Pour qui l’on se prend ?

Le 7 mars prochain, nous sommes emmenés à voter sur l’interdiction du port de de la burqa ou encore la niqab. Cette nouvelle aberration m’amène à réagir. Est-ce à nous d’en juger ?

Au premier abord, je comprends les différentes opinions. Certains diront qu’elles sont « chez nous », en Suisse, et qu’elle se doivent de s’adapter à notre culture afin d’être intégrée. Certes, les éléments à l’encontre du voile intégral sont souvent motivées par la peur de l’inconnu. Islamophobe ? Discrimination ? Une distinction est à faire avec les criminels. Pourquoi pouvons-nous alors éprouver tant d’appréhensions à leur égard ?

Parallèles

D’une certaine manière, cette votation rejoint celle de la loi ayant permis de rétablir les droits politiques pour les personnes en situation de handicap et âgées étant sous une mesure de curatelle. Dans les deux cas, il va de soi qu’interdire les « droits » concernés, dans un cas comme dans l’autre, serait plus simple. On ne se posera plus la question quand il faudrait l’autoriser ou non. De plus, on refuse souvent de s’intéresser à la cause et notre jugement qui est donc purement subjectif.

Interdire ce vêtement revient-il à refuser les personnes concernées par cette loi à vivre dans notre pays ? A y entrer ? A rejeter une part de l’humanité ? Que se passera-t-il ? C’est comme complotiser les personnes « handicapées » et interdire leur présence dans notre pays. Imaginez !

Définir la société

On peut revendiquer la richesse culturelle apportée à notre pays, marqué par sa diversité. Doit-on accepter toutes les personnes dans le respect de son origine et de sa religion ? Cela semble évident. Pourquoi ne visons-nous pas l’intégration de toutes les personnes confondues dans notre pays afin de garantir le bien-être et la non-concurrence au sein de la communauté ? Cette votation n’a-t-elle pas pour effet de diviser la Cité ? Jusqu’où est-ce que ça peut aller ? Demandons-nous ce qu’on veut vraiment. Définissions notre avenir commun. Que pensez-vous de la liberté au sens propre (sans violence, évidemment) ?

Question de dignité

Est-ce que, à leur tour, les pays concernées par cette loi nous obligent, femmes, à ce que notre visage soit complètement couvert ? Si la réponse est non, demandez-vous s’il est juste d’imposer cette contrainte. Si oui, voulons-nous, à notre tour, prescrire une telle restriction ? La liberté de ses choix dans notre société n’est-elle pas recommandée ? Pourquoi cette rigidité ? Est-ce fondé sur des opinions individuelles basées sur la peur ? Une clarification est exigée : sous ce voile se trouve une personne à part entière.

Faut-il réglementer cette situation ? Ces femmes ne vont pas vous faire de mal. Bien que j’entende les arguments prônant l’interdiction, il faut agir là où se trouve le problème, selon moi.

Est-ce pour autant une mesure d’aide pour celles qui en sont obligées de porter la burqa ? Nous ne sommes pas au bon endroit ; combattons plutôt ce type de violence qui est d’ailleurs punie par la loi. Mais il est nécessaire de préciser que ce n’est pas le cas de tout le monde. Accepter celle-ci n’est pas « faire une bonne action ».

En plus d’être quelques peu raciste, cette loi est-elle vraiment utile ? Au Tessin, cette interdiction fait foi depuis plusieurs années. Pour quel bénéfice ? Selon l’article du Temps du 17 juin, cela n’a mené qu’à plusieurs représailles.

On peut même aller plus loin. Y aura-t-il des impacts sur le tourisme ? La Suisse se veut-elle moins accueillante et plus restrictive ?

L’accepter

Est-ce que ça va vraiment changer quelque chose à votre quotidien ? Est-on tant gêné ? L’idée en elle-même ne vous dérange-t-elle pas plus que la fréquence de vos rencontres avec ces personnes (sachant qu’il n’y a que quelques dizaines de personnes concernées en Suisse) ? Finalement, peut-on juger d’un sujet qui ne nous concerne pas directement ? Par quel droit ? N’est-ce pas plus simple de laisser chaque personne croire aux valeurs qui lui sont propre ? Question éthique, surtout.

Contreprojet

Il vise, indirectement, à devoir se comporter selon les souhaits de l’initiative quand il s’agit d’identifier l’identité de chacun pour des raisons de sécurité, notamment : cela semble un compromis entre le oui et le non, entre le tout ou rien, entre l’interdiction et l’autorisation partout, tout le temps. Si les personnes portant un cagoule doivent se dévêtir aux contrôles, par exemple, pourquoi ces femmes ne le devraient-elles pas ?

Photo: Sylvie Roche

Celine van Till

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 100 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont remises en question.

28 réponses à “Pour qui l’on se prend ?

  1. Je vous invite à envisager de rencontrer ces femmes qui portent le voile intégrale islamique, et de discuter avec elles.

    Vous verrez qu’il s’agit d’un signe de rejet du principe d’égalité (des hommes et des femmes) et de soumission à Dieu.

    On ne parle donc pas d’une tenue vestimentaire, mais d’un signe de domination des hommes sur les femnes…

    Non à l’abattage rituel: une abomination pour les animaux;
    Non à la lapidation: une abomination pour l’humanité;
    Non au voile intégral: une abomination pour les femmes.

    Il ne devrait y avoir aucune discussion sur ces troits points revendiqués par les islamistes … la loi doit nous protéger contre ces trois abominations.

  2. Vous connaissez sans doute…

    Quand ils harcelaient les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif;
    Quand ils harcelaient les handicapés, je n’ai rien dit, je n’étais pas habdicapé;
    Quand ils harcelaient les philosophes, je n’ai rien dit, je n’étais pas un philosophe;
    Quand ils harcelaient les femmes, je n’ai rien dit, je n’étais pas une femme;
    Quand ils m’ont harcelé, il ne restait plus personne pour protester…

    C’est sans doute gratifiant d’écrire votre message emprunt de bonnes intentions; mais protéger les intolérants vous place du mauvais côté de l’histoire…

    La cour européenne des droits de l’homme a rappelé que l’interdiction du voile intégral était en effet nécessaire pour garantir le vivre ensemble.

    Vous êtes dès lors contre la CEDH et les droits de l’homme et de la femme ?? Contre le vivre ensemble ??

    Arrêt de la cour eurDH:

    http://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-145240

  3. C’est tellement agréable de respirer sous une Burqa, La preuve la majorité de la population Suisse en ce moment adore porter des masques.
    En outre la Burqa c’est très pratique quand une femme est battue on ne voit pas les coups. Donc on ne peut pas accuser le courageux auteur.
    Et puis couvrir les femmes en les faisant disparaître derrière le costume de Belphégor l’humanité s’en trouve grandit. Un grand costume pour la femme impure et un bond dans les ténèbres. La dignité humaine dit merci à la burqa.
    Enfin question subsidiaire pour tous ceux qui veulent voter non : Comment vont-ils encore oser se regarder dans une glace sans se dire qu’ils n’ont pas apporté leur aide à des personnes qui étaient en danger. Toujours envie de voter non !?

  4. Après l’acceptation de l’initiative sur l’interdiction de la construction des minarets en 2009, nous allons effectivement voter une nouvelle aberration.

    Mais pour moi il y a une aberration encore plus grande : c’est de tolérer certaines cultures musulmanes qui ne respectent, comme le dit si bien Aris Magnin, ni les femmes, ni les droits fondamentaux de l’être humain, ni les animaux, ni les LGBTQ+. Ces derniers y sont d’ailleurs appelés à être tabassés à mort, et cela ne sort de loin pas que de la bouche de ceux qui ont un casier judiciaire.

    Comment est-il possible que la gauche soit prête de totalement renoncer à ses valeurs, obtenues après des décennies de lutte, lorsque l’on parle de l’islam ?
    Tout comme la gauche, vous parlez d’intégration et d’avenir commun, mais en même temps vous rejetez les personnes qui ont un regard critique sur certaines cultures musulmanes (comme elles l’ont naturellement sur certaines cultures chrétiennes d’ailleurs) en évoquant la peur ou l’islamophobie => ce qui met littéralement fin au débat.

    Pas étonnant que les gens adhèrent alors aux solutions de l’extrême droite, ne serait-ce que pour sanctionner les 12 ans de non-réactivité d’une gauche qui ne défend plus ses valeurs, alors que durant cette même période on déplore une multitudes de victimes d’attentats en Europe, venant de radicalisés qui peuvent compter sur un grand nombre de sympathisants “non criminels” qui soutiennent notamment l’obligation aux femmes de porter la burqa.

  5. J’ai du mal à comprendre les arguments du contre.
    On parle ici d’extrémisme pas de tradition. Des pays musulmans sont moins tolérant que nous face à cet extrémisme, et nous on divague, ce serait contre les musulmans, c’est leur liberté, une liberté d’ailleurs que les extrémistes aimeraient nous confisquer.
    Je pense que les naïfs n’ont jamais parlé avec cette franges de musulmans radicaux.

    Le comité d’initiative est antimusulman, on le sait, mais on parle d’extrémisme. Il faut donc se réveiller, sinon les nazis ou tout autre mouvement fascho vont profiter de cette lâcheté pour agir sous le prétexte de la liberté. Et le point commun de ces mouvements est de vouloir tuer la démocratie et ses libertés.

    Il n’a aucun arguments valables pour être contre. Les citoyens musulmans feront la différence entre protection contre l’extrémisme et une attaque personnelle, ce ne sont pas des enfants.

    Il s’agit d’un vote contre l’extrémisme pas contre des traditions.
    Les arguments du non sont intellectuels peu clair ou par intérêt électoraliste.

    Je répète, cette initiative parle de l’extrémisme, pas des musulmans. Et si ce comité nous sort une initiative “raciste”, et bien ils recevront un non.

  6. D’accord avec vous, la clé, non USB, mais à molette UDC a encore frappé!

    Une votation où l’on entretien la confusion sur tout, les brigands, les terroristes et les musulmans.
    Où les mêmes condamnant les “Accords-Cadres”, se servent d’un arrêt de la Cour européenne pour dire, voyez…!

    C’est d’autant plus regrettable et nonobstant les temps longs d’une initiative, dans un pays si compétitif, que toute cette mascarade et ce n’est pas un jeu de mots, coûte très cher,.

    Alors que notre pays, le monde, font face à un gigantesque défi, résoudre cette pandémie, dans un changement climatique, qui lui, n’en a rien à faire des virus et sans parler des écarts de richesse croissants qui seront encore pire qu’un virus.

    1. J’en ai marre que vous me collez une étiquette politique (UDC) ou un genre (homme).

      Je vous l’ai déjà dit: c’est assez dur pour une femne de s’exprimer sur un sujet public. Contrez mes idées, avec une argumentation précise, mais cessez d’attaquer ma personne. L’on ne se connaît pas.

      J’interviens sur ce sujet car il me tient à coeur de contrer cette menace contre les droits des femmes. Partout dans le monde musulmun, des femmes sont torturées/emprisonnées/violées pour refuser de porter le voile (intégral). Je me sens à leur côté ! Et cela m’énerve au plus haut point qu’on puisse présenter le voile intégral comme une liberté ici! C’est une violation inacceptable et horrifique des droits les plus élémentaires de la fillette, de l’adolescente et de la femme !

      C’est quoi après? La tolérance des mutilations génitales ??? Y en a marre de ces accomodements “raisonnables”, toujours au détriment de nous les femmes !!

      1. Chère Michèle ou Michele,

        Ne vois pas en quoi mon commentaire vous attaque personnellement, est-ce la CEDH, ou êtes-vous UDC?
        Rassurez-vous alors, car vous n’êtes pas une exception.

        Je vais donc vous poser une autre question:

        Pensez-vous que nous faire perdre notre temps pour légiférer sur quelques dizaines de cas, empêchera les femmes d’Afrique, du Moyen-Orient et autre Balkans, d’être excisées, d’être battues, traitées comme des animaux, voire même vendues comme esclaves?

        A l’heure où l’on vante l’accord de libre-commerce, pensez-vous que les femmes indonésiennes sont aussi émancipées que vous?
        Et que pensez-vous des Rohingyas?

        1. Une seule femme qui souffre est une femme de trop.

          La démocratie est ainsi faite: on nous appelle à voter oui ou non sur un objet spécifique.

          Bien sûr que cette votation ne changera (presque) rien aux malheurs du monde. Mais c’est un début. Et il nous appartient de dire clairement à toutes les femmes qui combattent l’oppression leur voile patriarcal: nous sommes avec vous! Et nous ne céderons rien à vos bourreaux.

      2. [email protected]
        Vous avez raison de vous exprimer ainsi, certains principes ne sont pas négociables et ne peuvent faire l’objet d’accommodements “raisonnables” avec des croyances dont les revendications politiques visent un pouvoir temporel pour gouverner le monde (ce qui a d’ailleurs été ou est toujours l’ambition de nombreuses religions). Céder sur des points essentiels de cette domination peut tout à fait mener rapidement à des dérives et des violences (y résister aussi d’ailleurs, mais il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre et ce qui est le plus acceptable pour nous). L’initiative permettra d’exprimer très clairement ce que nous voulons ou pas en Suisse. À ce propos, c’est un fait extrêmement triste et malheureux que les femmes doivent se cacher sous des oripeaux sinistres pour pouvoir vivre en paix et à peu près normalement dans de nombreux pays (tous les témoignages sont unanimes là-dessus, y compris de celles qui y sont favorables). Cela n’a strictement rien de naturel, c’est simplement parce que depuis toujours de très nombreux hommes ne savent pas se maîtriser et manquent cruellement d’éducation. La vraie question est de savoir si, au 21ème siècle, il faut continuer de voiler les femmes pour les protéger de l’intolérance et de la violence des hommes (essentiellement dominateurs dans leur essence, ce qu’avait déjà bien compris le Prophète Muhammad au 6ème siècle), ou si ceux-ci peuvent évoluer suffisamment pour construire un monde plus juste et plus équilibré. Là est le vrai enjeu plutôt compliqué vu le poids des traditions et de la résistance des concernés, et de très loin pas gagné d’avance. Y parvenir sera juste une question de survie pour l’humanité, vu tous les problèmes actuels qui ne cessent de s’amplifier.

  7. Il y a « voile » et « voile », les voiles qui voilaient le sourire, un regard brûlant, une mèche de cheveux, qui laissaient espérer une chevelure à laquelle le regard aurait peut-être un jour accès. Il y a voile et voile, celui que certaines portaient comme une muleta devant un taureau; il était généralement de couleur, avec motifs ou transparent. C’était « dans le temps », à l’époque où les européennes portaient encore un foulard, une voilette ou même une mantille.
    Aujourd’hui il y a l’autre voile, noir opaque et mat.
    Je n’aime pas ce voile noir comme la mort, d’une certaine idéologie qui veut nous forcer à oublier le corps des femmes. C’est à la fois une dissimulation et une hypocrisie et c’est terriblement triste car c’est aussi une prison à vie comme le démontre tous les jours ces histoires que l’on nous rapporte de femmes dans certains pays qui se font jeter en prison ou lapider pour l’avoir quitté.
    Tout compte fait je préfère les femmes sans voile, et la lumière sur leur sourire.
    Ces féministes qui prônent la « liberté » de porter le voile, celui qui est « noir, opaque et mat », me semble totalement illogiques, cruelles pour leurs sœurs contraintes, même lointaines, et terriblement naïves. Croient-elles vraiment que comme dans certaines villes françaises, elles auront toujours le choix en Suisse de ne pas le porter elles-mêmes ? « Soyez décente », dira-t-on en le leur « recommandant ».

  8. e pense à la réaction des enfants quand ils ont le sentiment d’une injustice, et demandent : « Pourquoi tu dis ça ?.. » Pas contents et des fois tristes en même temps, ils ajoutent : « Tu ne peux pas dire ça ! » À ne pas comprendre comme « tu n’as pas le droit ! » Non, la maman qui déçoit « ne peut pas avoir dit ça », c’est impossible, ou alors ce n’est pas nous qui pensons, je me sens seul…

    J’ai rencontré des personnes qui défendent la liberté et le respect des femmes, avec honnêteté, et nous avons pu parler de la liberté, l’idéale, la vraie (la sienne ?) qui est certainement encore plus difficile à atteindre que le sommet d’une montagne avec des sandales. Ces personnes et moi avons pu penser différemment sans se sentir seuls. À aucun moment l’un a dit à l’autre : « Pourquoi tu dis ça ? C’est impossible, une femme qui se sent en paix sous un voile est folle ou alors idiote !.. » Ou encore : « Cela te laisse indifférent que ces femmes sont malheureuses ?.. » Nous avons pu parler de la liberté de porter une minijupe qui peut aider une femme à se sentir heureuse, et de l’enfer que subirait une autre si on la lui faisait porter contre son gré. La minijupe ne fait donc pas le bonheur, mais peut le montrer si la femme qui la porte l’a trouvé. S’est-on vraiment éloigné de la volonté ennuyeuse de légiférer sur les grandes robes noires ?

    Un jour un copain de bistrot me racontait la vie dans son immeuble, sa voisine musulmane qu’il croisait devant les boîtes aux lettres : « Une fois je vais lui arracher son voile ! » Je lui avais répondu : « Et cela changerait quoi ? Les femmes qui se montrent te font souffrir parce qu’elles ne veulent pas de toi, celles qui se cachent arrivent à te causer encore plus de problèmes ?.. » Le même état d’esprit, je l’ai trouvé chez de vifs opposants au voile, qui eux aussi auraient certainement envie de l’arracher pour que les musulmanes soient plus heureuses. Avec ceux-ci je n’ai rien à leur dire sinon qu’ils se fichent d’aller voter dans le sens d’une vie espérée meilleure pour tout le monde, ils savent que la leur restera pauvre dans tous les cas. Si vous leurs disiez « ces femmes ne vont pas vous faire de mal », vous ne leurs apprendriez rien puisqu’ils n’existent déjà pas pour les femmes inoffensives. Alors lorsqu’ils invoquent « un signe de domination des hommes sur les femmes », cela fait rire et ils peuvent comprendre pourquoi.

    Je serai plus optimiste si l’initiative ne passe pas, je penserai alors que parfois « tout est possible ».

    1. “Alors lorsqu’ils invoquent « un signe de domination des hommes sur les femmes », cela fait rire et ils peuvent comprendre pourquoi.”

      Je ne comprends pas !

      Vous riez ! des droits des femmes à l’intégration dans notre société et à leur développement personnel? Vous trouvez génial que leur espace de vie en extérieur se limite à la boîte aux lettres ??

      Avec votre raisonnement, vous pourriez également défendre les mutilations génitales, les viols intra-familiaux, etc… Sous prétexte “d’optimisme”, vous perdez tout discernement sur ce qu’est le fait de porter un voile intégral, soit une “atteinte massive” à la liberté personnelle et aux droits des femmes.

      Monsieur, j’ai honte de vos rires patriarcaux.

      1. Madame Michele, vous déclarez d’entrée ne pas comprendre mes propos, cela est chose possible, et dans ce cas le doute serait préférable au choix immédiat de me faire passer pour la personne mauvaise qui n’est pas consciente des souffrances des musulmanes soumises.

        Vous n’avez pas compris comment l’homme que je cite, qui vote contre le voile, ne le fait pas par compassion, mais par haine des femmes qui ne s’accordent pas à son égocentrisme infantile. Il dit vouloir un jour arracher le voile de sa voisine, croyez-vous qu’il démontre ainsi sa sensibilité pour la cause que vous défendez ? Qu’il souhaite que la femme voilée soit plus libre et respectée ?

        Vous n’avez pas compris non plus qui je suis, alors plutôt que de me mettre en colère je ferai l’effort de me présenter, de manière simple et directe pour que cela soit plus accessible : Je suis un homme qui aime connaître ce que les femmes ont dans leur cœur, et figurez-vous que j’ai pas mal de succès. Ha ! Je vous vois venir, mais bien heureusement vous ne pourrez pas me couper la parole à la lecture de ces lignes. J’ai du succès parce que j’ai un cœur moi aussi pour avoir envie de comprendre les femmes qui me font le récit de leur vie, et je n’ai pas besoin de partir à la chasse, elles savent qu’au bout du chemin où elles m’ont fait confiance je ne vais pas leur montrer mes longues dents pour les dévorer. Bien sûr ce ne sont pas les féministes intégristes qui viennent s’asseoir à ma table quand je prends mon café sur une terrasse à Ouchy, ni les travestis, ni celles qui savent solidement qui elles sont pour n’avoir aucun besoin de se confier – ou qui je suis pour venir me le signifier et renverser ma tasse.

        Une jeune fille algérienne à qui j’ose demander si elle est féministe, question qui ne la heurte pas, à laquelle elle répond avec une sincère lucidité qui m’a ému :
        — Je ne suis pas féministe ! Je vais vous dire pourquoi. Si je l’étais, alors ma mère serait une idiote. Nous sommes différentes et nous le savons, mais nos sentiments sont les mêmes, nous nous aimons. Elle ne me demande pas si je suis heureuse en Suisse, elle me demande si j’ai des amies et des amis, je lui fais des récits qui la font sourire, je ne dis bien sûr pas tout. Et quand c’est son tour de parler, je n’aurais pas l’idée de l’interrompre pour lui dire qu’elle se trompe, en se sentant elle aussi heureuse, dans un pays où elle n’a pas la liberté que moi j’ai ici. Nous sommes les deux libres, et d’ailleurs la liberté, cela se mesure comment ? Il est possible de l’avoir grande, grande, même avec un tout petit peu. Si vous aviez pu voir ma mère quand elle a osé dire à mon père qu’elle ira boire un café dehors avec une amie, et elle l’a fait. Je n’oublierai jamais ce bonheur que j’ai vu.
        — Je parie que c’est vous qui avez aidé un peu votre mère à gagner cette petite liberté.
        — Oui !
        — Alors vous êtes quand même un peu féministe.
        — Oui c’est vrai. Mais juste ce qu’il faut, je ne voudrais pas perdre tout ce que j’ai !
        — Ce sont vos copines en Suisse qui vous ont aidée aussi…
        — Oui… Quand je suis arrivée elles ne m’ont pas demandé d’ôter mon hidjab, je l’ai ôté le jour où j’ai compris qu’il est possible d’avoir des amis et amies comme on est, je ne les perdrais pas si je le remettais !.. Je voudrais vous dire autre chose. Vous voyez mon maquillage ? Il est tout fin, mais je l’ôte quand même quand je vais voir ma mère en Algérie. Ma liberté n’est pas un maquillage !
        — Pourquoi êtes-vous venue à ma table ?..
        — Parce que vous me regardiez sans vraiment me regarder, comme si vous me parliez. Ce soir je me sentais triste. Peut-être que j’avais déjà entendu un tout petit peu ce que vous aviez envie de me dire.
        — Moi aussi j’ai entendu un tout petit peu votre pensée…
        — Je me sens libre avec vous, et je ne vous connais presque pas !
        — Mais le peu qu’on a dit est vrai, c’est bien plus que presque rien.
        — Hi-hi-hi…

        Voilà Madame, le texte que vous aurez lu si Madame Van Till ne l’a pas estimé trop long. J’aurais pu le faire bien plus court si j’avais cru tout savoir de votre personne, et vous cerner entre des points d’exclamation. Mais je ne pense cependant pas me tromper sur vos motivations avant le vote. Vous voulez que toutes les femmes soient heureuses, alors peut-être que vous réussirez à arracher une juste victoire – et faire pleurer celles que vous voulez déshabiller de force.

        Le patriarche prendra les malheureuses dans ses bras pour les consoler, certainement sur une terrasse cet été à Ouchy. Ne répondez pas à ces dernières paroles… Elles sont ambiguës ? Vous êtes une femme qui a réussi à rester libre septante ans après l’apparition du Bikini sur les plages.

  9. Il est surprenant que tous “ces grands defenseurs des droits de la femme” qu’on peut lire dans cette rubrique, ne se mobilisent pas plus quand on parle d’egalite des salaires, acces a des hautes fonctions dans les entreprises, dnas la lute contre violence faites aux femmes et d’autres problematiques dont les femmes sont victimes
    Ces commentateurs respectent tellement la femme qu’ils lui interdisent le fait de pouvoir choisir elle meme de sa facon de s’habiller. C’est une drole de facon de la respecter.
    On a des valeurs a geometrie variable !!!

    1. Il y a deux faits observés qui balayent vos arguments :
      – le taux d’absentions chez les femmes est plus élevé que celui des hommes. Donc à part crier une fois par an dans les rues, elles ne se mobilisent pas plus que ça.
      – les femmes critiquent autant que les hommes la façon de s’habiller. N’allez pas nier que de nombreuses femmes vont voter pour l’interdiction du port du voile intégral.

  10. Pour moi c’est très simple: ceux qui veulent interdire le voile islamique doivent également s’opposer au masque qu’on impose à tous en signe de soumission. J’attends donc une déclaration des initiants affirmant que leur initiative concerne l’interdiction de se masquer dans l’espace public, que ce soit pour un motif religieux ou sous un prétexte sanitaire. A ce moment là je voterai pour cette initiative.

    1. C’est très simple et bien loin des réalités sérieuses qui vous échappent. Ce que vous attendez n’arrivera heureusement jamais. En revanche si vous ne mettez pas votre masque, vous serez réprimandé comme le petit gamin qui ne veut pas mettre son bonnet quand il fait froid. Bonne chance pour choisir un jour de grandir !

    2. [email protected] + [email protected]
      Les femmes aiment à se présenter et s’habiller pour se mettre en valeur, mais le voile islamique fait à l’évidence tout le contraire en les reléguant totalement dans l’ombre, cela vous le savez parfaitement. Et que porter un voile léger sera toujours autorisé parce que ça ne masque pas presque complètement le visage. Et aussi qu’en cette période de pandémie, le masque chirurgical n’est absolument pas imposé en signe de soumission, mais pour une raison médicale qui n’est absolument pas un prétexte sanitaire. Il a été démontré en effet que le port d’un masque chirurgical est efficace pour freiner la contagion par le coronavirus (via les projections salivaires notamment). Emettre sous couvert d’anonymat des contre-vérités et des mensonges aussi grossiers en dit long sur vous-mêmes et vos motivations, cela ne trompera certainement pas les personnes responsables et saines d’esprit appelées à voter prochainement sur ce sujet très important.

      1. @Pierre-Olivier Mojon
        Monsieur le “saint d’esprit” qui semblez tout connaitre de l’aspiration de la femme, permettez moi deux remarques. La premiere : je doute que les femmes pensent toutes pareil. Elles n’ont pas toutes les memes aspirations, ells n’ont pas toutes la meme foi. La femme, ne vous en deplaise, n’ont pas une pensee unique de leur image. Elles ne veulent pas toutes se ressembler.
        Deuxiemement, je me suis toujours mefie de la “police de la mode” ou de ce qui est “convenable de porter ou pas”. Les memes qui s’etranglaient dans les annees 60, a la vue d’une mini-jupe sont les memes qui n’admettent pas le foulard (islamique) comme par hasard. Faire la difference entre un foulard et un “voile leger” sera assez complique. Notre police devra-t-elle faire une formation a la fashion-week ?
        Le but de toute cette gesticulation n’est-il pas ailleurs ?

        1. Faire la différence entre un voile léger et une burqa n’est pas du tout compliqué, c’est même très simple et cela n’a rien à voir avec une “police de la mode” genre “police des moeurs” de certains pays ou d’organisations terroristes de sinistre mémoire. Les femmes n’ont certes pas toutes les mêmes aspirations, mais ne prétendez pas bien les connaître si vous ne reconnaissez pas leur droit le plus élémentaire et le plus légitime (ainsi que leur disposition naturelle) à vivre au soleil et dans la lumière, tout comme c’est aussi le cas pour nous tous. Pourquoi ne le pourraient-elles pas? Leur refuser cela en prétendant que c’est la volonté de Dieu est une infamie. Le but de “toute cette gesticulation” comme vous qualifiez une votation démocratique est lui aussi très simple : nous ne voulons pas des stigmates de l’intégrisme islamique chez nous et en particulier concernant les femmes. Je pense que tout le monde l’a bien compris, vous également et tous ceux qui ne sont pas “saints d’esprit” selon votre opinion. C’est facile et bien commode de se moquer, faute d’arguments pertinents.

  11. Ce qui me surprend toujours, avec ce type de micro-démocratie, grâce aux instruments que sont l’initiative ou le référendum, est que, même des gens intelligents tombent dans la trappe, à moins que ce ne soient que des objectifs politiques, ce qui est encore pire!

    Avez-vous entendu parler du contre-projet à l’initiative “contre des visages masqués” dans les médias?

    Moi non, mais je n’ai pas (encore) reçu la brochure et, en temps de pandémie, elle risque d’arriver en hiver austral 🙂

    1. La démocratie ne nous demande pas de décider intelligemment, mais de défendre nos convictions. Raison pour laquelle on accepte le bulletin de vote de tous les citoyens, dont chacun est forcément le con d’un autre. Et moi je suis certainement le vôtre 🙂

      1. hahaha, cher Nicolas, vous n’êtes certainement pas mon con 🙂
        Je rigole, car je viens de visionner “Infrarouge” et je tombe sur votre comment.

        Son titre est poilant “interdit d’interdire” (mai 1968), car M. Addor, qui est assez malin pour ne parler que de la Suisse, parle d’anticiper contre une future dérive au nom de la liberté, on ne voyait pas ce parti aussi progressiste et féministe (cf la fameuse remarque de Ueli Maurer sur sa femme dans sa cuisine).

        Mme Keller-Messahali, elle, pense qu’un OUI donnerait un signal fort à l’Iran, l’Arabie Saoudite, etc.

        Et je suis sûr que ces deux personnes ont voté NON à l’initiative pour des entreprises responsables, qui là était un signal fort, non pour l’étranger, mais pour nos propres entreprises
        et vont voter OUI au libre-échange avec l’Indonésie, où la femme, comme chacun le sait a obtenu l’égalité intégrale du voile.

        Une toute bonne journée

  12. Je vois dans une majorité de commentaires de ce blog la louable intention d’agir afin que la femme musulmane soit respectée et libre. Que cela est facile en allant simplement glisser son bulletin de vote pour soutenir une initiative pourrie qui ne vise rien d’autre que de balayer ce que nous n’aimons pas voir dans nos rues. Que c’est facile d’être certain de son affaire en ne se souciant pas de savoir ce que cela pourra signifier pour ces femmes, sans même leur demander leur avis. Et lesquelles de musulmanes, convaincues ou non ? Les quelques-unes qui logent dans un luxueux hôtel une semaine, et se promènent quelques heures dans leur cage mobile sur le quai d’Ouchy ou devant les vitrines des bijoutiers à Genève ? Ou toutes les autres qui sont sanctionnées par la police islamique de leur pays si elles soulèvent un coin de leur voile en public ? Est-ce que j’aurais dû explicitement parler de la Burka pour ne pas induire de confusions sur l’objet réel de la votation ? Certainement pas puisque les initiateurs se fichent du vêtement mais désirent chasser hors de Suisse toute catégorie de personnes ne répondant pas aux critères de leur charte. Ceux-ci ont choisi de miser sur la lourde Burka pour parvenir à déclencher plus d’émotions favorables à l’interdiction, après avoir échoué avec le léger voile.

    L’initiative est une manœuvre insidieuse et calculée qui risquera bien d’aboutir si le « Oui » se traduit par « Aidons ces femmes ». Nous n’aiderons pas celles-ci par ce biais dans la mesure où on le désire réellement. La distinction est nécessaire à faire puisque dans ce blog, comme dans tous les autres débats, les doués en hypocrisie et charité gratuite sont bien naturellement invités à apporter leurs arguments sur les nombreux sujets qui les affectent.

    1. Absolument pas. Je n’y ai pas pensé une seconde. Explications:
      1 Sachant que c’était la première compétition internationale et paralympique qui a eu lieu cette année en pleine pandémie, j’ai saisis cette opportunité, sans importance aucune du lieu (si elle aurait été plus proche de chez nous, cela aurait été d’autant plus pratique).
      2 Par ailleurs, je n’ai aucun sponsor basé aux Emirats-Arabes Unis.
      3 Toute interdiction ou obligation est un débat qui m’intéresse dont on parle également en éthique à travers mes divers engagements.
      Mais je vous remercie pour votre question, sachant que, bien trop souvent, les gens agissent par simple intérêt ou pour leur propre ego, au lieu de s’impliquer pour le bien commun.

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