Cache-cache ? Non… GEO-cache !

Le weekend passé, nous avons trouvé notre 100e géocache. Comment ça, vous ne connaissez pas? Ce jeu de recherche de petits containers géolocalisés, cachés dans la nature, présents sur toute la planète? Vous n’êtes pas les seuls, soyez rassurés. Même s’il existe plus de 3 millions de caches dans au moins 200 pays. Alors prenez votre GPS portable (oui, le smartphone suffit) et suivez-moi. (suite…)

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S’il vous plaît, ne venez pas aux urgences parce que vous êtes tombés à vélo (en vous entraînant)!

Je suis victime d’une déformation professionnelle importante (nous le sommes tous). En langage plus technique, on parle de biais cognitifs. Pour résumer en vitesse, en tant que médecin du sport et du mouvement, je vois les choses sous l’angle de la santé active, en mettant en avant autant que possible la notion de préservation de la qualité de ce dernier, et des bénéfices pour la santé qui en découlent. J’ai écrit récemment sur l’importance de maintenir sa condition physique, sur son rôle sur l’immunité, et sur la prévention de la sédentarisation massive qui est occasionnée par toute forme de confinement. Mais je suis aussi et avant tout médecin… (suite…)

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Allô Docteur? Est-ce que vous téléconsultez?

Depuis aujourd’hui, je fonctionne exclusivement en télétravail, comme beaucoup d’entre vous. Mais comment fait un médecin pour consulter en dehors de ses locaux et à distance des personnes qui viennent chercher conseil? COVID-19 nous impose beaucoup de restrictions, mais nous force tous aussi à faire preuve de capacité d’adaptation et de créativité. Ou peut-être simplement de reconsidérer certaines idées. (suite…)

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Le sport: comment rester actif en période #coronavirus – 2e partie

Le sport que vous pratiquez a une influence sur les capacités de votre système immunitaire. Suffisamment d’études nous renseignent là-dessus. Vous pouvez lire le billet précédent pour les détails de ces mécanismes. Mais comment devons-nous aborder les semaines (voire mois) à venir, alors que la pandémie du coronavirus COVID-19 sévit à travers le monde? Je vous propose quelques principes de bases qui peuvent vous guider dans votre pratique. (suite…)

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Le sport : bon ou mauvais pour l’immunité? – 1ère partie

Les athlètes et les personnes pratiquant du sport ou une activité physique régulière sont en règle générale en meilleure santé, vivent mieux et plus longtemps, ce sont des faits bien établis. Leur niveau de condition physique fournit une relative protection contre les maladies chroniques, la perte fonctionnelle et cognitive liée à l’âge, ET contre les infections (virales en particulier). C’est bien évidemment ce dernier point qui nous occupe prioritairement et urgemment. Que faire en période de pandémie de coronavirus, et de confinement relatif? Dans cette première partie, je vais résumer les liens connus entre l’exercice et l’immunité. (suite…)

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Quand Borg n’est pas Borg, ou comment gérer vos intensités d’entrainement?

Borg, vous vous souvenez ? Un des plus grands de tous les temps, 100 titres, 11 en Grand Chelem, un génie qui possédait des capacités mentales et physiques exceptionnelles, trop tôt retraité du tennis à 25 ans.

Borg Bjorn

Même je ne souhaite pas vous parler de tennis, il y a un Borg suédois qui est très cher à communauté sportive, qu’on le connaisse ou pas, Gunnar Borg. Ce chercheur s’est intéressé à comment nous pouvions au plus proche de la réalité estimer l’intensité d’un effort. Ses travaux et enseignements, qui datent des années 1970, sont encore très actuels et appliqués au quotidien pas des milliers de sportifs et sportives. Le professeur Borg nous a quitté ce mois, à l’âge de 92 ans, et il laisse un héritage pertinent au quotidien dans la pratique du sport, fait suffisamment rare pour la science, qui a tendance à rester gravée uniquement dans les journaux spécialisés au jargon obscur.

Imaginez ceci : vous allez faire une sortie de course à pied en préparation du marathon de Genève, et on vous recommande de varier les intensités. C’est bien, la variété, il faut faire travailler le corps, le système doit subir différentes stimulations pour s’adapter au mieux et progresser, mais comment je fais, moi, pour « varier les intensités » de manière un peu structurée ? Alors je vous entends déjà, les adeptes des gadgets du 21e siècle : on se sert de la fréquence cardiaque ou de la vitesse instantanée de course, mesures qui doivent être ultra-précises et excellentes, non ? C’est que Borg entre en jeu, avec ce que l’on appelle désormais « le Borg ».

Chacun d’entre nous est unique. Vous êtes unique. Il en va de même de votre propre perception de votre entourage et de vous-même. Lorsque vous faites un effort, seul vous savez exactement ce que vous ressentez. Cette sensation d’effort est très fiable pour autant qu’on apprenne à écouter son corps et ses sensations. C’est en partant de ces principes que Borg décrivit l’échelle portant son nom, un simple baromètre allant de 6 à 20, 6 correspondant au repos et 20 à l’effort maximal. On l’abrège aussi RPE, pour rate of perceived exertion en anglais. Pourquoi ces chiffres ? Parce que cela permettait une analogie avec la fréquence cardiaque, souvent vers 60 au repos, et autour de 200 au maximum. Et comment l’utilise-t-on, cette échelle ?

Gunnar Borg RPELors d’une séance légère, dite d’endurance classique, vous souhaitez être dans un zone d’intensité où vous pouvez converser tranquillement avec une autre personne tout en courant. Sur le Borg, vous êtes entre 11 et 12. Si vous faites un effort un peu plus intense, lequel devient alors dur, vous vous approchez des 15. Au-delà, on arrive dans les zones d’effort réservées à l’entrainement par intervalles, courts ou longs. Sur le tableau ci-dessous, vous retrouverez différentes façons de mesurer l’intensité de l’effort, dont l’échelle de Borg modifiée allant de 1-10. Cette dernière est parfois préférée, car fréquemment appliquée à d’autres types de sensations (comme la douleur, par exemple) et nous avons en général ce référentiel déjà à disposition. Autrement dit l’évaluation de 1 à 10 nous est plus aisée que de 6 à 20, moins naturelle.

Tableau des intensités selon Borg
Tableau des intensités selon Borg. FC = fréquence cardiaque.

Alors pourquoi utiliser un système aussi archaïque et non-technologique ? Parce qu’apprendre à connaître ses sensations et écouter les signaux du corps est essentiel pour bien gérer l’effort et la récupération, et finalement cela marche mieux que n’importe quel capteur moderne. Les meilleurs champions sont des maîtres à ce jeu-là, et à n’en pas douter, c’était le cas aussi de Borg….., Bjorn Borg.

Arrêtez de courir, c’est mauvais pour vos genoux! Mythe ou réalité?

Un nouveau weekend rempli de news “marathoniennes”, avec les courses de Lausanne et Lucerne ce dimanche. Face à la multiplication des courses et des participants, comment ignorer les idées sur la dangerosité de ces courses pour les articulations, en particuliers les genoux! Logique simple et implacable: les impacts répétés sur le bitume, ça ne peut que détruire les articulations. Et comme souvent, la réalité est bien différente et les intuitions sont trompeuses. En piste… (suite…)

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Interdiction de ne pas gagner: l’absurde storytelling du sport de haut niveau

Jessica et Georgia sont deux triathlètes qui se battent au plus haut niveau mondial. Elles représentent la Grande-Bretagne, pays qui truste régulièrement les podiums au niveau mondial depuis quelques années. En cette année pré-olympique, Tokyo accueille une épreuve qui fait office de répétition générale avant les JO de 2020, et dans laquelle les athlètes ont des chances d’obtenir leur ticket de qualification pour la grande messe du sport. Les craintes quant à la météo estivale japonaise ont été confirmées la semaine passée, avec une eau à 30.3º, l’air à 31.5º, et l’humidité à 66%, tant et si bien que les organisateurs ont sagement raccourci la dernière partie (la course) de 10 à 5 km.

Rapidement, les deux compatriotes mènent la course sur le parcours vélo, puis se retrouvent seules en tête sur la partie course à pied. Euphoriques, elles décident dans les derniers mètres de franchir la ligne mains dans la main, victorieuses et probablement fières de ne pas chercher à se départager. La victoire individuelle devenant soudainement insignifiante, en comparaison de la joie spontanée du partage qui se lit sur leurs visages.

Les triathlètes britanniques Georgia Taylor-Brown, à gauche, et Jessica Learmonth franchissent la ligne d’arrivée en tête à Tokyo, main dans la main. Jae C. Hong/AP Photo

Le sport recèle de moments émouvants, d’imprévus, de drame parfois, mais aussi de générosité là où ne l’attend plus, tant l’impératif de performance vient encenser la victoire acquise au terme de l’effort. Ces moments nous rappellent peut-être que le sport n’est finalement que l’expression organisée d’un jeu. On y a certes ajouté des règles pour permettre une forme d’équité, cette même équité qui devient problématique dans une situation particulière comme celle de Caster Semenya. Ici, l’équité est telle que la ligne d’arrivée ne peut les départager. On peut même y voir une mise en abyme de la fameuse maxime de Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques modernes: “L’important dans la vie, ce n’est point le triomphe, mais le combat. L’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu.”
L’histoire aurait pu (dû?) s’arrêter là. Alors que l’on nous apprend que les images et les histoires sont depuis la nuit des temps les témoins de l’héritage des peuples, celles-ci trouvent aujourd’hui leur némésis ultime: l’humain et sa bêtise.

Alistair Brownlee, à gauche, porte son frère Jonathan sur les derniers mètres de la course de Cozumel (MEX) en 2016. Photo: EPA

Les deux frères Brownlee, Jonathan et Alistair sont deux triathlètes anglais (eux aussi, décidément). Ils ont été les protagonistes d’une scène inédite en 2016 : le premier (le cadet) est en tête et commence à tituber à 300 mètres de l’arrivée, souffrant d’un évident coup de chaleur. La course se déroulait à plus de 30 degrés avec un taux d’humidité élevé, conditions réunies pour ce genre de surchauffe corporelle dangereuse. On se souviendra de l’arrivée épique de Gaby Schiess-Andersen au marathon féminin des JO de Los Angeles en 1984. Son aîné de frère, champion Olympique peu avant à Rio (Jonathan avait fini médaillé d’argent), deuxième de la course, le rattrape, s’arrête et le porte quasiment jusqu’à la ligne d’arrivée. Il voulait ainsi lui donner une chance de remporter le classement général de la Coupe du Monde. Il le poussera devant lui sur la ligne. Le geste restera dans les annales, même s’il n’aura pas suffit.

Le règlement est changé en 2018 pour limiter l’héroïsme fraternel et les dénouements contraires à la sacro-sainte compétition. Les “administrateurs” du triathlon mondial ont alors réfléchi à quelques scénarios catastrophes possibles et ont ajouté le point 2.11f, qui stipule : “… des athlètes qui finissent la course à égalité de façon intentionnelle en ne faisant aucun effort pour séparer leur temps d’arrivée seront disqualifiés”. Dès lors, les juristes et les officiels se sont rapidement accordés pour trancher sur cette situation inédite. Jessica Learmonth et Georgia Taylor-Brown ne figurent plus sur le haut du classement de la course, mais tout en bas, avec trois lettres faisant office de trace de leur présence: DSQ (disqualification).

La victoire finale de l’épreuve pré-olympique de Tokyo 2019 est revenue à la bahamienne Flora Duffy, qui obtient ainsi un ticket pour les JO lors de sa première course après une année de rééducation de blessure. Une belle histoire aussi, mais quelle l’histoire préférez-vous?