Me Libérer

Me libérer de moi-même?

Sylvain raconte son histoire, sérieux et triste comme un soldat fatigué :

“Lorsque j’étais enfant, nous vivions à la campagne, j’ai beaucoup souffert de la pauvreté de ma famille. Nous avions très peu d’argent.

En plus mes parents avaient décidé de porter financièrement des gens de la famille, donc nous devions tous se serrer la ceinture. Véritablement.

Je n’avais rien pour moi, et je ne devais pas me plaindre. Je n’ai pas eu un lit pour moi jusqu’à mon adolescence. Je n’ai jamais eu un habit neuf. Notre religion, c’était de penser aux autres et d’aider les autres.

Puis dans ma vie j’ai eu un bon travail, j’ai pu enfin me libérer de la pauvreté et accéder à un niveau de vie meilleur. Puis dans la suite j’ai porté moralement et financièrement ma famille et mon ex-femme en particulier au delà du divorce. Je porte ma nouvelle compagne.

Prendre sur mes épaules, m’occuper des autres, sauver les situations, je connais. Je suis un porteur professionnel.

Ces derniers mois, j’ai senti un grand vide, je suis épuisé, j’ai perdu le goût de vivre“.

 

Mon premier travail de psy, c’est d’écouter. Je suis touché par son récit. Sylvain fait état de plusieurs sentiments, de sa colère aussi. Je lui demande ce qu’il veut en faire. Petit à petit se dessine une direction, des besoins, une demande d’aide qui a une valeur d’objectif : “me libérer“.

La psychothérapie peut aider à prendre conscience d’un schéma auquel nous obéissons. L’enfant est marqué par des expériences familiales, et dans la construction de sa personnalité, va imbiber, par osmose en quelque sorte, le fonctionnement des parents, leurs angoisses et leurs qualités. Ou autre exemple, l’enfant développe un schéma de défense et d’adaptation à l’un des parents et le répètera avec son conjoint dans sa vie d’adulte.

La thérapie peut nous poser de nombreuses questions.

-Etre soi-même, au fond, ça existe ? Et si oui, c’est quoi ? Qui ?

-La liberté, c’est important, mais laquelle ? Etre libre intérieurement de son passé, de ses schémas, de ses modèles, semble différent et vraiment impliquant par rapport à être libre extérieurement, dans son look, dans son mode de vie, dans ses choix…

-Si la conscience d’un schéma est présente, cela peut nous donner éventuellement le choix ? Et comment nous trahissons nos antiquités ? Et comment sommes-nous créatifs et supportons le nouveau, l’inconnu, et la vulnérabilité qui va avec ?

Dans un cadre thérapeutique sécure et soutenant, ces questions sensibles et vitales peuvent être abordées. Le chemin est parfois parsemé de guérison, d’émancipation, de développement de nos facettes multiples et étonnantes.

 

I love my job. J’adore mon métier de psy. Je ne travaille pas avec des problèmes, j’accompagne des êtres vivants sur un chemin.

 

 

Stephen Vasey

Stephen Vasey

Stephen Vasey est sociologue, travaille à Lausanne comme Gestalt-thérapeute en consultation individuelle et couple. Anime des séminaires sur la relation et la sexualité des couples, d’autres sur la colère saine. Auteur du livre « Laisser Faire l’Amour ». www.therapie-de-couple.ch

20 réponses à “Me libérer de moi-même?

  1. Cher Stephen,
    Je confirme je suis également passionnée par ce très beau métier ! “Deviens qui tu es ” de Nietzshe
    Oui, c’est un véritable parcours initiatique qui demande du temps. Ce temps dont nous avons besoin pour nous décoller de l’histoire de nos parents et de notre histoire transgénérationnelle . Devenir adulte en considérant que nous avons une histoire familiale mais que nous ne sommes pas cette histoire familiale ! Identifier toutes ces zones d’ombre et ces zones de lumière. Apprendre à nous aimer, à être en amour avec nous même . Ne plus être au service des autres, injonction judéo-chrétienne , apprendre à nous accorder du temps. Retrouver notre liberté d’être différent de nos ancêtres, en assumant notre identité . Nous dire un vrai “OUI” à notre vie pour la ré-écrire chaque matin à notre façon à nous . L’espace thérapeutique accompagné de la présence et de l’écoute du thérapeute est un espace alchimique extraordinaire pour celui ou celle qui décide de changer ses croyances , sa façon de voir la vie et de la regarder. C’est un des plus beaux métier !

  2. Il me semble comprendre que votre patient a beaucoup aidé, trop pour sa résistance mais pas trop en bien. Je pense ainsi qu’il ne sera pas de ceux qui déclarent : « J’étais là pour les autres et maintenant personne ne m’aide, plus jamais je n’aiderai les autres ! » C’est une déclaration que j’entends souvent, c’est assez triste de penser s’être trompé et le comprendre si tard, et éventuellement se souvenir à ce moment d’anciens conseils : « N’aide pas les autres, toi on ne t’aidera pas ! » Dans ma famille c’était ce que me répétait souvent mon père ou ma mère qui avait sans cesse peur qu’on la vole, et qui disait tout perde de songer trop aux autres, financièrement et affectivement. Mon père qui disait qu’il faut être dur et égoïste pour ne pas être un imbécile faisait tout le contraire. Il aidait financièrement sa parenté en secret, parce qu’il nous avait dit dès le début « Ils sont tous morts », et je le croyais jusqu’à ce que je trouve des lettres de remerciements en triant après son enterrement. Dans cette période je croisais des personnes que je n’avais pas rencontrées jusque-là, qui me disaient : « Il était si généreux, il voulait nous faire plaisir… » Chacune de ses employées était payée au double du salaire habituel dans le secteur, recevait un manteau de fourrure pour la récompenser de sa bonne volonté, plus tard une voiture, et cela devait rester secret. Ce n’était par contre un secret pour personne que ma mère, ma sœur, et moi recevions les mêmes beaux cadeaux. Mais ce n’était pas pour nous récompenser, si on lui avait demandé pourquoi il se serait mis en colère, et aurait peut-être répondu : « Pour rien ! » Il détestait les manifestations affectives. Sa famille il l’avait en partie ailleurs, une autre femme, d’autres enfants. Et comme à nous il leur donnait ce qu’il aurait rêvé d’avoir dans son enfance.

    J’imagine que Sylvain ne regrettera pas l’aide qu’il a donnée, cela avait un sens (et continuera à en avoir un). La part du peu que sa famille avait, elle ne le donnait pas pour rien… Et je pense maintenant à son lit qu’il n’avait pas pour lui seul. Je me souviens de mon lit, coincé entre un bureau celui de mes parents, avec un paravent rouge entre les deux. Jusqu’à l’âge de dix ans parce qu’après nous étions passés de modeste ou pauvre, à riche et digne. Au lieu de l’appartement dans un immeuble de bureaux, nous habitions sous le toit d’une majestueuse maison entourée de grands arbres où chantaient les oiseaux, bien plus haute que la ville et le lac, avec un grand lustre de cristal dans le hall, quatre cheminées, un grenier où je pouvais me cacher avec mes trésors, et… mon lit dans ma chambre à moi, où seuls les écureuils avaient le droit de venir croquer des noisettes et tapoter sur mon duvet le dimanche matin ! Oh je sais que ce n’est pas le lit de Sylvain qui n’avait rien pour lui, dont la famille partageait tout avec les proches, mais j’ose en parler à cause du partage. Dans ma famille nous ne partagions rien entre nous, c’était une règle de non-affection. Nous pouvions être pauvres ou riches cela ne changeait rien, nous ne goûtions pas aux sardines Pilchard dans l’assiette du voisin, ni plus tard au champagne dans une autre coupe que la sienne, à cause des microbes ! Et pourtant dans cette pauvreté de richesse, il y a un rêve, comme l’inverse (qui aurait existé ?) que je fais régulièrement depuis l’âge de sept ans : j’ai enfin mon appartement le plus heureux du monde. Parfois c’est un lit posé au bord de la route, avec un gros duvet où je suis bien au chaud sous la pluie. D’autres fois j’ai un six pièces au trentième étage, sans plafond, avec des murs pas plus hauts que les vestiges romains, et au moins six portes d’entrée (ou de sortie) en acier riveté, où j’accède à des tuyaux en béton, des escaliers étroits, des échelles, obligé de longer les balcons des autres locataires pour aller jusqu’à la voie publique. Mais si je veux prendre une douche chez moi j’ai le même luxe que les milliardaires, je la prends les pieds dans le sable sur le toit pendant que j’ai la vue sur la foule qui fait des vagues entre les magasins. Et plus riche encore j’ai rêvé une fois à l’appartement où le temps ne peut jamais s’arrêter, un cylindre en verre où l’autoroute se colle tout autour dans le sens montée et le sens descendant, comme un double tube hélicoïdal d’alambic, pendant que dans mon conduit étroit à trois étages souffle un fort vent chargé d’odeurs de benzine et de gazon fraîchement tondu. Ce que j’étais déçu en me réveillant dans mon lit à moi, entouré de quatre murs et un plafond, un appartement silencieux à mourir, avec vue sur les montagnes immobiles, et ce lac abandonné qui ne se videra jamais !

    À cinquante et un ans j’avais enfin trouvé mon « rêve d’appartement ». Deux fenêtres à trois mètres au bord de la route à grand passage, à cinquante centimètres au-dessus du sol, le bus qui s’arrête contre les vitres, des radiateurs où les tuyaux font des détours multiples entre le plafond et les murs, le parquet qui tremble quand passe un camion, les robinets qui sifflent, le chauffage qui s’arrête en hiver ou devient brûlant en été, une odeur mystérieuse de moutarde forte, enfin tout ce qu’il faut pour que la vie entre !

    Ce rêve s’est révélé n’être pas le vrai rêve, et pourtant l’architecture et la vie qui le traverse est proche des rêves faits dans le sommeil. Je me sentais après quelque temps quand même un peu déçu, me disais souvent : « Je vais déménager… » Mais tout aussi souvent : « C’est l’appartement de mon rêve, mais je n’y suis pas vraiment, il faudrait que je puisse me transformer en rêve moi aussi, et alors je l’aurais pour de bon !.. » Durant les quinze premières années j’ai continué à penser : « Ici je réaliserai mes rêves… » J’y suis encore toujours depuis vingt ans, mais ces cinq dernières années j’ai un voisin au-dessus de ma tête qui écoute du Rap à plein volume à toute heure, a un chien qui aboie, renverse les meubles, saute à pieds joints en gueulant des injures, casse parfois des vitres… Cette vie intense me tue ! Il a été condamné pour plusieurs délits et je pense régulièrement : « Mais quand est-ce qu’il fera sa peine de prison pour que j’aie la paix ! » Il m’a inondé mon appartement en oubliant de fermer chez lui les robinets avant de tomber ivre sur son lit. J’ai dû appeler les pompiers, et ces derniers temps j’ai eu plusieurs fois de l’eau qui commençait à goutter sous mon plafond, mais grâce au deux colocataires moins ivres et le chien, les robinets ont été fermés à temps. Personne ne voudrait vivre ces faits divers, je n’en jouis pas et cela peut se comprendre. Mais pourquoi est-ce que dans mes rêves de maison heureuse, bien avant l’eau du voisin, l’eau coulait déjà le long des murs pour transformer ma chambre et le corridor en piscine où je me promenais plein de bonheur, un bonheur d’enfance retrouvé où le paysage peut entrer dans la maison, et la maison s’ouvrir pour découvrir toute la vie ! Un lit sous la pluie, ou un lit qui se transforme en bateau prêt à gagner les océans ! Ces rêves si forts qui ne m’ont jamais quitté, malgré mes tapisseries qui se décollent et le faux plafond qui ondule. Excusez-moi pour ce texte si long qui inonde cette zone de liberté. C’est si important d’avoir un lit à soi, je me suis laissé emporter loin, loin, loin de ma maison. Laquelle ?

    I love your articles. Ce sont des invitations à voyager éveillé, en pleine nuit avec une lampe de poche magique.

      1. Content de vous voir revenir même si parfois vous pouvez être rude. Avoir son propre blog crée certainement plus de tensions que d’être commentateur (selon les sujets). Et écrire un livre, qui même s’il est publié parmi les milliers de propositions, donne autant de travail qu’un potager, mais ensuite on peut rester seul à avoir envie de relire ses écrits. Les légumes c’est facile, celui qui en a envie leur trouvera chaque fois un bon goût s’ils sont frais. Le livre, il entre dans notre crâne comme une baie inconnue posée sur la langue pendant qu’on a les yeux fermés, et au moment où on les rouvre on a déjà avalé. Trop tard pour regretter d’avoir déjà goûté, et c’est ainsi qu’un écrivain peut se faire cracher dessus quand lui est renvoyé ce qui est « dégoûtant, ou immoral, ou insensé, ou qui ne devrait pas exister… » Mais bien sûr en opposition l’écrivain peut être complimenté, embrassé, félicité… Et finalement entre les deux il est peut-être plus gratifiant d’aller bêcher, puis inviter ses amis à venir manger une bonne soupe pleine de vitamines. Je suis pessimiste pour ne rien attendre, rien croire. Dans mon manuscrit d’une centaine de courtes nouvelles rédigé il y a deux ans, j’en ai donné quelques unes à des connaissances. Pour les uns c’est « Merveilleux ! Si beau ! Si pur ! Si tendre !.. » Et les autres : « Horrible ! Déprimant ! Malsain ! Fou ! » Dans ces réactions ce sont les personnages de mes histoires qui sont bien acceptés ou rejetés, pas moi ! Mais cela me rend triste quand même pour eux, pas dans mon manuscrit mais dans la réalité où je suis certains qu’ils existent avant que je les invente. Fabriquer quelque chose qui plaît, pas de problèmes. Faire découvrir ce qui est en soi, c’est bien plus délicat. Les livres, la peinture, la musique nous aident à vivre, et dans ce domaine tout le monde ne se contente pas d’aimer ou pas, comme s’il fallait détruire ce que les autres aiment pour se sentir rassurés !

        1. “Qui aime bien châtie bien” 🙂
          Ce doit être mon entier ajoulot, je laisse la langue de bois aux notables.
          Même ma mère me le reprochait, entre autres choses. Dieu ait son âme, la pauvre!

          La création ne peut faire l’économie de l’effort et de la douleur, les carottes non plus d’ailleurs.
          Il sera intéressant de voir, si la civilisation survit à cette auto-destruction, quels artistes parmi ces golden boys survivront aux siècles. Entre lala Gaga, Damien Hirst et ses requins en filets formolés et autre Houellebec aux bons baisers de la Mecque.

          Gainsbourg disait que la musique était un art mineur, lui qui rêvait d’être peintre.
          Perso, je n’aime pas le terme d'”artiste” auquel je préfère créatif.
          Einstein ou Daguerre étaient aussi créatifs que Picasso ou Saint-Sens, à mon sens!

          Sa meilleure création est toujours la prochaine, malheureusement et sans devoir brûler les antérieures 🙂
          Bonne rédaction, ami Dominic

          1. P.S. Si tu vas mal, ami Dominic, viens en visite.
            je suis toujours et encore traumatisé d’une amie qui s’est suicidée, alors que je pensais naïvement qu’elle m’aurait demandé pour venir en Uruguay, avant Noël!
            Alors, pas de blague Dom Tom!

    1. Merci beaucoup Dominic de partager autant de poésie et de choses personnelles. En vous lisant, je suis aussi parti loin, captivé par des images fortes, étonnantes et parfois tristes. Comme vous, j’aime les voyages.

  3. Je dépose rarement des commentaires. Ici, dans votre article, il y a quelque chose de juste et d’apaisant. Outre le fait que je reconnais la Gestalt, j’aime votre plume. Des ressentis jusqu’aux questions existentielles. Envie d’acheter votre bouquin. Eh oui, c’est un beau métier !

  4. Connais le sentiment.

    En 2013, j’ai eu une importante promotion. Je l’ai annoncé à mon père, fier. Il m’a mal compris et m’a dit: bien sûr que tu ne pouvais pas obtenir cette promotion, tu en es pas capable. C’est mieux pour toi que tu as échoué….

    Depuis ma promotion, lucrative, j’ai donné la moitié de mon salaire à ma soeur (divorcée) et à ses enfants.. Fin 2015, j’ai reçu un préavis avant délocalisation de la société (finalement, la société est restée en Suisse). J’ai appelé ma soeur pour lui demander un peu de soutien. Résultat: elle m’a insulté car je ne verserais plus l’argent en cas de licenciement, que j’étais égoïste (ma faute?),… et elle a bouclé le téléphone (j’étais resté interloqué…). Je ne l’ai plus jamais vue depuis … malgré mes tentatives. Depuis, elle sort avec un mec marié, riche…

    Au travail, ma meilleure collègue convoitait mon job. Et j’ai appris par la suite qu’elle couchait avec notre boss pour décrocher la promotion et disait du mal de moi… cela ne l’a pas aidée car mes chiffres économiques étaient meilleurs… mais ça m’a détruit qu’elle dise du mal alors que je lui aurais laissé sans hésiter la promotion au nom de notre amitié si elle me l’avait demandé…


    Lundi dernier, un collègue que j’avais tenu à bout de bras lors de son divorce m’a dit qu’il souhaitait ma mort car je n’avais pas de vie et travaillais trop (= concurrence déloyale à ses yeux)…

    Depuis 2013, j’ai pris 45 kg et ma vie est bien triste. Je n’ai plus confiance dans les humains! C’est dit, pas besoin de répondre.

  5. Pourquoi ne peut-on pas répondre ? Dans votre commentaire vous ne demandez pas d’aide, puis refermez la porte après avoir dit que vous n’avez plus confiance en personne. Vous venez de partager l’amertume que chacun et chacune a connue un jour, une période de sa vie, ou parfois jusqu’à la fin. Je ne saurais dire ce qu’il faudrait faire, ne pas faire, toujours faire ou plus jamais. Pour moi la seule chose que j’ai décidée est de n’être pas toujours bon, ou toujours mauvais, pour pouvoir continuer à me tromper avec ma religion à moi, dans mon église que j’ai construite moi-même, où j’accueillerais Dieu et le Diable à condition qu’ils aient réussi à faire la paix avant d’entrer. Sans mon aide, et encore moins pour leur en demander. Ils auraient le droit d’être là, et peut-être que j’aurais la bonne surprise de me rendre compte qu’ils sont comme tout le monde. Nous pourrions alors enfin nous serrer la main, un premier pas vers la confiance, en songeant que tout est possible, parce qu’aucun de nous trois ne peut être certain de ce qu’il est ou deviendra.

    1. Je regrette d’avoir rédigé le commentaire ci-dessus, et de n’avoir pas une touche sur mon clavier pour faire Delete, puis le remplacer par un message plus simple : Des regrets j’en ai plein, n’ai pas su les oublier, et fais tous les efforts pour essayer de voir le verre à moitié plein plutôt que moitié vide. Mais c’est si difficile de mesurer le niveau réel qui parfois se rapproche du fond, puis remonte, puis redescend… Je veux maintenant cesser de mesurer, cesser de trop réfléchir entre le passé et le présent. Et puis ces erreurs irréparables que j’ai faites, elles ne tiennent finalement pas à une vraie science qui pourrait être enseignée, sinon ce serait si facile d’être heureux avec ce que l’on est et ce qu’on a ! Combien de personnes disent se contenter de rien comme dans la fable du renard et des raisins, en voulant donner un bel exemple de sagesse. Et pas plus admirable sont celles qui croient que le bon raisin qu’elles possèdent en abondance est la récompense d’une vie menée intelligemment avec les autres. Alors qu’est-ce que je pourrais dire sans vouloir rien enseigner, moi qui n’ai rien réussi ce que je voulais… dans mes rêves trop grands ? J’ai trouvé !.. Je me souviens d’une pizza partagée avec ma bonne-amie la veille de Nouvel-An, dans un restaurant où les chaises étaient déjà posées sur les tables, quand je lui avais dit : « Je t’aime, tu m’aimes, nous nous aimons si fort… Et nous sommes deux imbéciles fauchés pendant les fêtes ». C’était il y a trente ans, la plus délicieuse pizza que je n’ai jamais mangée, et je n’ai pas songé à demander au cuisinier la recette !.. Quelques années plus tard, nous étions deux copains seuls pendant les fêtes : « Que faire ?.. Eh bien on va réserver une table au restaurant, c’est cher mais finalement on s’en fout ! » Oui, c’était un filet de bœuf bien présenté… On ne s’est pas fait rouler. Chacun avait un chapeau pointu et une trompette avant minuit. Quand les cloches ont sonné le copain a failli prendre une claque en voulant faire la bise à l’épouse du gars d’à côté. On avait pas mal bu, mais pas même malades le lendemain, parce que c’était un vin de qualité… Bon maintenant les fêtes sont finies ! Ça s’est quand même bien passé, non ?.. C’était toujours mieux que de manger une pizza seul à la maison…

      (Excusez-moi M. Vasey de prendre autant de place, je voulais écrire quatre ou cinq lignes qui se sont subitement multipliées, pourvu que cette dernière pizza n’ait pas le goût de réchauffé)

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