L’HUMAIN au centre : réalité ou vaste hypocrisie

Essentiel, évident, primordial, la considération de l’humain, c’est bien joli… mais nous, on fait du business !

J’en ai assez d’entendre ce slogan de la bouche même de celles et ceux qui usent leurs subordonnés avec des réunions stériles, remplies de nombrils ambulants que seule la compétitivité crapuleuse fait jouir, en étant guidés par une soif de pouvoir obsessionnelle, voire malsaine. au nom de la sacro-sainte performance à tout prix qui déshumanise lentement.

Avec cette peste de petite voix intérieure qui leur dit : Il faut sortir du lot, sinon on nous bouffe. Mais, enfin, nous sommes déjà en train de nous faire bouffer tout cru et pourtant personne ne se déclare masochiste, encore moins sadique.

Je suis rassurée à l’idée qu’aucun brevet d’invention ne sera déposé pour valoriser l’irrespect des personnes dans les organisations. Et là, je me mets à rêver que les élans d’humanité vont l’emporter, qu’ils deviendront de plus en plus contagieux, que l’ère du contrôle va enfin laisser une vraie place à la confiance, à la valorisation des forces vives et à la fierté de travailler dans des entreprises qui n’auront plus besoin de se déclarer libérées pour l’être vraiment.

Et vous, vous avez aussi envie de rêver ?

Anne-Marie Van Rampaey

Anne-Marie Van Rampaey

A la tête des ressources humaines pendant de nombreuses années, Anne-Marie Van Rampaey est devenue une experte en comportements relationnels au travail. Indépendance d'esprit, engagement et pragmatisme sont ses meilleurs outils pour la compréhension et le respect de l'humain.

4 réponses à “L’HUMAIN au centre : réalité ou vaste hypocrisie

  1. Tant que la croissance était suffisante, l’employeur était obligé de trouver des moyens de conserver ses troupes, d’ou des conditions d’emplois intéressantes dans la plupart des cas. Depuis 2 décennies ce n’est plus le cas. Alors il a transformé le service du personnel (nom utilisé jusque dans les 80′) en dép. des ressources humaines . Ce terme dit bien ce qu’il veut dire, une ressource doit être utilisée jusqu’à son épuisement. Après on change de modèle, remplacement par des robots / caisses automatique, etc. Mais l’employeur veut continuer à paraître comme étant sympa, humain, empathique etc. Alors il invente des slogans de politicien, du style “l’humain au centre”. Mais dans la réalité il s’en fout. L’employé, lui le sait bien, mais il doit vivre, alors…..

  2. Je pense qu’au centre de cette problématique il y a deux éléments décisifs.
    L’estime de soi.
    La peur.
    Les pervers manipulateurs passionnés qui sont légions dans le patronat s’adressent à notre enfant intérieur blessé. Ils établisent des relations de dominé à soumis en dehors de toute rationalité. La formule de mise est gagnant perdant.
    Dès lors n’est il pas étonnant que dans nos sociétés enfantilisées, pourtant prospères, ou les richesses s’accumulent, nous constations, burn out, dépressions, conflits sociaux et misères.
    Ce contrat aujourd’hui asocial, et véritablement malsain, conduit nos économies dans des impasses de plus plus criantes.
    Pourtant la clef de voute de l’intelligence sociale c’est la confiance. C’est avec la confiance en soi, la confiance aux autres que les peuples trouveront le bonheur.
    Or dans un tout autre registre, l’ambition première des grosses entreprises et de dévorer les plus petites au mépris des conséquences sociales.
    La globalisation, appelée de si inéluctable, au lieu de servir le développement durable dans le respect de notre planète maison, accentue le déréglement climatique, institutionalise l’évasion fiscale, standardise nos vies qui deviennent fades et insipides.
    Face à cette insécurité il faut des visionnaires sages dotés d’une puissante et réelle empathie cognitive.
    N’oublions pas que les objectifs ambitieux demandent l’adhésion des autres. Pour être leader il faut être visionnaire. Cela implique l’observation la communication la présence l’authenticité et l’empathie.
    Dans toute entreprise il faut influencer les gens pour les faire adhérer à nos idées. La tâche est d’autant plus complexe que l’altérité existe. Pourquoi cette caractéristique humaine est-elle à ce point absente de toutes les équations des courants économiques en vigueur ?
    Nous avons de formidables outils de communication qui créent des point de rencontre ou tous les talents dans l’altérité justement, loin des normes économiques impossées, peuvent se stimuler, se répondre, donnant ainsi naissance à de nouvelles idées en toute liberté et insoumission.
    Ces plateformes de communication nous permettent non seulement d’exprimer nos idées comme je suis en train de la faire, mais aussi nos talents et nos potentiels. Or ils sont nombreux.
    Adepte du subjectivisme, je parts du principe que les agents économiques sont hétérogènes. Autrement dit la valeur d’un bien est volatile en fonction de l’idée de chacun. C’est nous qui donnons la valeur aux biens.
    Quelle est la valeur que nous attribuons à autrui ? Est ce juste un employé corvéable à volonté, un numéro d’assuré social, un pion interchangable ? Un objet ?
    Ou plutôt une opportunité d’enrichissement personnel…..?

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