La démocratie fait la différence

Après bientôt deux mois de campagne électorale, il ne manque plus que quelques jours avant que ne tombe le verdict des urnes. Nous connaîtrons dimanche le nouveau visage des Chambres fédérales pour les quatre ans à venir. D’aucuns considèrent que tout cela n’a finalement que peu d’importance. Que l’on vote ou pas cela reviendrait au même. Ils vont jusqu’à considérer que s’abstenir, voire ne pas aller voter du tout, constituerait un acte de défiance envers les autorités politiques en place. Ils pensent faire ainsi acte d'opposition en ne voulant pas « cautionner le système ».

 

Même si la démocratie a été obtenue de haute lutte, y compris en Suisse, et notamment pour les femmes, se tenir éloigné de la vie démocratique est évidemment un droit. Mais il est aussi juste d’affirmer que voter ne cautionne rien du tout. Voter c'est donner une voix de plus à ceux qui sont susceptibles de représenter le mieux – ou le moins mal – ce que l'on veut pour son pays. Rester chez soi et se laisser tenter par le mirage du mutisme électoral volontaire, c’est se priver d’un instrument précieux : faire la différence. Dans le Canton de Vaud, c’est cette différence, rendue possible grâce à l’alliance de la majorité socialiste et écologiste du Conseil d’Etat avec des Conseillers d’Etat PLR ouverts, qui a conduit à des compromis sociaux et économiques. Cette majorité de raison a à son tour trouvé un soutien suffisant au sein du Grand Conseil et peut s’appuyer sur un soutien populaire conséquent. Résultat : notre Canton dispose aujourd’hui de la politique sociale et économique la plus progressiste de Suisse. Par ailleurs, les forces qui dans notre canton font leur beurre électoral avec le refus de tout – et surtout des personnes venues d’ailleurs – sont contraintes de panser les plaies de leur déchirures internes.

 

Les élections ne sont donc pas une affaire marginale ou anodine. Elles influencent directement notre bien-être et notre capacité à affronter l’avenir la tête haute. Quelques sièges de plus pour le camp favorable aux avancées du plus grand nombre – celui qui lutte contre les inégalités sociales et pour un développement économique qui reconnaît la valeur du travail, celui qui s’engage depuis des décennies pour un tournant écologique de notre industrie et la sortie du nucléaire, celui qui travaille sans relâche pour une politique migratoire et d’intégration et une politique d’asile digne de notre pays – peuvent peser lourd dans la balance. Le choix vous en incombe. La démocratie fait la différence.

Celsa Amarelle

Celsa Amarelle

Professeure de droit à l'Université de Neuchâtel, Cesla Amarelle enseigne actuellement le droit constitutionnel, les droits humains et le droit de la libre circulation des personnes. Elle est également conseillère nationale (PS/VD), membre de la Commission des institutions politiques et de la Commission des finances (présidente de la sous-commission en charge de la santé), et vice-présidente des Femmes socialistes suisses.

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