AIR2030: A la rencontre de Lockheed Martin et du F35 A Lightning II (5/5)

Jeudi 25 octobre 2018, 0800, Lausanne, dernière journée BtoB pour l’industrie suisse et dernier avionneur en lice, Lockeed Martin et son F35 A Lightning II.

Lockheed Martin, c’est le fer de lance de l’armée américaine et ce n’est pas l’accent texan des représentants du groupe qui nous contredira.

L’avion de demain

Le style est direct et décomplexé.

Le représentant du groupe annonce d’entrée de jeu : « C’est le seul avion de 5ème génération actuellement vendu dans le monde. C’est le meilleur avion fabriqué par la meilleure entreprise du monde».

Pareil pour le moteur, « le meilleur réacteur actuel » selon son concepteur Pratt & Whitney.

Voilà qui change de la retenue européenne.

Selon Lockheed Martin, ce qui rend le F35 unique c’est sa furtivité et ses capteurs de dernière génération qui en font une plateforme de reconnaissance furtive avancée, capable également d’attaquer et de soutenir les troupes au sol.

Le F35 c’est aussi la technologie de fusion des données la plus avancée au monde qui permet de synthétiser et d’afficher directement dans le casque du pilote toutes les informations des capteurs de l’avion mais également les données transmises en temps réel par les troupes au sol et/ou par les autres armes engagées en opération.

Avec la Belgique qui vient de se porter acquéreur de trente F 35, ce sont près de 800 appareils qui seront actifs dans 11 pays d’ici 2022.

Le représentant de Lockheed Martin insiste sur le fait que groupe est engagé dans un projet très ambitieux de chaine logistique unique pour tous les utilisateurs, et ce avec l’objectif de faire baisser le prix de l’avion et de son exploitation, remarque récurrente depuis les débuts du projet.

Avant de passer aux affaires compensatoires, il est temps de visionner une petite vidéo de présentation.

Le futur c’est maintenant.

La guerre 4.0

La présentation des possibilités de collaboration dans le cadre des affaires compensatoires nous conforte un peu dans l’idée que nous sommes totalement dépassés, à tout le moins en matière de doctrine militaire.

Lockheed Martin annonce la couleur, les affaires compensatoires seront principalement indirectes et le groupe a dressé une liste de technologies clés dans lesquelles la Suisse pourrait apporter son innovation et ses compétences.

Ce qui me frappe, c’est l’aspect totalement décomplexé de l’approche.

A l’heure où l’armée suisse tergiverse sur ses prérogatives et ses capacités cyber, Lockheed Martin l’annonce noir sur blanc, ils veulent dominer le cyberespace. Point.

La liste des courses est sans équivoque.

Parmi les technologies qui les intéressent, on retrouve textuellement : “Malware, Hacking, autonomous systems, electronic warfare ou encore digital surveillance”.

Et ce n’est pas fini.

Le représentant de Lockheed Martin enchaine sur un bref rappel historique, le groupe a été de tous les programmes spatiaux de la Nasa et demeure à la pointe des technologies spatiales.

Pour eux, la Suisse a un rôle à jouer dans ce domaine.

Sans transition, on passe de la cryptographie quantique développée à l’EPFL aux capteurs aériens (infrarouges, X-ray, thermiques) à intégrer dans des drones de combat ou encore aux technologies laser offensives, déjà installées sur un navire de l’US Navy et en cours de perfectionnement.

La Suisse est, parait-il, très avancée dans ces domaines de recherche.

Je partage avec mon voisin l’impression que certains industriels étrangers en savent plus sur les technologies développées en Suisse que notre propre gouvernement.

Entre Berne et Houston, 8515 kilomètres et un monde de différence.

Le groupe développe ensuite sur l’intelligence artificielle, les objets connectés ou encore les technologies de « climate control » à savoir tout ce qui a trait à la gestion de la climatisation et de la chaine du froid.

On termine sur la fusion des données et le big data, ou comment la combinaison des drones, des satellites et de l’électronique embarquée permettra d’être omniscient sur les champs de batailles ou, parenthèse civile, de gérer l’agriculture de demain depuis l’espace.

Comme certains de ses concurrents, Lockheed Martin vient chercher en Suisse l’innovation et les technologies du futur. Tout ce qui rentre dans leurs technologies clés les intéressent.

Avant de conclure, Lockheed Martin nous passe une petite vidéo de présentation de son usine texane qui produit les F35.

Quelques humains surveillent des chaines d’assemblages où des robots de toute forme et de toute taille assemblent des avions de combat 5ème génération à la chaine.

Impressionnant, et encore, je pense que l’on nous a sciemment caché l’usine de drones.

Choisir son camp

La présentation se conclut sur les modalités de collaboration et nous comprenons alors pourquoi la fréquentation est moindre en ce jour.

Pour travailler avec Lockheed Martin il faut montrer patte blanche auprès des autorités et obtenir diverses accréditations et licences soigneusement accordées par la défense américaine.

Pour beaucoup de PME/PMI l’écueil a visiblement semblé infranchissable.

 

 

 

Alexis Pfefferlé

Alexis Pfefferlé

Alexis Pfefferlé est associé fondateur d’Heptagone Digital Risk Management & Security Sàrl à Genève. Avocat de formation, titulaire du brevet, il change d'orientation en 2011 pour intégrer le monde du renseignement d'affaires. Actif sur les questions politiques relatives au renseignement, il enseigne également le cadre légal de l'intelligence économique à Genève.

5 réponses à “AIR2030: A la rencontre de Lockheed Martin et du F35 A Lightning II (5/5)

    1. ouai dépenser quelques milliards pour de la beauté pure, ça c’est vendeur comme argument. Et s’il y en a un qui se plante, faudra impérativement le laisser sur place, ça vaut une compression de Rabanne.

      1. Bon, un peu de couleur sur les ailes, un colibri par ex. et c’est dans la poche!
        Bon, je blague. On a plus a craindre en Suisse des cyberattaques que du 11 septembre… merci l’Europe:)

        P.S. d’ailleurs et parlant du 11/09, la meilleure armée du monde (à l’époque) n’a rien pu faire…

        “allo, allo, tour de contrôle de Bumplitz, répondez…?
        Ach, Bumplitz antwortettt, wasch is denn los? scheisse, dann gilt es nicht…. uheresier
        (dialogue fictif ndlr)

  1. Oui, impressionnant. Retour à la réalité helvétique, sur sol européen. D’accord avec vous pour penser qu’une partie de notre gouvernement de milice n’est pas franchement uptodate concernant le cyber. L’identification des besoins pour La Défense de notre exigu sol helvétique (2/3 de montagne et 1/3 de plateau avec des forêts, des lacs et des rivières) va déterminer le type d’avion et son armement, de drone et de défense antiaérienne, Le tout interconnecté (24H/24H). Grand chantier en perspective (les 8 Ma suffiront-ils ?) car jusqu’à preuve du contraire on ne coopère pas encore avec l’OTAN.

  2. Ma foi, sur l’avenir bien fou qui se fiera :
    Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
    Un ministre, l’an passé, me prit à son service ;
    II m’avait fait venir du Texas pour être suisse.

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