La peur que « ça » n’arrive jamais

Toute votre attention y est consacrée. Quotidien de référence, je me rends sur letemps.ch le samedi 8 février. A la Une : « Le coronavirus fait une première victime étrangère en Chine ». Afin d’en rajouter une couche, ce matin (lundi 10), j’aperçois : « Coronavirus: le bilan monte à 902 morts et 40 000 contaminés en Chine ».
On ne peut pas mentir, cela fait peur. Les actualités font parfois ressentir un désaccord avec soi-même. Elles créent de l’inquiétude et de l’anxiété. Faut-il pour autant s’en priver ? Les informations transmises créent rapidement une épidémie et transmettent les émotions qui y sont associées.
Comment ne pas appréhender votre avenir après les feux en Australie, le buzz du réchauffement climatique et, pour clôturer le tout, le risque d’expansion du coronavirus ? En continuant à entendre une information terrifiante après l’autre et à en parler avec notre entourage, on dirait que la peur bleue se transmets plus vite que le virus lui-même. Suis-je complètement naïve ?

Tout le monde rencontre des obstacles à surmonter

Dans sa vie, le sportif prépare des échéances clefs. A deux doigts des championnats du monde ou des Jeux Olympiques, il doit à tout prix éviter de se blesser. Pourtant, il aimerait s’entraîner davantage pour s’y qualifier. Son esprit est divisé. La stratégie à adopter doit être, selon les circonstances et la situation de chacun, bien choisie.
C’est aussi mon cas. Mais comment puis-je rester concentrée, focalisée sur ce que je dois faire et ne pas me laisser entraîner par la foule d’encouragements et la positivité ? Je ne dois surtout pas tomber malade maintenant. Si cela devait arriver, ma préparation serait retardée. Je ne me serais pas correctement entraînée. Je vais donc échouer. Voyez-vous la rapidité de transformation – involontairement – de simples pensées ? Et encore, elles peuvent amplifier en les transmettant à mes bien aimés (leurs réponses peuvent les accentuer). Au risque de tomber dans un cercle vicieux.
Comment puis-je alors préparer mes compétitions à l’étranger dans de bonnes conditions ?
Il peut y avoir la :
Peur de l’échec
Peur de perdre
Peur de l’erreur
Peur de la contre-performance
Peur de la blessure
Peur de tomber malade
Peur de décevoir
Peur de l’abandon
Peur du futur

Gérer ses émotions

Vous me direz alors que je dois bien me protéger et avoir un encadrement compétent. Cependant, je propose de passer à l’action pour ressentir des petites améliorations :

– Premièrement, afin d’assurer une bonne compréhension de la situation, je pèse tous les aspects concrets et leur impact réel. Non pas en ignorant la situation, ce bilan emmène, bien souvent, à la relativiser.

– L’environnement dans lequel j’évolue participe à mon bien-être : compte tenu des enjeux actuels, je prête soigneusement attention à ma récupération (je me repose et je prends des mesures afin de maximiser mon bien-être et donc de réduire les « dégâts » engendré par l’entraînement). De plus, je prends toutes les précautions recommandées pars l’OMS et la Confédération suisse (comme pour la grippe). « C’est l’essentiel », aimerai-je vous dire. Dès que j’avais optimisé ma condition de vie, je me sentais rassurée. Instinctivement, la situation est devenue largement supportable.

– Cependant, il reste un aspect important : qu’en est-il de nos pensées ? Les deux actions décrites précédemment aident à les stabiliser. Ainsi, chaque événement incite nos pensées à défiler. Je suis consciente de la plupart d’entre-elles. Cependant, d’autres sont dites « automatiques ». Depuis des années, j’ai essayé de les identifier. J’ai réalisé, bien souvent, qu’elles n’étaient que peu probables. J’ai donc pu les remplacer par des croyances positives. Par conséquent, cela m’a permis de dédramatiser ladite situation.

– Tenant compte de mon handicap et de mes difficultés (on en a tous), c’est dès lors au mental de jouer ! Ma mission est de rester alignée à mes valeurs : #ToutEstPossible, #TransformerLaDifficultéEnOpportunité, #Vivre. Ce faisant, il sera plus facile de ne pas me laisser influencer par mon entourage, qu’il soit enthousiaste (après une victoire, par exemple) ou inquiet (lors d’un échec ou d’une blessure). Comme le virus, mes proches peuvent me transmettre leurs émotions : la première variante pourrait m’inciter à en faire trop et la deuxième à douter de mes capacités.

– Lors d’un enjeu quelconque, le plus important est de rester centrée sur soi-même. Je ne m’estime pas égoïste pour autant : chaque chose à son temps. Ma priorité est d’atteindre les objectifs que je me suis fixée. L’expérience vécue me donnera l’opportunité d’encore mieux aider autrui et, ceux qui me tiennent le plus à cœur, les personnes en situation de handicap.

– A présent, mon ancrage est solide : je suis prête à gagner ! Plus facile à dire qu’à faire, dit-on. Ce n’est qu’en essayant qu’on se donne la chance d’y arriver : il s’agit de passer à l’action !

En procédant par ces démarches, bon nombre de personnes pourraient être rassurée. Certes, on le sait, les médias font l’effet « boule de neige » : l’inquiétude ne fait que d’amplifier. Il est indispensable de prendre conscience que vous pouvez compter sur vous-même pour ne pas laisser la négativité vous affecter. Il s’agit de faire face à au défi dans les meilleures conditions possibles.

Concernant le coronavirus, s’agissant d’une nouveauté, l’attention qui y est portée est d’autant plus élevée. Certes, les statistiques montrent que la grippe saisonnière tue plus de monde.
Venant d’une région éloignée et d’une culture différente (la Chine), on s’en méfie encore plus. Si le virus provenait d’Italie ou d’Allemagne, l’intérêt porté serait différent. Notre attitude aussi (relativiser). Surtout que l’Organisation Mondiale de la Santé à vite pris des mesures (être rassuré). De plus, des recommandations ont été publiées (dédramatiser). Il n’y a plus qu’à les appliquer et se sentir plus en sécurité ! S’inquiéter est une perte considérable d’énergie et de temps. Vrai ou faux ?

Quel bénéfice peut-on en tirer ?

La peur peut nous paralyser. Ressentir de la peur est humain. Après avoir appliqué le processus proposé ci-dessus, il peut, au contraire, nous emmener à nous auto-motiver. Grâce à une prise de conscience, l’objectif est de tourner vos émotions à votre avantage.
Finalement, en passant à l’action, on abandonne le statut de victime et on reprend le dessus grâce au contrôle de ses émotions.
Vous en avez l’opportunité, c’est à vous de choisir : la saisir ou la laisser passer.

Celine van Till

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 400 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont mises en question.

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