Loi sur le CO2 : le Conseil national prendra-t-il ses responsabilités face au changement climatique ?

En octobre dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) appelait les gouvernements à prendre des mesures sans précédent pour réduire nos émissions de CO2, afin de maintenir le réchauffement climatique en dessous des deux degrés. Au même moment, la commission de l’environnement travaillait sur la révision de la loi sur le CO2.

Un projet de loi qui est loin du compte

Le Conseil national traitera de la révision de cette loi à la session de décembre. Le projet initial du Conseil fédéral, qui vise à réduire nos émissions de 50 % d’ici à 2030, était déjà insuffisant[1]. Le Conseil fédéral n’a en effet pas adapté son projet au nouveau plafond de 1,5 degrés que l’accord de Paris a déterminé pour le réchauffement climatique. Son projet implique même un ralentissement du rythme de réduction de nos émissions de CO2 par rapport aux objectifs que la Suisse s’est fixés jusqu’ici, alors que les scientifiques nous exhortent à prendre des mesures drastiques et ayant un impact rapide. La commission de l’environnement, qui s’est emparée ensuite du dossier, ne l’a malheureusement guère amélioré.

L’impact climatique du secteur financier ignoré

L’une des innovations de l’accord de Paris est de tenir compte de l’impact climatique des investissements. L’accord exige formellement que les flux financiers contribuent à la réduction de nos émissions de CO2. Autrement dit, ils ne devraient plus être investis dans les énergies fossiles, mais redirigés vers les technologies propres. La Suisse a un rôle significatif à jouer en la matière, en tant que place financière majeure. En effet, les seuls investissements de notre Banque nationale doublent le bilan carbone du pays et l’impact total de notre place financière multiplie nos émissions de CO2 par vingt.

Or le projet du Conseil fédéral ne cite même pas le secteur financier et la commission de l’environnement a refusé toutes les propositions allant dans ce sens. Pourtant, l’accord de Paris exigerait au minimum que l’on fixe pour le secteur financier des exigences de transparence en matière d’impact climatique, ainsi qu’un objectif de réduction des émissions de CO2. Cet objectif pourrait figurer dans une convention, qui imposerait des sanctions ou des mesures contraignantes pour le cas où il ne serait pas atteint via un engagement librement consenti.

Des mesures insuffisantes dans le domaine de la mobilité et de l’aviation

En matière de mobilité, la politique climatique de la Suisse a jusqu’ici été un échec, alors que ce domaine est responsable d’un part importante de nos émissions. Non seulement nous avons l’un des parcs automobiles les plus émetteurs de CO2 d’Europe, mais les objectifs que nous nous sommes fixés pour réduire nos émissions de CO2 dans ce domaine n’ont pas été atteints. La faute à des mesures lacunaires. La Suisse reprend certes depuis quelques années les prescriptions européennes, qui fixent une moyenne maximale d’émissions de CO2 pour les voitures nouvellement immatriculées. Mais le système fonctionne mal, puisque de nombreux importateurs ne respectent pas ces moyennes, préférant payer des amendes plutôt que de faire évoluer leur offre.

Par ailleurs, même si les voitures deviennent plus efficientes, ce gain est compensé par le fait qu’elles sont de plus en plus nombreuses et roulent un plus grand nombre de kilomètres. Rien de bien surprenant alors que l’essence, dont un prix plus élevé pourrait inciter à un usage plus rationnel des véhicules, n’est pas soumise à une taxe sur le CO2. Ni le Conseil fédéral, ni la commission de l’environnement ne veulent en entendre parler. Seule mesure allant dans ce sens : les compensations des émissions de CO2 imposées aux importateurs de carburants pourraient augmenter, ce qui aurait un impact sur le prix de l’essence.

C’est cependant aussi, pour les trajets qui ne peuvent être faits à pied, à vélo ou en transports publics, la transition vers l’électromobilité qui devrait être mieux encouragée. Or tant le Conseil fédéral que la commission de l’environnement manquent d’ambition en la matière. Outre l’installation d’une infrastructure de recharge plus performante, il faudrait déterminer une date à partir de laquelle les systèmes de motorisation basés sur les énergies fossiles ne pourraient plus être acceptés pour les nouveaux véhicules mis sur le marché. Le gouvernement norvégien veut interdire la vente de véhicules équipés d’un moteur à combustion à partir de 2025. Aux Pays-Bas, la Chambre basse du Parlement a adopté une proposition similaire. Enfin, le ministre de l’énergie indien vise un parc automobile 100 % électrique en 2030. Qu’attend donc la Suisse pour faire preuve de la même ambition ?

La mobilité, c’est aussi l’aviation, qui représente en Suisse 18 % de notre impact carbone. Les Suisses volent nettement plus que leurs voisins européens : 9’000 km par an et par personne en moyenne. Or non seulement le kérosène n’est pas soumis à une taxe CO2, mais il est même favorisé fiscalement[2]. Nous le savons tous : le prix des vols est scandaleusement bas et incite à une boulimie d’aviation au détriment du climat. Cela doit cesser. De nombreux pays en Europe imposent une taxe sur les billets d’avions[3]. La Suisse doit en faire de même et (re)développer, avec ses voisins européens, des alternatives comme les trains de nuit. En commission, une proposition de taxe sur les billets d’avion, dont une partie des recettes pourrait être affectée à la prévention et à la maîtrise des dommages liés aux changements climatiques, a malheureusement échoué de peu.

A ce stade des débats, seule l’intégration de l’aviation dans le système européen d’échange de quotas d’émissions est envisagé. Or on sait que cette mesure n’aura qu’un très faible impact, puisqu’elle ne concerne que les vols européens et que le prix du CO2 sur le marché est actuellement trop bas pour déboucher sur une véritable réduction des émissions.

Un bilan mitigé en matière de bâtiment

Le domaine du bâtiment est exemplaire en matière de politique climatique. Depuis 1990, nous sommes en effet parvenus à en réduire les émissions d’un quart, grâce à des mesures d’assainissement du bâti existant et à des prescriptions pour les nouvelles constructions. Ce bon résultat est lié à une mesure qui a fait ses preuves : le mazout est soumis à une taxe CO2, dont les recettes sont en partie redistribuées à la population et aux entreprises et en partie investies pour soutenir l’assainissement énergétique des bâtiments existants. Grâce à ces mesures, la plupart des nouvelles constructions misent aujourd’hui sur les énergies renouvelables.

Cependant, l’assainissement énergétique du bâti existant est bien trop lent et, surtout, on remplace encore deux fois sur trois les anciens systèmes de chauffage à mazout par de nouvelles installations du même genre, qui émettront du CO2 pendant plusieurs dizaines d’années. Puisque les alternatives existent, il serait judicieux d’interdire dès aujourd’hui ou le plus rapidement possible l’installation de nouveaux chauffages à mazout[4]. Malheureusement, c’est une mesure, pourtant simple et efficace, dont la commission de l’environnement ne veut pas. On pourrait par ailleurs augmenter la part des recettes de la taxe CO2 affectée au soutien de l’assainissement énergétique du bâtiment, qui est aujourd’hui limitée à 30 %. Cela permettrait d’accélérer le rythme des rénovations. Actuellement, seul 1 % du bâti est assaini chaque année. D’après les évaluations de Swisscleantech et de l’économiste Lucas Bretschger de l’ETH, ce pourcentage devrait être multiplié par un facteur de 2 à 4 pour respecter une limitation du réchauffement à 1,5 degrés.

La commission de l’environnement a néanmoins tout de même pris une décision positive : elle a prolongé le programme de soutien à l’assainissement énergétique des bâtiments, qui devait être limité à 2025, jusqu’à 2030. La taxe CO2 sur le mazout devrait en outre pouvoir être augmentée.

Un marché d’échange de quotas d’émissions insatisfaisant

L’économie suisse émet également du CO2, même si nous avons externalisé une bonne partie de notre impact carbone, en important un grand nombre de matières premières et de produits finis dont les émissions sont comptabilisées dans leur pays d’extraction ou de production. Les émissions de la Suisse dans ce domaine ont pu être réduites de 17 % depuis 1990, ce qu’il faut néanmoins saluer. Le système actuel permet aux entreprises d’être exemptées de la taxe CO2 sur le mazout si elles participent au système d’échange de quotas d’émissions ou s’engagent dans le cadre de conventions d’objectifs avec la Confédération à réduire leurs émissions. Ce système fonctionne.

Les réductions d’émissions de CO2 réalisées concrètement et localement, notamment dans le cadre de conventions d’objectifs, sont cependant préférables à des échanges ou compensations réalisées dans le cadre d’un système de marché de quotas d’émissions, dont on ne sait jamais si les compensations sont vraiment additionnelles. Ces compensations ont en outre souvent lieu à l’étranger. Or la Suisse a tout intérêt à investir sur place dans l’innovation, pour moderniser son système de production et ses entreprises[5]. A ce stade, le prix trop bas du carbone, ainsi que les droits d’émissions trop nombreux, n’incitent d’ailleurs guère ces dernières à investir pour réduire directement leurs émissions. C’est pourquoi le projet de coupler le système d’échange de quotas d’émissions suisse au système européen doit être évalué de manière critique. Pour le moment, rien ne nous garantit qu’il débouche sur un impact effectif. Les conventions d’objectifs, assorties à des mesures de réduction des émissions de CO2 concrètes et localement ancrées, sont dès lors à privilégier.

Des incertitudes en matière d’agriculture, de déchets, de captation et de stockage de CO2

Plusieurs secteurs ne sont traités que de manière très superficielle par la loi sur le CO2. L’agriculture bénéficie en particulier d’une politique climatique séparée, avec ses objectifs propres. La politique agricole qui nous mènera jusqu’en 2022 vient d’être mise en consultation et il faudra analyser attentivement son impact en termes de préservation du climat. Jusqu’ici, la Suisse peine notamment à faire le lien entre climat et choix alimentaire. Or nous mangeons trop de viande, pour notre santé comme pour notre environnement. Pourtant, la Confédération continue à subventionner la consommation de produits carnés via des soutiens à Pro Viande. Et la simple idée de sensibiliser la population à l’impact sanitaire, environnemental et climatique de notre surconsommation de viande se heurte à une forte opposition au parlement.

Un autre domaine offre des perspectives encore incertaines en matière de réduction de nos émissions de CO2. Les Suisses font partie des plus gros producteurs de déchets à l’échelle européenne, même si nous en recyclons une partie croissante. Ces déchets émettent de plus en plus de CO2. L’incinération de quantités importantes de plastiques – issus des énergies fossiles – est notamment à incriminer[6]. La commission de l’environnement a certes décidé de citer les déchets dans la loi sur le CO2, mais tout reste encore à faire pour que des mesures concrètes soient prises dans ce domaine.

Enfin, le dernier rapport du GIEC montre que, dans tous les scénarios évoqués, la captation et le stockage de CO2 devront jouer un rôle. Or là aussi, la loi sur le CO2 en dit très peu. Plusieurs options s’offrent à nous, les plus sûres d’entre elles consistant à stocker le CO2 dans les forêts ou le bois, ce qui impliquerait une stratégie spécifique en matière de politique forestière et d’utilisation de ce matériau, ou encore dans le sols, ce qui nécessiterait une réorientation de notre politique agricole. D’autres techniques sont en cours d’étude, par exemple pour capter le carbone à la sortie de certaines installations, puis le stocker en sous-sol. Ces procédés sont encore très hypothétiques et leurs risques comme leurs coûts doivent être évalués attentivement. Toutes les pistes doivent être étudiées. En effet, les faibles résultats, du moins jusqu’ici, des quelques mesures de réduction de nos émissions de CO2 que nous sommes parvenus à prendre, nous condamnent à ne négliger aucune possibilité.

Le projet de révision de la loi sur le CO2 doit impérativement être amélioré

A deux semaines du traitement de la loi sur le CO2 par le Conseil national, il faut souhaiter que le projet sera amélioré. Ce n’est pas impossible, car la commission de l’environnement a pris plusieurs décisions à une faible majorité. On peut donc garder l’espoir que quelques lacunes de ce texte, aujourd’hui très insuffisant, seront comblées. Ne l’oublions pas : l’avenir de nos enfants dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui.

[1]Les objectifs que se sont actuellement fixés les pays signataires de l’accord de Paris sont aussi globalement insuffisants et mettent notre planète sur la trajectoire d’un réchauffement de 3 à 4 degrés.

[2]Les vols internationaux sont exemptés de la TVA et de la taxe sur les huiles minérales.

[3]C’est le cas de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Autriche, de l’Angleterre, de la Suède et de la Norvège.

[4]Le canton de Bâle-Ville applique aujourd’hui déjà une règle similaire : les chauffages fonctionnant aux énergies fossiles doivent, lorsqu’ils sont en fin de vie, être remplacés par des chauffages fonctionnant aux énergies renouvelables. La Norvège interdira elle aussi l’installation de nouveaux chauffages à mazout dès 2020.

[5]Pour cette même raison, il faudrait éviter de manière générale, contrairement à ce que propose le Conseil fédéral et une majorité de la commission de l’environnement, de permettre une trop grande réalisation de notre objectif général de réduction à l’étranger.

[6]Plusieurs interventions parlementaires sont pendantes dans ce domaine, dont un postulat de ma part : https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20183196

 

Adèle Thorens Goumaz

Adèle Thorens Goumaz

Adèle Thorens Goumaz est conseillère nationale verte vaudoise. Elle a coprésidé les Verts suisses entre 2012 et 2016. En matière de formation, elle a un Master ès Lettres en philosophie, histoire et sciences politiques (UNIL) et un certificat postgrade en politiques de l’environnement et de la durabilité (IDHEAP). Ses dossiers de prédilection sont l'économie verte, le climat et la biodiversité.

25 réponses à “Loi sur le CO2 : le Conseil national prendra-t-il ses responsabilités face au changement climatique ?

  1. hahaha, excellente affiche 🙂

    Bon, le CO2…. la pointe de l’Iceberg, il y a tant à faire 🙁
    Mais rien à manger et à boire de tout ça…!

    Vous avez des enfants, vous, chère Adèle?

    1. Et je vous le dis à vous, le monde est en train de s’enfoncer dans une nouvelle tragédie.

      Les hyper-riches se battent à coup de yachts et de maisons à 50 Mio voire 500, le monde crève, les politiques essaient de sauver leurs jetons et bla bla,

      mais bon, je ne suis qu’un vieux con, c’est bien connu, courage, femme de courage
      🙂

        1. Je n’interviens en principe que si j’ai des commentaires trop agressifs ou insultants. Sinon chacun est responsable de ce qu’il dit.

    2. Oui, j’ai une petite fille. Je ne pourrais pas la regarder en face si je ne mettais pas toute mon énergie pour qu’elle puisse bénéficier, aujourd’hui et demain, d’une planète et d’un climat sains. Je me fais beaucoup de souci pour son avenir.

  2. le problème vient de la surpopulation humaine qui surexploite les ressources de la planète, à commencer par les besoins alimentaires: les mers se vident des poissons, les terres agricoles sont massacrées par l’agro-business , nos campagnes sont saccagées par les besoins de transports , …
    On ne fera pas le gain d’une analyse montrant cette évidence, notre petite planète bleue (plus pour très longtemps) ne peut supporter les activités de plus d’un milliard d’individus selon le standing d’aujourd’hui . Exiger le retour à l’âge de pierre n’est qu’une vision d’écolo fondamentaliste sans espoir d’être réalisée !
    Evidemment, la transition va s’avérer brutale, la disparition progressive des resources va provoquer des famines , des maladies, des pandémies, …
    Le CO2 ne fait pas le poids dans cette perspective .

    1. Personne n’exige le retour à l’âge de pierre, en tous les cas pas les écologistes. Nous demandons au contraire de miser sur les nouvelles technologies propres. Pour ce qui est de la population, oui, il faut mieux maîtriser les naissances à l’échelle mondiale. Cela passe par des programmes d’éducation, de formation et d’émancipation des femmes, en particulier dans les pays en développement. Ceci dit, la population n’est pas le seul facteur. Notre mode de vie et les technologies que nous utilisons sont tout aussi décisifs. C’est sur ces deux facteurs que nous devons nous engager dans des pays riches et développés comme la Suisse.

  3. C’est comme la pétasse Gossi
    “si j’étais Maudet, j’aurais démissionné”…

    Bon tu n’es ni Maudet, ni rien. D’ailleurs il est venu le temps de donner un cadre aux politiciens… de milice! transparence des dons et bla……………

  4. Vous écrivez “assainissement des immeubles” c’est très bien mais pourquoi ne parlez-vous pas de “l’environnement de ceux-ci” puisqu’en règle générales la plupart de ces derniers sont entourés de peu de verdure (en ville principalement) et beaucoup de trottoirs, chemins, rues et routes largement goudronnés qui eux réchauffent l’atmosphère !
    En juillet dernier, l’émission “C’à dire” en débattait : un journaliste présent a fait remarquer qu’il était indispensable de revoir l’environnement et la construction des immeubles principalement, la chaleur devenant insupportable lorsque le thermomètre arrive à 30° à l’intérieur des appartements même avec des stores baissés, sans oublier les alentours desdits immeubles. Or, dans les maisons plus anciennes, les volets en bois protègent mieux leurs habitants des fortes chaleurs.

    1. Vous avez raison, les villes doivent adapter leur urbanisme aux changements climatiques. Si je n’en ai pas parlé dans ce blog, c’est simplement parce qu’il s’agit d’enjeux qui doivent se régler au niveau des communes et non au niveau fédéral, dans le cadre de la révision de la Loi sur le CO2 à laquelle ce texte est consacré. La politique climatique concerne effectivement tous les niveaux institutionnels: fédéral, mais aussi cantonal et communal. Chacun a son rôle à jouer.

  5. Merci d’avoir pris la peine de me répondre.
    En revanche, je ne suis pas d’accord avec vous, la Confédération doit aussi prendre en compte l’urbanisation puisque l’OFROU est, un de ses organes, en tant que responsable des routes et autoroutes. Les routes faisant partie de l’accès aux villes, la Confédération est dont concernée, sinon comment voulez-vous être crédible aux yeux de la population ? La Confédération étant propriétaire d’immeubles où diverses administrations y travaillent, elle est donc concernée et je dirais même au premier chef en montrant l’exemple aux cantons et communes par son engagement.
    C’est d’ailleurs ce qu’avait relevé le journaliste lors de l’émission, l’Etat doit montrer l’exemple.

    1. Oui, vous avez raison pour les routes et les bâtiments de la Confédération. Malheureusement, dans les domaines relevant de l’OFROU en particulier, la Confédération mène des politiques complètement contradictoires avec ses objectifs climatiques. Actuellement, nous n’avons pas de majorité au parlement pour les corriger. Espérons que la prochaine législature changera les rapports de force dans notre sens.

  6. Félicitation pour l’idéal que vous poursuivez et dont nous sommes de plus en plus nombreux à adhérer.
    Il est clair que l’environnement est aujourd’hui le cheval de bataille numéro 1. Pour nous mais aussi pour les générations qui vont nous succéder.
    Je n’ai pas lu tout les points, certain sont trop complexes pour moi. Par contre, c’est avec un intérêt particulier que j’ai dévoré les informations au sujet de l’aviation.
    Domicilié sur Versoix, c’est un peu le vrombissement quotidien si je puis dire ainsi ! Pollution sonore, retombée de particules fines qui encrassent, crispation des gens ( car au niveau énergétique également cela créer des blocages, des tentions. Je suis pas expert juste doté d’une sensibilité aiguisée, il me semble. D’ailleurs l’oeuvre de Ilie Berindei Réaction à un espace sonore qui trônait sur une des places de Versoix et qui a été déplacée derrière la Migros ( peut-être dans le but de mieux la cacher ) est une représentation parfaite de cet état de crispation intérieur. Un homme pétrifié assit et qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre, autour de lui l’enserrant plusieurs cerceaux de fil de fer. L’oeuvre est criante, je ne vous conseillerai trop de la voir, si ce n’est pas déjà fait.

    Voilà, vert convaincu je souhaite que le rapport de force changera dans le sens qui est le nôtre.
    Sur ce, je vous souhaite une belle continuation.

          1. Le discours des Verts importe peu en la matière. Ce qui importe, c’est le discours de la communauté scientifique. Il est normal qu’il y ait, à l’intérieur de celle-ci, des critiques. C’est le propre de la science. Mais les rapports du GIEC sont très clairs et ce depuis longtemps. Et ils sont ce dont nous disposons de plus crédible sur le sujet. En tant que décideur, il est de notre devoir d’agir.

          2. Rebonjour Madame,
            Et merci pour votre réponse. Justement, pour revenir au GIEC, de nombreuses voix scientifiques critiquent les conclusions disons hâtives, et surtout un certain nombre de publications scientifiques n’allant pas dans leur sens ont été volontairement ignorées.
            Un seul petit exemple pour mettre en doute leur théorie est de relier l’augmentation du CO2 à l’augmentation de la vapeur d’eau dans les années précédant 2000, ce qui provoquerait un effet de serre de vapeur, alors que le taux de vapeur de l’air mesuré est descendu pendant cette période…Il y a encore d’autres exemples de ce type à disposition, toute autre conclusion que celles du GIEC grassement payé par les Nations Unies étant passées sous silence. C’est pour cela que je ne vous suis pas quand vous dites que le GIEC sont les plus crédibles. On accuse le CO2 pour pouvoir facilement le taxer, bien qu’il ne soit pour pas grand chose dans le réchauffement.
            Je vous signale également que l’augmentation de la population, expirant du CO2, participe également à l’augmentation du taux…Et que la culture intensive des sols empêche celui-ci de capter correctement le CO2 ambiant…Le sol absorbe environ 30% du CO2. Au plaisir

  7. Non mais je rêve. Promouvoir l’electrique. Avez-vous seulement une vague idée de ce qu’implique rouler avec une voiture électrique ? Bilan CO2 du puits a la roue, travail des enfants pour les matières premières, recyclage, etc. C’est avec des gens ignorants comme vous et que les gens écoutent que tout va virer à la catastrophe. Cultivez-vous sérieusement sur les conséquences des voitures électriques. Je me rappelle dans un temps pas si ancien la propagande pro-diesel face à l’essence de la part des Verts, on voit le résultat. Sans compter que je suis sûr que vous voulez sortir du nucléaire, autant dire que votre utopie de l’electrification du parc automobile vire au comique. Mon dieu.

    1. Bonjour Monsieur,
      Je suis chez les Verts depuis la fin des années nonante et jamais, à ma connaissance, nous n’avons défendu le diesel face à l’essence. Si vous pouviez documenter votre propos, cela m’intéresserait beaucoup. Nous faisons au contraire partie de ceux qui se sont engagés contre la pollution automobile depuis les années quatre-vingt et nous sommes beaucoup engagés, par exemple, en faveur du catalyseur (la Suisse a été pionnière dans ce domaine).
      Pour ce qui concerne l’électromobilité, je me base sur l’étude de l’EMPA qui fait référence en la matière, car l’EMPA est une institution indépendante des différents lobbies de l’automobile (beaucoup d’études issues du lobby du pétrole circulent sur le sujet). Vous trouverez quelques explications sur ma position en la matière ici: https://blogs.letemps.ch/adele-thorens/2017/08/16/pourquoi-il-faut-accelerer-la-transition-vers-lelectromobilite/
      De manière générale, il faut commencer par limiter les trajets inutiles, puis passer lorsque c’est possible à la mobilité douce ou aux transports publics. Pour les trajets qui restent, les études indépendantes actuelles tenant compte de l’ensemble du cycle de vie montrent que, dans les conditions de la Suisse, l’électromobilité est la moins mauvaise solution. L’idéal serait, à terme, que l’on passe en plus à des systèmes de sharing economy, qui impliqueraient des voitures automatisées utilisées en partage, ce qui optimiserait l’usage de ces véhicules et permettrait de réduire la consommation de ressources et d’espace. J’insiste encore sur le fait qu’il s’agit de la “moins mauvaise” solution. Il ne s’agit pas de réfléchir ici dans l’absolu, mais en termes d’alternatives. Pour le moment, nous n’avons pas mieux à ma connaissance et, comme il ne nous reste que quelques années pour prendre des mesures permettant de réduire un tant soit peu le changement climatique, il est de notre responsabilité, en tant que décideurs, d’aller de l’avant.
      Maintenant, si vous avez une meilleure solution dont je n’aurais pas entendu parler, je suis preneuse.
      Avec mes salutations les meilleurs

  8. Bonjour, dans vos messages je ne vois mentionner aucune alternative dans le domaine du transport, sauf pour l’interdiction du chauffage au mazout, mesure par ailleurs refusée. Si le prix du combustible pour voiture (essence ou diesel) devait augmenter de 20 centimes ou même plus par litre, que proposer vous comme alternative ?
    Le bioethanol comme le propose la France ou le gaz qui ne cesse par ailleurs pas d’augmenter puisque directement lié au prix du baril?.

    1. Bonjour,
      La première alternative est de réduire les transports inutiles (dans le domaine des marchandises il y a une gigantesque marge de manoeuvre, pour les personnes cela exige une réorganisation du travail, notamment, pour favoriser les horaires flexibles et le télé-travail). Ensuite, il faut améliorer encore l’offre en transports publics, la rendre plus accessible, et faciliter la mobilité douce (notamment en appliquant le nouvel article constitutionnel sur les vélos, mais aussi en facilitant la vie des piétons). Une partie des trajets qui se font actuellement en voiture pourront être ainsi évités. Pour les trajets qui restent (car on ne pourra jamais tout faire en transports publics ou en mobilité douce, il faut être réaliste), il faut favoriser les voitures à faible consommation d’énergie (le parc automobile suisse fait partie des plus polluants d’Europe notamment parce que les gens achètent trop souvent des voitures inutilement lourdes et puissantes, qui consomment dès lors beaucoup d’essence). Des prescriptions imposent aujourd’hui déjà une réduction régulière et progressive de la moyenne des émissions de CO2 du parc automobile, en Suisse comme en Europe. Cela permettra de réduire la facture d’essence des automobilistes et de ménager l’environnement. Par ailleurs, il faut favoriser la transition vers l’électromobilité, dont le bilan écologique global, dans les conditions suisses, est bien meilleur que celui des voitures à essence (voir l’étude de l’EMPA). L’offre de véhicules électriques de plus en plus avantageux va exploser dans les années à venir. Ce qui manque encore, c’est une bonne infrastructure de recharge pour les gens qui n’ont pas leur propre place de parc privée près de chez eux. Les communes et les cantons, avec l’aide de la Confédération, devraient s’y engager beaucoup plus que ce qu’ils ont fait jusqu’ici. Enfin, à terme, nous devrions profiter des opportunités offertes par la numérisation et l’automatisation des véhicules. Une offre de transport réalisée par des véhicules électriques et automatisés, dans le cadre d’un système de partage, relativiserait la différence actuelle entre transports publics et individuels, et comblerait nos besoins en mobilité tout en ménageant à la fois l’environnement, notre porte-monnaie, les ressources et l’espace public. Pour que ces changements puissent se faire, nous avons toutefois besoin de conditions-cadre attractives, qui favorisent les solutions propres de demain et défavorisent les pratiques et les technologies polluantes d’hier. Cela peut passer par un renchérissement de l’essence (en l’occurence, comme le prévoit la Loi sur le CO2, non pas via une taxe, mais via des compensations dont le coût augmente avec le temps). Si l’augmentation du prix de l’essence est progressive et prévisible, et que les alternatives existent, il n’y a aucune raison pour que cela soit inacceptable pour la population. Les gens vont simplement adapter leurs pratiques pour échapper à la hausse de prix.
      Peut-être que ces deux autres blogs vous intéresseront:
      https://blogs.letemps.ch/adele-thorens/2017/06/27/pourquoi-notre-politique-climatique-est-un-echec-en-matiere-de-mobilite/
      https://blogs.letemps.ch/adele-thorens/2017/08/16/pourquoi-il-faut-accelerer-la-transition-vers-lelectromobilite/
      Cordialement

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