes sur les réseaux sociaux, coming out et pensées suicidaires. On leur propose de réfléchir ensemble sur ce qu’ils feraient pour un.e ami.e dans cette situation : quelles émotions ressentiraient-ils ? Comment pourraient-ils agir ? Quelles personnes de leur entourage mobiliser ?
    Enfin, on termine l’atelier en présentant des ressources d’aide auxquelles les jeunes peuvent faire appel. L’objectif est de faire connaître les services d’écoute comme la ligne Conseil + Aide 147 de Pro Juventute et les institutions qui proposent une prise en charge comme les urgences psys ou l’unité pour adolescent.e.s Malatavie à Genève. L’atelier est toujours préparé en amont avec les responsables de l’institution. Le jour de l’atelier, nous sommes toujours accompagné.e.s par un.e psychologue qui est là pour discuter avec les jeunes en cas de besoin durant ou à la fin de l’atelier.

 

Abbas et Neslie consultent la BD “Les Autres”, créée avec le dessinateur genevois Kalonji pour promouvoir la santé mentale et le bien-être des jeunes.

 

Comment faites-vous pour susciter l’attention des jeunes ?

  • Abbas : Le niveau d’attention dépend non seulement du contenu de l’atelier mais aussi de notre capacité à cibler la réalité à laquelle les jeunes sont confrontés. On peut s’en rendre compte au moment des présentations, quand on demande aux jeunes de partager un de leurs rêves. Ils et elles mettent en avant leurs centres d’intérêt, mais également leurs cercles d’amis, leurs futurs voyages, leurs prochaines sorties ou encore leur quotidien. Durant les ateliers, l’enjeu est de rebondir sur ces informations afin de créer des exemples pertinents pour eux.
  • Neslie : Dès le début de l’atelier, nous essayons de les impliquer, de les faire participer le plus possible. Nous essayons de susciter le débat en les interpellant directement.

 

A quelles réactions êtes-vous confronté.e.s lors de vos ateliers avec les jeunes ? Les

 jeunes sont-ils réceptifs à ce sujet qui est lourd ?

  • Neslie : Je pense que de nombreuses personnes seraient étonnées de la facilité avec laquelle les jeunes abordent cette thématique. S’ils.elles n’y ont heureusement pas tous été confronté.e.s, les jeunes ont souvent des opinions sur la question du suicide, et les occasions de les exprimer sont rares. En leur ouvrant cet espace de discussion, on peut ainsi aborder le sujet librement dans un climat bienveillant. Cela leur permet parfois de reconsidérer leurs points de vue.
  • Abbas : Les jeunes sont plutôt étonné.e.s de voir d’autres jeunes, comme nous, leur parler de ce thème. Ils sont habitué.e.s à voir des intervenant.e.s plus âgé.e.s et sont donc plutôt surpris de notre venue. Notre âge est un facteur qui facilite le dialogue. Ils.elles affirment souvent s’être senti.e.s davantage compris.e.s et proches de nous que lors d’autres séances de prévention. Une fois les présentations terminées, les jeunes sont très ouvert.e.s à aborder la thématique du suicide. En général, ils.elles sont très engagé.e.s dans les moments de débats et donnent volontiers leur avis quand nous déconstruisons les idées reçues sur le suicide.


Les jeunes abordent-ils ce sujet sans peur ou au contraire parler du suicide reste-il toujours aussi tabou ?

  • Neslie : Je n’ai jamais constaté de peur. Une fois que le sujet est lancé, le tabou est levé et les jeunes parlent librement. Par contre, il arrive que des jeunes soient concerné.e.s de manière plus ou moins directe par le suicide, et se sentent mal à l’aise. Dans ce cas, ils.elles n’ont aucune obligation de poursuivre l’atelier : ils.elles sont libres de quitter la salle et peuvent alors s’entretenir de manière confidentielle avec le ou la psychologue accompagnant.e.
  • Abbas : Nous avons tous des a priori sur la manière dont ce type de sujets sera accueilli par les jeunes, mais en réalité c’est surtout une appréhension de la part des professionnel.le.s qui n’est pas partagée par les jeunes.

 

Quelles sont les réactions des institutions où vous intervenez (corps enseignant, directions, etc.) ?

  • Neslie : C’est assez varié. Il y a d’un côté, des personnes qui se sentent très investies sur la thématique et sont en faveur des actions de prévention. De l’autre, nous avons des réactions plus méfiantes, de personnes qui estiment parfois que ce n’est pas le rôle de l’école d’agir dans ce domaine.
  • Abbas : Les établissements qui nous connaissent déjà savent que nos ateliers sont ciblés sur la bienveillance et sur les façons de venir en aide à un.e ami.e qui n’irait pas bien. Il y a une façon de parler du suicide qui est délimitée par la prévention. Les écoles qui nous reçoivent n’hésitent par à renouveler l’expérience chaque année. À l’opposé, les établissements dans lesquels nous ne sommes pas encore intervenu.e.s sont parfois réfractaires à cette thématique et manifestent certaines idées reçues sur le suicide.

 

Quel moment vous a le plus marqué en atelier ?

  • Neslie : Dans une classe, les élèves étaient si bienveillant.e.s entre eux qu’ils ont applaudi un de leur camarade lorsqu’il a raconté son rêve. Ils et elles ont aussi enlacé une autre élève qui avait elle-même été concernée par la thématique.
  • Abbas : Touchée par nos actions, une jeune a demandé à faire un stage au sein de notre association. L’intervention l’a motivée à s’orienter dans la prévention.

 

J’imagine que vous êtes aussi confronté.e.s à des moments plus durs…

  • Neslie : Les jeunes partagent souvent des choses très personnelles lors des ateliers. Le moment le plus dur que j’ai connu, c’est lorsqu’une jeune a témoigné devant sa classe en expliquant qu’elle n’avait pas pu aider un de ses proches, car elle n’avait pas osé parler des pensées suicidaires qu’on lui avait confiées.
  • Abbas : Pour les jeunes concernés par les idées suicidaires, notre atelier est parfois la première occasion qu’ils ont d’exprimer leur mal-être. C’est très touchant quand ils.elles nous confient les difficultés qu’ils.elles ont eu à en parler à leurs proches. Certaines fois, ils ne savent pas non plus qu’ils peuvent trouver de l’aide auprès de professionnel.le.s, dans ce cas, nous les orientons vers les ressources adaptées et nous assurons qu’ils sont pris en charge.

 

Quelles sont les sentiments et les émotions qui prédominent après vos interventions ?

  • Neslie : De la gratitude ! Les jeunes s’ouvrent à nous et à leur classe durant une heure et demie, grâce à la sensibilité de leurs encadrant.e.s à la thématique. De la satisfaction aussi d’avoir pu transmettre les messages de la prévention.
  • Abbas : On donne beaucoup d’énergie durant ces ateliers et on en reçoit énormément en retour. Après un atelier d’une heure et demie, je me sens personnellement épuisé, car il faut maintenir un niveau de concentration énorme. Les retours des jeunes nous encouragent et nous poussent à nous investir davantage pour cette cause. Je suis également fier de nos interventions. J’espère qu’elles aident ou au moins qu’elles donnent quelques clés aux participant.e.s pour aider d’autres jeunes.

 

 

Pour en savoir plus sur nos interventions auprès des jeunes

–> Si vous voulez plus d’informations sur nos ateliers : consultez notre page dédiée

–> Si vous voulez organiser un atelier dans votre établissement : contactez-nous

–> Si vous voulez voir à quoi ressemblent nos ateliers : lisez cet article de la Tribune de Genève ou visionnez le reportage d’Ensemble de la RTS ci-dessous :

 

 

 

 

 

La campagne romande contre le suicide est lancée !

C’est en ce 10 septembre, journée mondiale de prévention du suicide, que la campagne de sensibilisation et de prévention du suicide des jeunes est lancée en Suisse romande. Première cause de mortalité chez les jeunes dans notre pays, le suicide est un problème de santé publique majeur : pour y faire face, STOP SUICIDE, Pro Juventute, le canton de Zurich et les CFF ont uni leurs forces pour créer la première campagne de prévention du suicide des jeunes d’envergure nationale.

 

Donner la parole aux jeunes

L’objectif de cette campagne est de redonner la parole aux adolescents et jeunes adultes et de promouvoir l’entraide dont ils font preuve. Cinq jeunes ont accepté de témoigner sur la façon dont ils avaient aidé un proche en proie à des pensées suicidaires : comment ils ont repéré les signes de mal-être chez leur ami.e, lui ont proposé leur temps et leur écoute, et l’ont dirigé.e vers des ressources d’aide adaptées.

 

 

Pour écouter les témoignages de ces jeunes, repérez leurs portraits dans l’espace public romand : sur les affiches, un logo Shazam permet d’accéder directement à leur vidéo youtube. Dans celle-ci, ils expliquent comment ils ont soutenu leur ami.e. Ces vidéos sont également disponibles sur le site de Pro Juventute.

 

Des événements qui rassemblent les jeunes…

Dans ce même esprit de regroupement et de partage, STOP SUICIDE propose pour cette campagne romande une série d’événements qui encouragent les jeunes à bouger, se retrouver et s’exprimer. De nombreuses études montrent en effet l’impact positif du sport, de l’art et des activités socioculturelles sur le bien-être et la santé mentale.

Les événements sont organisés dans les lieux de sortie qu’ils fréquentent, en partenariat avec d’autres associations travaillant avec eux. Ne manquez pas les rendez-vous suivants, également ouverts au public adulte :

  • Soirée d’improvisation participative – Troubadours du Chaos.
    Jeudi 13 septembre, 18h, Maison de quartier Sous-Gare, Lausanne. 
  • Soirée d’improvisation participative – Troubadours du Chaos.
    Jeudi 27 septembre, 17h30, Salle du Pommier, Grand-Saconnex (GE).
  • Atelier et soirée Slam – Héros tanguant et Charlie les bons mots.
    Mercredi 18 octobre, 17h30 (atelier) et 19h30 (scène libre), Chat Noir club, Carouge (GE).
  • Soirée d’improvisation participative – Troubadours du Chaos.
    Jeudi 25 octobre, 18h30, La Case à Chocs, Neuchâtel.
  • Tournoi de volley amateur – Volley club de Lancy.
    Dimanche 4 novembre, toute la journée, salle omnisport du Petit-Lancy (GE).

 

…et des conférences pour leur entourage

D’autres événements sont également prévus à destination de l’entourage adulte, des parents et des proches. A ces occasions, différents intervenants experts de la question prendront la parole. Une table ronde tout-public suivra chacune des conférences :

  •  Conférence “Comment sortir du tabou et oser parler du suicide avec les jeunes ?”
    Mercredi 19 septembre, 19h, Salle polyvalente du Verneret, Chavornay (VD).
  • Conférence “Comment prévenir le suicide des jeunes ?”
    Jeudi 20 septembre, 20h, Club 44, La Chaux-de-Fonds (NE).

 

Ces petits flyers qui seront distribués tout au long de la campagne présentent les ressources d’aide spécifiques à chaque canton. Leur forme de téléphone symbolise le lien avec les proches à qui on peut faire appel en cas de problème.

 

Enfin, un #défiquidéfoule pour encourager nos jeunes à la bienveillance !

Toujours à la recherche de nouveaux moyens pour impliquer les jeunes dans la campagne, STOP SUICIDE surfe cette année sur la vague des challenges viraux lancés sur les réseaux sociaux. Sous le hashtag #défiquidéfoule, l’association propose aux internautes d’accomplir une série d’actions qui encouragent la convivialité et la bienveillance.

Pour promouvoir le challenge auprès des jeunes, STOP SUICIDE a fait appel à des personnalités populaires et influentes qui réaliseront elles-mêmes un défi et encourageront leurs fans à faire de même.

Vous en saurez davantage ces prochains jours en suivant, sur les réseaux sociaux, le duo Aliose, l’artiste Antoine Maulini, la youtubeuse Margaud Liseuse, la championne suisse de hip hop Idilsa Tavares, les humoristes Sandrine Viglino et Bruno et Noé Rey, jeune homme engagé dans un défi de taille : traverser seul l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande (1600 km en 48 jours !) pour récolter de l’argent pour la prévention du suicide des jeunes.

 

 

Envie d’en savoir plus ?

–> Visionner les témoignages des jeunes ici 

–> Téléchargez notre matériel de prévention ici

–> Retrouvez toutes nos actions de campagne ici 

–> Suivez les défis et les événements sur notre page Facebook

Pour se protéger contre le suicide, la bienveillance

Contrairement à ce qu’on pense parfois, le suicide n’est pas une fatalité contre laquelle nous serions totalement impuissant.e.s. Au contraire, il est possible d’agir en amont et de se prémunir contre les pensées et d’éventuelles crises suicidaires, qui peuvent toucher chacun.e d’entre nous dans des périodes de vie difficiles.

Le suicide, rappelons-le, n’est jamais dû à une seule cause : c’est un phénomène complexe et multifactoriel. C’est pourquoi il est possible de le prévenir en agissant sur ses multiples causes.

Il existe en effet des “facteurs de protection” qui nous rendent moins vulnérables à une crise suicidaire. Certains sont liés à notre personnalité elle-même, d’autres à notre environnement. Bien sûr, nous ne pouvons pas agir sur chacun d’entre eux : certains sont indépendants de notre volonté. Nous ne sommes pas égaux dans ce que nous avons reçu dans notre enfance; nous ne choisissons pas notre condition socio-économique ou notre orientation sexuelle.

En revanche, nous pouvons veiller à ce que les enfants, adolescent.e.s et élèves autour de nous soient sensibilisé.e.s et activent ces petits leviers de protection face au suicide. Même à l’âge adulte, ce sont des outils que nous pouvons entretenir toute notre vie, puisqu’ils sont liés à une bonne santé mentale et physique et à une bienveillance générale – envers soi-même et envers les autres.

 

Animation réalisée lors d’un atelier dans un cycle d’orientation à Genève : sur chaque feuille de cet arbre, les élèves ont écrit leurs “raisons d’aimer la vie”.
©Association STOP SUICIDE

Selon la littérature scientifique, les facteurs de protection face au suicide se regroupent en plusieurs catégories différentes. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive.

Caractéristiques personnelles

  • Un des plus importants facteurs de protection est une bonne estime de soi : le fait de se connaître et d’avoir confiance en soi, de se traiter avec indulgence et bienveillance, de se percevoir de façon positive;
  • La capacité à demander de l’aide quand on en a besoin;
  • La capacité à résoudre des problèmes et des conflits, à s’adapter aux différentes situations et à gérer son stress (on parle de stratégies de “coping”);
  • La capacité de se faire des amis et de s’intégrer dans un groupe;
  • Un bien-être psychologique et émotionnel général;
  • Un sentiment de sécurité.

Comportements individuels

  • Avoir une image positive de son corps; en prendre soin et le protéger;
  • Participer fréquemment à des activités sportives;
  • Faire des activités valorisantes.

Réseau social : la famille et les amis

  • Bénéficier d’un soutien familial, entretenir des relations harmonieuses avec sa famille et son entourage;
  • La stabilité et la disponibilité de son milieu familial;
  • L’ouverture au dialogue et aux différences dans son cercle familial et amical;
  • Avoir un réseau d’amis et un réseau social en général.

L’environnement : à l’école (pour les jeunes) et de façon générale

  • Bénéficier d’un environnement scolaire sécurisant (spécialement pour les jeunes gays, lesbiennes, bisexuel.le.s et transgenres);
  • Avoir des expériences scolaires positives;
  • Avoir un accès facile aux structures de soin pour les troubles mentaux et physiques, et les addictions;
  • Avoir un programme de prévention du suicide dans la communauté où on réside, avec des services cliniques efficaces;
  • Avoir du soutien quand on cherche de l’aide.

L’environnement : au moment de la crise suicidaire

Au moment de la crise suicidaire, d’autres facteurs de protection entrent également en ligne de compte. Les méthodes de protection suivantes ont fait leurs preuves :

  • Restreindre l’accès aux méthodes de suicide;
  • Réduire l’accès à l’alcool (le risque de suicide augmente dans certains cas lorsque la personne est en état d’ébriété).

 

Et enfin… la parole

Une autre façon, enfin, de protéger nos jeunes face au suicide est tout simplement d’en parler. On a craint pendant longtemps que le simple fait d’aborder le sujet donne des idées noires aux adolescent.e.s déjà fragiles. Encore aujourd’hui, les politiques ou les directions d’établissements scolaires peuvent être sceptiques face à l’idée qu’une discussion sur le suicide ait lieu avec des élèves. Or les études montrent que tout dépend de la façon dont la discussion est amenée : dans un cadre rassurant et interactif, parler du suicide a un effet préventif chez les jeunes.

Depuis sa création, l’association Stop Suicide va à la rencontre des jeunes dans les endroits où ils se trouvent : les foyers, les maisons de quartier, les semestres de motivation, les écoles. Ensemble, ils discutent des moyens de se protéger face au risque suicidaire, notamment avec les questions suivantes :

Comment avoir de la bienveillance envers soi-même ?

Comment en avoir envers les autres ?

Quelles sont les activités qui me font du bien, qui me ressourcent ?

Où vais-je chercher de l’aide quand j’en ai besoin ?

Quels sont les signes qui indiquent que je vais mal ? Ou que quelqu’un de mon entourage va mal ?

 

Animation réalisée lors d’un atelier dans un cycle d’orientation à Genève : en quoi t’engages-tu à être bienveillant ?
©Association STOP SUICIDE

Pour en savoir plus sur nos interventions auprès des jeunes

–> Si vous voulez plus d’informations sur nos ateliers : consultez notre page dédiée

–> Si vous voulez organiser un atelier dans votre établissement : contactez-nous

–> Si vous voulez voir à quoi ressemblent nos ateliers : lisez cet article de la Tribune de Genève ou visionnez le reportage d’Ensemble de la RTS ci-dessous :

 

 


Références

Dossier général d’information sur le suicide des jeunes : https://stopsuicide.ch/wp-content/uploads/2017/07/DOSSIER_INFO_SUICIDE_JEUNES_FINAL.pdf

Office fédéral de la santé publique (2005). « Le suicide et la prévention du suicide en Suisse, Rapport répondant au postulat Widmer (02.3251) »

Rapport de deux études européennes (Seyle et YAM) sur l’impact des interventions en milieu scolaire sur les élèves : https://stopsuicide.ch/wp-content/uploads/2017/07/160712_SEYLE_programme_YAM.pdf

https://www.preventionsuicide.be/fr/je-cherche-des-infos/facteurs-de-risque.html

https://www.aqiism.org/wp-content/uploads/2015/05/Aide-m%C3%A9moire_facteurs_risque_suicide_et_-protection.pdf

www.infosuicide.org

Comment parler de “13 Reasons Why” avec votre ado

Viol, harcèlement, suicide, exclusion, adolescents livrés à eux-mêmes et adultes défaillants : la deuxième saison de “13 Reasons Why” vient de sortir. Depuis sa création, la série à succès qui met en scène le difficile quotidien adolescent suscite de nombreuses inquiétudes – chez les parents comme chez certains professionnels de la santé – quant aux effets qu’elle pourrait avoir sur ses jeunes téléspectateurs.

La crainte d’imaginer son enfant regarder cette série alors qu’il pourrait être confronté aux mêmes problématiques est compréhensible. Et ce d’autant plus que la consommation de séries se fait, chez les adolescents et jeunes adultes, de façon solitaire et parfois compulsive, bien loin des soirées familiales autour de la télé d’autrefois, échappant de fait à tout contrôle parental.

 

Qu’en pensent les jeunes ?

Une étude1 a été réalisée suite à la première saison de “13 Reasons Why” auprès de 5400 adolescents, jeunes adultes et parents d’adolescents dans quatre pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Brésil et Nouvelle-Zélande) afin de comprendre comment la série avait influé sur eux ; ce qu’elle avait changé au niveau comportemental et relationnel ; ce qu’elle avait généré comme intérêt ou comme compréhension.

“On doit faire mieux. La façon dont on se traite les uns les autres et… dont on veille les uns sur les autres. On doit faire mieux, d’une manière ou d’une autre.”

Conclusion : les jeunes interrogés ont rapporté que la série leur avait permis de mieux comprendre et identifier les problématiques soulevées (dépression, anxiété, harcèlement moral, physique ou sexuel, cyber-harcèlement, pensées suicidaires, orientation sexuelle, etc.), qui leur semblaient conformes à la réalité qu’ils vivaient. La complexité du processus suicidaire, très bien démontrée par la série, leur a fait également prendre conscience que leurs actes avaient des conséquences sur autrui, bien que le suicide ne puisse jamais être imputé à une seule cause. Ils ont témoigné que leur empathie vis-à-vis de leurs pairs avaient augmenté suite au visionnement de “13 Reasons Why”, et qu’ils réfléchissaient davantage à la façon dont ils traitaient les autres.

Et, contrairement aux nombreuses critiques émises de la part de professionnels suite à la diffusion de la première saison, la majorité des adolescents de l’étude ont estimé que le fait de montrer le suicide de Hannah de façon réaliste, dans toute sa violence, était nécessaire pour bien saisir la gravité de la problématique du suicide.

Enfin, près de la moitié des jeunes interrogés ont affirmé que la série leur avait donné envie d’obtenir plus d’informations sur les difficultés rencontrées par les personnages.

 

Qu’en pensent les parents ?

La moitié des parents interrogés ont rapporté que la série leur avait permis d’engager le dialogue avec leur enfant sur des sujets habituellement tabous et difficiles. Ils ont indiqué que l’épisode supplémentaire Beyond the Reasons (voir ci-dessous) les y avait aidés. Ils ont manifesté également de l’intérêt à accéder à davantage de ressources informatives autour de la série et demandé à ce que les acteurs sortent de leur rôle pour parler prévention (c’est désormais chose faite dans plusieurs vidéos thématiques, à visionner ici),

Autant de témoignages qui peuvent encourager les parents inquiets à profiter de l’opportunité de cette série pour engager le dialogue avec leur(s) enfant(s), adolescents ou jeunes adultes.

 

 

Alors, comment en parler ?

Voici plusieurs pistes sur la façon d’engager la discussion avec votre enfant, adolescent ou jeune adulte, basées sur les conseils de Stop Suicide et un guide de discussion proposé par Netflix, producteur de la série.

  1. Engager la conversation : être attentif au moment où son enfant mentionne la série, un acteur ou un élément y ayant trait, et rebondir dessus.
  2. L’encourager à s’écouter : dans son visionnement de la série, encourager son enfant à s’écouter et à chercher du soutien si certaines scènes le mettent mal à l’aise : lui rappeler qu’il peut mettre l’épisode sur pause pour en discuter au fur et à mesure, que vous vous tenez à sa disposition, qu’il peut sauter les parties trop difficiles à regarder.
  3. Faire résonner la série avec sa réalité : l’encourager à se questionner sur les rapports entre la fiction et la réalité. La série lui semble-t-elle correspondre à sa vie à lui ? Est-ce que les personnages se comportent de la même façon que les personnes de son entourage ? A-t-il déjà vécu les mêmes situations, ressenti les mêmes émotions ? A-t-il déjà observé des événements similaires ?
  4. Encourager au dialogue : aider votre enfant à questionner ce qui se présente à lui, ce que les personnages montrent et comment ils agissent ; discuter avec lui l’histoire de la série. Est-ce que tel personnage aurait pu réagir différemment ? Si oui, qu’aurait-il pu faire ? Est-ce que les personnages expriment toujours ce qu’ils vivent et ressentent à l’intérieur ? Est-ce que les adultes ont le comportement que l’on attend d’eux ? Comment les personnages auraient-il pu mutuellement s’entraider ?
  5. Parler de suicide sans le dramatiser ni le banaliser : a-t-il repéré des signes d’alerte dans la série ? Connaît-il quelqu’un qui a déjà eu ou fait part d’envies suicidaires ? Lui-même a-t-il déjà eu de telles pensées ? Sait-il où trouver des ressources d’aide (des adultes, des médecins, des activités) pour lui-même ou pour autrui le cas échéant ?
  6. Fournir des ressources d’aide : pour les téléspectateurs de la série, Netflix a centralisé sur le site 13reasonswhy.info les ressources d’aide en fonction du pays de résidence. En Suisse romande, de nombreuses ressources existent aussi : les plus jeunes peuvent contacter le 147 (ligne d’aide de ProJuventute), tandis que le 143 (la Main Tendue) est à disposition pour les adultes.

 

     BESOIN D’AIDE ? NUMEROS D’AIDE GRATUITS EN SUISSE, 24h/24 et 7j/j

147 (ProJuventute, Ecoute et conseils jeunes)
143 (La Main Tendue, Ecoute et conseils adultes)
144 (Ambulance, Urgences)
117 (Police, Urgences)

 


–> Pour poursuivre la réflexion sur la série “13 Reasons Why”: lire la prise de position de STOP SUICIDE suite à la sortie de la première saison.

 


Références

  1. Cette étude réalisée par un institut a été mandatée par Netflix : ses résultats sont donc à nuancer, sachant que toutes les thématiques liées au suicide n’ont pas été couvertes par l’étude. Voici sa référence complète : Lauricella, A. R., Cingel, D. P., & Wartella, E, (2018). Exploring how teens and parents responded to 13 Reasons Why: Global Report. Evanston, IL: Center on Media and Human Development, Northwestern University.

https://www.forbes.com/sites/careypurcell/2018/03/21/study-reports-controversial-content-in-13-reasons-why-sparks-conversations-and-inspires-empathy/2/#53ab3cd228e5

www.13reasonswhy.info

 

 

Des applis qui font du bien

Ce mois-ci, je vous propose de découvrir un article écrit par Nina Beuret, dans le cadre de son stage en communication et médias à STOP SUICIDE. Originaire de Delémont, Nina a 24 ans et a étudié à l’Université de Neuchâtel. Dans le cadre de son stage, elle participe à la rédaction de la newsletter et de la revue de presse, et publie quotidiennement sur les réseaux sociaux et le site web de l’association. Après son stage, elle souhaite poursuivre une carrière journalistique.

Amatrice de nouvelles technologies, Nina a exploré les applications et sites web qui ont pour but de favoriser l’entraide et la bienveillance entre les utilisateur-trice-s. Elle partage avec vous le fruit de ses recherches !

 

 

Par Nina Beuret

Les réseaux sociaux ont souvent la réputation d’augmenter le risque suicidaire chez les jeunes, notamment parce qu’ils servent de plateforme au cyber-harcèlement. Celui-ci s’ajoute, pour certain-e-s, au harcèlement scolaire, ce qui ne laisse aucun répit aux victimes car leur smartphone les rend atteignables partout et à tout moment. Il a également été constaté que le fait de passer beaucoup de temps sur les écrans – et celui de son smartphone en particulier – avait un effet négatif sur la santé mentale[1]. Des études ont toutefois prouvé qu’une présence sur les réseaux sociaux pouvait aussi avoir un effet préventif en permettant aux individus d’être mieux intégrés socialement[2], ce qui est très important en cas de dépression ou de pensées suicidaires. Le rôle des médias sociaux, qu’il s’agisse de simples applications de messagerie comme Whatsapp ou de plateformes de partage de contenu telles que YouTube, est donc ambivalent. L’effet qu’ils ont sur la tendance au suicide dépend alors de leur utilisation – et plus particulièrement de la bienveillance de leurs utilisatrices et utilisateurs, d’autant que les administrateurs de ces sites et applications restent souvent inactifs en cas de contenus problématiques.

 

La bienveillance existe

Heureusement, il existe des sites et applications conçus pour prendre soin de sa santé mentale et pour favoriser la bienveillance. Nous en avons distingué deux types : d’une part, des applications qui s’utilisent individuellement et aident à gérer le stress et les émotions en tenant une sorte de journal de bord personnalisé. On travaille sur son propre bien-être.

D’autre part, des réseaux sociaux qui ont pour but de favoriser l’entraide et la bienveillance en permettant à leurs membres de partager leurs vécus ou des contenus inspirants. Ces applications et sites restent peu connus et fréquentés, bien moins que les géants d’internet. Ils gagneraient toutefois à l’être car ils peuvent s’avérer très utiles.

Voici quelques exemples qui ont retenu notre attention.

 

Applications pour son bien-être

L’application StopBlues vient d’être lancée en France, mais la plupart de ses fonctionnalités sont accessibles partout. Elle a été mise au point, de même que le site internet du même nom, par des chercheur-e-s de l’INSERM, l’institut national de la santé et de la recherche médicale.

Visuel réalisé par le concepteur du site et de l’application, Edouard Bastide.

L’appli est très complète car elle permet à la fois de faire un journal de bord de sa santé mentale, de prévoir des solutions personnalisées, et offre de la documentation illustrée en vidéo sur le sujet. Grâce à un service de géolocalisation, elle permet même de trouver de l’aide à proximité, qu’il s’agisse d’un thérapeute ou d’une association.

L’une des rubriques de l’application, appelée « Où j’en suis », permet de faire un bilan de son état de santé général et d’en assurer le suivi. Elle comporte un quizz approfondi, mais permet aussi d’évaluer son moral plus rapidement en répondant à 5 questions. Une autre rubrique compile différentes astuces simples pour s’apaiser, comme des jeux, des exercices de respiration et de psychologie positive. Enfin, il est possible d’élaborer un plan de soutien personnalisé, en listant pour soi-même les signes précurseurs auxquels faire attention, les activités qui peuvent aider, et les personnes à contacter en cas de besoin.

C’est une application très bien conçue, et son design a un effet apaisant. Pour en savoir plus et pour s’inscrire : https://www.stopblues.fr/.

Un équivalent en anglais est l’application MY3, qui permet de lister 3 contacts personnels à appeler en cas de crise, mais les numéros d’aides nationaux et les ressources ne sont malheureusement valables que pour les Etats-Unis. Par contre, elle permet d’élaborer un plan de sécurité très complet, ce qui la rend malgré tout utile pour un public suisse.

Dans le même genre quoique plus simple, l’application PsyAssistance fournit également une aide psychologique : son principal rôle est d’évaluer son humeur pour établir un suivi. Elle permet également de réfléchir à une situation ou un problème en les mettant par écrit, d’établir son propre plan de protection et de lister ses ressources utiles. Le design est par contre un peu moins travaillé, et elle est moins intuitive que Stopblues.

 

L’application Bodyguard a une fonction assez différente : elle permet de bloquer les contenus haineux de manière particulièrement efficace sur les réseaux sociaux. Comme elle le montre en simulation, elle reconnaît de manière intelligente les contenus injurieux, même en langage SMS ou en emojis (les pictogrammes utilisés pour remplacer des mots ou exprimer une émotion). Pour l’avoir testée, nous pouvons vous confirmer qu’elle est assez efficace et précise, bien que certaines nuances échappent parfois à son contrôle. Autre petit bémol, elle n’est utilisable que sur Twitter et YouTube, réseaux qui favorisent l’anonymat et présentent donc sans doute plus de risques. Dommage, mais ça reste une bonne initiative pour lutter contre le cyber-harcèlement.

 

Réseaux sociaux bienveillants

Dernière catégorie, les réseaux sociaux bienveillants. Malheureusement, la plupart ont du mal à résister face aux géants tels que Facebook et disparaissent souvent après quelques mois ou années. En voici quand même deux en anglais qui, même si leur communauté est réduite, partent d’un concept intéressant. Le premier, Vent, existe uniquement sous forme d’application. En se créant un compte anonyme, on peut exprimer une émotion en partant d’un mot-clé, à choisir dans une liste. On peut ensuite élaborer en écrivant un petit texte. Les autres membres peuvent réagir et commenter, toujours de manière empathique et bienveillante : plusieurs réactions sont proposées, comparables à la fonction « like » bien connue.

“Seul-e ? A la recherche d’ami-e-s ? Trouve des personnes qui pensent comme toi et partage ton histoire dans une communauté en ligne sûre”. Slogan partagé sur le compte Twitter du site (©heimo)

Le deuxième réseau fonctionne en revanche sous forme de site internet ; il est finlandais et s’appelle heimo. Il s’agit d’une sorte de communauté en ligne où l’on peut rejoindre des « tribus » thématiques, lancer ou rejoindre différents sujets de conversation. Les créateurs du site ont comme but l’entraide et l’empathie.

 

 

Les deux plateformes permettent de se confier anonymement sur des sujets parfois difficiles comme la dépression et les envies suicidaires et favorisent le soutien entre pairs. Les échanges y sont constructifs et bienveillants. Ces réseaux peuvent être une aide pour les personnes souffrant de solitude ou de dépression, en leur offrant un espace sûr où elles peuvent s’exprimer : à encourager, donc.

 

Les nouvelles technologies ne doivent pas être diabolisées, elles peuvent être de bonnes ressources en santé mentale aussi, à condition d’être utilisées à bon escient. Les exemples que nous vous avons proposés émanent d’initiatives bienveillantes, souvent venues de professionnels de la santé. Ce sont des outils qui valent la peine d’être diffusés. Malheureusement, la malveillance existe aussi, et il est crucial de pouvoir en parler si vous êtes confronté-e-s au harcèlement en ligne. N’hésitez pas à demander de l’aide, par exemple en appelant le 147 (la ligne d’aide de Pro Juventute). Vous trouverez aussi des informations sur le site de l’association Action Innocence, qui lance justement cette année une campagne contre le harcèlement, baptisée “Histoires gravées”.

 


Références

[1] Deux études sur le rôle des smartphones dans la dépression : http://www.chicagotribune.com/lifestyles/health/sc-hlth-smartphones-suicide-teen-girls-1122-story.html et https://www.npr.org/2017/12/17/571443683/the-call-in-teens-and-depression

[2] Article de Slate selon lequel les réseaux sociaux peuvent également avoir un rôle préventif : http://www.slate.fr/story/159319/sociologie-taux-suicide-baisse-internet-reseaux-sociaux-antidepresseurs


STOP SUICIDE s’engage pour la formation et l’insertion des jeunes diplômé-e-s et professionnel-le-s. Le stage de communication et médias d’un durée de 6 mois et est remis au concours 2 fois par année. Le recrutement pour le-la successeur.e de Nina est en cours! Retrouvez l’annonce complète sur notre site.

Réduire l’accès aux armes, c’est aussi réduire le suicide

Les Etats-Unis ont été le lieu, ces dernières semaines, de soulèvements inédits de la part de la population. Celle-ci dénonçait le port d’arme consacré par le deuxième amendement de la Constitution américaine et revendiquait une réforme de la législation sur les armes à feu.

Pour quelles raisons ? Une énième fusillade dans une école (la 18e depuis le début de l’année) et un nombre exorbitant de victimes : aux Etats-Unis, ce sont plus de 30’000 personnes qui meurent chaque année sous une arme à feu. Parmi celles-ci, environ un tiers décède par homicide (meurtre ou fusillade de masse) et – fait moins connu du grand public – deux tiers décèdent par suicide.1

Ces chiffres rappellent le lien direct qui existe entre le nombre d’armes en circulation et le nombre de morts par armes à feu, dont les suicides. En effet, les études démontrent depuis de nombreuses années que plus les armes à feu sont accessibles, plus le taux de suicide par arme à feu augmente.

 

Mouvement “March for our lives”, Minnesota, 7 mars 2018. ©Fibonacci Blue

 

Le cas de la Suisse

Le cas de la Suisse est édifiant en ce sens. Plutôt libérale dans sa législation des armes à feu, elle est le troisième pays le plus armé au monde, juste après les Etats-Unis et le Yémen, en termes de densité d’armes à feu par habitant. Il y aurait 2 à 3 millions d’armes à feu en circulation dans notre pays – soit environ une arme pour 3 habitants2.

Ainsi, en Europe, la Suisse est non seulement le pays le plus armé, mais également le pays avec le plus haut taux de suicide par armes à feu.

Ceci s’explique en grande partie par le fait que les soldats peuvent, au terme de leur service militaire obligatoire, conserver leur arme. Or il est établi que l’accès aux méthodes de suicide peut précipiter le passage à l’acte : dans une crise suicidaire, on est extrêmement impulsif et ambivalent jusqu’au dernier moment. Avoir un accès direct à une arme à feu et aux munitions augmente donc le risque de commettre l’irréparable.

 

Protéger les hommes

Soldat suisse en permission, ©Rama

Les principaux concernés par ces données sont les hommes. En effet, environ 30% des hommes qui se suicident en Suisse recourent aux armes à feu. Pourtant, des mesures peuvent avoir un impact protecteur important, à l’image de la réforme Armée XXI, mise en place en 2004. Cette réforme menée au niveau national a réduit de façon importante les effectifs militaires et, par répercussion, le nombre d’armes à feu en circulation et conservées au domicile.

Même si ce n’était pas son objectif, Armée XXI eut un effet préventif considérable : le taux de suicide a considérablement baissé chez les hommes depuis la mise en place de cette réforme, avec très peu de reports sur une autre méthode.

C’est pourquoi l’association STOP SUICIDE s’attache à diminuer l’accès et la diffusion des armes à feu depuis de nombreuses années. Elle sera notamment entendue par le Parlement dans le courant de la semaine prochaine dans le cadre de consultation sur la directive de l’UE sur les armes. Celle-ci vise à restreindre la circulation des armes dans l’espace Schengen, et à améliorer l’échange d’informations à leur sujet. Le Conseil fédéral s’est récemment dit favorable à une adaptation de cette loi sur le territoire helvétique.4

 

 

–> Pour aller plus loin dans cette réflexion : le mudac tient une exposition intitulée “ligne de mire” qui interroge notre rapport aux armes à feu et les différentes représentations que l’on peut s’en faire, ainsi que le design dédié à ces objets pourtant létaux. A voir à Lausanne du 14 mars au 26 août 2018.

 

 

 


Références

1. National Vital Statistics Report, National Center for Health Statistics, Deaths: Final Data for 2015. (https://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr66/nvsr66_06.pdf).

2. Précisons que nous ne disposons pas de registre national des armes, mais uniquement de registres cantonaux et d’estimations sur le grand nombre d’armes militaires en circulation. Il se pourrait donc fort bien que cette estimation soit sous-évaluée par rapport à la réalité.

3. Depuis l’introduction d’Armée XXI, les suicides par armes à feu ont diminué de 48.6% chez les hommes âgés de 30 à 40 ans en Suisse (REISCH T. (2011), Un heureux hasard pour la Suisse, in Bulletin des médecins suisses).

4. Communiqué de presse du Conseil fédéral à ce sujet : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-69964.html

 

REISCH et al. (2013). Change in Suicide Rates in Switzerland Before and After Firearm Restriction Resulting From the 2003 « Army XXI » Reform. Am J Psychiatry, 00 :1-8.

AAS, American Association of Suicidology (2018), Statement regarding the role of firearms in suicide and the importance of means safety in preventing suicide deaths.

http://www.liberation.fr/planete/2018/02/15/les-armes-a-feu-aux-etats-unis-cinq-chiffres-pour-un-fleau_1629977

http://www.liberation.fr/planete/2017/10/02/11-650-morts-par-armes-a-feu-aux-etats-unis-en-2017_1600332

https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-journee-historique-de-manifestations-de-lyceens-et-detudiants-contre-le-port

 

Le suicide est en hausse chez les jeunes Suisses

Les toutes dernières statistiques viennent de l’indiquer : la première cause de mortalité chez les jeunes Suisses de 15 à 29 ans est, à nouveau, le suicide. C’est la première fois depuis 2011 que les chiffres connaissent une telle remontée, au point qu’ils dépassent les principales causes de mortalité dans cette tranche d’âge, comme les accidents de la route, les accidents violents et les cancers.1

En 2015, ce sont donc 141 jeunes qui ont mis fin à leurs jours en Suisse, soit près de trois adolescents et/ou jeunes adultes par semaine.

Même s’ils doivent être mis en perspective par rapport à une baisse du taux de suicide global depuis les années 1980, il n’en demeure pas moins que cette récente hausse est inquiétante et doit être prise au sérieux.

 

Infographie réalisée par Stop Suicide

 

Jeunes garçons et hommes particulièrement touchés

Les jeunes hommes semblent être particulièrement vulnérables face au risque suicidaire. Ils représentent en effet trois quart des décès par suicide pour l’année 2015.

Cette différence entre sexes est toutefois à nuancer. On sait que les tentatives de suicide sont beaucoup plus nombreuses chez les femmes et les jeunes filles2, et largement sous-estimées de façon générale : elles ne font pas toutes l’objet d’un suivi médical, passent parfois inaperçues et sont de ce fait très difficiles à comptabiliser de façon certaine. Leur chiffre se monte à 15’000 au moins par année en Suisse.

La nette différence entre jeunes femmes et jeunes hommes s’explique notamment par les méthodes employées selon le sexe : les hommes se tournent davantage vers des méthodes plus radicales et létales.

 

L’accès aux méthodes 

Le choix de la méthode peut être expliqué par sa facilité d’accès : les études montrent que la disponibilité d’un moyen et la connaissance du dispositif sont déterminantes, à l’image des armes à feu que les hommes savent manier en raison de leur service militaire3 ; d’autre part, il y a souvent dans l’imaginaire féminin une volonté de préserver l’apparence de leur corps au-delà de la mort, tandis que les hommes se tournent davantage vers des méthodes plus destructrices. Dans tous les cas, les études indiquent clairement que les méthodes ne sont pas interchangeables : une personne projetant de se suicider d’une certaine manière ne se tournera pas vers une deuxième méthode, totalement différente, en cas d’indisponibilité de la première.

 

La nécessité de la prévention

Face à ces chiffres, la prévention semble donc plus que jamais indispensable et en particulier pour les moins de 30 ans, la tranche d’âge plus durement touchée par la hausse du taux de suicide observée en 2015.4 La concrétisation du plan d’action national adopté en novembre 2016 par la Confédération et les cantons, visant à rassembler les différents acteurs autour de la prévention, se fait donc urgente pour nos jeunes.

En attendant, il est important de rappeler toutes les structures d’aide existant pour les jeunes, leur entourage et leurs proches pouvant traverser une crise suicidaire : Stop Suicide répertorie toutes les ressources d’aide en fonction du canton d’habitation et du type d’aide requis, ainsi que les différents groupes de soutien.

 

Besoin d’aide ? Stop Suicide recense toutes les ressources d’aide et de soutien en Suisse romande
https://stopsuicide.ch/besoindaide/

 

-> Lire le communiqué de presse de Stop Suicide à ce sujet.

 


Références

  1. Chiffres officiels de l’Office fédéral de la statistique, chiffres du suicide pour 2015.
  2. Des études montrent que les tentatives sont 2 à 3 fois plus nombreuses chez les jeunes filles (Muheim et al. 2013 et SMASH 2002).
  3. La Suisse affiche l’un des taux de suicide par arme à feu les plus élevés au monde; cette méthode de suicide est presque exclusivement pratiquée par des hommes (Reisch 2011, cité dans le rapport du Conseil fédéral donnant suite à la motion 11.3973,
    Maja Ingold, 30.09.2011 ).
  4. Il y a eu au total 43 suicides de plus qu’en 2014, dont 35 chez les moins de 30 ans.

Pourquoi parler de suicide dans l’espace public ?

Bonjour et bienvenue !

J’aurai le plaisir d’aborder, via cette plateforme, un sujet de santé publique d’importance : le suicide et, en particulier, le suicide des adolescent.e.s et jeunes adultes en Suisse.

 

La tâche n’est pas des plus simples, car la difficulté à communiquer sur le suicide fait partie intégrante de sa problématique. Pour le comprendre et le prévenir, il est donc nécessaire de surmonter ses propres appréhensions et l’interdit culturel et religieux entourant la question; encore faut-il trouver les mots ensuite pour en parler, sans bousculer son interlocuteur ni craindre de semer des idées dans un terreau fragile.

On préférerait sans doute ne jamais soulever ce sujet dans la sphère publique, tant il peut être dérangeant. Au niveau collectif, il suscite un sentiment d’échec : pourquoi voyons-nous autant de jeunes – et moins jeunes – mettre fin à leur vie dans un pays qui compte parmi les plus prospères de la planète ? Au niveau individuel, il fait remonter en nous soit des souvenirs douloureux et coupables, soit des peurs profondes. Dans tous les cas, il réveille notre colère et notre impuissance, rappelant les failles qui nous constituent.

C’est pourquoi il y a près de vingt ans, à Genève, une association fut créée par un groupe de collégien.ne.s. Indigné.e.s face au silence des adultes suite au suicide d’un de leurs camarades de classe, ils décidèrent ensemble que plus jamais le suicide ne serait réduit au silence. Désormais, ce seraient les mots qui sauveraient.

Au niveau collectif, le suicide suscite un sentiment d’échec : pourquoi avons-nous des jeunes – et des moins jeunes – qui mettent fin à leur vie dans un pays qui compte parmi les plus prospères de la planète ?

Aujourd’hui encore, la question du suicide est taboue dans notre société. Et pourtant, elle est fondamentale.

Parce qu’elle est liée à un questionnement universel sur le sens de la vie et de la mort, auquel nos sociétés accordent si peu de place.

Parce qu’elle est en lien avec ce que nous donnons de sens à nos jeunes et à leur avenir; à la transition adolescente et au difficile devenir adulte.

Parce qu’elle met en lumière l’intégration de ceux dont l’identité est en construction, en crise ou perçue comme différente – et qui sont de ce fait plus vulnérables – pour de nombreuses raisons : l’orientation sexuelle, le harcèlement, les maladies psychiques, l’exclusion sociale, la crise migratoire, la détention en milieu carcéral…

Parce qu’elle est aussi relative au vieillissement de la population et à nos aînés qui, se sentant en marge de la société, peinent parfois à comprendre l’utilité de leur existence.

Parce qu’elle interroge notre rapport à nos enfants, à nos proches, à notre entourage; elle nous bouscule dans notre sensibilité à autrui, dans notre perception et notre compréhension de leur parcours.

Parce qu’en termes philosophiques, elle questionne la frontière entre le libre arbitre (de plus en plus revendiqué par certains) et l’impasse de la souffrance subie ou imposée.

La question du suicide est en lien avec ce que nous donnons de sens à nos jeunes et à leur avenir; à la transition adolescente et au difficile devenir adulte.

Elle nous bouscule dans notre propre intériorité, sur les moments de crise et de détresse que chaque être humain rencontre au cours de sa vie, et sur les ressources que chacun peut mobiliser pour y faire face. Ce faisant, elle est l’occasion de rappeler l’importance de la santé mentale et de sa promotion, sans la banaliser ni la dramatiser.

Enfin, elle exige de système politique des réponses sur la prévention; sur les moyens alloués à la détection, à l’accompagnement et à la prise en charge; sur les soins proposés à tout un chacun, à chaque étape de la vie.

 

Au gré de différents articles, je vous proposerai donc de construire ensemble une réflexion sur cette thématique importante et ses multiples facettes, sans la banaliser mais en l’affrontant de façon simple et directe.

Bonne lecture !