Bâtir notre Cité de demain commence aujourd’hui. À Genève aussi ?

Dimanche dernier. Votations. Refus regrettable du plan localisé de quartier des Feuillantines. Pas de « Cité de la musique ». Pas de centre de formation. Pas d’infrastructures permettant d’agrandir l’offre culturelle. Que deviendra Genève sans penser au tourisme ? Les initiatives écologiques agissant directement contre les activités liées à l’aéroport et les refus cumulées des objets soumis à votation dans les domaines de la culture et du sport ne prétendent-t-ils pas qu’il faut tirer la sonnette d’alarme ? Les enjeux sont immédiats et à plus long terme.

Hypothèses

  • Que se passera-t-il si le Conseil administratif de la Ville de Genève s’oppose à la voix de ces citoyens ? Si tel est le cas, que se passera-t-il si le Conseil d’Etat passe lui aussi outre ce refus, malgré que ce soit ensuite au parlement de se prononcer ? Et si cela devait aboutir à une votation cantonale ? Quel sentiment pour les personnes opposées à ce projet de la Ville de Genève ? S’agissant de plus de la moitiés des votants, la démarche de l’Etat, pourrait-elle relever de la trahison ? Finalement, est-ce mettre en cause la démocratie directe, malgré que ce soit ensuite au parlement de se prononcer et que l’on retrouve régulièrement ce processus lors de préavis communaux ? Quel impact sur la confiance des citoyens ? Quels risques ? Quelles conséquences éventuelles ?
  • Soyons plus optimiste : bien que partant d’un échec, est-ce encore possible de changer un avis populaire déjà bien ancré ? Paradoxalement, valider cette Cité de la musique à l’encontre du résultat dans les urnes ne permettrait-elle pas à Genève de faire un pas vers l’avant, malgré le désaccord du peuple sur ce préavis ? Est-ce envisageable d’imaginer un projet différent ? De changer l’emplacement ? Pour quels bénéfices ? Tous ceux défendu par le comité de la Cité de la musique, évidemment !
  • Si le Conseil d’État genevois prend acte du vote populaire, est-ce que le projet doit-il être abandonné pour autant ? Est-ce qu’il doit être ficelé différemment ? Est-ce que les engagements financiers vont suivre ? Quelle leçon en retiendra-ton ? Une communication manquante sur des éléments importants (financement et programmation diversifiée), entre autres, doit être considérée. Ne fallait-il pas rendre le projet plus proche des citoyens ? Opter pour un démarche participative, à commencer par répondre à leurs craintes, par le biais d’une campagne par exemple ? Plus tard, un nouvel essai pourrait-il se concrétiser, cette fois ? Avant d’aller plus loin, qu’est-ce que cette situation signifie pour Genève ?

Débat éthique

Qu’est-ce qui est le mieux ? Le moins dommageable ? Qu’est-ce qui est juste ? Qu’est-ce qui est injuste ? Pour qui ? Pour ceux qui ont défendu les arguments du “oui” ? Ou de ceux qui ont dit “non” ? Aujourd’hui, un choix est à faire dans l’immédiat : quelle est la priorité ?

J’estime que ce vaste débat doit être tenu, l’objectif étant de parvenir au soutien de la population pour dessiner la Genève de demain. Il ne s’agit pas de la refaire, mais d’assurer la durabilité et la qualité de vie. Rappelons que tous les domaines sont étroitement liés.

Un message clair pour la culture et le sport

Le résultat de cette votation, après plusieurs refus dans le domaine de la culture, ne reflète-t-il pas une vérité ? Ne démontre-t-il pas le travail à faire ?

Dans le domaine du sport, c’est pire. Il suffit de regarder le budget total alloué au sport, équivalent à celui du Grand-Théâtre. L’objet concernant le Pré-du-Stand n’avait pas été voté favorablement en 2019. La convention pour accueillir l’Académie du Servette au Centre sportif, loisirs et nature des Evaux fait polémique. Ils se retrouvent sans infrastructures; la Haute Ecole de Musique avec sept locaux différents. Inimaginable, non ? Comment améliorer la situation ? Quel avenir pour la culture et le sport ? Où aimerait-on aller ?

La “forme” est une chose ; le “fond” en est une autre

Une réflexion de fond s’impose. Aujourd’hui, cette nécessité d’une vraie vision à et pour Genève se fait ressentir plus que jamais ! Tant que ce ne sera pas fait, j’ai bien peur qu’on reste sur des refus dans ces deux secteurs de grande importance, en lien étroit avec la cohésion sociale et la santé, sans oublier la formation, l’économie, le tourisme… et qui demandent de l’interdisciplinarité ! Ne faut-il pas d’abord sensibiliser et créer l’adhésion à ces facteurs importants pour la société ? Le débat est lancé !

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 100 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont remises en question.

Une réponse à “Bâtir notre Cité de demain commence aujourd’hui. À Genève aussi ?

  1. C’est une horreur architecturale digne du 20ème siècle, il faut dire stop en ce 21ème siècle à ces médiocrités.
    Lorsque cela concerne l’image de Genève pour longtemps, le minimum est de faire un effort.
    Quant à sa nécessité, ça se discute, mais il n’y a pas urgence. Les initiants parlent des années d’efforts pour rien, mais peut-être qu’avec de la qualité à montrer aux votant, le résultat aurait été inversé.
    C’est le bétonnage qui exaspère le citoyen, pas les efforts pour la culture et le sport. Cette exaspération cesse uniquement lorsque l’intérêt semble général (école, …), et reprend si il est sectoriel.

    Si les élus tiennent à la médiocrité, qu’ils le fassent hors de la ville, loin des touristes. Vous trouvez ce paquebot de béton joli? Faîte le vide en vous, chassez de vous les images du 20ème siècle et regardez ensuite ce naufrage architectural.

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