Protéger la santé du personnel sanitaire de la crise du covid-19

“Nous nous organisons pour faire tourner la maternité avec du personnel parti en renfort ailleurs mais nous allons quand même essayer d’éviter les semaines de 60 heures sachant que les horaires sont déjà sur 13h/24h, histoire de pouvoir survivre sur la durée” (parole d’une infirmière sage-femme dans un hôpital de zone de la région lémanique, 22.03.2020).

Les soignants, médecins et professionnels de santé sont au front pour faire face à la pandémie. Comment s’engager “corps et âme” pendant des mois tout en préservant sa santé ?

Le Conseil Fédéral a ordonné un blocage partiel de la loi sur le travail alors que ces règles garantissent une protection essentielle : le droit aux pauses et les périodes de repos sauvegarde le temps de récupération indispensable. Voir les informations du Syndicat des services publics.

Cette période de crise extrême va durer de longs mois pour le personnel de santé, les périodes de repos et les mesures de protection de la santé au travail doivent être respectées afin de garantir un système de santé durable…

Chaque professionnel a une responsabilité personnelle pour se préserver au mieux. Voir mon article qui apporte quelques “modestes éclairages” de mesures individuelles pour récupérer.

Chaque institution hospitalière s’organise afin de préserver la santé de ses collaborateurs :

“Nos plans d’urgence élaborés avec tous nos professionnels solidaires font que les normes légales sont dépassées, les lever est nécessaire pour éviter encore que l’on se fasse taper sur les doigts parce que nous nous sommes organisés pour tenir la route. Ayez aussi confiance que les managers ne sont pas tous des affreux et que nous sommes aussi au front à réorganiser pour que nos équipes tiennent dans la durée. Malgré le nombre d’heures qui s’accumulent, nous faisons en sorte que chacun ait des soupapes et tentons de prévenir tout épuisement. La solidarité qui se dégage de toutes les équipes est loin des discours de révolte qui ne vont qu’amener angoisse au sein de nos blouses blanches. Un peu de confiance et de calme les amis on en a besoin sur les lignes de front !” (Précisions d’une infirmière cadre en milieu hospitalier dans le canton de Vaud, 22.03.2020).

Dans cette crise de pandémie, notre pays doit absolument prendre toutes les mesures pour préserver nos professionnels du domaine sanitaire.

Mais sur un long terme, lorsque le danger sera dépassé, engageons-nous à soutenir notre système de santé. Notre gratitude et nos remerciements chaleureux envers le personnel hospitalier devront évoluer à l’avenir vers des conditions de travail qui respectent réellement l’intégrité et la santé du personnel ainsi qu’une revalorisation fondamentale du secteur sanitaire en Suisse.

 

La gestion de stress des astronautes

Entretien avec Claude Nicollier,  astrophysicien et spationaute suisse de l’Agence spatiale européenne. Il devient en 1992 un des premiers européens dans l’espace.

 

Avez-vous été fidèle à votre rêve d’enfant, devenir astronaute ?

« On a marché sur la lune » de Tintin a été publié lorsque j’avais 10 ans. Le ciel noir avec les étoiles, l’équipage coloré, la fusée magnifique, Tintin, Milou, le Capitaine Hadock, les passagers clandestins ! Tout cela me faisait rêver. C’était pour moi une source d’inspiration extraordinaire. Le rêve d’être astronaute était dormant car c’était à l’époque encore impossible. J’avais beaucoup d’affection pour le ciel et les étoiles, j’étais curieux de tous les phénomènes naturels, j’ai fait des études de physique et par la suite d’astrophysique. Un rêve réalisé, en parallèle, celui de devenir pilote dans les forces aériennes. Mon grand bonheur est de faire quelque chose qui a un sens, avoir des responsabilités, s’entraîner, aller dans l’espace réparer le télescope qui nous a donné des images absolument fantastiques de l’espace où il y a une telle richesse. C’est un immense privilège d’avoir été impliqué dans ces actions profondes.

 

Vous qui avez réalisé des missions dans l’espace dans des conditions d’exigence extrême, comment vivez-vous le stress au travail ?

Il y a les périodes tranquilles où le niveau de pression est nul : j’ai tout le temps, je réféchis, j’écris, j’évalue, je peux rêver. Des activités où il faut produire, par exemple donner un cours, je le prépare, durant la délivrance du cours, je reste concentré pour ne pas faire trop d’erreurs, pour assurer un niveau de confiance auprès des étudiants. Il ne faut pas briller, mais il faut faire le choses correctement. C’est un niveau moyen de pression. Un engagement dans une mission militaire, il faut attaquer une cible précise par mauvais temps, dans la montagne, c’était un niveau de pression plus élevé. Il y a du danger. Quand je donne un cours, il n’y a pas le risque physique, il y a un petit risque mental de ne plus être respecté par les étudiants si on se trompe complètement. Mais ce n’est pas un risque physique. Certain de mes collègues militaires ne sont pas revenus, tout simplement.

Pour moi l’aviation militaire était une magnifique leçon de gestion du stress. Pour quelqu’un qui aime voler, c’était une forme de vol extraordinaire, un avion à réaction de 10 tonnes, on peut faire de l’acrobatie, des évolutions en formation, pour un pilote c’était fabuleux ! En même temps, nous avions des scores à faire dans les tirs. On nous contrôlait, nous essayions de faire au mieux, il n’y avait aucune distraction, nous étions complètement focalisés. La gestion du stress est venu automatiquement avec la passion du vol et la responsabilité. Les avions coûtaient 2 millions de francs, chaque vol était cher : une dizaine de milliers de francs pour chaque vol.

Pour éviter le niveau de stress négatif, il faut se préparer, y compris à des situations inattendues mais auxquelles on a déjà pensé, « what if ? ». En se posant beaucoup de questions de ce type, nous réfléchissons aux mesures à prendre de façon à pouvoir accomplir la mission. C’est une responsabilité que nous avons, si nous ne pouvons pas l’accomplir, nous essayons au moins de nous en sortir et de ramener le vaisseau spatial sur la piste en une seule pièce !

Les sorties en scaphandre, c’est intense ; il faut  vraiment se concentrer pour ne pas faire d’erreur. L’absence de pesenteur rend les choses beaucoup plus dificiles car il faut à chaque geste toujours s’accrocher à la structure, sinon détaché, il ne reste plus que le filain de sécurité. Mais nous l’avons tellement entraîné dans la piscine que c’est automatique. Le téléscope fait 16 mètres de haut, j’ouvre des portes, et c’est le même mécanisme, je sais que cette poignée est relativement dure, il faut utiliser les outils motorisés pour desserer les boulons, tout cela je l’ai déjà vécu en simulation.

C’était la joie de faire quelque chose qui avait un sens, pour laquelle j’avais été préparé, nous étions obsédés de réussir chaque sortie extra véhiculaire qui nous avait été confiées. Nous avons dû changer l’ordinateur principal et introduire une caméra grande comme un piano à queue dans le télescope. Ce n’était pas le bonheur de voir les étoiles et la terre, c’était la joie de faire ce qui avait du sens. Le sentiment de responsabilité est très fort. On nous avait confié cette tâche difficile, relativement dangereuse, nous la faisions au mieux. Préparé, je me focalise, 8 heures dehors, sans pause. Nous avions un sac à eau dans le scaphandre, uniquement de l’eau, pas de nourriture. A la fin de la sortie, il n’y avait pas eu assez d’eau et j’avais les lèvres complètement sèches et déshydratées.

 

Comment réagit un astronaute lorsqu’il fait une erreur ?

Nous sommes très soutenu, généralement nous savions ce que nous devions faire mais les coéquipiers nous rappelait toujours les procédures avec une voix calme. Nous n’élèvons jamais la voix, tout est tranquille, chacun fait son travail, le temps est limité, donc une pression sur le temps. Pour chaque sortie, le « time line » était contrôlé par le sol, ils entendaient toutes les communications, connaissaient toutes les données télémétriques, y compris l’ECG qui enregistre en permanence la fréquence cardiaque. Lorsque nous étions un peu en retard par rapport au « timeline », nous sentions la pression sur nous pour ne pas continuer d’être en retard. C’était du bonheur, le bonheur de faire un travail qui était rigoureux et très exigeant.

Si nous faisions une erreur, il fallait d’abord corriger la conséquence de l’erreur, pour rétablir la normalité. Ensuite il faut mettre cela derrière nous, sans se laisser perturber. Lors d’une sortie extra-véhiculaire, si un astronaute réalise que le filain de sécurité est détaché, c’est une erreur majeur. Il le dit, tout le monde le sait, c’est arrivé. Dans ce cas-là, il rattache tranquillement le filain de sécurité, il rétablit la normalité, il met tout cela imméditement derrière. Il reprend le travail avec une performance à 100%. Il n’y a pas de conséquences directes. Les erreurs doivent servir à minimiser la probabilité qu’elles se produisent à nouveau dans le futur. Par la suite, dans le débrifing nous discutons de pourquoi c’est arrivé sans jamais avoir l’idée de critiquer qui que ce soit. C’est un respect de qui nous sommes, nous sommes des être humains qui font de temps en temps des erreurs. Nous en tirons des leçons pour que cela n’arrive plus. Les choses embarassantes ne sont jamais masquées, elles sont mises sur la table car cela évite à d’autres que de mêmes circonstances se produisent pour eux.

 

Vous avez effectué 4 missions dans l’espace, comment récupériez-vous après le stress et l’effort intense d’une mission ?

Généralement, nous n’étions pas désignés pour la prochaine mission qui devait avoir lieu une année plus tard. Il y avait quelques heures d’entraînement une à deux fois par semaine et le reste du temps, nous avions un job où nous collaborions avec des ingénieurs sur un problème, améliorer la pilotabilité du bras articulé par exemple. Nous pouvions aussi être engagés comme soutien à une mission en cours, comme communicateur dans la salle de contrôle, assis juste à côté du directeur de vol. C’est un niveau de pression relativement bas. Dès que nous sommes désigné pour la prochaine mission, tout bascule dans l’entraînement intensif. Les astronautes sont complètement intégrés dans le projet, c’est notre mission, non seulement parce qu’on nous l’a confiée mais parce que nous l’avons créée, en même temps de s’y entraîner. La satisfaction au travail est énorme, c’était magnifique et extraordinaire ! La première mission sur hubble n’avait jamais été faite avant, il fallait tout imaginer.

 

Une question personnelle, on dit que le paradis est dans le ciel, alors ?

Il y a une beauté stupéfiante de l’espace, cela m’a profondément touché : voir tout le ciel étoilé qui se déplaçait rapidement. Les levers d’Orion à l’Est, les vues de la Terre. En considérant que l’extrême beauté nous rapproche du divin, alors, dans ce cas-là, je me suis rapproché du divin, oui. En regardant dehors, nous avons l’impression d’une extraordiaire pureté que nous ne trouvons jamais sur terre. L’atmosphère est un écran qui nous empêche de voir les étoiles pendant le jour car il y a la diffusion de la lumière du soleil dans toutes les molécules d’oxygène. Sortis de cet écran, nous avons une visibilité sur l’univers, sans obstacle, rien ne nous empêche de voir le lointain. En dehors de l’atmosphère, la vison est si claire et les univers fabuleux. Ce qui m’a ému, c’est l’extraordinaire pureté. Le divin et la pureté sont des choses qui se rapprochent. Pour apprécier la véritable saveur et la grandeur, la splendeur du vol spatial, il faut y passer des jours ou des semaines, voir les couchers de soleil, la nuit voir toutes les lumières des villes qui se déplacent rapidement.

 

Quels sont vos 3 leviers pour être en santé au travail ?

La passion pour ce que je fais, la rigueur et la discipline, et l’exercice physique.

 

Extrait du livre : “La boîte à outils de votre santé au travail”, C.Vasey, éd. Dunod 2020

Le coût humain de la rentabilisation du domaine social

Comment préserver la santé des professionnel·le·s du secteur médico-social dans un contexte d’optimisation des tâches et d’accélération ? Le temps de voir émerger des changements organisationnels et politiques qui soutiennent la santé au travail, chacun·e est amené·e à prendre des mesures de prévention au quotidien.

Les métiers du secteur médico-social sont en pleine métamorphose. En effet, rentabiliser les prestations génère de nouvelles exigences en matière d’immédiateté et d’attentes collectives. L’objectif est « d’économiser », chaque année « des drames humains », des complications ou de réduire la longueur des hospitalisations. L’indicateur de performance a pour but d’optimiser l’efficacité des prises en charge en fonction du budget attribué mais il a tendance à dénaturer le sens du travail, chaque tâche devenant un objectif à atteindre coûte que coûte dans un temps donné.

L’effet secondaire de ce système économique est l’augmentation des tâches administratives pour justifier l’investissement des moyens financiers. Ce travail se fait au détriment du temps passé auprès des bénéficiaires, les professionnel·le·s ont tendance à se mettre la pression pour réussir à satisfaire les exigences des financeurs et maintenir, malgré tout, la qualité d’accompagnement en moins de temps.

Pour les travailleuses et travailleurs de terrain, formés à avoir des initiatives pour le bien de la personne, la mue du sens au travail est radicale. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus se fier uniquement à leur expertise pour prendre des décisions adaptées à chaque situation. Ils se doivent d’atteindre des objectifs chiffrés décidés par d’autres avec des moyens formatés par des budgets pré-établis.  De plus, la logique de performance et de rentabilité encourage l’action à court terme, alors que, par exemple, l’accompagnement d’une famille dysfonctionnelle, la prise en charge d’une personne en situation de handicap ou le maintien d’une personne âgée à domicile sont des processus longs et complexes. Il n’y a souvent aucun résultat significatif rapidement.

Comment préserver la santé des professionnel·le·s du secteur médico-social dans un contexte que certaines interprètent comme une « zone sinistrée » ? Le temps de voir émerger des changements organisationnels et politiques qui soutiennent la santé au travail, chacune et chacun est amené à prendre des mesures de prévention au quotidien.

La nécessité de prendre soin de soi en priorité

Dans un avion, les directives d’urgence pour sauver un bébé sont : « le parent prend d’abord de l’oxygène avant de mettre le masque sur son enfant ». Le parent est prioritaire et c’est vital pour lui comme pour son petit. De façon similaire, un travailleur social dont le rôle est d’aider des personnes vulnérables en souffrance, doit d’abord prendre soin de lui. Impossible de soigner ou d’accompagner les gens de façon adéquate sans veiller scrupuleusement à sa santé physique et psychique !

Comprendre ce qu’est le burn-out

Plus les travailleuses et travailleurs médico-sociaux sont informés et plus ils pourront être vigilants. Le burn-out n’est pas un état qui apparaît subitement. Généralement, l’épuisement s’installe au-delà de 6 mois de stress chronique. Ce processus s’entraîne de lui-même : le stress permanent augmente la tension, le corps se fatigue, le sommeil est perturbé, la récupération est difficile, l’efficacité au travail diminue, les heures supplémentaires augmentent pour compenser, ce qui crée davantage de fatigue.

Identifier les signaux d’alerte

Concrètement, chacune et chacun doit être attentif à son état physique, émotionnel et mental. Les signaux qui devraient alerter sont : une fatigue de tension, une irritabilité accrue, des inquiétudes, une démotivation mais également la rumination de soucis professionnels qui envahissent la vie privée et empêchent de se changer les idées et de bien dormir. Le stress chronique provoque une vision systématique des difficultés et non des solutions ce qui développe un sentiment de ras-le-bol ou d’impuissance. Dépasser les limites, entrer dans une zone à risque, est habituel pour des travailleurs engagés. L’important est de s’en rendre compte et de mettre en place des mesures de protection au bon moment.

Kit de survie en zone de danger

Si les signaux d’alerte se sont installés, la priorité consiste à se ressourcer davantage. Pour ce faire, protéger son sommeil est primordial. Se défouler et se changer les idées est aussi prioritaire. Au travail comme dans la vie privée, il est conseillé de se concentrer sur les situations où il est possible d’agir plutôt que se focaliser sur les difficultés. Un des points qui fait une grande différence est de cadrer les ruminations toxiques, surtout dans la vie privée.

Maintenir une vie privée solide et sortir du rôle d’aidant

Le plus grand danger ? Les préoccupations professionnelles mangent peu à peu la vie personnelle et les opportunités de se ressourcer s’amenuisent. Notre pouvoir de récupération tient en priorité à la vie hors travail : veiller à avoir une vie privée enrichissante et à « déconnecter » complètement du rôle d’aidant.

Evacuer ses émotions sainement

Assurer une attention constante et bienveillante implique d’être en bonne santé physique et psychique. La résonnance émotionnelle est l’outil principal pour travailler avec empathie et assurer une présence humaine. L’hygiène émotionnelle est vitale pour les professionnels du secteur médico-social ; il s’agit d’évacuer régulièrement ses émotions, se défouler, bien connaître son fonctionnement, être conscient des problématiques susceptibles d’entrer en résonance avec son propre vécu et savoir poser des limites.

Garder le sens de son travail vivant

La première étape indispensable est de ne pas subir mais d’accepter les indicateurs de performance qui constituent le nouveau paysage du secteur médico-social. Entrer en opposition, résister, signifie investir et gaspiller son énergie dans un gouffre sans fond ! Il s’agit d’adopter une attention sélective : injecter du sens chaque jour dans les actes du quotidien, garder à l’esprit les indicateurs précis qui montrent la qualité du travail social en fonction des valeurs professionnelles. Recueillir l’auto-évaluation de l’aidé et valoriser une stratégie des « petits pas ».

Entretenir une ambiance d’équipe positive et bienveillante

Etre en équipe ou partager avec des pairs contribue à ventiler le stress et permet d’échanger sur des situations, que ce soit de manière formelle ou informelle. Le rire aide à dédramatiser et à relâcher les tensions. Il est possible de « vider son sac » mais cela doit être fait avec conscience, en avertissant l’autre et en respectant ses limites pour ne pas contaminer les collègues par une humeur plaintive ou de découragement systématique. Les supervisions permettent de questionner le fonctionnement d’une personne ou d’une unité, puis d’implémenter des changements durables et encourageants. L’échange de pratique permet de « débriefer » les émotions tout en bénéficiant de conseils pour s’améliorer. Les supervisions aident également à repérer les travailleurs sociaux en souffrance et à examiner avec eux les mesures à prendre.

Travailler avec l’humain nécessite des garde-fous

Le challenge actuel dans le secteur médico-social est de trouver le juste équilibre entre la logique économique, le respect des valeurs professionnelles et les besoins spécifiques de l’humain en situation de souffrance. Privilégier systématiquement la quantité et la rapidité au détriment de la qualité des prises en charge crée des conflits internes chez les travailleuses et travailleurs médico-sociaux : ils sont tiraillés entre ce qui leur est imposé de faire avec les moyens limités à disposition et ce qu’ils souhaiteraient pouvoir faire face aux besoins particuliers d’une personne en détresse sur le terrain.

Les meilleur·e·s professionnel·le·s sont les plus exposé·e·s dans leur santé : engagé·e·s dans leur travail, elles et ils ont des exigences de qualité élevées selon leurs valeurs professionnelles, n’abandonnent pas face à une situation difficile. Un bon professionnel épuisé en arrêt de travail prolongé coûte cher à l’institution, son absence aura des répercussions sur ses collègues et l’efficacité des équipes. Le coût humain en sera élevé et contre-productif dans une logique de rentabilité et d’efficacité sur un moyen terme.

La responsabilité de la santé au travail est partagée, les professionnel·le·s mettent en place des mesures de protection individuelle au quotidien et le système institutionnel soutient et respecte les choix spécifiques des travailleurs. Des mesures conjointes, individuelles et organisationnelles, permettront d’augmenter l’efficacité, la rentabilité et la qualité des prises en charge sur un moyen à long terme. Une grande réflexion de société est ouverte : le secteur médico-social doit-il être absolument rentable au même titre qu’une entreprise commerciale ? Quels sont les garde-fous que nous souhaitons voir établis pour préserver la qualité de la relation d’aide dans notre pays ?