Télétravail : sauveur ou ennemi ?

Pour ou contre le télétravail ? Cette question n’a pas eu de raison d’être au moment où cette manière de travailler a été, sous la contrainte et la précipitation des événements sanitaires, la seule manière de continuer à œuvrer, à avancer, pour toutes ces fonctions qui ont pu continuer à vivre grâce au télétravail.

Partenaire de confiance des citoyens confinés, le télétravail a permis à de nombreuses entreprises de continuer une activité certes ralentie, mais une activité tout de même.
Dans ces cas de figure, oui, le télétravail a été le sauveur et ceci pendant de longues semaines.

Mon propos consiste aujourd’hui à ne pas décrier cette option salvatrice et oh combien adaptable aux circonstances, mais plutôt de continuer à lui laisser une place, la considérer comme une solution durable, à consommer avec modération, mais à consommer tout de même, bien entendu en accord avec son employeur et soi-même.

Tout comme envisager le télétravail à 100 % serait anti convivial et inadapté à nos besoins de contacts, vouloir le supprimer totalement sous prétexte que les collaborateurs ont l’ennui du bureau, me semble être une très mauvaise décision en ces temps d’incertitudes plurielles.

Affirmer que le télétravail est l’ennemi des relations humaines est, à mon humble avis, un raccourci à éviter.

Dans beaucoup de situations de vie professionnelles, le télétravail mérite encore un peu d’attention.
N’ayons pas la mémoire trop courte.

Ne pourrions-nous pas attendre avant de lui coller une étiquette aussi ingrate que celle d’un ennemi ?

Anne-Marie Van Rampaey

Anne-Marie Van Rampaey

A la tête des ressources humaines pendant de nombreuses années, Anne-Marie Van Rampaey est devenue une experte en comportements relationnels au travail. Indépendance d'esprit, engagement et pragmatisme sont ses meilleurs outils pour la compréhension et le respect de l'humain.

6 réponses à “Télétravail : sauveur ou ennemi ?

  1. Le télétravail, c’est l’avenir! À l’heure de la saturation des réseaux de transport, à l’heure de la pollution atmosphérique, à l’heure de la responsabilisation des employés, le télétravail fait partie des mesures à adopter pour tout système de management moderne. Sans compter la plus-value pour un meilleur équilibre vie privée- vie professionnelle.

  2. Je suis très réservé sur le télétravail. Il fait tomber d’un coup les barrières, déjà affaiblies, entre le travail et les loisirs. En outre il prépare le terrain au passage de la relation salariale entre l’entreprise et ses employés à une relation commerciale, une “ubérisation” en quelque sorte, assortie de la perte de nombreux droits acquis dans le domaine social.
    La journée du télétravailleur commence avec la lecture de ses e-mails au petit-déjeuner vers 7.00 et se termine par la lecture de dossiers après le repas du soir. Le télétravailleur peut certes grappiller – en culpabilisant beaucoup – quelques moments de libertés durant la journée, mais ce sont des peanuts par rapport à la servitude “molle” qui rythmera désormais son quotidien.
    La timbreuse parait archaïque, mais elle avait l’avantage séparer nettement le travail et le temps libre.

  3. De nos jours, le télétravail est d’autant plus important qu’une majorité des personnes travaillant en open space (en Suisse, cela représente 70% des employés selon la RTS) s’y trouvent mal à l’aise, que ce soit à cause du bruit ou à cause de la dépersonnalisation de la place de travail qui change sans cesse.

  4. Oui le télétravail c’est bien mais ce qui est primordial et souvent un peu absent des discussions ce sont les conditions du télétravail. Est-ce qu’avant d’envoyer un collaborateur en télétravail on s’est bien assuré qu’il avait les conditions nécessaires pour en faire ? Il ne suffit pas de remettre un ordinateur portable au collaborateur ! Pendant la période du semi-confinement le télétravail a été mis en place dans l’urgence et donc on a vu de nombreuses situations où des gens travaillaient à la maison dans des conditions impropres au travail. Des photos de collaborateurs assis sur une caisse de bouteilles d’eau sur leur terrasse avec le portable sur les genoux, des collaborateurs en conf-call dans leurs voitures pour se mettre “à l’abri” du bruit des enfants, etc. Pour un télétravail réussi il faut des conditions et des infrastructures qui le permette tout comme il est important de définir les règles de l’attente du supérieur au niveau de la “présence” du collaborateur. Il y a à mon avis encore beaucoup de situations ou tout ceci est laissé de côté et que l’on met en place le télétravail en pensant faire plaisir au collaborateur ce qui ne sera finalement pas le cas si ces points ne sont pas traités. Le résultat sera probablement un collaborateur frustré et une diminution conséquente de ses performances pour l’entreprise.

    1. Je vous rejoins sur le fait que le télétravail ne doit pas juste être accordé les yeux fermés sans s’assurer que l’environnement de travail à la maison permette justement de travailler dans de bonnes conditions, c’est-à-dire de manière professionnelle.

  5. A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle : n’est ce pas là où on peut mesurer notre capacité d’adaptation et de débrouillardise sans exiger de tout avoir comme en temps normal ? Faire plus avec moins, n’est ce pas le fondement même du management ?

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