Pourquoi l’intelligence artificielle ne remplacera pas le cerveau humain

Avez-vous remarqué que presque tout ce qu’on lit ces jours-ci mentionne le terme d’intelligence artificielle (IA)? L’intelligence artificielle gère nos smartphones; elle est impliquée dans les voitures sans conducteur; dans la reconnaissance du langage, dans celle du visage… et bien d’autres choses encore ! Et cependant nous avons beaucoup de mal à comprendre de quoi il s’agit. Pourtant il ne s’agit pas de physique nucléaire, mais tout simplement d’informatique!

Dans l’intelligence artificielle tout est calculé au préalable

De fait, l’intelligence artificielle est un programme d’ordinateur ou un logiciel (composé de formules mathématiques appelées algorithmes) qui est doté d’un mécanisme pour «apprendre» (souvent appelé «machine learning»). Les ingénieurs en informatique construisent les programmes de telle sorte que leurs codes puissent lire des images, du texte, de la vidéo ou de l’audio. Ces codes sont ensuite introduits dans l’ordinateur afin que la machine apprenne comment effectuer ces tâches. Par la suite, d’énormes quantités d’informations (les fameux «big data») peuvent être introduites dans l’ordinateur, par exemple des milliers de photos de visages, et l’ordinateur «apprend» à reconnaître un visage particulier.

La machine est donc maintenant équipée pour faire quelque chose plus rapidement et plus précisément qu’un humain. Par exemple, après une attaque terroriste, l’ordinateur peut passer en revue rapidement des milliers d’heures de vidéosurveillance et trouver un visage particulier parmi d’innombrables autres.

Intelligence artificielle et réseaux neuronaux

Allons plus loin : pour que l’ordinateur effectue une tâche spéciale, les ingénieurs informaticiens peuvent créer une manière de «réseau neuronal». Mais attention, ce réseau n’a rien à voir avec un réseau neuronal humain tel que nous en avons dans notre cerveau. C’est que le réseau neuronal de l’intelligence artificielle implique toujours la conception préalable d’un programme informatique (un algorithme) qui reliera une information à l’autre.

Et pour effectuer des tâches plus complexes en intelligence artificielle, les ingénieurs ont la possibilité de superposer plusieurs de ces couches de «réseaux neuronaux». Par exemple, Ces réseaux neuronaux peuvent être formés pour reconnaître un visage en s’entraînant d’abord sur d’innombrables images. Une fois que l’ordinateur a appris à reconnaître un visage (par opposition à une main), le réseau utilise cette connaissance pour identifier les visages qu’il a déjà vus, même si l’image de la personne est légèrement différente de celle sur laquelle il a été entraîné. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage en profondeur, en anglais le «deep learning». Mais il repose toujours, répétons-le, sur des algorithmes préalables.

Il n’y a pas de limite à ce que l’intelligence artificielle peut faire tant qu’elle a suffisamment de données et qu’elle dispose d’une puissance de calcul énorme. Nous savons que les robots ont remplacé de nombreux emplois dans l’industrie manufacturière, mais ils peuvent aussi faire des travaux dangereux, comme retirer des mines terrestres ou nettoyer des sites contaminés après une catastrophe nucléaire, comme au Japon.

L’intelligence artificielle ne remplacera pas le cerveau humain

L’intelligence artificielle peut devenir conseiller financier; aider les médecins à diagnostiquer les maladies; aider les enseignants dans leurs salles de classe; soutenir les courtiers en valeurs mobilières, les conseillers d’affaires; et même les créateurs de mode. A l’avenir, l’intelligence artificielle aidera à améliorer la mobilité des personnes âgées et cela même au moyen de prothèses neurales implantables. Enfin, contrairement à la croyance populaire, l’intelligence artificielle donnera lieu à de nouvelles formes de travail.

Reste la grande question : L’intelligence artificielle remplacera-t-elle le cerveau ? Impossible! Le cerveau humain est le supercalculateur le plus puissant sur terre. Pour ce faire, il consomme l’énergie équivalente à une ampoule, comparé aux superordinateurs utilisés dans la technologie de l’intelligence artificielle qui nécessitent, eux, d’énormes quantités d’énergie.

Ce qui fait que le cerveau est unique

Résumons: le cerveau a plus de 100 trillions de neurones ou de cellules électriquement conductrices qui nous donnent l’incroyable puissance de calcul que seul le cerveau humain possède. Il est important de se rappeler que nous ne savons même pas comment fonctionne le cerveau. Avant de pouvoir l’imiter, il faudra des décennies de recherche en neurosciences pour avoir une idée vague de son fonctionnement. En ce sens, on peut se rassurer : l’intelligence artificielle ne dépassera pas l’intelligence humaine dans un proche avenir.

En Suisse, c’est à 35 ans qu’on est le plus malheureux

Comme nous le savons tous, de nombreux facteurs permettent de déterminer si les gens sont heureux ou malheureux. Les personnes employées sont plus heureuses que les chômeurs. Les personnes les plus riches sont plus heureuses que les plus pauvres. Les femmes sont en général plus heureuses que les hommes, mais elles sont plus sensibles à la dépression. La personnalité est le plus grand facteur déterminant : les extravertis sont plus heureux que les introvertis et les gens confiants sont plus heureux que ceux qui sont anxieux. Bien sûr, bien d’autres causes entrent en ligne de compte, telles que les relations, l’éducation et la santé. 

L’âge détermine le bonheur

Curieusement, l’âge est un important facteur. En général, les gens sont moins heureux dans leur quarantaine et au début de leur cinquantaine. Le point le plus bas étant, en moyenne mondiale, situé à 46 ans. Cependant, ce point varie selon les pays. Les Ukrainiens sont les plus misérables à 62 alors que les Suisses atteignent ce niveau déjà à 35 ans. Ainsi, les Suisses vivent le plus long nombre d’années dans un état heureux.

Etre heureux rime avec productivité

De nouveaux types de gourous et de consultants vendent la marque «bonheur». L’un d’entre eux (Shawn Achor) veut créer une «hygiène du bonheur». Selon sa théorie, nous devrions réfléchir à des pensées positives et écrire des courriels positifs de la même manière que nous nous brossons les dents tous les jours. Certaines entreprises essaient de créer du bien-être en proposant des cours sur la pleine conscience (ce que les Anglo-Saxons appellent la «mindfulness») et du yoga. Et l’on a estimé que le malheur des employés coûte à l’économie américaine 500 milliards de dollars par année en perte de productivité.

Les gouvernements veulent créer un plus grand bonheur dans leurs pays

Une grande inspiration est venue du Bhoutan, un petit royaume de l’Himalaya pressé entre l’Inde et le Tibet. Ce pays bouddhiste a adopté la notion de Bonheur National Brut (BNB) en tant qu’objectif national et une commission pour y parvenir a été créée. Le BNB examine la qualité de vie, combien de loisirs vous avez, ce qui se passe dans votre communauté et votre intégration avec votre culture.

Par ailleurs, aujourd’hui plusieurs gouvernements, y compris ceux des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d’Australie publient régulièrement des rapports sur les niveaux de bien-être national. Sans parler des Emirats Arabes Unis qui disposent d’un tout nouveau Ministère du Bonheur.

Où le bonheur est-il produit dans le cerveau?

Plusieurs régions du cerveau ont été identifiées qui sont responsables du sentiment de plaisir. Les chercheurs ont identifié cinq domaines spécifiques appelés “hotspots hédoniques”. Ceux-ci agissent en coordination avec d’autres voies qui, ensemble, envoient des signaux vers des régions supérieures du cerveau qui produisent un sentiment de bonheur que nous associons à la joie.

Le bonheur est dans notre ADN

Les études comparant des jumeaux identiques et non identiques indiquent que le bonheur est hautement héréditaire. La tendance à être heureux ou misérable est, dans une certaine mesure, transmise par notre ADN. Il semble que 30 à 50% du bonheur soit déterminé par nos gènes.

Pourquoi ne pas produire notre propre bonheur?

Selon les psychologues, près de la moitié de notre bonheur est déterminé par nos actions, nos attitudes, notre optimisme ou la façon dont nous traitons les situations. Nous n’avons pas ces choix pour contrôler la météo ni la circulation. Profitons donc de ce que nous, en tant qu’individus, nous pouvons changer. Déterminons ce qui nous rend heureux et profitons de la vie!

Améliorez votre humeur: faites de la randonnée en montagne

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous ne pouviez pas suivre un programme d’exercices? Vous prévoyez d’aller à la salle de gym trois fois par semaine, mais vous abandonnez après un mois. Peut-être n’êtes-vous pas assez heureux pour maintenir vos bonnes résolutions.

Récemment, un groupe de chercheurs de l’Université d’Innsbruck en Autriche a étudié précisément cette question. Ils ont comparé le niveau d’humeur et d’anxiété dans un groupe de bénévoles qui (i) ont fait une randonnée douce de trois heures dans les Alpes autrichiennes, (ii) se sont exercés pendant une même durée sur un tapis roulant dans une salle de gym et (iii) ont passé trois heures dans une salle avec des ordinateurs, des magazines et en conversation avec d’autres personnes.

Des résultats très clairs

Les résultats sont clairs: les scores de leur humeur ont été beaucoup plus élevés après la randonnée en montagne qu’après l’entraînement au tapis roulant. Et les deux ont fourni de meilleurs résultats que la dernière possibilité : ‘être assis dans une pièce à l’aide d’un ordinateur ou de bavarder. Il semble que marcher dehors dans la beauté des montagnes a fourni des effets positifs pour l’humeur par rapport à la marche à l’intérieur sur un tapis roulant. Ainsi, de longues promenades dans les montagnes peuvent être plus bénéfiques que des exercices brefs et intenses qui tendent à décourager certaines personnes.

Avantages de marcher dans des espaces verts

Tout le monde n’a cependant pas la possibilité de faire de la randonnée dans les Alpes. Dans cette perspective, la marche dans une zone verte, comme un parc, offre-t-elle également des avantages pour la santé mentale? On sait que les personnes vivant dans les villes ont un risque plus élevé d’anxiété, de dépression et d’autres maladies mentales par rapport aux personnes qui résident dans un milieu rural avec accès aux espaces verts. Les chercheurs de l’Université de Stanford en Californie ont étudié cette question. Ils ont décidé d’examiner quel effet une promenade a sur la tendance d’une personne à ruminer (les vaches ruminent dans leur estomac alors que les humains ruminent dans leurs cerveaux). Nous connaissons tous cet état mental lorsque nous ne pouvons pas arrêter de penser à ce qui ne va pas avec nous-mêmes, nos vies, notre travail et nos relations. Cet état est associé à un risque accru de dépression.

Dans leur expérience, un groupe de bénévoles a parcouru 90 minutes dans un parc verdoyant et calme sur le campus de Stanford et un autre groupe à côté d’une route très bruyante. À la fin de la promenade, les bénévoles ont dû remplir un questionnaire et subir un scan du cerveau, les mêmes tests qu’ils avaient fait avant la promenade.

Comme prévu, marcher aux abords d’une ‘autoroute ne diminue pas le niveau de rumination, mais ceux qui ont parcouru les chemins verts et silencieux ont eu une amélioration de leur humeur. Ils n’ont plus insisté sur les aspects négatifs de leur vie.

Les analyses du cerveau ont montré que la rumination est associée à une activité accrue dans une partie du cerveau connue sous le nom de cortex préfrontal subgénal. La marche dans un environnement vert a entraîné une diminution de l’activité neurale dans cette zone du cerveau.

Notre environnement affecte notre cerveau

Ces résultats suggèrent que les zones extérieures au vert peuvent être vitales pour la santé mentale dans notre monde en voie d’urbanisation rapide. Beaucoup plus de recherche est nécessaire pour affiner notre compréhension de ce phénomène, comme la durée, la fréquence et les types d’expérience qui génèrent ces bénéfices.

La randonnée dans les Alpes semble améliorer l’humeur des Autrichiens, donc elle devrait avoir les mêmes effets sur les Suisses. En fait, les résultats peuvent même être meilleurs puisque nous avons accès à plus de montagnes. Ainsi, améliorez votre humeur, sortez vos bâtons et partez en randonnée dans les montagnes.

Votre mémoire diminue-t-elle? Essayez une stimulation cérébrale profond!

Vous êtes-vous déjà demandé si vous perdiez la mémoire ? Vous aviez oublié le nom de votre meilleur ami, vous ne vous souveniez plus de l’endroit où vous aviez placé vos lunettes, et vous ne saviez plus pourquoi vous étiez allé au réfrigérateur…

Dans le même registre, vous êtes vous aussi déjà demandé si votre dépendance totale à votre smartphone, votre tablette ou votre ordinateur ne risquait pas d’affaiblir votre mémoire ? C’est qu’en utilisant n’importe quel moteur de recherche comme Google, on peut répondre aux questions les plus simples en quelques minutes.

La démence numérique

Ce qui pourrait conduire à une forme de démence numérique, un terme inventé par un neuroscientifique, Manfred Spitzer, qui décrit ainsi une utilisation excessive de la technologie numérique pouvant entraîner la perte de certaine fonction cognitive telle que la mémoire.

La stimulation cérébrale profonde comme moyen de lutte

Des études récentes ont peut-être trouvé la parade et découvert une nouvelle façon d’améliorer la mémoire: en utilisant une stimulation cérébrale profonde. De fait, la stimulation du cerveau a une longue histoire derrière elle. Pendant de nombreuses années, elle a été utilisée pour traiter un certain nombre de troubles neurologiques tels que la maladie de Parkinson, l’épilepsie, la douleur chronique et le trouble obsessionnel-compulsif.

La stimulation cérébrale profonde est également étudiée en tant que traitement expérimental pour la dépression majeure, la récupération d’AVC et la dépendance. La technique implique l’implantation d’électrodes dans certaines zones de votre cerveau. Ces électrodes produisent des impulsions électriques qui régulent une activité neurale anormale. La quantité de stimulation est contrôlée par un dispositif de type stimulateur cardiaque placé sous la peau dans votre poitrine supérieure. Un fil qui se déplace sous votre peau relie cet appareil aux électrodes dans votre cerveau.

Les résultats de la nouvelle étude concernant la mémoire

Ce n’est que récemment qu’un groupe de chercheurs de l’Université de Pennsylvanie a résolu une partie du mystère impliqué dans la stimulation d’une zone du cerveau responsable de la mémoire (l’hippocampe). Michael Mahana ainsi que des neurochirurgiens de 20 autres institutions, ont essayé de déterminer si la stimulation pouvait améliorer la mémoire. Nota bene: les expériences antérieures dans ce domaine avaient produit des résultats mitigés.

La nouvelle étude ouvre des perspectives encourageantes. Il semble que les zones qui fonctionnent mal sont bonifiées par la stimulation qui améliore la capacité du cerveau à coder de nouvelles informations. Cependant, lorsque ces zones fonctionnent bien, la stimulation peut entraver le processus.

L’espoir des chercheurs réside dans le fait que cette approche, semblable au stimulateur cardiaque, pourrait réduire les symptômes de la maladie d’Alzheimer, ainsi que les symptômes d’autres démences et celles des lésions cérébrales traumatiques.

Mais et en attendant

Dans l’intervalle, si vous devenez distrait, cela ne signifie pas que vous développiez une démence à cause de votre smartphone. Et la bonne nouvelle est que vous pouvez empêcher les effets de la démence numérique de Manfred Spitzer en exerçant plus votre cerveau et en abandonnant votre smartphone et tous ces moteurs de recherche utilisés comme une béquille.

Et si Trump dormait et marchait plus sur les terrains de golf?

Avouons-le : nul besoin d’être un psychiatre pour saisir que quelque chose ne va pas dans le cerveau de Donald Trump. L’homme a plus de 70 ans. Ce n’est pas un mystère qu’à cet âge le cerveau est susceptible de subir une sorte de déclin cognitif. Cela reflète la performance du cortex préfrontal du cerveau qui est responsable de la mémoire, du jugement, de la compréhension et de l’attention, ainsi que du lobe temporal qui recherche et récupère les mots qui ont été stockés dans le cerveau.

Signes des problèmes cognitifs chez Trump

Trump est en train de perdre sa fluidité linguistique. Il a du mal avec son vocabulaire et avec la formulation de phrases complètes. Il répète des mots et il change souvent de sujet à mi-phrase. Il se contredit sur plusieurs de ses décisions. Son agressivité lui a créé des ennemis à l’échelle mondiale et il blâme les autres pour ses erreurs.

Trump est-il privé de sommeil?

Tout cela pourrait être dû au stress, à la frustration, à la colère ou à la fatigue ordinaire. Apparemment, Trump est fier de ne dormir que trois à quatre heures par nuit, donc il pourrait être privé de sommeil. Or les personnes âgées ont besoin de la même quantité de sommeil que les jeunes adultes: normalement de sept à neuf heures par nuit.

En l’absence de sommeil suffisant, les gens deviennent grincheux, irritables, moins attentifs et impulsifs. Quand une personne se réveille, ses capacités de vigilance, de vitesse cognitive, de mémoire et de raisonnement sont diminuées. C’est certainement le pire moment pour envoyer un tweet important: Trump le fait souvent.

Le cerveau de Trump subit-il une atrophie liée à l’âge?

Par ailleurs, avec le vieillissement, le cerveau devient plus petit en raison de la perte de matière blanche plutôt que de la perte de matière grise (cellules neuronales). Ces changements peuvent entraîner un certain nombre de problèmes, y compris ceux liés au multi-tasking et à l’attention. A l’âge de 70 ans, Trump a clairement des difficultés avec les deux. Il semble être incapable de gérer la multitude de décisions qu’il doit prendre dans un délai court. De plus, sa capacité d’attention semble être très faible.

Trump peut-il surmonter son déclin cognitif?

Probablement. Tout d’abord, il devrait avoir plus de sommeil ou améliorer sa qualité de sommeil pour éviter une déficience cognitive continue. Deuxièmement, une bonne alimentation équilibrée a des effets majeurs sur la fonctionnement du cerveau. Peut-être Trump devrait-il limiter son apport quotidien de viande rouge qui est connu pour être malsain. Troisièmement, il devrait faire plus d’exercice physique puisque cela est réputé stimuler le cerveau. Trump est connu pour être un golfeur assidu, mais ce sport n’est très sain… que si l’on marche entre les trous.

Ma conclusion: sauvez votre cerveau Donald Trump et faite plus d’exercice physique!

Pour protéger votre cerveau, éviter la viande rouge!

Saviez-vous que…?

Saviez-vous que produire un kilogramme de grain nécessite 1’500 litres d’eau alors qu’un kilogramme de bœuf en prélève 15’000 litres?

Saviez-vous que l’industrie mondiale de l’élevage produit plus d’émissions de gaz à effet de serre que toutes les voitures, les avions et les navires combinés?

Saviez-vous que manger de la viande rouge augmente votre risque de cancer du côlon?

Manger moins de viande est essentiel pour freiner le changement climatique

Ces faits sont alarmants. Il est essentiel de limiter l’appétit énorme et croissant de la viande dans le monde pour éviter des changements climatiques dévastateurs, selon un rapport du «think tank» Chatham House. Cependant, les gouvernements et les militants écologistes ne font rien pour s’attaquer à la question en raison des craintes d’une réaction des consommateurs. Beaucoup de choses sont faites sur la déforestation et le transport, mais très peu dans le secteur de l’élevage.

Le bétail produit 8-18% des gaz de serre

La viande fournit un tiers de la protéine des régimes alimentaires mondiaux. Cependant, les animaux sont moins efficaces que les plantes dans la conversion des substances nutritives et de l’eau en calorie. Ils ont besoin d’énormes quantités de terres cultivées, d’eau et de céréales. Les animaux domestiques rotent et produisent des vents qui occasionnent d’énormes quantités de gaz à effet de serre, au total entre 8 à 18% de la quantité mondiale. Ce qui fait d’eux le principal contributeur à l’accumulation d’azote et de phosphore dans les sols du monde.

La forte demande de viande en Chine et ailleurs pourrait faire basculer le climat mondial dans le chaos. En 2020, la Chine devrait manger 20 millions de tonnes de viande et de produits laitiers de plus par an. Le rapport Chatham House conclut que «le changement alimentaire est essentiel si le réchauffement planétaire ne doit pas dépasser 2 degrés».

Manger moins de viande rouge peut réduire les maladies cardiaques et le cancer

L’Agence internationale de recherche sur le cancer a classé la viande transformée (saumurée, fumée ou salée) comme une cause «définitive» de cancer. La viande rouge (boeuf, porc, agneau) est une cause «probable». Même les mécanismes moléculaires ont été identifiés .

Les herbivores (végétariens) ne développent pas la maladie d’Alzheimer

Une autre préoccupation majeure à l’égard de la consommation de viande rouge provient des études du professeur Rudy Tanzi de Harvard.

Il a montré que seuls les carnivores (mangeurs de viande) développent des pathologies associées à la maladie d’Alzheimer. Les herbivores (végétariens) ne montrent aucun signe de la maladie d’Alzheimer dans leur cerveau.

Dans cette perspective, peut-être le moment est-il venu de passer à un régime végétarien.

Ma conclusion : procurez-vous votre fer des protéines et des vitamines de plantes au lieu de viande rouge et protéger ainsi le climat de tous.

La maladie d’Alzheimer touche plus de femmes que d’hommes

La maladie d’Alzheimer et les femmes

La maladie d’Alzheimer et d’autres démences touchent plus les femmes que les hommes dans la plupart des régions du monde. La maladie d’Alzheimer est une menace pour la santé mondiale et le nombre de cas va tripler au cours des cinquante prochaines années. Les femmes constituent non seulement la majorité des soignants, mais elles constituent aussi plus des deux tiers des patients atteints de cette maladie. Les femmes dans la soixantaine sont deux fois plus susceptibles de développer cette maladie que de développer le cancer du sein.

Différences entre les hommes et les femmes

On a supposé que cette différence de sexe était due à la plus grande longévité des femmes, mais de plus en plus de preuves suggèrent que la longévité seule n’est pas une explication suffisante. D’autres facteurs peuvent être responsables, tels que la détection précoce insuffisante, l’éducation (responsable de fournir la réserve cognitive), les hormones sexuelles et le contexte socioculturel.

Les femmes et les hommes ont également des signes cliniques différents: les hommes montrent un comportement plus agressif alors que les femmes ont tendance à avoir plus de troubles de l’humeur, mais des temps de survie plus longs. Les femmes ont un déclin cognitif et une progression de la maladie plus rapide. Ainsi, les femmes et les hommes peuvent avoir des pathologies différentes qui nécessiteraient des stratégies de gestion différentes .

“Women’s Brain Project”: Suisse

Afin de remédier ces problèmes, une organisation sans but lucratif basée en Suisse, le «Women’s Brain Project», a été créée en août 2016 pour promouvoir la recherche préclinique et clinique sur la santé cérébrale des femmes. Le groupe est composé de chercheurs universitaires, de médecins et de bio-ingénieurs qui ont décidé de prendre des mesures et de discuter de la vulnérabilité spécifique du cerveau féminin aux maladies mentales.

Ce n’est pas le premier exemple de femmes négligées dans les essais cliniques. Le même phénomène est survenu dans les maladies cardiovasculaires et le cancer, les principales causes de décès chez les femmes et les hommes. Même lorsque les femmes ont été incluses comme sujets dans la recherche clinique, l’influence du sexe ou du genre* ne sont pas largement analysée ni signalée. La plupart des études en laboratoire continuent à utiliser uniquement des animaux mâles et ne prennent pas note de la façon dont les cellules diffèrent sur la base du sexe ; ces études constituent la base biologique des études et des traitements en santé humaine.

Aller de l’avant

Dans la démence et la maladie d’Alzheimer, les différences de sexe et de genre doivent être prises en compte à la fois pour la prévention et les stratégies thérapeutiques. Différents outils de diagnostic pourraient être nécessaires chez les femmes pour l’identification d’une déficience cognitive légère et les femmes peuvent avoir une réponse différente au traitement . De telles études coordonnées peuvent conduire à de nouvelles avenues de recherche et de thérapies pour les femmes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

* Le sexe se réfère à la composition biologique des cerveaux féminins et le genre se réfère au milieu socio-économique des femmes (accès à une éducation et à une profession).

Le vieillissement est-il une maladie? Et peut-on y remédier?

Le vieillissement est-il une maladie? Il est difficile de le considérer comme une maladie, car il touche tout le monde.

Et pour que les médicaments le «guérissant» soient approuvés à la vente par les organismes de réglementation, il faut qu’il soit considéré comme une maladie. Aucune entreprise ne veut travailler sur des médicaments qui ne peuvent pas être vendus. Si les régulateurs changeaient d’avis, l’intérêt serait grand. Il n’y a pas de marché plus grand que celui où tout le monde est touché par une maladie.

Deux médicaments aux effets prometteurs

Des chercheurs ont récemment découvert que deux médicaments utilisés pour différentes maladies montraient des effets anti-vieillissement. La metformine (PNAS DOI: 10.1073/pnas), utilisée pour le traitement du diabète, et la rapamycine, utilisées pour diminuer le rejet après la transplantation d’organe, ont toutes les deux amélioré la durée de vie. Est-ce qu’il existe un processus de vieillissement généralisé qui peut être modifié par des médicaments?

Des résultats très encourageants

Beaucoup de recherches ont été consacrées à l’étude des voies moléculaires impliquées dans la longévité. Les résultats sont tellement encourageants que des entreprises ont été créées pour capitaliser sur ces premières conclusions. À Stuttgart, en Allemagne, la société Insilico a étudié l’expression génétique qui change avec l’âge dans différents tissus. Il s’agit maintenant de trouver des molécules qui peuvent bloquer ces effets. Craig Ventor, connu pour son travail dans le séquençage de gène, a créé Human Longevity Inc. en 2013 à San Diego (USA). Il veut comprendre la génétique du vieillissement et prédire combien de temps les gens vont vivre. Deux autres entreprises, Celgene et AstraZeneca, veulent collaborer avec lui.

Les progrès de la  médecine régénérative

La longévité tombe dans le domaine de la «médecine régénérative» dont l’objectif est d’éliminer les parties dysfonctionnelles du corps et de les remplacer par des cellules-souches. Ces derniers jouent un rôle important dans la réparation et la régénération des tissus. Ces cellules peuvent être induites à se différencier en une gamme de cellules spécialisées et utilisées pour remplacer celles qui sont usées ou épuisées. Malheureusement avec l’âge, moins de cellules-souches sont produites dans notre corps et donc nous sommes incapables de réparer nos différents organes.

Dans la maladie de Parkinson, les neurones qui produisent le neurotransmetteur dopamine meurent dans le cerveau produisant des tremblements et des troubles du mouvement. Les neurones cultivés à partir de cellules-souches humaines capables de secréter de la dopamine pourront être transplantés dans le cerveau des patients atteints de cette maladie. Au Pays de Galles, les chercheurs de la société ReNeuron prévoient d’utiliser des cellules-souches pour traiter les accidents vasculaires cérébraux.

Les effets de la transfusion de sang jeune

Une approche controversée implique la transfusion de sang des jeunes aux vieux animaux. Des chercheurs ont montré qu’une transfusion de sang de souris jeune peut améliorer la cognition et la santé générale de plusieurs organes chez des souris plus âgées (Nature Medicine, DOI: 10.11038/nm.3569). Tony Wyss-Coray de l’Université de Stanford et membre du board de la société Alkahest, avec la Stanford School of Medicine, ont transfusé du plasma sanguin des personnes de moins de 30 ans à dix-huit volontaires plus âgés atteints de la maladie d’Alzheimer légère à modérée. L’objectif ultime d’Alkahest est d’identifier les protéines clés dans le plasma qui rajeunissent le tissu humain et ensuite de produire un médicament qui peut imiter les effets de ces protéines.

Inspirée par ces résultats, la société Ambrosia à Monterey, en Californie, prévoit de facturer $8000 aux participants pour des analyses de laboratoire et un traitement ponctuel avec du plasma jeune. Les volontaires ne sont pas malades ou même âgés. De tels essais sont une préoccupation chez les chercheurs et les éthiciens.

Avoir 100 ans: bientôt normal?

À ce jour, Jeanne Calmant est la personne qui a survécu le plus longtemps: jusqu’à 122 ans. Peut-être cet âge deviendra-t-il la norme dans notre société lorsque la science démêlera certains des mystères biomédicaux du vieillissement. Mais si c’est le cas, notre société sera bien incapable de faire face à ce grand nombre de personnes âgées en bonne santé. Il y aura des incidences sur les régimes de retraite, sur l’âge durant lequel il faudra travailler, sur le type de travail disponible et sur les partenaires que nous choisissons.

Il a été prédit que les enfants nés dans le monde riche d’aujourd’hui sont susceptibles de vivre jusqu’à 100 ans. Le but de toutes les recherches sur l’anti-vieillissement et le business qui va avec est de fournir la bonne santé pendant le vieillissement et non pas simplement d’augmenter la durée de vie.

Que se passe-t-il dans le cerveau de Donald Trump?

Il semble que les gens ne peuvent pas arrêter de parler de ce qui ne va pas dans le cerveau de Donald Trump. Les Russes, les Chinois et les Coréens du Nord doivent être en train de se moquer de la démocratie occidentale qui permet à cet homme d’avoir la possibilité de devenir le chef des Etats-Unis.

Pour moi, un des meilleurs articles sur le sujet, The Mind of Donald Trump, a été écrit par Dan J. McAdams dans le numéro de juin de The Atlantic. Son but était de développer une perspective objective et analytique sur Trump, en tirant parti de certaines idées actuelles de la recherche en sciences psychologiques. J’ai essayé de résumer deux d’entre elles qui ont une relation avec les neurosciences fondamentales.

Le narcissisme de Donald Trump

Selon McAdams, il est «presque impossible de parler de Trump sans utiliser le mot «narcissisme»». Une personnalité narcissique est caractérisée par une vanité extrême, une arrogance et une auto-absorption. Une étude réalisée en 2013 a montré que ces personnes ont une anomalie structurale dans une région du cerveau qui est liée à l’empathie. Les chercheurs du département de psychiatrie de l’Hôpital universitaire de la Charité à Berlin, en Allemagne, ont scanné à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique les cerveaux de 34 personnes dont 17 personnes qui souffrent de «narcissistic personality disorder»*. Ils ont constaté que les narcissiques pathologiques ont moins de matière grise dans une partie du cortex cérébral appelée l’insula antérieure gauche. La matière grise se compose principalement de corps cellulaires des neurones et des cellules cérébrales non neuronales qui apportent des nutriments et de l’énergie aux neurones. La région de l’insula antérieure gauche du cerveau est impliquée dans le fonctionnement cognitif et la régulation des émotions. Elle est liée à la génération de la compassion et de l’empathie.

Un des désordres du narcissisme pathologique: le manque d’empathie

Trump est une mine d’or pour les psychologues qui étudient le narcissisme. Il se vautre dans l’amour de soi excessif, dans ses idées grandioses et dans son sens du droit. Les personnes hautement narcissiques cherchent toujours à attirer l’attention sur elles-mêmes. Elles veulent que d’autres personnes les admirent et qu’elles les trouvent brillantes, puissantes et belles. Elles peuvent atteindre des niveaux élevés de popularité à court terme, mais le plus souvent, les narcissiques finissent par user leurs thuriféraires. Lorsque les narcissiques commencent à décevoir ceux qu’ils éblouissaient, leur descente peut être rapide.

Les narcissiques ont du mal à accepter la critique et la moquerie. Ainsi, Trump veut que le spectacle Saturday Night Live sur NBC soit annulé parce qu’ils se moque de sa performance au cours du deuxième débat présidentiel à St. Louis, Missouri.

L’extrême extraversion de Trump

La deuxième caractéristique remarquable de Trump est son extrême extraversion qui le conduit à la recherche incessante de récompense. Les extravertis répondent plus à la dopamine que les introvertis. La dopamine est une substance chimique libérée dans le cerveau qui fournit la motivation à chercher des récompenses externes comme gagner de l’argent, grimper dans l’échelle sociale, attirer un partenaire ou obtenir un projet de grande envergure au travail.

Les extravertis aiment prendre des risques élevés

La recherche suggère que les extravertis ont tendance à prendre des risques élevés, accompagnés par de faibles niveaux d’ouverture sur l’extérieur; ils remettent rarement en question leurs convictions les plus profondes. L’ancien président républicain, George W. Bush, est connu pour son niveau élevé de extraversion et sa faible ouverture vers l’extérieur. Ce type de personnalité pourrait expliquer sa mauvaise décision d’envahir l’Irak.

Si d’aventure Donald Trump gagnait l’élection présidentielle, qu’est-ce que ces caractéristiques nous disent à propos de lui comme potentiel futur président des Etats-Unis? Elles nous disent qu’il pourrait être dangereux non seulement pour les États-Unis mais pour le monde entier.

 * Shulze, L. et al. Grey matter abnormalities in patients with narcissistic personality disorder. Journal of Psychiatric Research, 47 (2013) 1363-9.

Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau des partisans de Donald Trump?

Donald Trump a été classé comme un narcissique, un psychopathe,  un bigot, un fraudeur, un misogyne, un menteur, un rustre,  et un paranoïaque. Mais la seule chose, avec lui, qui laisse encore plus perplexe que sa psychologie, c’est la psychologie de ses partisans.

Que nous dit la recherche scientifique?

La question pour nous est dès lors celle-ci: qu’est-ce qui se passe dans leur cerveau qui les rend si aveuglément dévoués?

La recherche scientifique a montré que les cerveaux des conservateurs (les républicains) ont une réponse exagérée à une sensation de peur par rapport aux cerveaux des libéraux (les démocrates)*. Lorsque les conservateurs sont confrontés à un stimulus qui peut être perçu comme une menace (des bruits étonnants et des images effrayantes), ils ont une réponse physiologique plus fort par rapport à ceux des libéraux. Les chercheurs ont mesuré la conductivité de la peau qui augmente avec le stress émotionnel une fois que le taux d’humidité dans la peau augmente. Ils ont également examiné le clignement de l’œil qui augmente en amplitude à cause de la peur.

Amygdale et positionnement politique

Une étude d’imagerie cérébrale publiée dans la prestigieuse revue Current Biology** a montré que les gens qui sont plus  à droite politiquement ont tendance à avoir une plus grande amygdale, une structure dans le cerveau qui est activée lors d’un état de peur et de l’anxiété.

Une autre étude dans le même journal a montré qu’il était possible de prédire si quelqu’un était libéral ou conservateur simplement en examinant son activité cérébrale par l’imagerie fonctionnelle pendant qu’il visionne des images menaçantes ou répugnantes tels que les corps mutilés***. Dans les faits,  le cerveau des conservateurs a généré une activité plus forte en réponse à des images inquiétantes.

Donald Trump provoque la peur et la recherche de sécurité

Ces réponses cérébrales sont automatiques et ne sont pas contrôlées par la logique ou la raison. Donald Trump provoque la peur en disant constamment que les immigrants musulmans et mexicains sont des dangers imminents. Ces seuls mots activeront le cerveau des conservateurs et les amèneront à se concentrer sur la sécurité. Donald Trump sera ainsi considéré comme un protecteur, lui qui est pourtant si offensif.

La question qui demeure aujourd’hui est la suivante: est-il possible de changer l’esprit des républicains avant le 8 novembre et que faudrait-il pour cela?

*     Oxley et al., Science 321 (2008) 166. Political attitudes vary with physiological traits.

**    Kanai et al., Current Biol. 21 (2011) 677. Political orientations are correlated with brain structure in young adults.

***    Ahn et al., Current Biol. 24 (2014) 2693. Nonpolitical images evoke neural predictors of political ideology.