L’HUMAIN au centre : réalité ou vaste hypocrisie

Essentiel, évident, primordial, la considération de l’humain, c’est bien joli… mais nous, on fait du business !

J’en ai assez d’entendre ce slogan de la bouche même de celles et ceux qui usent leurs subordonnés avec des réunions stériles, remplies de nombrils ambulants que seule la compétitivité crapuleuse fait jouir, en étant guidés par une soif de pouvoir obsessionnelle, voire malsaine. au nom de la sacro-sainte performance à tout prix qui déshumanise lentement.

Avec cette peste de petite voix intérieure qui leur dit : Il faut sortir du lot, sinon on nous bouffe. Mais, enfin, nous sommes déjà en train de nous faire bouffer tout cru et pourtant personne ne se déclare masochiste, encore moins sadique.

Je suis rassurée à l’idée qu’aucun brevet d’invention ne sera déposé pour valoriser l’irrespect des personnes dans les organisations. Et là, je me mets à rêver que les élans d’humanité vont l’emporter, qu’ils deviendront de plus en plus contagieux, que l’ère du contrôle va enfin laisser une vraie place à la confiance, à la valorisation des forces vives et à la fierté de travailler dans des entreprises qui n’auront plus besoin de se déclarer libérées pour l’être vraiment.

Et vous, vous avez aussi envie de rêver ?

Et si on osait l’humanité

Je lance ici un appel à toutes celles et tous ceux qui trouvent aussi grisant de rester humain que de réussir leur vie professionnelle.

Oui, en entreprise, nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir continuer à faire preuve d’humanité. Et pourtant, cela semble être de moins en moins valorisé.

Je rends hommage ici à tous les dirigeants et j’en connais, qui au quotidien sont et veulent être humains sans en avoir honte. Au contraire, leur recette est de croire avant tout aux personnes, malgré tout.

Une attitude humaniste passe facilement, trop facilement, pour un geste de faiblesse. Alors, à quoi avons-nous envie de ressembler ? A des bisounours ou à des monstres ?

Il est temps d’arrêter de fantasmer et de croire que la pression exercée sur les collaborateurs va les rendre plus performants. Arrêtons de nous cacher derrière des tableaux Excel et tentons d’être rassurés par la magie de l’humain, par ce qu’il est disposé à donner lorsqu’il se sent en confiance.

Cela vaut vraiment la peine d’essayer encore et encore, par conviction ou sous la contrainte. Peu importe !

Le jour où nous serons tous des robots, la question ne se posera tout simplement plus. N’est-ce pas ?