«Liker» un contenu haineux est désormais punissable en Suisse

En Suisse, «Liker» un contenu à caractère haineux ou diffamatoire est désormais punissable pénalement (si un clic l’a rendu visible à d’autres personnes).

Dans son arrêt, le Tribunal Fédéral envoie un signal fort qui place la Suisse dans les nations pionnières en matière de responsabilité individuelle sur les réseaux sociaux. Une décision qui n’est d’ailleurs pas passée inaperçue à l’international.

De nombreuses voix s’élèvent pour demander une régulation des plateformes comme Twitter ou Facebook. Mais ce dernier (qui fête ses quinze ans) n’atteindra sans doute jamais l’âge de maturité qui lui permettrait de s’autoréguler, car cela reste d’abord un problème de volonté.

Alors aussi puissants soient-ils, ces réseaux sont avant tout des outils de communication et d’expression placées dans les mains de leurs utilisateurs. Bien que numériques, ils ne peuvent demeurer éternellement des zones de non-droit exemptés de tous devoirs.

La Suisse franchit le pas en considérant qu’un clic n’est pas anodin et qu’il peut, dans certaines circonstances, porter des soupçons accusateurs sur quelqu’un, atteindre à l’honneur ou encore discriminer une communauté.

Une simple pression de l’index – un clic – qui est susceptible d’entraîner les mêmes conséquences aux yeux de la loi qu’un salut fasciste, une quenelle ou un discours raciste. Ceux qui le pratiquent comme un doigt d’honneur tendu pourraient désormais y réfléchir à deux fois.

Blaise Reymondin

Blaise Reymondin

Blaise Reymondin est tombé dans la marmite numérique quand il était petit. Expert en marketing digital depuis une quinzaine d’années, il est le cofondateur de Blaise & Bruno Acquisition Marketing. Au travers de ses chroniques et le partage d'expériences, il nous interroge sur un monde en profonde mutation par le numérique.

4 réponses à “«Liker» un contenu haineux est désormais punissable en Suisse

  1. Bravo ! L’auteur aurait sans doute fait merveille à l’inquisition. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas pénaliser le simple fait de regarder une page web que M. Reymondin jugerait “haineuse” ? Mais peut-être qu’un jour ce seront ses idées à lui qui seront jugées “haineuses”. Notre apprenti commissaire politique pourrait bien être pris à son propre jeu…

  2. La Suisse vient tout juste d’ouvrir une boîte de Pandore avec cette loi qui pourra être utilisée pour pratiquer la censure, faire taire des adversaires politiques et toutes sortes de choses du genre.

    On aura bientôt des prisonniers politiques avec une loi dont la Corée du Nord serait fière!

  3. Les trois commentaires ci-dessus sont une confirmation qu’il est nécessaire de freiner les personnes qui revendiquent leur droit à la liberté de nuire, sous prétexte de liberté d’expression. À ce sujet je me pose des questions sur l’éthique d’un journal qui informe clairement qu’il laisse aux auteurs de blogs l’entière liberté de pratiquer la censure leur semblant adaptée de cas en cas. Je ne conteste pas cette liberté, mais plutôt la position facile du journal, qui d’une certaine manière a lui aussi une conception très large et décalée de la liberté d’expression en se cachant les yeux quand des commentaires racistes, haineux ou diffamatoire sont maintenus dans la colonne par l’auteur de l’article, et ils sont à mon avis nombreux. C’est donc l’attitude hypocrite de ce journal qui ne veut pas se mouiller les pieds que je critique. Les blogs qui attirent un lectorat varié sont considérés par le journal comme une sorte d’enclave dont on s’occupe un peu, beaucoup, ou pas du tout, en rapport du mainstream qui alimente la caisse. Les blogs du Temps pourraient être un petit journal intellectuellement indépendant, parce que je ne vois finalement pas en quoi il est lié au journal si ce n’est financièrement (salle gratuite, technique à disposition, rédacteurs bénévoles) : Ce n’est que sous cet angle que je vois « le département des blogs » lui appartenir.

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