Lâcher-prise pour mieux agir…

Pour certains d'entre-vous, le terme « lâcher-prise » vous exaspère et vous évoque : la défaite, l’abandon, la soumission, l’incapacité à faire face, un manque de pouvoir ou de force. Ou au contraire, vous rêveriez de pouvoir lâcher-prise avec certains problèmes qui vous envahissent l’esprit mais vous n’y arrivez pas. Ou encore, peut-être avez-vous la chance de pratiquer le lâcher-prise régulièrement dans votre vie courante ?

Ce qui est certain, c’est que dans notre société occidentale, nous sommes encouragés et formatés pour opposer une résistance à toute situation négative. Dans cette attitude, nous souffrons : notre corps se contracte, il devient dur et rigide, notre mental est surchargé de pensées toxiques et d’émotions négatives.

Habituellement, lorsque tout va mal, nous essayons de nous défendre et d’agir pour améliorer les choses. En réalité, nous « réagissons » en fonction de la colère, de la peur, du désespoir. Ou alors nous sombrons dans l’inertie et la frustration. Se dire « ça m’est égal » est une autre forme de résistance… déguisée !

Résister c’est dire non à la réalité, soit par le jugement mental soit par l’émotion négative.

Lâcher-prise c’est quitter cette attitude de résistance en acceptant totalement la situation telle qu’elle est dans le présent. Mais attention, lâcher-prise ne signifie pas subir une situation désagréable ou difficile sans vouloir s’en sortir. Il s’agit d’accepter le moment sans jugement, sans opposition émotionnelle, de constater la réalité de façon neutre. L’absence de résistance nous permet de restaurer une qualité de détente intérieure et une conscience différente de la situation. Nous pouvons en sentir les effets positifs immédiatement : allégé, apaisé et détendu dans notre corps, sont les indicateurs que nous lâchons-prise.

Le calme intérieur retrouvé nous permet d’identifier clairement ce qui doit être fait et d’agir sainement. Il s’agit alors de nous concentrer sur le premier pas à faire pour améliorer la situation maintenant. 

Effets du stress sur la vie de couple

Le stress et la vie de couple ne font pas bon ménage! Voici une explication de Monsieur Stephen Vasey, thérapeute de couple et auteur. Dans le cas d’un burn-out grave, la relation de couple est usée par le désinvestissement progressif de la victime de burn-out. Le conjoint ne comprend pas toujours ce qui se passe. Mais même sans en arriver à ce degré de gravité, le couple est mis à rude épreuve lorsque notre vie déborde de stress et est encombrée par toutes les activités passionnantes et nécessaires que nous nous infligeons. Le climat est tendu au travail mais aussi à la maison. Et de dissiper ces tensions en déchargeant sur le conjoint ou les enfants n’est certainement pas la bonne manière.

Il y a trop de stress, il n’y a pas assez de temps consacré à vivre et (re-) vitaliser notre couple. Le couple actuel n’est pas si solide et enraciné que celui de nos ancêtres et semble vraiment avoir besoin d’entretien, de soutien, de nourriture élémentaire:

Pour parler aux rationnels, oui, le couple a besoin de tunning, de passer au garage, comme on le fait pour une précieuse voiture de sport qui a son prix: huiler, nettoyer, réparer et même un peu d’essence pour la faire avancer!

Pour parler aux sensibles, le couple a besoin de temps de qualité, de moments où s’échangent de bons ingrédients comme du toucher, des rires, de l’affection, de la folie, du silence, de l’écoute.

Lorsque vous renforcez votre couple, les épreuves de votre quotidien et de votre travail vous sembleront surmontables. Mais si votre couple se fragilise, ou pire, devient le terrain d’une guerre froide ou chaude, alors là, fini le ressourcement dans le sweet home. Il y aura certainement surcharge et sentiment d’être dépassé.

Mais dans des conditions saines, le couple peut être le refuge, l’endroit où l’on trouve du soutien, du réconfort, on peut aussi se régénérer en vitalité dans son corps et dans ses émotions.

Comment faire? En résumé, être vivant dans votre corps seul et aussi le plus possible ensemble. Lorsque vous respirez et bougez le corps, vous déchargez les tensions et les lourdeurs, vous devenez davantage vivant, et les prétextes que vous pouvez créer à deux sont toujours sympas et efficaces: danser ensemble, se battre amoureusement sur le lit, courir ensemble, ranger la cave avec de la musique forte et entraînante, se séduire et s’aimer de manière plus animale ou tropicale (!), chanter dans la cuisine ou sous la douche etc… Inventez-vous une origine «Brésilienne»!

Nous vivons tous beaucoup dans nos têtes sérieuses, parfois il suffit de vivre un peu plus dans nos corps pour y retrouver de la vitalité, du ressourcement. Après une bonne décharge, la relaxation et le sommeil réparateur deviennent plus facile.

Bien à vos couples!

 

Stephen Vasey

Thérapeute de couple à Lausanne, (membre du réseau Noburnout) et auteur du livre «Laisser Faire l’Amour», éd. LoveOfthePath, 2013

 

Simplifions notre vie, étape 1 : identifier le trop-plein

Le challenge qui s’offre à chacun d’entre nous dans notre société occidentale est de faire face à la surcharge…

Trop d’informations, trop d’activités, trop de sollicitations, trop d’objets, trop de consommation, trop de liens virtuels, trop de devoirs à accomplir, trop d’exigences, trop de complexité mentale, trop de technologie, trop de pensées à la minute…

La qualité de vie à laquelle nous aspirons, le bonheur que nous souhaitons s’installeront en limitant les compromis et en allant à ce qui est essentiel pour nous. Chacun a sa vision unique des différentes dimensions essentielles. Je vous partage quelques bonnes idées d’un livre de Léo Babauta : « L’art d’aller à l’essentiel ». Selon cet auteur américain, simplifier notre vie repose sur deux étapes :

1.   Identifier l’essentiel

2.   Eliminer tout le reste !

Ce processus semble simple et trop facile, pourtant il nécessite tout une remise en question et une réflexion sur nos objectifs de vie. Les patients qui souffrent d’un burn-out sont dans cette recherche d’épurer leurs vies. Aller à l’essentiel devient une nécessité vitale. Ils se sont perdus dans le devoir à accomplir, les urgences, les attentes des autres, de la société. Pour retrouver un équilibre de vie sain, ils vont revenir à eux, revenir à leurs valeurs, leurs besoins, leurs objectifs de vie. Rester proche de l’essentiel est le garant de leur guérison. C’est ce qui leur permettra à l’avenir de poser des limites aux autres et à eux-mêmes.

Voici les questions préalables proposées par Léo Babauta pour déterminer l’essentiel dans notre vie :

Quels sont les domaines de ma vie dans lesquels je me sens débordé ? Qu’est-ce que je souhaiterais simplifier ? A quels moments je me sens éloigné de ce qui est important pour moi ? Où est le trop-plein ? Le superflu ? Est-ce que je souhaite limiter la quantité de biens que je possède, d’informations que je reçois ou de responsabilités qui m’incombent ?

Ce constat personnel vous permettra de mieux identifier le trop-plein de votre vie.

 

La suite du processus dans mon prochain message-blog…

Cause principale de burn-out après 50 ans: un conflit de valeurs

«55 ans… encore 10 ans à tirer»est une remarque que j’ai entendue dans mon cabinet. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, cette vision est très rare dans les consultations pour burn-out au-delà de 50 ans. Les patients de cet âge pensent plutôt que c’est le dernier moment pour réaliser leur idéal, leurs valeurs dans le travail, espoir d’être encore utile et de faire bénéficier les compétences professionnelles acquises dans leur carrière.

J’entends dire qu’avec les années d’expériences professionnelles, on devrait savoir gérer le stress et ne plus risquer le burn-out… Ce n’est pas tout à fait la réalité. Il existe des facteurs de risque différent au-delà de 50 ans.

A cet âge, il devient évident que le corps ne fonctionne plus comme à 20 ans. La récupération est beaucoup plus lente, l’usure du corps rend vulnérable aux changements de rythme, décalages horaires, stress ambiant, confrontations. A 50 ans, le corps n’est plus aussi solide, il est absolument nécessaire d’apprendre à le protéger, d’accepter d’avoir besoin de travailler autrement. Ainsi, le besoin se fait ressentir d’être moins au front, plus en retrait des confrontations du terrain pour jouer davantage un rôle de conseil, de supervision des jeunes, de transmettre ses expériences, son savoir-faire.

Léonard*, directeur de département RH de 52 ans, après 20 années d’une belle progression dans la même banque, s’est retrouvé dans un épuisement professionnel très avancé et très grave. La cause principale était un conflit de valeur: lui désirant soutenir l’humain dans l’entreprise, ses collègues ayant une vision très financière et froide. En voyant les « jeunes loups » arriver dans l’entreprise avec une volonté affichée de réussir, il se disait: «ma carrière est réussie, j’ai largement prouvé que je pouvais réussir, j’ai sacrifié une partie de ma vie privée, j’ai parfois dû faire des compromis avec mes valeurs profondes, j’ai reçu une reconnaissance sociale, j’ai réalisé de beaux projets… et alors?»

La clé est dans ce «…et alors?».

Alors… Au-delà de 50 ans, un bouleversement intérieur s’amorce, nos valeurs qui étaient centrées sur nous-mêmes évoluent vers une vision globale, un désir de contribuer au monde autrement.

Les valeurs essentielles se positionnent en premier plan, il devient beaucoup plus difficile de faire des compromis, une nécessité intérieure d’agir en fonction de ces valeurs émerge. Les priorités de vie se transforment aussi, l’idéal à réaliser évolue autrement, la question de l’essentiel de notre vie devient dominante: «j’ai déjà vécu plus de la moitié de ma vie, qu’est-ce que je souhaite vivre?»

«Et alors?» Léonard réalise qu’il ne pourra pas réaliser et agir ses valeurs profondes au sein de la banque, les possibilités sont trop restreintes et cela l’a épuisé. Il décida de prendre les 3 mois sabbatiques auxquels il avait droit de part son poste et son engagement durable dans l’entreprise. Ce temps lui a permis de mettre en œuvre ses valeurs humanistes dans un voyage à l’étranger. De retour de ce congé très enrichissant, il a acquis une sérénité intérieure, une saine distance avec son travail, un investissement modéré dans son poste car il était évident pour lui que la priorité de sa vie n’était plus la réussite dans son travail…

Quelques chiffres de terrain de ma pratique de cabinet :

  • Environ 15 % des victimes de burn-out ont entre 50 et 60  ans

  • Plus de 50 % des burn-out sont causés principalement par un conflit de valeur

  • Plus de 80% sont des cadres ou chef d’entreprise

(*prénom d’emprunt)

 

Le retour au travail: phase de traitement indispensable à la guérison

Suite à l'arrêt maladie, la victime d'épuisement professionnel reviendra à son travail  en tremblant.

Vivre un burn-out crée la peur du retour au travail. Cette crainte est justifiée : une blessure enclenche un mécanisme interne de protection qui nous fait craindre toute même situation. Le travail nous a brûlé, il est normal d’en avoir peur. Prendre le risque de revenir au travail est indispensable pour guérir entièrement d’un épuisement professionnel; le patient a besoin du même terrain de stress, de contraintes, d’exigences qui l’avait rendu malade pour guérir complètement. Il va devoir changer les attitudes et les pratiques qui l’ont conduit à l’épuisement. Sans ce changement radical, une rechute est assurée ! Il n’est pas possible d’expérimenter une nouvelle façon d’être et de travailler dans le cabinet du médecin ou du psychologue.

Ainsi, lorsque la victime de burn-out revient à son poste de travail, elle est encore en convalescence : elle a peur de ne pas y arriver, elle peut ressentir la honte et la culpabilité d’avoir craqué, elle n’a pas encore ses réserves d’énergie habituelles. Elle peut se sentir rapidement fatigué, elle doit se réhabituer au rythme de travail stressant et contraignant, elle va devoir reconstruire sa confiance en elle et en ses compétences à faire face au stress.

Un retour à 50 % du taux d’avant le burn-out est vivement conseillé pour quelques semaines. Ce taux de travail réduit lui permettra d’être protégée d’une surcharge réelle existante, de récupérer encore de la fatigue. Cela lui permettra aussi de mettre en place une autre façon de travailler et de reconstruire petit à petit un nouvel équilibre de vie plus sain.

Et malgré le fait que la personne sera à nouveau à 100 % après ces quelques semaines à 50 %, cela lui prendra plusieurs mois encore pour réussir à reconstruire un nouvel équilibre salutaire.

Passage d’un horaire 3 x 8 à un horaire libre: un piège?

Il existe dans certains secteurs un système d’organisation d’horaires de travail en 3 x 8. Cela consiste à faire tourner par roulement de 8 heures consécutives 3 équipes sur un même poste afin d’assurer un fonctionnement continu sur 24 heures. Les horaires irréguliers, le passage du travail de nuit au jour sont des causes de perturbation du sommeil et du rythme biologique. Le corps est fortement éprouvé et une fatigue chronique peut s’installer sur un moyen à long terme. Certains opérateurs ont eu la chance de pouvoir évoluer dans leur carrière ; ils ont passé d’un horaire 3 x 8 à un horaire libre de jour et en semaine uniquement.

Habituellement, ce changement d’horaire est favorable à la santé du travailleur. Mais dans certains cas, ce changement se révèle être un facteur de risque de burn-out. En effet, l’organisation en 3 x 8  protège les collaborateurs qui auraient tendance à trop s’investir dans leur travail. Chaque opérateur transmet au suivant les tâches en cours. Il sait que le travail avancera grâce à l’équipe suivante pendant son repos. Il quitte son poste l’esprit libéré des préoccupations. Il peut s’engager à fond pendant son temps de travail qui reste cadré, il est obligé de quitter son poste selon l’horaire établi.

Par contre, en passant à un horaire libre, ce collaborateur devra apprendre à s’auto-cadrer. Il devra accepter de s’arrêter même s’il n’a pas pu finir le travail en cours. Son travail n’avancera pas pendant son temps de repos, l’horaire libre ne le protègera plus de ses excès d’engagement. Et si, en plus, son cahier des charges est indéfini et flou, il aura encore davantage de risque de s’épuiser s’il ne change pas sa façon de voir le travail accompli.

Un poste clairement défini dans les horaires, l’organisation et le cahier des charges fonctionnera comme cadre protecteur des collaborateurs qui ont tendance à trop s’investir et à vouloir trop bien faire leur travail. Pour de tels collaborateurs, le changement vers un poste libéré de toute contrainte horaire ou de définition de poste nécessite d’apprendre à travailler autrement.

Courage fuyons !

 

La fuite ou l’abandon est parfois le seul moyen de se protéger dans une situation insupportable. Malheureusement, certains d’entres-nous n’ont peut-être jamais eu l’occasion d’apprendre à fuir devant le danger.

Un top-manager ou un directeur d’entreprise n’a pas l’habitude de fuir, il a appris à faire face. S’il est arrivé à ce haut niveau de la hiérarchie, cela signifie qu’il sait gérer sa vie comme un sportif d’élite : Totalement engagé dans son travail, il ne compte pas les heures supplémentaires. Il fait preuve d’endurance, il est capable de gérer de longues périodes de crise. Il doit faire face à une surcharge d’information permanente. Il maintient un rythme de travail largement supérieur à la norme et doit savoir gérer un stress constant. Il fait face aux pressions des actionnaires ou du marché et assume la responsabilité de toute l’entreprise et de ses collaborateurs. Il est souvent seul pour prendre des décisions aux lourdes conséquences. Un bon top-manager est un homme d’honneur, il va vouloir faire respecter ses valeurs. Lorsque un conseil d’administration va à l’encontre de sa vision de l’entreprise, il va se battre corps et âme pour reprendre la barre.

Pareil que pour un sportif d'élite, nous pouvons imaginer que pour maintenir un bon équilibre face à ces challenges, le top manager a su développer une bonne hygiène de vie. Il bénéficie d’un sommeil récupérateur même s’il est plus court. Il reçoit le soutien de ses proches et trouve une stabilité affective dans sa vie privée. Probablement qu’il fait du sport régulièrement. Il sait gérer ses émotions. Il effectue aussi un check-up annuel chez son médecin généraliste. Il mange de façon saine.  Des compétences spécifiques lui sont nécessaire pour affronter les périodes difficiles : il doit savoir parfois prendre distance avec son travail, se rappeler que l’entreprise n’est pas sa vie. Il doit avoir des pairs dans son entourage qui peuvent l’aider à prendre les bonnes décisions, à qui il est possible de livrer ses doutes et ses craintes.

Pour le sportif d’élite, une perte dans cet équilibre de vie provoquera un manque de performance lors d’une compétition, une blessure peut-être, un abandon.

Pour le top-manager, une faille dans son équilibre de vie est dangereuse. Par contre, en cas de manque de performance ou de blessure, certains n’abandonneront pas. Ils continueront… à faire face. Même dans une situation humainement insupportable, même dans l’impuissance totale,  la fuite pour eux n’est pas envisageable.

Le risque de suicide existe en cas de burn-out avancé

Le malheureux décès de Carsten Schloter, directeur général de Swisscom illustre la souffrance et l’impuissance qui peuvent être vécues même au niveau le plus élevé de la hiérarchie.

La plus grande difficulté ressentie par les top manager et directeurs d’entreprise est la solitude de leur poste. Une grande partie de ces professionnels ont l’habitude d’assumer de lourdes responsabilités, ils gèrent très bien la pression quotidienne, parfois ils font face à des situations de crise extrêmes. Pour pouvoir durer à ce niveau-là sur un moyen à long terme, ils ont développé de bonnes stratégies pour supporter ce stress permanent (pratique d’un sport, bon équilibre familial, soutien logistique et humain dans l’entreprise). Leur point vulnérable est qu’ils ne savent pas où trouver de l’aide lorsqu’ils en auraient besoin. Ils se sont habitués à la solitude de leur poste, ils tiennent bon, ils supportent les coups durs sans se plaindre, ils n’ont parfois même pas l’idée de demander de l’aide car ils ont l’expérience qu’ils doivent toujours s’en sortir seuls.

Le suicide est un risque lors d’épuisement professionnel grave. La personne qui met fin à ses jours, le fait par impuissance et non par tristesse. Dans la totale impuissance de faire face au déséquilibre qui s’aggrave toujours plus dans le temps, la solution extrême trouvée pour agir est de choisir sa mort.

Je ne connaissais pas Carsten Schloter, ni les raisons de son geste désespéré. Par contre, j’ai eu l’occasion, dans ma pratique, d’accompagner des « personnes de pouvoir » perdues dans l’impuissance totale. La souffrance humaine est énorme, le risque de suicide est important. L’enseignement que l’on peut en tirer est d’apprendre à trouver de l’aide lorsqu’on perd pied. Pour se prémunir de la solitude d’un poste lourd, il faut être attentif à entretenir un bon réseau de soutien de pairs qui peuvent comprendre nos difficultés. Le soutien doit être trouvé en dehors de la famille et des proches si possible car il est plus facile de livrer nos failles et nos doutes à des personnes avec qui nous ne craignons pas qu’elles s’inquiètent pour nous.

Si vous avez l’impression de sombrer dans l’impuissance, n’hésitez jamais à demander de l’aide, avant que cela ne devienne trop grave.

Des vacances essentielles?

La période estivale commence, nous l’attendions avec impatience… Profiter des vacances, enfin. Mais comment ne pas passer toutes les vacances à récupérer de la pression du travail? Comment faire une réelle pause du monde professionnel? Comment retrouver notre énergie physique et mentale?

Revenir à l’essentiel pour soi

La première chose à faire est de sentir vos besoins et de revenir aux sensations du corps. Dans les habitudes de travail, le mental est très sollicité, un réajustement est souvent nécessaire pour habiter pleinement le corps. L’action physique quelle qu’elle soit vous aidera à vous reconnecter aux besoins réels. En plus, bouger le corps vous aidera à vous détendre et vous défatiguer surtout les premiers jours de vacances !!! L’important est d’identifier les besoins auxquels vous ne répondez plus lorsque vous travaillez, de retrouver une norme d’habitudes de vie juste et saine.

Ensuite, je vous encourage à trier, à vous focaliser sur tout ce qui vous fait du bien d’habitude (activités, type de pensées, entourage). Vous pourrez ainsi éliminer tout ce qui n’est pas essentiel pour garder si possible ce que vous aimez vraiment et qui répond à vos besoins. Prenez garde de ne pas surcharger vos journées et fixez-vous des limites : privilégiez la qualité plutôt que la quantité ! Et même si vos besoins entrent en conflit avec ceux de votre entourage, négociez au moins une satisfaction de besoin personnel par jour.

Changer de cadre

D’abord, soyez persuadé que le plus vous allez réussir à vous éloigner du travail, le plus vous allez retrouver une bonne efficacité et une bonne motivation au retour. La rupture avec le quotidien est la chance à prendre durant les vacances !

Vous pouvez profiter de sortir du flux perpétuel d’informations qui vous mettent habituellement sous tension, méfiez-vous des mails, téléphones portables, internet qui vous conservent connectés et vous surchargent la tête.

Vous avez la disponibilité de vous poser un cadre bienveillant qui vous soutient à prendre soin de vous-même (bien manger, bien dormir, bouger le corps, être dans la nature, etc.) Toutefois, prenez garde de ne pas glisser dans la complaisance : « je ne fais plus rien, plus aucun effort, je me laisse aller » qui ne sera pas satisfaisant.

Pour vous changer les idées, vous pouvez choisir des activités qui vous nourrissent de beauté intérieure : culture, partages, affection, intimité, plaisirs, nature…

Se changer les idées cela peut aussi signifier changer les idées sur soi-même ! Soyez étonnés de vous-même !

Vous avez aussi l’opportunité de retrouver ou d’entretenir un « rythme humain », cela signifie : prendre du temps pour soi, ralentir, s’accorder du temps pour ne rien faire, savourer un bon repas, flâner sans objectifs précis.

Se concentrer sur une chose à la fois

C’est la meilleure façon de bénéficier d’une simplicité de vivre :

Choisissez une activité que vous aimez (suffisamment stimulante mais pas trop).

Focalisez toute votre attention sur le moment présent.

Evitez toute distraction et plongez dans votre activité avec bonheur.

 

Je vous souhaite de bons moments de détente intérieure…

Des chiffres précis sur l’évolution du burn-out en Suisse

Selon les enquêtes récentes, nous pouvons observer que les Suisses souffrent davantage du stress au travail.

Deux études sur la fréquence du stress chez les personnes actives en Suisse ont été réalisées à 10 ans d’intervalle par le SECO : un Suisse sur trois se sent «souvent voire très souvent stressé au travail». Ce chiffre est en augmentation depuis 10 ans ; entre 2000 et 2010, le nombre de personnes souffrant de stress chronique est passé de 26,6% à 34,4 %. Quant à la proportion de travailleurs qui ne se sentent jamais ou peu stressés, elle a baissé à 12,2% contre 17,4% il y a 10 ans. On ne constate aucune différence selon la branche économique ou le sexe. Par contre, le nombre de jeunes travailleurs stressés (entre 15 et 34 ans) est plus élevé que la moyenne.

Dans un rapport publié en 2010 de l’office fédéral de la statistique, l’exposition aux risques dits psychosociaux, a pris le dessus sur les risques physiques : 41% des personnes interrogées disent ressentir de fortes tensions psychiques au travail.

Concernant le burn-out qui est un syndrome d’épuisement consécutif à un stress chronique, les statistiques sont moins claires. Un indicateur significatif du burn-out a été relevé : le sentiment d’épuisement émotionnel. Selon ce même rapport de l’office fédéral de la statistique, au total, 4 % des personnes interrogées ont affirmé se sentir épuisées émotionnellement au travail.

Nous pourrions déduire du résultat de ces enquêtes que le stress chronique touche 34,4 % des travailleurs en Suisse mais que seul 4 % souffriraient effectivement d’un burn-out. Par contre, nous n’avons aucun chiffre valable et représentatif qui nous permettrait de connaître le détail des victimes du burn-out en Suisse : quelles professions seraient les plus touchées, quels âges à risque, la proportion d’homme et de femme, le niveau hiérarchique, le secteur économique, la taille de l’entreprise, etc.

Malheureusement ces études sont probablement loin de cerner la véritable ampleur du burn-out en Suisse. Les médecins et psychologues observent une aggravation tant au niveau du nombre de consultations qui augmente que au niveau du degré de gravité des personnes épuisées ces dernières années.

Et malgré l’alerte donnée par les professionnels du terrain, il semble que les acteurs des milieux politiques et économiques restent indifférents voire même ignorent l’augmentation de cette souffrance qui atteint la santé et la productivité des Suisses. Une enquête statistique spécifique aurait dû être mise en place à grande échelle pour observer et mieux cerner la population à risque, les facteurs et l’évolution de l’épuisement professionnel en Suisse.