Le libre-arbitre est-il une illusion ?

Cette réflexion m’est dernièrement apparue suite à un événement précis, mais il s’agit d’un questionnement philosophique qui m’a toujours intriguée.

Il y a quelques semaines, 19 heures, à la gare de Lausanne. Un groupe de jeunes gens dynamiques, œuvrant pour une marque dont je ne me souviens pas le nom, alpaguent les voyageurs pour leur offrir une glace. Les passants tendent la main, s’emparent du trésor gratuit dont on leur fait cadeau, déchirent l’emballage et consomment le produit. C’est machinal, presque automatique. La plupart des gens semble simplement agréablement surpris d’obtenir quelque chose de gratuit.

« Tous ces gens ont-ils réellement envie de cette glace, ce jour-là, à 19 heures ? Si cette distribution gratuite n’avait pas eu lieu, seraient-ils allés acheter cette glace ? Il y a fort à parier que non » 

Et là je me demande : tous ces gens ont-ils réellement envie de cette glace, ce jour-là, à 19 heures ? Si cette distribution gratuite n’avait pas eu lieu, seraient-ils allés acheter cette glace ? Il y a fort à parier que non. Mais la gratuité est alléchante, peu importe le désir ou le besoin immédiat que chacun éprouve. Dans quelle mesure ce processus se met-il en place dans d’autres situations ? Est-ce que nous sommes prêts à consommer tout et n’importe quoi du moment que nous n’avons rien à débourser ? Est-ce que nos choix peuvent être entièrement autodéterminés ? Sont-ils nécessairement emprunts d’une influence externe, que celle-ci soit sociétale ou culturelle ? Dans quelle mesure pouvons-nous faire abstraction de ces influences externes lorsque nous faisons des choix ? C’est donc la question de notre liberté et de notre agentivité qui est en jeu.

Quel est votre avis sur la question ? Avez-vous vécu des expériences qui vous permettent d’affirmer que nous avons un libre-arbitre ? Ou au contraire, penchez-vous plutôt pour l’option du déterminisme (cérébral, biologique,…) ?

Aude Bertoli

Psychologue et passionnée d'écriture, Aude Bertoli rédige des articles, des nouvelles et des textes courts qui sont tous en lien, de façon directe ou indirecte, avec des aspects dramatiques de l'existence (deuil, perte, agression, violence,...). Il s'agit non pas d'une optique voyeuriste ou théâtrale, mais bien du besoin de briser le silence autour de sujets sociaux encore tabous. Contact: aude.bertoli[at]bluewin.ch

30 réponses à “Le libre-arbitre est-il une illusion ?

  1. Prenons un cas extrême, c’est toujours plus lumineux :
    On a toujours le choix, sans la moindre exception, et parfois – et certains l’ont fait ne fusse que pendant la 2de guerre mondiale – même si le résultat immédiat du choix est la mort…
    Le choix peut être aggravé par des circonstances (famille, maladie, etc…) mais jamais empêché, du moment qu’il soit possible (je n’ai pas dit raisonnable 😉 ) On n’a pas le choix d’aller sur la Lune à pied… Mais on pourrait très bien faire le choix d’y aller sans scaphandre.
    Le fait qu’un autre empêche le choix n’est pas un facteur relevant. Le choix peut être posé, ateindre le but fixé par le choix en est une autre…
    Le fait d’avoir plus ou moins de force ou de volonté est un autre facteur n’empêchant absolument pas qu’un choix soit posé, il est simplement rendu plus difficile, mais jamais impossible. On ne peut se retrancher derrière sa propre impéritie
    Oui on a toujours le choix de sa propre volonté si on prend la peine de le décider…

  2. Absolument j’ai un libre arbitre !
    C’est juste aussi de dire que cet avis est la suite d’une éducation d’expérience de choix.
    Quand je fais je dis je m’exprime tout n’est peut-être pas de mon fait uniquement ?
    Mais à partir d’un certain âge, peut-être ?

    1. L’âge et l’expérience qui l’accompagne: un conditionnement d’autant plus fort qu’il a duré ou une capacité accrue à s’affranchir des influences extérieures ? Bonne question…

  3. Bonjour Aude,

    Yuval Noah décrit bien la problématique dans un de ces livres, à savoir que notre libre arbitre tente à disparaitre. En effet, aujourd’hui on ne se fit généralement plus à sa logique pour trouver, un lieu, acheter un produit mais bien à Google. Notre capacité à penser par nous-mêmes est réduite, de plus en plus.

    Pour l’histoire de la glace, c’est vraiment drôle je me souviens bien de ce jour et ça m’avait aussi frappé.
    Intérieurement je me souviens même m’être dit de ne pas céder sur le coup de “l’impulsion”.

    Pour ne pas céder, il peut-être important de savoir se recentrer sur soi, et de s’écouter, chose qu’on oublie.

    Mais pour combien de temps, combien de temps jusqu’à ce que les algorithmes seront assez bon dans la prédiction, et la connaisances de nos faiblesses ? L’important réside peux être dans la conscience, conscience du moment présent et de nos actes.

  4. J’ai un libre arbitre et cela depuis que j’ai l’âge de choisir, l’âge où j’ai commencé à “penser” à mes actes, leur cause et leur conséquence (enfin à sept ans le raisonnement de la pensée n’avait pas ce niveau) – mais j’ai le droit de réfléchir. Cela je le veux … Cela je ne le veux pas …. Le libre arbitre m’invite aujourd’hui à presque 50 ans à m’informer, choisir de lire, d’écouter des informations qui ne vont pas dans le sens de ce que j’aime à penser mais qui me conduise à penser, à me remettre en question. J’ai un avis, j’ai des doutes, je m’interroge. Une glace à 19h non merci et à n’importe quelle heure d’ailleurs. Le libre arbitre n’est pas une illusion, c’est un exercice, qui nécessite un travail conscient continu… je crois qu’il n’est jamais acquis… il s’entraîne, il se cherche même. Mais il est là.
    Un déterminisme cérébrale, bio… pourquoi pas… mais même là, j’engage la formation, la culture, l’environnement, les études… qui peuvent changer un peu ce déterminisme. A ce niveau il est vrai que nos sociétés sont devenues bien “maigres” de culture, d’études, d’observation… la mondialisation n’a pas de temps à perdre avec ces aspects là de l’humain.
    Voilà, mon opinion. Attention, j’ai aussi accès au libre arbitre et à l’étude et à l’observation parce que je suis une exclue de la société, bref une paumée, sans un sous donc sans culture (musées, cinémas, galeries d’art, etc) j’ai le temps de “penser”. Il va de soi que lorsque je luttais pour sauver ma peau et ne pas abuser des assurances sociales le libre arbitre, c’était pas vraiment ça…

    1. Votre commentaire m’interpelle Marguerite. Vous faites un lien direct entre l’accès à un libre-arbitre et le fait d’être “exclue de la société, une paumée” ! Vous pensez qu’être inséré socialement et respecter des codes sociaux empêche de pouvoir aussi penser par soi-même et en dehors de grandes lignes directrices ?

  5. Se faire offrir une glace et l’accepter me semble assez anodin. Par contre, on peut se poser des questions sur le fait de se faire de même “alpaguer” pour signer une initiative ou un référendum, ou participer à une oeuvre quelconque dont on ne se serait pas du tout préoccupé sans cela. Les gens ne se laissent-ils pas alors influencer par le “bagou” des gens qui les interpellent, et entraîner à apposer des signatures ou soutenir des actions ne correspondant pas forcément à leurs véritables convictions, ce qu’ils n’auraient pas fait spontanément?

  6. Nous sommes matraqués quotidiennement par des informations de toutes sortes. Entre la radio, la télé, les journaux, internet, le café du commerce…
    J’ai lu quelque part que nous recevrions autant d’informations en une journée qu’un individu du 18ème siècle pendant toute sa vie. Nous subissons ces « glaces » dont vous parlez. Nous les dégustons négligemment, sans nous poser de questions. Pourquoi nous offre-t-on cette glace/info? En quoi consistent ses ingrédients?
    Peut-on faire aveuglement confiance aux fabricants, aux distributeurs ? /Aux agences de presse, aux journalistes, aux politiciens, aux scientifiques, aux religieux etc…?
    Notre corps et notre cerveau garderont en mémoire le sucre ou ses succédanés comme ils garderont la manipulation et l’instrumentalisation.
    Par paresse intellectuelle, nous n’avons plus le temps de chercher ni de nous questionner sur notre libre arbitre. On mange la glace, on adopte l’info et nous nous disons libres, c’est tellement rassurant, tellement confortable.

    1. Vous parlez de confiance Dalila et je trouve ça intéressant. Cela me fait me demander s’il n’y a pas besoin, au fond, d’une certaine dose de méfiance pour pouvoir reculer d’un pas, observer ce qui se passe et s’octroyer le droit de remettre en question ou de n’être pas en accord avec ce qu’on voit/vit. Est-ce qu’une confiance “aveugle” restreint donc notre liberté (de pensée, d’action) ?

  7. On connait le libre arbitre de son vote dans l’urne, mais on doit se plier au résultat final ( on peut encore refuser l’état de droit et se placer dans l’illégalité , avec les risques connus …) .
    On peut demander à travailler dans une société quelconque , mais c’est rare de pouvoir décider à la place de l’employeur qui lui-même est conditionné par les règles du marché …
    On connait plein de situations de ce genre où le libre arbitre est confronté à de multiples contraintes qui finissent par faire douter de sa pleine liberté de choix !
    D’une certaine manière, nos choix sont intimement liés à notre patrimoine génétique baignant dans un environnement social …

  8. Nous sommes influencés par nos gènes, par la culture, la société. L’influence est plus subtile que le choix d’une glace.
    Les jeunes qui manifestent pour le climat, c’est un choix libre et pourtant cela ne touche pas les pays qui ne sont pas sous influences occidentale. Notre pensée occidentale, notre vision du monde n’appartient qu’à nous et influencent notre comportement. Ces jeunes ont le libre arbitre dans un cadre définis par des influences.
    Ainsi, je doute que l’égalité homme/femme est un sujet politique au Japon, le cadre d’influence n’est pas le même.

    Il y a l’énorme influence de notre héritage génétique de nos lointains ancêtre.
    Des tests sur des enfants en bas âges, ont montré que le rejet de la différence est inné. L’enfant se tourne vers celui qui lui ressemble (même goût pour la nourriture,…). La discrimination est en nous, et c’est l’éducation qui nous pousse à la tolérance.
    L’humain en tant qu’espèce animale sociale, est poussé à s’entourer de personnes semblables, ce qui est propice à la discrimination. On le voit dans des mouvements politiques radicaux, culturels, religieux qui s’isolent et qui désignent l'”ennemi”.
    Imaginez des gènes propices à apprécier la différence, le monde serait vraiment différent, moins brutale, mais est-ce que l’humain aurait survécu dans les temps lointain?

    Bref, notre libre arbitre, n’est libre que dans un cadre construit par les influences génétiques, sociales, culturelles. Et si on en a conscience, on est un peu plus libre. L’âge va apprendre à s’approprier plus de libre arbitre, mais assez superficiellement.

    Le libre arbitre n’est donc que partiel, mais suffisant pour que l’on soit responsable de nos actes.
    C’est mon point de vue.

    1. Vous avez tout à fait raison, ce qui influence nos choix est plus subtile et plus complexe que l’exemple de la glace que j’ai pris ici. Il s’agissait d’un exemple à partir duquel je voulais ouvrir le questionnement sur la façon dont nous faisons – ou non – des choix (et quels choix).

      Vous parlez de rejet inné de la différence: avez-vous des sources à ce propos ? Cela m’intéresserait car je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi affirmé à ce sujet.

      Je vous rejoins pour l’aspect partiel du libre-arbitre, en partie constitué de ce que d’autres nous ont inculqué et en partie façonné par nos propres expériences et opinions personnelles – si tant est que nos opinions puissent être réellement personnelles, ce dont je doute.

  9. Quelqu’un m’a dit une fois « plus je suis congruent, moins j’ai le choix »; ce que j’ai compris c’est que pour cette personne, le fait d’être vraiment soi-même impliquait une marge de manœuvre si restreinte qu’elle éradiquait le libre-arbitre. Donc que le libre-arbitre consistait à être soi-même ou pas.
    Personnellement, je n’arrive pas à dire si j’adhère à cette pensée extrême, mais elle m’intrigue fortement. Je dirais que je fais des choix volontaires (des choix qui partent de mon mental) et des choix « justes » (des choix qui partent d’une instance plus profonde, “qui je suis réellement”).

    1. Intéressante cette remarque par rapport à la congruence, même si je n’y adhère pas vraiment – ou alors je n’ai pas bien compris 😉
      Tu intègres la notion de choix “juste”, à laquelle je n’avais pas pensé en écrivant cet article, mais je trouve ça très pertinent. Est-ce qu’il s’agit d’un choix qu’on fait en accord avec soi-même ? Ou est-ce que c’est plutôt un choix juste dans le sens d’une justice vers laquelle on tend ?

  10. C’est tellement triste et dangereux d’aller dans le sens du déterminisme. Je m’y refuse.

    Maintenant, on peut avoir son libre arbitre mais être conditionné à réagir d’une certaine façon dans un certain contexte. On peut parler d’istinct, de réflexe. On peut travailler sur ceux-ci lorsqu’on en a conscience.

    Pour moi, dans la situation exposée, les gens agissent par réflexe conscient ou non : on m’offre quelque chose, à manger, dans un lieu qui s’y prête, c’est du marketing et on ne me demande rien, je peux accepter sans autre, quitte à me débarrasser de cette glace par la suite – ok je prends. Je n’y vois pas un car particulier de déterminisme.

    A titre personnel, le plus proche du déterminisme découle du sentiment de déjà vu. Je le trouve toujours aussi impressionnant à vivre. On a l’impression que tout était déjà écrit d’avance.

  11. Le libre arbitre est, je pense, bel et bien une illusion. Parceque quand je fais le choix entre deux possibles, d’où vient réellement l’impulsion de faire ceci plutôt que cela? Plus je m’observe et plus je médite sur cette question, à partir de mon adhérence à la phénoménologie de la vie, plus j’en viens à sentir et penser qu’il y a en moi un “moteur spirituel” gérant mes intentions et mes motivations dont j’ai certainement moins le contrôle que ce qu’on m’a appris à penser. Ce qui se passe en moi, c’est bien moi, mais ce moi je ne le possède pas, je ne le produit pas sur le moment de but en blanc. Cela participe à la fois du “le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point” et de mon “bagage” biographique, donc culturel, social et j’en passe. J’en viens à dire que la vie, la vie absolue est en tout temps l’origine, la source véritable de mes pulsions, motivations, intentions. Et comme dans notre monde rationaliste il faut toujours justifier ses choix et actes, on apprend à trouver des raisons logiques, de causes à effets, de tenants et aboutissants, pour se donner l’impression d’être maître de soi. Je crois que le maître c’est tout simplement la VIE.

  12. Je ne crois pas du tout au libre arbitre. Un fait révélateur pour moi est la parole. Quand quelqu’un parle, l’autre découvre ce qu’il dit. Mais celui qui parle découvre en même temps ce qu’il dit lui-même, car les mots sortent automatiquement de notre bouche, de notre cerveau. Tout ce fait de manière inconsciente. La preuve est le fait que nous pouvons faire des lapsus. Si nous avions le libre arbitre, nous ne ferions jamais d’erreurs, nous ne dirions pas ce que nous ne voulons pas dire.

  13. Bonjour,

    Pour moi le libre arbitre n’existe pas. Nous aimons nous convaincre que nous avons une certaine autorité sur nos actes, mais ça relève du fantasme.

    Les sujets dont je suis sensible, les choses qui m’attirent, qui m’indignent, ne sont que le fruit de ce qui me constitue, de cette suite d’événements qui ont conduit à mon assemblage moléculaire. Rien n’était prédéstiné, mais je suis là, mon cerveau s’est développé de cette façon, j’ai grandi dans cet environnement particulier, et tout ça à généré l’être que je suis, sans que j’en aie le choix. Nous ne sommes que le fruit d’une cascade d’événements, et de ce fait conditionnés dans notre nature même à penser et agir selon tous les événements précédents qui ont débouché sur la génération de notre être.

    Philantrope ou meurtrier, une personne est conditionnée à évoluer selon ce qui la constitue “atomiquement”, et ce que l’acquis leur a apporté. Dans les deux cas l’individu n’a aucune prise sur ce qui l’amène à être ce qu’il est.

    1. Nous sommes certes façonnés par les autres, dont nous sommes totalement dépendants lors de nos premières années, mais pouvons-nous par la suite nous détacher de ce qui nous a influencé ? Ou sommes-nous notre vie durant tenus en laisse par nos premières sources d’influence ?

  14. Question toujours aussi intéressante, et les réponses que vous avez obtenues jusqu’à maintenant le sont tout autant. Pour ma part, je me pose parfois la question sous la forme suivante: et si mes décisions étaient prises par mon inconscient, qui transmettrait ensuite ces décisions, une fois prises, à ma conscience?

    Posée sous cette forme, je crains que la question n’ait pas de réponse (ou pas à ma connaissance en tout cas, puisque je ne suis pas sûre qu’il existe des définitions claires et précises de ce que sont le “conscient” et “l’inconscient”)… mais il vaudrait la peine de creuser du côté de la neurobiologie pour en savoir plus.

    1. Tout à fait Natacha, c’est d’ailleurs un peu en ce sens que j’ai répondu à Claude Petitpierre. Si on introduit l’inconscient dans l’équation, la notion de libre-arbitre se complique…

  15. Arminiens ou calvinistes… la question du libre arbitre n’est pas nouvelle.
    Nous souhaitons tous nous être maître de nous même, car c’est par là que nous pensons que nous existons. Et si nous pensons, nous sommes.
    Pourtant, les sciences sociales pointent le fait que nous agissons souvent de manière prévisible, comme déterminée.
    Regardons les extrêmes, parfois révélatrices : si nous n’avions pas de libre arbitre, nous obéirions soit à des lois, soit à un dieu marionnetiste. S’il sagissait de lois, nos actions seraient donc toujours et systématiquement prévisibles. Il n’y aurait jamais d’incertitude. S’il s’agit d’un dieu marionettiste, nous n’aurions pas la possibilité de choisir de penser que nous existons.
    Si nous avions seulement notre libre arbitre, et devrions poser tous nos choix de manière libre, donc volontaires, nos petites têtes ne pourraient gérer tant d’informations.
    La solution se trouve probablement entre les deux.
    Je crois que le christianisme dessine une voie médiane. Le Dieu chrétien n’est pas marionnetiste, mais il n’est pas étranger au déterminisme: l’être humain est créé avec en lui la soif de chercher ce tout autre qui le dépasse. Mais il est laissé libre d’exercer le choix de venir ou non à Dieu.

  16. Pour que je puisse décider de ce que je veux faire, il faut que ce soit possible, c’est le premier niveau de liberté. Si plusieurs alternatives se présentent à moi, je peux suivre mes penchants et choisir laquelle je vais considérer, mais ces penchants dépendront de mes expériences passées , de ma culture et de mes caractéristiques personnelles (par exemple peur des araignées ou indifférence à leur égard). Connaissant en détail une personne, on pourrait « calculer » ce qu’elle va faire. Le libre arbitre est donc une illusion. On ne peut pas décider de désirer une chose ou une autre. On peut désirer un chose et y renoncer pour des raisons morales par exemple, mais ce n’est pas non plus un choix libre.
    Certains prétendent que le libre arbitre est nécessaire pour punir les délinquants, car sinon ils auraient automatiquement des circonstances atténuantes. Cependant, il faut justement punir pour que les gens soient formés à prendre les bonnes décisions dès l’enfance. C’est justement s’ils avaient un libre arbitre que les rétributions ne serviraient à rien. Nous sommes (heureusement) soumis à nos codes moraux.

    1. Vous avez raison quand vous dites que nous ne pouvons pas décider de désirer une chose ou une autre. D’ailleurs, nos choix amoureux par exemple se basent en grande partie sur des aspects inconscients et/ou irrationnels. D’ailleurs, qu’en est-il de l’inconscient et de sa place face au libre-arbitre ? Car si nous sommes influencés par des éléments inconscients, peut-on encore se dire libres ?

  17. Bonjour à tous-tes,

    Merci beaucoup pour vos nombreux commentaires, tous très intéressants et instructifs ! Ils donnent matière à réflexion, ça me plaît ! 🙂

    Je prendrai le temps de vous répondre personnellement au plus vite.
    Aude

  18. Il y a tellement à dire sur le libre arbitre qu’on pourrait écrire des pages et des pages, et ici, c’est difficile de le faire.

    Mais, à mon avis vous vous posez trop de questions.

    L’opportunité étant là, le produit étant gratuit, le produit est apprécié et plaisant, une glace, du chocolat, du sucre, et cela pourrait faire craquer presque n’importe qui.

    Il n’y a pas à se poser mille et une questions.

    Le libre arbitre ici est plein puisque vous n’avez aucune obligation d’accepter le produit gratuit qu’on vous propose.

    Personne ne vous oblige à l’accepter.

    A partir du moment ou vous avez la liberté d’accepter ou pas, le libre arbitre est là.

    J’adore le sucre, le chocolat, les glaces, et si je n’ai pas envie à cet instant précis d’une glace gratuite, je ne la prendrais pas.

    Même si elle est gratuite.

    Je vois juste une campagne de marketing derrière ça, et rien d’autre.

    La vie est parfois simple.

    1. “A partir du moment ou vous avez la liberté d’accepter ou pas, le libre arbitre est là.”
      Votre phrase m’a beaucoup fait réfléchir. Se peut-il que nous ayons l’illusion d’avoir le choix ? Après tout, céder à une glace n’est pas la même chose que choisir d’en manger une à ce moment-là.

  19. Libre-arbitre versus publicité, qu’en penser?

    Tout le monde sait, bien sûr, que les SUV ne sont pas un bienfait pour l’environnement,
    mais les suisses en sont plus que friands et alors, s’agit-il de libre arbitre?

    Ces jolis véhicules abondent dans les films et autres séries, comme les lieux de rêves.
    Difficile d’avoir la modestie de ne pas vouloir imiter son voisin ou collègue, qui en a un tout beau, tout neuf.

    Le libre-arbitre se situe sûrement quelque part par là?

  20. Si le libre arbitre consiste à décider en s’affranchissant de toute influence, alors c’est une incongruité. Cela revient à dire que l’on est capable de se construire par soi-même en dehors de toute influence. Bref, nous sommes des dieux. Or, ce que nous sommes, nos penchants émotionnels, la manière même dont notre cerveau fonctionne et développe ses connaissances et son intelligence, nous l’avons hérité. Celui qui choisit un chien, va déterminer les races correspondant le plus au caractère qu’il souhaite pour son animal en fonction de ce qu’il veut en faire: compagnie, garde, chasse, sauvetage, conduite d’aveugle, etc.. En réalité, nous faisons confiance à la génétique. Comment dès lors prétendre que cela est différent chez l’humain? Par là-même, observer comment les gens votent non seulement en fonction de leurs intérêts mais aussi de leur psychologie. D’ailleurs, à quoi servirait les psychologues si nous étions capables de nous déterminer consciemment en toutes choses?

    1. Très bonne question ! Heureusement, je pense qu’un libre-arbitre, dans certaines conditions et avec certaines limites, est tout à fait possible. Sinon, comme vous le dites, aucune thérapie n’aurait de sens… sauf peut-être des thérapies purement comportementales visant simplement à déconditionner puis reconditionner l’individu. Nous ne sommes évidemment pas vierges d’influences de toutes sortes, mais dans quelle mesure pouvons-nous en faire abstraction ?

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