La pollution de l’air peut endommager votre cerveau

Nous entendons continuellement que la pollution atmosphérique a des effets néfastes sur notre cœur, nos poumons et notre espérance de vie, mais on a peu étudié ses effets délétères sur notre cerveau. Une publication récente dans une revue internationalement reconnue démontre que la pollution atmosphérique peut effectivement endommager votre cerveau.

Où cette étude a-t-elle été réalisée ?

La capitale de la Chine, Pékin, est connue comme l’un des plus hauts niveaux de pollution atmosphérique au monde. Lorsque le Dr X. Zhang est retourné à l’Université de Pékin après avoir travaillé aux États-Unis pendant plusieurs années, il a remarqué qu’il avait du mal à se concentrer lorsque l’air était particulièrement pollué.

Le Dr. Zhang et ses collaborateurs ont examiné les résultats des tests effectués par le « China Family Panel Studies », une enquête menée par l’Université de Pékin. En 2010 et 2014, le même groupe de 20 000 personnes a été testé en mathématiques et a subi un test verbal de reconnaissance des mots. Ils avaient des informations précises sur la date et la ville de chaque test et ils ont comparé les résultats des tests avec le niveau de pollution atmosphérique dans chaque ville.

Qui était le plus touché ?

Les chercheurs ont montré que l’exposition chronique à la pollution abaissait les scores aux tests verbaux : plus la pollution était élevée, plus les scores étaient bas. Les effets étaient les plus prononcés chez les hommes plus âgés qui n’avaient aucune éducation après l’école primaire. Pour les hommes ayant fréquenté le lycée, les effets étaient moins importants. Pour des raisons inconnues, les tests de compétences mathématiques n’ont pas été affectés.

Pourquoi les femmes étaient-elles moins touchées ?

On ne sait pas pourquoi les hommes ont été plus touchés que les femmes. Le Dr Zhang pense que les dommages causés par les polluants s’accumulent dans la substance blanche du cerveau et que les hommes ont moins de matière blanche que les femmes. En outre, les hommes ayant un faible niveau d’éducation travaillent à l’extérieur et sont donc plus exposés à la pollution atmosphérique.

Implications mondiales

La majorité de la population des pays en développement vit dans des endroits où l’air est insalubre. L’Organisation mondiale de la santé a publié un rapport indiquant que 9 personnes sur 10 dans le monde respirent un air de mauvaise qualité. L’air pollué peut entraver la capacité cognitive à mesure que les personnes vieillissent, en particulier chez les hommes peu instruits. Le fonctionnement cognitif est essentiel pour les personnes âgées, tant pour faire des courses quotidiennes que pour prendre des décisions financières. Ainsi, les dommages causés au cerveau vieillissant par la pollution atmosphérique entraînent des coûts sanitaires et économiques considérables dans le monde entier.

Augmentez votre productivité: portez des lunettes!

Aujourd’hui, il semble que chaque opportunité d’emploi nécessite l’intelligence artificielle pour augmenter la productivité. C’est le nouveau standard de référence pour l’innovation technologique. Cependant, les technologies plus anciennes telles que les lunettes, inventées en 1268, ont encore la possibilité d’améliorer la productivité d’un milliard de personnes sur la planète.

Nouvelle recherche sur l’importance des lunettes pour la productivité

Une étude récente publiée dans la prestigieuse revue The Lancet Global Health a montré que les lunettes pour les travailleurs du thé en Inde augmentent leur productivité. En fait, la diminution de la vision de près (presbytie) liée à l’âge est la cause la plus fréquente de déficience visuelle au monde. C’est la première étude contrôlée et randomisée à évaluer les effets des lunettes sur des performances au travail.

Pourquoi les travailleurs du thé ont-ils besoin d’une bonne vision?

Les experts disent que la cueillette de thé de qualité est une procédure nécessitant des compétences élevées. Cela demande une bonne coordination des mains et des yeux, de la dextérité, de la précision, de la concentration et de la vitesse. De plus, la productivité se traduit directement en argent. Plus vous cueillez, plus vous gagnez.

Dans cette étude de 11 semaines, les 751 participants étaient principalement des femmes âgées de 40 ans et plus dans trois plantations de thé en Inde. Avec les lunettes, le poids quotidien des feuilles de thé récolté est passé de 25 kg à 35 kg. Tous les participants ont convenu qu’il est important de maximiser ses revenus en cueillant le plus de feuilles de thé possible.

Qui a réalisé l’étude?

Un professeur d’ophtalmologie à l’Université Queen’s de Belfast et P.A. Reddy de l’Institut d’ophtalmologie de Pondichéry, en Inde, s’est associé pour créer l’étude et ils ont été financés par une association caritative Clearly. Ils ont constaté que l’augmentation de la productivité des travailleurs portant des lunettes était la plus importante jamais obtenue par une intervention médicale dans un tel essai clinique.

Comment aller de l’avant?

Compte tenu des gains de revenus potentiels, du faible coût et de la simplicité des lunettes, il semble étrange que ce groupe de travailleurs du thé n’ait jamais été étudié. Un milliard de personnes, principalement dans les pays pauvres, souffrent de myopie non corrigée. Dans certains pays, seuls les opérateurs agréés peuvent vendre des lunettes. Une vision réduite s’installe sur les gens et les victimes s’y habituent. Il semble que les travailleurs pensaient que à l’âge de 50 ans, on ne pourrait pas cueillir comme avant. Cependant, dans cet essai, la productivité des travailleurs âgés portant des lunettes était aussi bonne que celle des jeunes cueilleurs.

Comment pouvez-vous les aider?

Ne jette jamais vos vieilles lunettes. Ramenez-les au magasin où vous les avez achetés. Ils sont obligés de les donner à une organisation philanthropique qui les enverra dans un pays plus pauvre où les besoins en lunettes sont énormes. Vous aidez peut-être une couturière, un tailleur ou un travailleur du thé en Inde, au Bangladesh, en Afrique ou au Sri Lanka à améliorer leur vie.

Cueillette du thé (photo Gabor Kato)

Comment l’intelligence artificielle (IA) peut aider en cas d’accident vasculaire cérébral

Si vous souffrez d’un accident vasculaire cérébral causé par le blocage d’une grosse artère dans le cerveau, la rapidité du diagnostic est la partie la plus importante du traitement. Il est connu que nous perdons deux millions de cellules cérébrales chaque minute que le caillot est là. Cependant, les thérapies qui peuvent contrôler le résultat sont rarement utilisées parce qu’au moment où un accident vasculaire cérébral est diagnostiqué et qu’une équipe chirurgicale est réunie, une trop grande partie du cerveau d’un patient est morte.

L’intelligence artificielle peut aider

Une nouvelle société appelée « Viz.ai » a été créée pour utiliser l’apprentissage automatique, une forme d’intelligence artificielle, pour distinguer les patients qui ont besoin d’une attention urgente de ceux qui peuvent attendre en toute sécurité, en analysant les scans de leur cerveau.

Que peut-elle faire?

La nouvelle société, Viz, a créé des programmes informatiques pour la détection, à partir des scans du cerveau, des accidents vasculaires cérébraux causés par un blocage d’un gros vaisseau. La technologie a été introduite dans les hôpitaux des États-Unis et ce dans une partie du pays où l’incidence des accidents vasculaires cérébraux est exceptionnellement élevée. En fait, l’Erlanger Health System au Tennessee a déjà activé son système « Viz.ai ». La nouvelle technologie devrait améliorer les résultats en alertant sur les cas urgents, en modifiant la composition des spécialistes sur place et en leur envoyant les scans directement.

Quels autres domaines de médecine utilisent l’intelligence artificielle pour le diagnostic?

Des programmes informatiques conçus pour l’intelligence artificielle sont utilisés pour classer les lésions cutanées pour le cancer de la peau le plus courant, le carcinome kératinocytaire, ainsi que le type le plus mortel, le mélanome malin. Il a été rapporté qu’en ce qui  le système de détection de cancer de la peau, l’IA peut faire mieux que la plupart des dermatologues. Des progrès sont réalisés dans la détection du cancer du sein et de la prostate, dans le diagnostic de maladies oculaires telles que le glaucome, la rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire liée à l’âge, ainsi que dans la détection des cardiopathies et des arythmies cardiaques.

 L’IA ne rendra jamais les humains redondants

Si l’IA est un savant électronique qui peut exceller dans une tâche particulière, il est cependant déconcerté lorsqu’on sort de son domaine d’activité spécifique. En tant que tel, il peut être en mesure de remplacer les humains dans une tâche spécifique, mais il est incapable de les remplacer complètement. L’application de l’IA, en ce sens, restera «étroite» et non générale.

En revanche, l’IA éliminera une grande partie de la corvée et de l’erreur du diagnostic et laissera plus de temps aux humains pour se concentrer sur d’autres parties du travail qui sont plus gratifiantes. L’IA en médecine veillera à ce que les patients qui font l’objet d’un dépistage du cancer ou qui sont retirés du lieu d’un accident de voiture soient traités à temps pour être sauvés.

Voici pourquoi le shopping fait tant plaisir au cerveau

L’un des plaisirs les plus simples de la vie est de faire du shopping. Si vous avez un petit coup de blues, achetez donc un nouveau rouge à lèvres, une chemise, une robe ou des chaussures. Dans la plupart des cas, cet achat procure une gratification instantanée. Si c’est aux femmes qu’on associe le plus souvent ce sport qu’est le shopping, les hommes ne sont pas en reste : ils éprouvent le même plaisir lorsqu’ils achètent des outils, de l’électronique, de l’équipement de plein air et surtout… des voitures. En fait, les hommes dépensent probablement plus d’argent pour leurs achats que les femmes. Ce qui n’empêche pas qu’ils soient considérés comme plus pragmatiques que les femmes lorsqu’ils se livrent, comme elles pourtant, à leur shopping.

Que se passe-t-il dans le cerveau?

Le principal neurotransmetteur qui produit ces plaisirs est la dopamine. Lorsque vous achetez quelque chose de nouveau, il y a une libération de dopamine appelée « shoppers high ». Ce même neurotransmetteur est, par exemple, libéré en buvant de l’alcool, en jouant dans les casinos ou en fumant.

Une importante étude a été publiée en 2007 décrivant les résultats de l’analyse cérébrale des individus qui avaient le choix d’une certaine variété d’articles à acheter. Tous les participants ont montré une augmentation du « centre de plaisir » du cerveau, c’est-à-dire le noyau accumbens. Mais lorsque les volontaires ont eu connaissance des prix des articles, leur cortex préfrontal associé à la prise de décision s’est également allumé, tout comme l’insula, une zone impliquée dans le traitement de la douleur. Les personnes qui ne voulaient pas acheter un article avaient plus d’activité dans l’insula par rapport aux participants qui voulaient acheter le produit. On peut en déduire que les personnes qui n’éprouvent pas les «shoppers high» ont probablement beaucoup de mal à abandonner leur argent et renoncent ainsi à l’achat d’un article.

Est-ce que les achats en ligne vous donnent la même libération de dopamine?

Selon un neuroscientifique bien connu, Robert Sapolsky, la dopamine est libérée en prévision d’une récompense (c’est-à-dire l’article acheté). Par conséquent, lorsque vous commandez un produit en ligne, vous devez attendre, mais l’anticipation de la réception de votre produit provoque une augmentation de la libération de dopamine. En d’autres termes, les achats en ligne peuvent être tout aussi excitants et même plus excitants que les achats effectués immédiatement dans un magasin.

Le shopping peut-il devenir addictif?

Un neuropsychologue, Robert Bilder, croit que les achats excessifs ne sont pas simplement une contrainte mais une véritable dépendance. En 2015, Bilder a publié une enquête auprès de 23 537 adultes qui répondaient aux critères de la dépendance au shopping. Ces personnes étaient plus susceptibles d’avoir des symptômes de dépression ou d’anxiété qui étaient peut-être responsables de leur incapacité à arrêter d’aller faire des achats.

Donner votre argent fournit plus de bonheur

Si le shopping vous fait vous sentir bien, continuez tout simplement. Mais la science dit qu’il y a une autre façon de vous rendre plus heureux. Simplement en donnant votre argent aux autres.

Le cerveau des contrôleurs aériens et ce qu’il nous apprend pour notre vie quotidienne

Lorsque vous êtes un passager dans un avion, décollant d’un aéroport très occupé, vous êtes-vous demandé qui contrôle la vaste entrée des avions qui arrivent et ceux qui partent? Vous espérez que l’homme ou la femme dans la tour de contrôle se sentira en alerte pour gérer ces énormes machines volant dans toutes les directions.

En fait, le travail d’un contrôleur aérien est dans le top cinq des plus stressants au monde. Ceux qui font ce métier sont chargés de mémoriser et de se souvenir de grandes quantités d’informations, de maintenir une concentration constante et de gérer plusieurs tâches à la fois. Le travail est si épuisant physiquement et mentalement que les contrôleurs se reposent toutes les heures pour rester bien éveillés. Ce sont des professionnels hautement qualifiés qui travaillent sans relâche car il n’y a pas place pour l’erreur.

Quelle est la particularité du cerveau d’un contrôleur aérien?

Ces personnes doivent avoir une bonne vision, un esprit vif et la capacité de penser rapidement et clairement sous pression. Malgré les problèmes causés par le travail d’équipes, ils doivent simultanément effectuer des tâches complexes et multiples, par exemple contrôler la navigation de plusieurs avions en même temps et coordonner leur montée et leur descente. La grande attention requise par ces professionnels peut être affectés par le stress et la fatigue. Ainsi, ils sont l’un des cobayes préférés des neuroscientifiques qui veulent étudier le stress.

Les contrôleurs ont une partie du cerveau très fonctionnelle appelée le lobe frontal. Cette région contrôle la fonction motrice, la résolution de problèmes, la spontanéité, la mémoire, le langage, l’initiation, le jugement, le contrôle des impulsions et le comportement social et sexuel. Ces processus sont appelés la « fonction exécutive du cerveau ». Ils nous permettent de planifier, de focaliser l’attention, de se rappeler des instructions et de jongler avec plusieurs tâches en même temps.

L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les contrôleurs de la circulation aérienne ?

Bien que les contrôleurs aériens comptent sur le radar et d’autres technologies pour faire leur travail, leurs emplois ne risquent pas d’être remplacés par la technologie ou les intelligences artificielles. Avec autant de vies en jeu, le contrôle exigera toujours que les humains s’assurent que les systèmes automatisés peuvent fonctionner correctement et que la technologie fonctionne parfaitement. Par ailleurs, les voitures sans conducteur ont créé plus de doutes sur l’intelligence artificielle dans ces véhicules en raison de la mort récente d’un piéton en Arizona.

Comment maintenir les compétences des contrôleurs ?

Les compétences au niveau de la fonction exécutive se manifestent tôt dans la vie et continuent à se développer pendant l’adolescence et jusqu’à la mi-vingtaine. Les adultes peuvent maintenir cette fonction exécutive tout au long de leur vie, mais avec le vieillissement, les personnes âgées se plaignent de défaillances de mémoire et de déclin cognitif général.

Trois leçons pour notre vie quotidienne

Jusqu’à présent, aucun dispositif implantable ou d’intelligence artificielle a pu empêcher ce déclin. Cependant, il y a trois principes de base pour maintenir jeune un cerveau qui fonctionne : l’exercice (physique et mental), l’interaction sociale et une alimentation saine. Prenez soin de votre cerveau et restez jeune !

Elon Musk veut câbler notre cerveau. Mais que peut réellement la neurotechnologie?

Selon les dernières nouvelles, Elon Musk envoie non seulement sa voiture Tesla dans l’espace avec sa nouvelle fusée SpaceX, mais il veut aussi changer le câblage du cerveau. Il pense que si l’humanité doit survivre à l’avènement de l’intelligence artificielle, il doit y avoir une amélioration de notre technologie. Il a créé une compagnie appelée Neuralink pour s’attaquer à ces problèmes. Vaste perspective…

Que peut accomplir la neurotechnologie à l’heure actuelle?

Plus de 300’000 personnes atteintes de surdité ont des implants cochléaires qui les aident à entendre en convertissant le son en signaux électriques et en les envoyant dans le cerveau. Par ailleurs, des implants cérébraux ont déjà été établis pour d’autres types de problèmes. Ainsi, environ 150’000 personnes reçoivent une stimulation cérébrale profonde via des électrodes qui sont implantées dans le cerveau pour les aider à contrôler la maladie de Parkinson.

L’avenir implique l’utilisation d’interfaces cerveau-ordinateur (BCI brain computer interface)

Une technique extraordinaire a été utilisée sur William Kochevar qui a été paralysé sous l’épaule après un accident de vélo. Aujourd’hui, il peut se nourrir de sa propre main. Cet exploit remarquable est en partie dû grâce à des électrodes, implantées dans son bras droit, qui stimulent les muscles. Mais la vraie magie réside plus haut dans le cerveau. William Kochevar peut contrôler son bras en utilisant le pouvoir de la pensée. Ces neurones peuvent stimuler d’autres neurones dans le cortex moteur, la partie du cerveau qui contrôle le mouvement moteur. Les implants dans cette partie du cerveau peuvent traiter ces commandes et activer les électrodes dans ses bras.

Ce n’est pas de la science-fiction mais de la nouvelle technologie des interfaces cerveau-ordinateur (BCI) qui démontre que les pensées peuvent prendre le contrôle d’un implant informatique dans le cerveau.

Trois obstacles majeurs avant d’aller chez le patient ou le consommateur

La technologie est un gros obstacle. Pour mettre des dispositifs dans le cerveau, il faut passer des fils à travers le crâne. Ces fils peuvent produire des réponses immunitaires et ils peuvent communiquer avec seulement quelques centaines des 85 milliards de neurones dans le cerveau. Deuxièmement, le cerveau est toujours un monde étranger. Les chercheurs en savent peu sur la façon dont cela fonctionne en particulier en ce qui concerne la formation de la mémoire. Troisièmement, il faut du temps, de l’argent et de l’expertise pour faire approuver les dispositifs médicaux. La plupart des gens ne sont pas désireux d’avoir leur crâne ouvert sauf s’il s’agit d’une maladie dégénérative comme la maladie de Parkinson. La recherche est plus avancée chez les animaux mais les expériences sur les humains sont très difficiles.

Que voulons-nous vraiment de la neurotechnologie?

Bref, ce que la plupart de chercheurs veulent aujourd’hui avec la neurotechnologie, c’est pallier à des handicaps ou des maladies particulièrement invalidantes. Nous aimerions stimuler le cortex visuel dans le cerveau pour aider les aveugles. Peut-être que des connexions neuronales peuvent être créées pour les victimes d’AVC ou pour surveiller le cerveau afin de détecter des signes de dépression. Ce genre de recherches est faite sous nos yeux, à notre porte. En Suisse romande, par exemple, dans le Wyss Center de Bio-Neuroengineering au Campus Biotech  Genève. Le professeur John Donoghue, responsable de ce centre, est un véritable pionnier dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur.

Sa modeste opinion est que le cœur du problème en neurotechnologie est de comprendre comment le cerveau fonctionne et à l’heure actuelle, nous ne le savons tout simplement pas. On mesure ainsi le chemin qui reste à accomplir pour un  Elon Musk, qui veut que la neurotechnologie rende en quelque sorte l’homme surhumain. Inutile de dire que beaucoup de ces perspectives sont loins d’être réalisées.

Pour être heureux, il faut donner

Pourquoi nous sentons-nous plus heureux quand nous faisons un don à un organisme de bienfaisance ou lorsque nous achetons un cadeau pour quelqu’un d’autre? Grâce aux techniques d’imagerie cérébrale, les chercheurs ont pu localiser l’activité cérébrale des participants lorsqu’ils ont fait un don à une bonne cause.

Ce qu’ils ont observé, c’est que la région du cerveau qui est devenue la plus active était le mésencéphale (le noyau caudé et le noyau accumbens), une région du cerveau responsable de nos envies, de nos récompenses et de notre plaisir. Voici donc localisé le mécanisme physiologique derrière ce sentiment de bonheur qui nous envahit quand nous donnons. Et c’est même pourquoi nous choisissons de dépenser de l’argent pour les autres ou pour un organisme de charité plutôt que pour nous-même.

 Mais est-ce que ce don vous rend plus heureux?

Le don rendrait-il plus heureux pour autant? Selon une étude de chercheurs, c’est le cas! Les personnes qui consacrent une plus grande part de leur revenu à des dépenses «sociales» (dons pour des tiers et dons à des œuvres de bienfaisance) sont nettement plus heureuses que celles qui dépensent leur l’argent pour elles-mêmes. Le geste de «donner» nous procure donc du plaisir (l’imagerie cérébrale nous le démontre) et nous rend plus heureux. Notons également – observation bien intéressante –  que le comportement altruiste augmente avec l’âge.

 Donnons-nous simplement pour nous sentir bien?

Certains économistes estiment cependant que l’acte de donner n’est pas entièrement désintéressé car le donateur fait le don afin de se sentir bien. Bien sûr, certaines personnes donnent aux organismes de charité pour de nombreuses raisons qui ne sont pas altruistes. A commencer par le fait de se vanter de sa générosité envers les autres. Mais les études combinant la psychologie, l’économie comportementale et les neurosciences, y compris les techniques d’imagerie cérébrale, ont démontré que certaines personnes ont de véritables motivations altruistes par opposition à celles qui se contentent simplement de se montrer.

 Donner de l’argent et nous sentir plus riche

Des recherches effectuées à l’Université de Yale et à la Harvard Business School montrent que le fait de donner de l’argent ou de le dépenser pour autrui confère un avantage psychologique au donateur qui a un sens accru de la richesse. En d’autres termes, si nous voulons nous sentir plus riche, donnons une partie de notre argent aux autres.

 Donner de son temps peut améliorer notre santé générale

Il y a de plus en plus de preuves que les bénévoles qui travaillent dans une école, distribuent des repas pour les pauvres ou qui œuvrent dans un centre pour les aînés, éprouvent une récompense émotive à donner de leur temps. Par ailleurs, le bénévolat est associé à de meilleurs résultats en matière de santé physique et mentale. Ainsi, les bénévoles sont plus susceptibles d’utiliser des services de santé préventive (par exemple pour se faire vacciner contre la grippe). Ils voient également leur bien-être psychologique augmenter. De plus, ils sont moins déprimés.

Il semble que le bénévolat nourrit le sens de la vie du bénévole. Or, les cliniciens ont constaté que les personnes ayant un sens élevé de leur vie ont un risque moindre de subir des incidents cardiovasculaire (comme une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral) par rapport aux personnes dont la vie manque de but et de sens.

La saison du don

Comme nous approchons maintenant de la saison des dons, peut-être devrions-nous réfléchir à comment donner pour maximiser notre plaisir, notre bonheur et notre santé. Ce n’est pas la quantité qui compte, mais c’est le geste de donner à quelqu’un d’autre !

Pourquoi l’intelligence artificielle ne remplacera pas le cerveau humain

Avez-vous remarqué que presque tout ce qu’on lit ces jours-ci mentionne le terme d’intelligence artificielle (IA)? L’intelligence artificielle gère nos smartphones; elle est impliquée dans les voitures sans conducteur; dans la reconnaissance du langage, dans celle du visage… et bien d’autres choses encore ! Et cependant nous avons beaucoup de mal à comprendre de quoi il s’agit. Pourtant il ne s’agit pas de physique nucléaire, mais tout simplement d’informatique!

Dans l’intelligence artificielle tout est calculé au préalable

De fait, l’intelligence artificielle est un programme d’ordinateur ou un logiciel (composé de formules mathématiques appelées algorithmes) qui est doté d’un mécanisme pour «apprendre» (souvent appelé «machine learning»). Les ingénieurs en informatique construisent les programmes de telle sorte que leurs codes puissent lire des images, du texte, de la vidéo ou de l’audio. Ces codes sont ensuite introduits dans l’ordinateur afin que la machine apprenne comment effectuer ces tâches. Par la suite, d’énormes quantités d’informations (les fameux «big data») peuvent être introduites dans l’ordinateur, par exemple des milliers de photos de visages, et l’ordinateur «apprend» à reconnaître un visage particulier.

La machine est donc maintenant équipée pour faire quelque chose plus rapidement et plus précisément qu’un humain. Par exemple, après une attaque terroriste, l’ordinateur peut passer en revue rapidement des milliers d’heures de vidéosurveillance et trouver un visage particulier parmi d’innombrables autres.

Intelligence artificielle et réseaux neuronaux

Allons plus loin : pour que l’ordinateur effectue une tâche spéciale, les ingénieurs informaticiens peuvent créer une manière de «réseau neuronal». Mais attention, ce réseau n’a rien à voir avec un réseau neuronal humain tel que nous en avons dans notre cerveau. C’est que le réseau neuronal de l’intelligence artificielle implique toujours la conception préalable d’un programme informatique (un algorithme) qui reliera une information à l’autre.

Et pour effectuer des tâches plus complexes en intelligence artificielle, les ingénieurs ont la possibilité de superposer plusieurs de ces couches de «réseaux neuronaux». Par exemple, Ces réseaux neuronaux peuvent être formés pour reconnaître un visage en s’entraînant d’abord sur d’innombrables images. Une fois que l’ordinateur a appris à reconnaître un visage (par opposition à une main), le réseau utilise cette connaissance pour identifier les visages qu’il a déjà vus, même si l’image de la personne est légèrement différente de celle sur laquelle il a été entraîné. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage en profondeur, en anglais le «deep learning». Mais il repose toujours, répétons-le, sur des algorithmes préalables.

Il n’y a pas de limite à ce que l’intelligence artificielle peut faire tant qu’elle a suffisamment de données et qu’elle dispose d’une puissance de calcul énorme. Nous savons que les robots ont remplacé de nombreux emplois dans l’industrie manufacturière, mais ils peuvent aussi faire des travaux dangereux, comme retirer des mines terrestres ou nettoyer des sites contaminés après une catastrophe nucléaire, comme au Japon.

L’intelligence artificielle ne remplacera pas le cerveau humain

L’intelligence artificielle peut devenir conseiller financier; aider les médecins à diagnostiquer les maladies; aider les enseignants dans leurs salles de classe; soutenir les courtiers en valeurs mobilières, les conseillers d’affaires; et même les créateurs de mode. A l’avenir, l’intelligence artificielle aidera à améliorer la mobilité des personnes âgées et cela même au moyen de prothèses neurales implantables. Enfin, contrairement à la croyance populaire, l’intelligence artificielle donnera lieu à de nouvelles formes de travail.

Reste la grande question : L’intelligence artificielle remplacera-t-elle le cerveau ? Impossible! Le cerveau humain est le supercalculateur le plus puissant sur terre. Pour ce faire, il consomme l’énergie équivalente à une ampoule, comparé aux superordinateurs utilisés dans la technologie de l’intelligence artificielle qui nécessitent, eux, d’énormes quantités d’énergie.

Ce qui fait que le cerveau est unique

Résumons: le cerveau a plus de 100 trillions de neurones ou de cellules électriquement conductrices qui nous donnent l’incroyable puissance de calcul que seul le cerveau humain possède. Il est important de se rappeler que nous ne savons même pas comment fonctionne le cerveau. Avant de pouvoir l’imiter, il faudra des décennies de recherche en neurosciences pour avoir une idée vague de son fonctionnement. En ce sens, on peut se rassurer : l’intelligence artificielle ne dépassera pas l’intelligence humaine dans un proche avenir.

En Suisse, c’est à 35 ans qu’on est le plus malheureux

Comme nous le savons tous, de nombreux facteurs permettent de déterminer si les gens sont heureux ou malheureux. Les personnes employées sont plus heureuses que les chômeurs. Les personnes les plus riches sont plus heureuses que les plus pauvres. Les femmes sont en général plus heureuses que les hommes, mais elles sont plus sensibles à la dépression. La personnalité est le plus grand facteur déterminant : les extravertis sont plus heureux que les introvertis et les gens confiants sont plus heureux que ceux qui sont anxieux. Bien sûr, bien d’autres causes entrent en ligne de compte, telles que les relations, l’éducation et la santé. 

L’âge détermine le bonheur

Curieusement, l’âge est un important facteur. En général, les gens sont moins heureux dans leur quarantaine et au début de leur cinquantaine. Le point le plus bas étant, en moyenne mondiale, situé à 46 ans. Cependant, ce point varie selon les pays. Les Ukrainiens sont les plus misérables à 62 alors que les Suisses atteignent ce niveau déjà à 35 ans. Ainsi, les Suisses vivent le plus long nombre d’années dans un état heureux.

Etre heureux rime avec productivité

De nouveaux types de gourous et de consultants vendent la marque «bonheur». L’un d’entre eux (Shawn Achor) veut créer une «hygiène du bonheur». Selon sa théorie, nous devrions réfléchir à des pensées positives et écrire des courriels positifs de la même manière que nous nous brossons les dents tous les jours. Certaines entreprises essaient de créer du bien-être en proposant des cours sur la pleine conscience (ce que les Anglo-Saxons appellent la «mindfulness») et du yoga. Et l’on a estimé que le malheur des employés coûte à l’économie américaine 500 milliards de dollars par année en perte de productivité.

Les gouvernements veulent créer un plus grand bonheur dans leurs pays

Une grande inspiration est venue du Bhoutan, un petit royaume de l’Himalaya pressé entre l’Inde et le Tibet. Ce pays bouddhiste a adopté la notion de Bonheur National Brut (BNB) en tant qu’objectif national et une commission pour y parvenir a été créée. Le BNB examine la qualité de vie, combien de loisirs vous avez, ce qui se passe dans votre communauté et votre intégration avec votre culture.

Par ailleurs, aujourd’hui plusieurs gouvernements, y compris ceux des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Australie publient régulièrement des rapports sur les niveaux de bien-être national. Sans parler des Emirats Arabes Unis qui disposent d’un tout nouveau Ministère du Bonheur.

Où le bonheur est-il produit dans le cerveau?

Plusieurs régions du cerveau ont été identifiées qui sont responsables du sentiment de plaisir. Les chercheurs ont identifié cinq domaines spécifiques appelés “hotspots hédoniques”. Ceux-ci agissent en coordination avec d’autres voies qui, ensemble, envoient des signaux vers des régions supérieures du cerveau qui produisent un sentiment de bonheur que nous associons à la joie.

Le bonheur est dans notre ADN

Les études comparant des jumeaux identiques et non identiques indiquent que le bonheur est hautement héréditaire. La tendance à être heureux ou misérable est, dans une certaine mesure, transmise par notre ADN. Il semble que 30 à 50% du bonheur soit déterminé par nos gènes.

Pourquoi ne pas produire notre propre bonheur?

Selon les psychologues, près de la moitié de notre bonheur est déterminé par nos actions, nos attitudes, notre optimisme ou la façon dont nous traitons les situations. Nous n’avons pas ces choix pour contrôler la météo ni la circulation. Profitons donc de ce que nous, en tant qu’individus, nous pouvons changer. Déterminons ce qui nous rend heureux et profitons de la vie!

Améliorez votre humeur: faites de la randonnée en montagne

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous ne pouviez pas suivre un programme d’exercices? Vous prévoyez d’aller à la salle de gym trois fois par semaine, mais vous abandonnez après un mois. Peut-être n’êtes-vous pas assez heureux pour maintenir vos bonnes résolutions.

Récemment, un groupe de chercheurs de l’Université d’Innsbruck en Autriche a étudié précisément cette question. Ils ont comparé le niveau d’humeur et d’anxiété dans un groupe de bénévoles qui (i) ont fait une randonnée douce de trois heures dans les Alpes autrichiennes, (ii) se sont exercés pendant une même durée sur un tapis roulant dans une salle de gym et (iii) ont passé trois heures dans une salle avec des ordinateurs, des magazines et en conversation avec d’autres personnes.

Des résultats très clairs

Les résultats sont clairs: les scores de leur humeur ont été beaucoup plus élevés après la randonnée en montagne qu’après l’entraînement au tapis roulant. Et les deux ont fourni de meilleurs résultats que la dernière possibilité : ‘être assis dans une pièce à l’aide d’un ordinateur ou de bavarder. Il semble que marcher dehors dans la beauté des montagnes a fourni des effets positifs pour l’humeur par rapport à la marche à l’intérieur sur un tapis roulant. Ainsi, de longues promenades dans les montagnes peuvent être plus bénéfiques que des exercices brefs et intenses qui tendent à décourager certaines personnes.

Avantages de marcher dans des espaces verts

Tout le monde n’a cependant pas la possibilité de faire de la randonnée dans les Alpes. Dans cette perspective, la marche dans une zone verte, comme un parc, offre-t-elle également des avantages pour la santé mentale? On sait que les personnes vivant dans les villes ont un risque plus élevé d’anxiété, de dépression et d’autres maladies mentales par rapport aux personnes qui résident dans un milieu rural avec accès aux espaces verts. Les chercheurs de l’Université de Stanford en Californie ont étudié cette question. Ils ont décidé d’examiner quel effet une promenade a sur la tendance d’une personne à ruminer (les vaches ruminent dans leur estomac alors que les humains ruminent dans leurs cerveaux). Nous connaissons tous cet état mental lorsque nous ne pouvons pas arrêter de penser à ce qui ne va pas avec nous-mêmes, nos vies, notre travail et nos relations. Cet état est associé à un risque accru de dépression.

Dans leur expérience, un groupe de bénévoles a parcouru 90 minutes dans un parc verdoyant et calme sur le campus de Stanford et un autre groupe à côté d’une route très bruyante. À la fin de la promenade, les bénévoles ont dû remplir un questionnaire et subir un scan du cerveau, les mêmes tests qu’ils avaient fait avant la promenade.

Comme prévu, marcher aux abords d’une ‘autoroute ne diminue pas le niveau de rumination, mais ceux qui ont parcouru les chemins verts et silencieux ont eu une amélioration de leur humeur. Ils n’ont plus insisté sur les aspects négatifs de leur vie.

Les analyses du cerveau ont montré que la rumination est associée à une activité accrue dans une partie du cerveau connue sous le nom de cortex préfrontal subgénal. La marche dans un environnement vert a entraîné une diminution de l’activité neurale dans cette zone du cerveau.

Notre environnement affecte notre cerveau

Ces résultats suggèrent que les zones extérieures au vert peuvent être vitales pour la santé mentale dans notre monde en voie d’urbanisation rapide. Beaucoup plus de recherche est nécessaire pour affiner notre compréhension de ce phénomène, comme la durée, la fréquence et les types d’expérience qui génèrent ces bénéfices.

La randonnée dans les Alpes semble améliorer l’humeur des Autrichiens, donc elle devrait avoir les mêmes effets sur les Suisses. En fait, les résultats peuvent même être meilleurs puisque nous avons accès à plus de montagnes. Ainsi, améliorez votre humeur, sortez vos bâtons et partez en randonnée dans les montagnes.