Marche en inde

21 septembre : les héritiers de Gandhi en marche pour la justice et la paix

Chaque année, la Journée internationale de la paix est célébrée le 21 septembre un peu partout sur la planète. Evidemment en Inde, pays du Mahatma Gandhi, cette journée a une saveur toute particulière. C’est la date choisie par le leader gandhien Rajagopal P.V et son organisation Ekta Parishad pour lancer une marche pour la justice et la paix de douze jours à travers l’Inde :

Marcher, toujours marcher, pour défendre la paix, la justice et « l’ahimsa », la philosophie non-violente telle que léguée à l’Inde et au reste du monde par le Mahatma Gandhi, tel est le crédo de Rajagopal P.V. Cet infatigable ambassadeur des Adivasis et autres communautés marginalisées indiennes continue, à 73 ans passés, de se battre pour les petits paysans indiens et toutes celles et ceux que les politiques économiques et de développement laissent au bord du chemin.

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Rajagopal au centre de cette nouvelle marche pour la justice et la paix

Ces dernières années, on avait pu croiser plusieurs fois Rajagopal à Genève, en train de promouvoir la campagne « Jai Jagat ». Signifiant la « victoire du monde » en Hindi, la Jai Jagat consistait en une grande marche partie de Delhi le 2 octobre 2019, 175 anniversaire de Gandhi, pour rejoindre à pied Genève et le siège européen des Nations Unies un an plus tard, le 21 septembre 2020, pour la journée internationale de la paix. Malheureusement la pandémie de Covid 19 devait en décider autrement. Après presque six mois de marche à travers l’Inde, puis le Pakistan, l’Iran et l’Arménie pour une partie d’entre eux, les marcheuses et marcheurs indiens et internationaux de Jai Jagat, menée par Rajagopal, avaient dû s’arrêter à Erevan, la capitale arménienne. A leur grand dam, ils s’étaient dès lors retrouvés obligés de rejoindre leur pays respectif, l’ensemble des frontières de la planète fermant progressivement face à la première vague de pandémie. Rentrés en Inde, Rajagopal et son mouvement de défense des petits paysans Ekta Parishad se consacraient alors pleinement au soutien des Indiens les plus démunis, dont les familles des travailleurs journaliers, très impactées par les mesures de confinement prises par le gouvernement indien.

Néanmoins l’idée de la campagne Jai Jagat, cette idée que « personne ne doit rester au bord du chemin » et que la non-violence telle que défendue par Gandhi est un message essentiel pour l’Inde mais également pour l’ensemble de la planète, notamment pour réussir à mettre en œuvre l’Agenda 2030 des Nations Unies, reste plus que jamais d’actualité.

12 jours de marches et d’actions à travers le Globe

C’est pourquoi ce 21 septembre 2021, Rajagopal P.V a repris la route et son bâton de pèlerin pour une marche de douze jours à travers l’Inde, jusqu’au 2 octobre, journée internationale de la non-violence et anniversaire du Mahatma Gandhi. Rajagopal et son équipe ont inauguré cette campagne par un jeûne d’une journée à Patna, capitale de l’Etat du Bihar. Durant ces 12 jours, il est prévu qu’au moins 5000 personnes marchent dans plus d’une centaine de districts indiens, répartis sur l’ensemble du pays, pour parcourir environ 10 000 km et recueillir tout au long du parcourir les doléances des villageois et solutions locales non-violentes pour permettre à tous d’accéder aux biens essentiels.

Marche en Inde
Femmes indiennes marchant pour la justice et la paix

En parallèle, à travers le globe, le réseau international de Jai Jagat a prévu un programme de 12 journées d’actions permettant d’aborder des sujets aussi essentiels que le changement climatique, la transition vers une économie non violente, les migrations, le développement de du leadership basé sur la non-violence, en particulier à destination des jeunes générations, etc.[1]

Ainsi par exemple, ce mardi 21 septembre à Genève, autour de la statue de Gandhi dans le parc de l’Ariana et à quelques encablures du Palais des Nations Unies, une méditation pour la paix se déroule à 18h[2].

Pour Rajagopal, l’objectif de ces marches indiennes et différentes actions internationales est également de « mettre sur la table la nécessité de créer en Inde un ministère de la non-violence et de la paix, mais également d’œuvrer à la transition vers une économie non-violente partout sur la planète, en recueillant notamment un certain nombre de signatures à adresser aux Nations Unies ».

Alors que de très nombreux pays sont encore englués dans l’urgence de la crise sanitaire, et tandis qu’une nouvelle Guerre Froide se dessine entre la Chine et les Etats-Unis, ces différentes actions peuvent sembler bien vaines. Pourtant, redéfinir notre rapport à la nature et renouer avec le vivant pour prévenir des futures pandémies, tout comme défendre la paix et la non-violence face au spectre de la guerre qui ne cesse de grandir, n’ont peut-être jamais eu autant de pertinence qu’aujourd’hui.

Et comme le disait Gandhi : « La différence entre le possible et l’impossible se trouve dans la détermination. »

Benjamin Joyeux

[1] Voir le programme sur : https://jaijagatgeneve.ch/12-journees-dactions-jai-jagat/

[2] Voir https://www.facebook.com/events/1282452438854729?ref=newsfeed

Benjamin Joyeux

Juriste de formation, journaliste indépendant passionné par l'Inde, après avoir travaillé également comme conseiller en communication dans diverses institutions à Paris (Sénat et Assemblée Nationale) et Bruxelles (Parlement européen), Benjamin Joyeux est installé depuis trois ans à Genève pour coordonner la grande marche Jai Jagat Delhi-Genève et couvrir l'actualité locale et internationale.

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