Chasse-neige dans les rues blanches de Genève

Décidément, cette semaine on est gâtés: après le froid polaire, la neige!

Ce matin, à 5 heures, tout était blanc dehors. Ce n’était pas une de ces minces couches qui fondent toujours trop vite, laissant un sentiment d’inachevé, non. On se serait vraiment cru ailleurs. Dans un autre pays, plus au nord. Ou quelque part en montagne. Bien plus haut en tout cas que les modestes 400 mètres d’altitude de la Cité de Calvin.

Sur les trottoirs, il devait bien y en avoir 10 centimètres. Cette belle neige avait une texture de meringue, légère, que mes pieds déplaçaient comme des lames de chasse-neige en version miniature.

Je me suis dirigé vers le bord de l’Arve, certain d’y trouver mon bonheur. Le sentier était vierge d’empreintes humaines. J’étais le premier ce matin à passer par les bois qui bordent l’eau, avec quelques lièvres dont les empreintes étaient bien visibles.

Habituellement audible à cet endroit, le bruit des voitures qui roulaient au pas était réduit à un murmure insignifiant. Dans le ciel, la lueur rose, caractéristique des aubes neigeuses. Tout était magnifiquement silencieux et figé.

J’ai poursuivi ma course le long des champs, passant par Villette et Chêne-Bourg où j’ai rejoint un nouveau tronçon récemment ouvert du cheminement piétonnier du Ceva. Dans le jour naissant, on pouvait distinguer quelques silhouettes vaguement éclairées par les réverbères. Une vision en noir et blanc.

J’ai dépassé un cycliste en difficulté, puis un autre. Même sans forcer l’allure, ce matin, c’était moi le plus rapide. En ville, j’ai remonté de longues files de voitures à l’arrêt, dans un état de jubilation intense tandis que quelques coups de klaxons rageurs se faisaient entendre ici et là.

Les rues de Genève sont toujours blanches. Si vous en avez l’occasion, à midi ou ce soir, prenez vos baskets et allez faire un tour. Que ce soit pour quinze minutes ou deux heures, ce sera forcément magique!

Alexander Zelenka

La nuit, Alexander Zelenka enfile ses baskets et allume sa lampe frontale pour voir autrement les montagnes suisses ou plus lointaines. L'obscurité amène le coureur dans un univers onirique où le paysage est transformé, propice aux plus belles aventures. Le jour, Alexander Zelenka est rédacteur en chef du magazine Terre&Nature.

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