Quand le coronavirus leur sort par le nez

Aux portes de notre pays, 16 60 millions de personnes viennent d’être placées en quarantaine. Du jamais vu, mais en même temps j’entends monter l’agacement : «ce n’est qu’une grippe comme les autres….», «je n’en peux plus de ce #coronavirus dans les médias…», etc.

Dans ma tribu, il a toujours été de bon ton d’afficher son anticonformisme lorsque survient un phénomène de masse. Sauf qu’il ne s’agit pas cette fois-ci de supporter le dernier tube de Shakira, mais quelques principes de précaution susceptibles de sauver des vies.

A l’échelle de la planète, ce sont quelques dizaines de millions de personnes qui seront en sursis ces prochaines semaines. Leur sort dépend – en partie – des comportements que nous adoptons maintenant. Ou pas.

Dans une époque où chacun croit ce qu’il a envie de croire, il me parait inconcevable de ne pas appliquer collectivement ces précautions. Du mieux possible, et sans pour autant devenir une bande de toqués. Ni de moutons.

Surtout quand les seuls qui doutent sur la question sont d’éminents spécialistes médicaux ou scientifiques (mais jamais les nobels en science infuse que l’on croise sur les réseaux sociaux).

Les personnes à risques, votre grand-père, tous les «fragiles» vous remercient déjà du fond du coeur (et des poumons) pour votre aimable contribution.

Blaise Reymondin

Blaise Reymondin

Blaise Reymondin est tombé dans la marmite numérique quand il était petit. Expert en marketing digital depuis une quinzaine d’années, il est le cofondateur de Blaise & Bruno Acquisition Marketing. Au travers de ses chroniques et le partage d'expériences, il nous interroge sur un monde en profonde mutation par le numérique.

5 réponses à “Quand le coronavirus leur sort par le nez

  1. Certains pays ont pris leur responsabilité dans la lutte contre les effets du coronavirus. D’autres ont pris le chemin inverse, favorisant la protection de l’économie du pays à celle de la santé de ses citoyens. Qui a raison? On n’en sait rien. Seul l’avenir nous le dira. En revanche, les choix politiques resteront dans la mémoire des citoyens

  2. Je trouve positif les messages que vous donnez. À mon avis, les personnes qui veulent croire qu’elles ne sont pas concernées révèlent entre autres une part d’égoïsme, elles voient bien que le malheur est réel pour les personnes infectées, et cela ne les affecte pas, dans la mesure où elles pensent être à l’abri, et leur conclusion est alors que « ce n’est pas aussi grave qu’on le dit » : « Pas grave pour moi… » Alors peut-être faudrait-il parler plutôt d’égocentrisme et d’absence d’empathie.

    Je me souviens bien des réactions auxquelles j’ai assisté aux débuts du Sida, en 1985 et ensuite. Puis du Prion. Mais également aux réactions concernant des maladies graves considérées comme secondaires parce que la probabilité d’en être victime est faible. Entre 1985 et 1990, le Sida était la maladie des toxicomanes et homosexuels, puis on a pris conscience que la transmission du virus s’étendait au-delà du milieu où le virus s’était développé. Les messages et affiches de prévention exposées au public étaient alors nécessaires. Elles étaient assez nombreuses, faisaient l’objet de vives critiques pour leur « mauvais goût ». Il était de plus mauvais goût encore de montrer des parents qui pleurent au chevet de leur fils sidéen mourant (Benetton). Qu’importait pourtant la forme des messages ou le choc de l’image si cela pouvait protéger un nombre de personnes impossible à évaluer dans le présent. Ces affiches ont eu un effet positif, difficile aussi à évaluer mais certain. Et lorsque les statistiques montraient une baisse du nombre d’infections, le nombre d’affiches s’est réduit, les réactions n’ont pas tardé : « On nous emmerde avec ces affiches ! On le sait qu’il faut faire attention !.. » Et ceux ou celles qui ne savent encore pas, ou pas assez on s’en fiche ?

    On dirait que le malheur s’oublie vite, comme s’il fallait le chasser loin derrière soi pour qu’il ne parvienne pas à nous attendre plus loin en chemin. On l’oublie même encore mieux en déclarant que cela « n’a pas vraiment existé ».

    S’il y a bien quelque chose qui me semble ne pas trop facilement se transmettre, c’est la souffrance des autres… Et on pourrait illustrer cela dans d’autres sujets que la grippe, où la solidarité à son rôle en aval de la prise de remède. J’ai un jour parlé à une amie psychologue qui vit en harmonie avec son mari depuis quarante ans : « Les femmes maltraitées physiquement par leur conjoint sont bien plus nombreuses qu’on a pu longtemps le croire, et je ne pense pas que les statistiques s’éloignent de la réalité, elles se basent sur des constats médicaux… » La réponse de l’épouse psychologue : « Oui… Certaines femmes… » Il y avait donc pour elle une catégorie de femmes qui seraient destinées à connaître ce malheur ou l’appeler, et qui constitueraient une minorité. Ce n’est pas une étude sérieuse qui peut l’amener à remettre en question son monde de paix intérieure, et contre quoi se protège-t-elle du monde extérieur ?..

  3. Que plus du quart de la population italienne soit mise en quarantaine n’a pas empêché des douzaines de vols en provenance des zones touchées par le coronavirus, y compris Milan, d’atterrir ce week-end sur les aéroports anglais, et ceci sans aucun contrôle. Le “Daily Telegraph” en fait le gros titre de sa “Une” d’aujourd’hui, parlant même de la “farce du coronavirus”:

    “Coronavirus farce as dozens of planes fly to UK from Italy’s quarantine zones with no checks –
    Despite lockdown, flights from hotspots including Milan given permission to land in Britain”
    (https://www.telegraph.co.uk/news/2020/03/08/coronavirus-farce-dozens-planes-fly-uk-italys-quarantine-zones/?WT.mc_id=e_DM1212894&WT.tsrc=email&etype=Edi_FAM_New_ES&utmsource=email&utm_medium=Edi_FAM_New_ES20200309&utm_campaign=DM1212894).

    1. La “farce du Coronavirus”

      Ce n’est pas le Coronavirus que le titre de l’article du Daily Telegraph désigne comme étant une farce, ni les mesures de quarantaine prises par l’Italie, mais l’antilogie entre ces mesures et l’autorisation de se rendre en Grande Bretagne sans aucun contrôle de l’état de santé.

      1. En logique mathématique (calcul des propositions), une antilogie (qui pourrait aussi être interprétée dans l’exemple du “Daily Telegraph” comme une variante actualisée du paradoxe de Zénon) est démontrée par le théorème suivant:

        “une formule logique (en anglais: well-formed formula or wff) φ est une antilogie ou contradiction si et seulement si pour chaque interprétation I, |/= I φ (c.à.d. [[φ]] I = F).”

        Toutefois, comme vous énoncez en somme ce que tout le monde aura tout de suite compris comme allant de soi, ne feriez-vous pas plutôt une tautologie, soit l’exact contraire d’une antilogie? Il en existe plusieurs types, dont les exemples suivants, parmi lesquels vous êtes libre de choisir celui qui correspond le mieux à votre propre pensée:

        |=a→(b→a)
        |= (a→(b→c))→((a→b)→(a→c))
        |= (¬b→¬a)→((¬b→a)→b)
        |=a→a|=¬a→(a→b)
        |=¬¬a→a|= (a→¬b)→(b→¬a)
        |= (a→b)→(¬b→¬a)|= (a∧b)→a|=a→(a∨b)

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