« Notre plate-forme collaborative est en phase avec l’environnement actuel »

La Banque Bonhôte & Cie SA, à Neuchâtel, a mis en place une plate-forme d’investissement et d’échange d’informations consacrées aux fonds de placements. Steve Métrallet, son coordinateur et initiateur, explique le fonctionnement et les objectifs de cette nouvelle entité dénommée Bonhôte Fund Solutions (BFS).

Steve Métrallet, quels sont les objectifs de la plate-forme Bonhôte Fund Solutions ?

En activité depuis une année, cette plate-forme réunit un pool de partenaires institutionnels désireux d’échanger des informations et des opinions sur les marchés, les fonds de placement, mais surtout sur leurs besoins d’allocation. C’est une approche collégiale, une mise en commun de ressources intellectuelles et de capital d’investissement.

Quels problèmes cherchez-vous à résoudre ?

Nous cherchons principalement à identifier les meilleures opportunités d’investissement et, in fine, à en faire profiter les clients de nos établissements. Nous soutenons également certains gérants de fonds dans le développement de leur activité. Par son mode de fonctionnement, notre plate-forme répond aux besoins des investisseurs, car ses participants sont en contact direct avec les clients finaux.

Quels sont les critères de sélection de vos fonds ?

 Nos paramètres de sélection sont à la fois quantitatifs et qualitatifs avec une emphase sur ces derniers. Nous avons également de fortes exigences pour ce qui est de la transparence du portefeuille et de l’accessibilité du gérant.

De quelles compétences dispose cette plate-forme ?

Les participants à BFS sont des organes décisionnaires de banques, tiers-gérants et family offices, avec de fortes compétences en investissement et dans la sélection de fonds. C’est dans le collectivisme que la plate-forme trouve sa valeur. Les membres se retrouvent trois ou quatre fois par année. Le reste du temps, nous travaillons sur différents projets par équipe de deux à trois personnes. Nous avons une approche multi-sources où chacun peut contribuer aux flux d’information et nous  communiquons de manière très réactive et directe dans un groupe de discussion réservé aux membres du pool.

Le cercle est-il complet ?

Afin que la plate-forme puisse développer et perdurer l’esprit de partage et de cohésion qui la caractérise, nous avons délibérément limité le cercle à une douzaine de participants. Gérant collectivement une fortune de près de 25 milliards de francs, ceux-ci se connaissent bien et ont du plaisir à se trouver pour échanger. Comme ils représentent des établissements financiers de taille moyenne, ils peuvent prendre des décisions rapidement. Les quelques sièges encore vacants seraient plutôt destinés à de grands partenaires institutionnels.

Et vous n’êtes présents qu’en Suisse romande ?

Pour l’instant en tout cas, mais nos premiers succès nous laissent penser qu’il y a le même potentiel en Suisse alémanique. Le défi, c’est de trouver la personne susceptible de fédérer suffisamment de participants. Nous sommes entrés dans l’ère du partage, et notre plate-forme collaborative est en phase avec l’environnement actuel.

Avez-vous déjà obtenu des résultats, et si oui, comment les mesurez-vous ?

Nos résultats se mesurent par le capital qui est investi dans les différents projets. Notre premier succès a été la participation au lancement, en collaboration avec Bordier FinLab, le laboratoire d’idées de Bordier & Cie, du fonds Sectoral Biotech Opportunities, qui approche aujourd’hui les 100 millions de dollars.

Comment définissez-vous votre catalogue d’activités ?

En début d’année, nous définissons les directions dans lesquelles nous entendons investir et fixons les priorités en termes d’allocation. Pour l’heure, nous finalisons  deux transactions pour la fin de l’année, et 2017 se présente sous les meilleurs auspices. Nous sommes en présence d’un nouveau paradigme lié à un environnement de hausse des taux. Il va donc falloir se tourner vers des solutions innovantes pour compenser l’absence de rendement sur la partie obligataire. De quoi trouver de nombreuses opportunités d’investissement en dehors des sentiers battus.

Malgré un choix rigoureux de ces fonds, vous n’êtes pas à l’abri d’un mauvais pas. Quels sont les pièges que vous devez éviter ?

L’analyse collégiale que nous portons sur chaque dossier minimise grandement le risque d’écueil. En croisant, par exemple, les regards d’un expert en investissement direct, d’un sélectionneur de fonds traditionnels et d’un spécialiste en placements alternatifs, notre spectre d’analyse est plus complet et notre risque d’erreur est réduit.

Quels sont les secteurs les plus porteurs pour les fonds de placement ?

Nous avons ici une attitude assez agnostique. En fait, c’est la qualité du gérant qui prédomine et non un biais sectoriel. La présidence de Donald Trump pourrait  favoriser les projets de développement des infrastructures aux Etats-Unis. Nous n’allons cependant pas courir tête baissée à la recherche de fonds d’infrastructure. En revanche, nous chercherons le bon gérant qui saura sélectionner les meilleures opportunités qui s’offrent actuellement sur le marché nord-américain.

Quels sont les fonds qui présentent aujourd’hui les meilleures chances de développement ?

On a tiré à boulets rouges sur les hedge funds. Il y a cependant, dans ce domaine, des stratégies pertinentes qui ont la flexibilité nécessaire pour profiter d’un environnement de taux difficile ou d’une volatilité accrue sur les marchés.

La réglementation européenne en matière de gestion collective de fonds se renforce sans cesse. Quelle influence cette modification a-t-elle sur les activités de BFS ?

Ces changements n’ont généralement pas trop d’incidences. Ils resserrent un peu notre champ d’application, car ils restreignent le nombre d’investisseurs susceptibles d’accéder aux produits. Aussi, essaie-t-on d’avoir les produits les plus normalisés possibles, les plus en ligne avec les réglementations en vigueur. Dans cet esprit, nous facilitons l’accès au marché européen à des gérants non-européens. Une SICAV luxembourgeoise, société d’investissement à capital variable, a, par exemple, été créée pour un gérant américain.

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