Cache-cache ? Non… GEO-cache !

Il y a quelques semaines, nous avons trouvé notre 100e géocache. Comment ça, vous ne connaissez pas? Ce jeu de recherche de petits containers géolocalisés, cachés dans la nature, présents sur toute la planète? Vous n’êtes pas les seuls, soyez rassurés. Même s’il existe plus de 3 millions de caches dans au moins 200 pays. Alors prenez votre GPS portable (oui, le smartphone suffit) et suivez-moi.

J’avais initialement écrit cet article pendant une phase plus critique de l’épidémie de coronavirus, pendant laquelle la France était encore en confinement très strict, contrairement à La Suisse. Je n’avais pas réalisé que le lectorat français de la plateforme de “Le Temps” était si nombreux. Je l’ai rapidement appris à la lecture des nombreuses réactions, pour certaines outrées. Je prie ces lecteurs et lectrices (certain-es passionné-e-s de geocaching) d’excuser cette maladresse.

LES 20 ANS DE GEOCACHING

En mai 2000, le gouvernement américain décide de lever le brouillage volontaire du signal GPS, qui avait jusqu’alors une précision de l’ordre de 100 mètres pour les civils. Chaque individu peut bénéficier de la précision à quelques mètres des systèmes de positionnement du marché. Ceci motive des personnes dans l’état de l’Oregon à créer un nouveau jeu en terrain naturel, qui sera rapidement appelé “geocaching”, pour cachette géolocalisée. Le principe est très simple. On prend une petite boîte, on y glisse un petit carnet avec des pages blanches – le logbook – et on la cache en forêt ou au bord de chemin de randonnée, en ville, en montagne, etc. Afin de faire connaître l’existence de la cache, les coordonnées sont entrées sur un site internet – www.geocaching.com – avec des indices éventuels pour faciliter la recherche. On y associe un texte qui décrit souvent des anecdotes historiques ou géologiques.

Au fil du temps, le système s’est développé pour devenir extrêmement simple dans son fonctionnement. Vous utilisez une application sur votre téléphone portable, les caches sont indiquées sur la carte intégrée et vous pouvez naviguer en direction de la cache. Pas besoin de boussole ou de compréhension des coordonnées de géolocalisation, il vous suffit de ne pas trébucher sur une racine si vous êtes en forêt, ou vous faire écraser par une voiture en ville.

Carte des caches sur le bassin lémanique. Source: www.geocaching.com.

LA BONNE VIEILLE CHASSE AU TRÉSOR

Vous voulez faire bouger vos enfants, mais vous ne savez pas trop comment faire? Les ingrédients du geocaching sont imbattables: découverte des espaces naturels, apprentissage de l’orientation, vraie chasse au trésor et parfois énigmes associées (il existe des multi-caches où les indices sont donnés au fur et à mesure des découvertes et vous orientent vers la cache finale).

Exemple de géocache, dans un tronc mort.

Expérience faite, les enfants se laissent prendre au jeu facilement et parcourent des kilomètres sans s’en rendre compte. Et nous avec. L’activité physique se mêle au jeu, à l’excitation des cachettes et à la réflexion quant aux indices qui mettent au défi. Au fil des aventures, différents types de cachettes rivalisent de créativité et d’ingéniosité, stimulant les esprits des uns et des autres.

UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE COMPLÈTE

L’exploration des espaces naturels permet le développement des habiletés physiques variées, telles que l’agilité, l’équilibre et l’endurance. Souvent les caches sont placées en succession à quelques centaines de mètres d’écart, ce qui permet de rythmer la balade, ou pour certains, de courir entre deux zones de recherche.

On sait bien que la problématique de la sédentarisation des enfants (et des adultes) est très prévalente, et que la digitalisation des loisirs rend l’activité physique encore plus rare et moins attractive. On parlerait même d’une atteinte appelée “déficit de nature” qui touche particulièrement nos jeunes générations. Le geocaching fait bouger, c’est incontestable, mais il utilise aussi la technologie de manière ludique et éducative (comme Pockémon Go! n’a jamais pu le prétendre). De plus, toute la famille peut partager ces moments. Plusieurs éléments essentiels (et souvent ignorés) de la promotion de la santé et de l’activité physique résident dans la capacité de l’activité à être transgénérationnelle, à s’inscrire dans la notion de durabilité et à prendre en considération des éléments de motivation. Finalement, la sensation d’auto-efficacité, ou de compétence, est elle aussi nécessaire à l’expérience plaisante et à la volonté de répétition des activités. Le geocaching le permet aisément.

A VOUS DE JOUER

En période d’épidémie de coronavirus, la randonnée et la marche restent des activités raisonnables pour autant que l’on respecte quelques principes de bases sur lesquels j’ai déjà écrit (ici et ): limiter les risques accidentels et les zones où la distanciation sociale ne peut pas facilement être respectée. Marcher en forêt et soulever quelques branchages est acceptable, tout en se désinfectant les mains soigneusement; en forêt, vous ne croiserez que quelques promeneurs à distance.

Libre donc à vous de partir à la chasse aux caches, tout en choisissant une balade en dehors des endroits habituellement très fréquentés. Il se pourrait que vous découvriez des coins aux trésors et histoires insoupçonnés. Quant à nous, nous allons préparer l’étape suivante des géocacheurs: la création de caches et du parcours qui vous y amènera peut-être un jour.

 

Boris Gojanovic

Boris Gojanovic

Boris Gojanovic est médecin du sport à l'Hôpital de La Tour à Meyrin (GE). Son credo: la santé pour et par le mouvement. Sa bête noire: l'immobilisme. Il s'occupe de tous ceux, jeunes ou moins jeunes, sportifs ou non, qui pensent que bouger mieux les mènera plus loin. Il espère être un facilitateur, tout en contribuant au transfert et à l'échange de connaissances, tant dans la communauté que dans les auditoires.

2 réponses à “Cache-cache ? Non… GEO-cache !

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