Pétrole: il manque 1’000 milliards de dollars

Alimenté par une offre excédentaire, la production mondiale du pétrole semble surfer sur une vague.

Cependant, cette vague pourrait augurer les prémices d’un tsunami.

En effet, l’énorme pénurie d’investissements d’explorations inquiète de plus en plus. Après l’Agence Internationale de l’Energie et les grandes majors comme Shell et BP, c’est au tour d’Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale de l’Arabie Saoudite, de tirer la sonnette d’alarme.


Il manque 1’000 milliards $

Depuis juin 2014, 1’000 milliards $ ont été retirés des projets d’explorations. Ces budgets sont essentiels pour compenser la baisse annuelle de 4,5% des gisements conventionnels.

D’ici au début des années 20, il faudra trouver plus de 20 millions de nouveaux barils/jour.

Depuis la crise pétrolière, aucun grand projet d’envergure capable d’extraire plusieurs millions de barils/jour n’a été activé ou déniché d’autant que les coûts d’extractions dépassent les 100$ le baril. Les grandes majors pétrolières ne semblent plus avoir les reins assez solides pour s’y aventurer dans les conditions actuelles.

Corolaire de cette situation, durant les 3 dernières années, les découvertes importantes de pétrole conventionnel ont diminué de moitié.

Ainsi, les opportunités situées en Arctique ou dans des exploitations off-shore, en grande profondeur, du Brésil, dans le Golfe du Mexique ou sur les côtes africaines attendent patiemment la hausse des prix du baril. Dès ce feu vert, il faudra encore compter 5 à 10 années pour extraire commercialement ce pétrole.

Combien d’années durera le pétrole de schiste

Dans ce paysage, une seule exception: le pétrole de schiste américain. Une nouvelle ruée vers l’or noir a débuté depuis le début de l’année. Contrairement au pétrole conventionnel, le cycle de vie d’un gisement de schiste de l’exploration à sa commercialisation et son épuisement se compte en mois. Dans la balance, 4-8 millions de barils/jour pourraient être apportés sur les marchés.

Mais pour combien d’années ?

Prendre des mesures pendant qu’il est temps

Comme ses collègues pétroliers, Armin Nasser «repousse l’idée de peak oil dans un avenir prévisible et confirme que le pétrole va jouer un rôle majeur pour les décennies à venir», histoire de ne pas laisser la porte grande ouverte aux énergies renouvelables.

Ces petites années qui nous séparent d’une nouvelle hausse des prix, doivent permettre aux PME et aux particuliers de prendre les mesures nécessaires afin de diminuer leur dépendance au pétrole.

Comme le soulignait Darwin, les espèces qui ont le plus de chances de survie ne sont pas les plus grandes mais celles qui savent s’adapter.

Syrie : Y a-t-il une vie après Assad ?

Autrefois prospère et riche, la Syrie n’est plus qu’un champ de ruines où les victimes rythment les journées et les habitants trouvent le salut dans l’exile.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment cette guerre a-t-elle éclaté? Dans la complexité géopolitique, focalisons-nous sur deux éléments délaissés dans les médias: l’Energie et le Réchauffement Climatique. Pour imaginer une issue future à la Syrie, nul doute que l’équation devra les incorporer.
Bien sûr, l’écroulement de la Syrie dans une guerre civile multi-ethnique, peut être observé à travers les prismes de la folie du Président Bashar al-Assad, du Printemps Arabe, des luttes géopolitiques entre les grandes puissances ou une guerre de religion. Mais allons au-delà des évidences.

 

Agriculture : Sécheresses et disparition de l’eau

A la genèse de cette guerre civile, l’on trouve de terribles sécheresses qui ont totalement bouleversé l’Economie du pays alors que l’agriculture et le pétrole comptabilisaient à eux deux plus de 50% du PIB.

En l’espace de quelques années, ces deux piliers se sont effondrés.

Déjà dans une situation délicate, les ressources en eau diminuèrent de moitié entre 2002 et 2008. De plus, des sécheresses d’ampleurs inconnues de mémoire d’homme ont décimé le secteur agricole de 2007 à 2010.

Les productions de blé, de betterave, d’orge ou de coton tout comme les élevages de poulets, de moutons et de chèvres rendirent l’âme.

Ces sécheresses ont forcé à l’exode de milliers des paysans Sunnites partis se réfugier dans les grandes villes Alawites. Cet exode Sunnite, ajouté aux migrants irakiens qui fuyaient leur pays, a ravivé les tensions avec la minorité Alawite, favorisée par le gouvernement Assad.

 

Le Pétrole

La Syrie a atteint son peak oil en 1996 à 610’000 barils/jour. Depuis, la production n’est qu’une lente agonie pour atteindre 385’000 barils/jour en 2010 et 210’000 en 2012.

Comme tout bon pays producteur de pétrole, l’essence était fortement subventionnée et vendue bien au-dessous des prix du marché pour représenter 15% des dépenses du Gouvernement.

En mai 2008, alors que les prix du baril atteignaient des sommets à 147$, le Gouvernement a dû renoncer à ces subsides. En une nuit, les prix des carburants triplèrent et le peuple fut contraint de partager son argent entre nourriture et essence.

Après la crise mondiale de 2008, le baril retomba sous la barre des 40$, asséchant du coup les finances du régime de Damas.

 

Le mix explosif: Agriculture & Pétrole

Autosuffisante en céréales et en quelques années seulement, la Syrie devint importatrice à hauteur de 1 million de tonnes en 2011-2012 et 4 millions de tonnes en 2012-2013. Pour les habitants, les prix de la nourriture de base doublèrent.

En effet, avec des revenus pétrolier en baisse, le Gouvernement Assad s’est retrouvé dans l’incapacité d’amortir la hausse des prix de la nourriture pour la totalité de sa population notamment des Sunnites plus pauvres que les Alawites.

Pour corser le tout, durant les 2 premiers mois de 2011, sur les 20 millions d’habitants, 80’000 enfants naquirent notamment dans les parties les plus pauvres du pays déjà affectées par les sécheresses.

L’incapacité de pouvoir acheter sa nourriture déclencha des protestations et une répression qui força les habitants à prendre les armes. La suite, on la connait.

 

Assad, l’Eau, le Pétrole et nous

Quel que soit le futur du régime Assad, lui ou son remplaçant ne pourra pas faire rejaillir le pétrole et l’eau, les piliers économiques du pays.

Comme le Yémen, la Syrie donne un probable indice de l’avenir des riches nations pétrolifères du Moyen-Orient.

Dans cette région, les records de température s’empilent et l’on commence à compter le nombre de barils de pétrole qui restent pour dessaler l’eau de mer, couvrir les budgets des Gouvernements ou simplement maintenir la vie et les habitants sur des terres bientôt invivables.

Il est fort probable qu’une grande partie de la population devra immigrer vers des terres plus accueillantes.

 

Du côté de l’Europe ou de la Suisse, l’exemple syrien pourrait peut-être souligner l’importance de tendre vers l’indépendance énergétique et d’assurer l’approvisionnement alimentaire en comptant sur ses paysans. Il montre également la réalité de la migration des populations du Sud vers le Nord.

A voir la vitesse de l’écroulement de la Syrie et du Yémen, mieux vaut commencer à se préparer dès aujourd’hui.

Energies, Economie et Pétrole: Revue Mondiale Mars 2017

Comme chaque 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
Même pour le 1er avril, il n’y a pas de poisson!
– Chine: Tencent Holdings achète 5% des actions de l’américain Tesla Motors.
– Russie: Se fâche contre le schiste américain
– Japon: Toshiba – Westinghouse sur la voie de la faillite
– Arabie Saoudite: Le pays se diversifie dans le pétrole, pétrole et le pétrole
– Trump: Champion du Monde dans tous les domaines
– Mer du Nord: Les Majors Pétrolières s’attaquent aux renouvelables
– Allemagne: E-On a perdu 16 milliards $ en 2016.


Badaboum! Le pétrole s’est pris les pieds dans le tapis et dégringole les escaliers. Il est même descendu à 48$ à New York durant le mois pour remonter durant les derniers jours de mars:  52,96$ à Londres (55,93$ février) et à New York 50.35$  (54.05$ février). Du côté des stations d’essence, la baisse n’a pas été répercutée. L’essence reste 4-6 ct plus cher par rapport à un baril à 50$.

Après une forte hausse, l’uranium s’assied et reprend son souffle. Il ne bouge pas d’un centimètre 24,5$ en cette fin de mois (24,5$ février).

OPEP

Grâce aux campagnes de publiques relations, depuis 6 mois l’OPEP a réussi à faire monter artificiellement les prix en brandissant des coupes de production. Mais sur le terrain, la baisse de l’OPEP est compensée par la hausse américaine du pétrole de schiste, la Lybie et l’Irak.

Durant le mois, le baril est repassé sous les 50$ alors que l’OPEP espérait franchir la barre des 60$. Sans attendre, les membres de l’OPEP se sont rencontrés au Koweit pour envisager une coupe de production supplémentaire.

La baisse des prix du baril est une excellente nouvelle pour les Economies occidentales car le pétrole est l’essence pour le moteur de la croissance. Mais si le pétrole descend trop, il va tuer l’inflation…

 

Peak Oil

Rare dans les médias mais en progression, la thématique du peak oil est déjà bien présente dans l’industrie notamment avec la coupe drastique des investissements d’exploration.

Dans les médias financiers, les thèmes de prédilection parlent du plafonnement de la demande, de l’impact des voitures électriques sur le pétrole, des changements climatiques ou du comportement des générations XYZ qui préfèrent l’autopartage à la frime «dans-une-voiture-en-leasing-avec-un-moteur-traficoté-pour-passer-les-tests ». Est-ce que la génération «Mobility as a service» va détrôner nos habitudes de bourgeois?

L’EIA se fait du souci pour les années à venir. L’agence internationale de l’Energie pense que si les coupes dans les investissements pétroliers ne sont pas rapidement compensées, il sera difficile de répondre à l’augmentation de la demande de 7,3 millions b/j d’ici à 2022. Pour se faire, il faut que les prix du baril remontent à 80$ pour ajouter au moins 3 millions b/j et que l’OPEP puisse ajouter 2 millions de plus.

Chaque année, 40 millions de nouvelles voitures sont mises en circulation et nécessitent 600’000 b/j de pétrole.

 

Charbon

Plus de 250 centrales à charbon ont été mises hors services aux USA. Au niveau mondial, la construction de nouvelles centrales à charbon a diminué de 62% et 85% dans la livraison de permis en Chine selon CoalSwarm, Sierra Club et Greenpeace.

De son côté, la Chine a cessé d’importer du charbon de la Corée du Nord.

Russie

L’augmentation de la production de pétrole de schiste américain agasse les Russes. Alors que les pays producteurs font des efforts pour réduire l’offre, les américains arrivent avec leurs grands pieds et en profitent pour remonter leur production et dévorer des parts de marché.

Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, prévoit que Mouscou va respecter la réduction de production de 300’000 barils/jour d’ici à la fin avril. Il aura fallu 6 mois aux russes pour respecter leur engagement. Cette manière de trainer les pieds irrite l’Arabie Saoudite.

Il y a fort longtemps, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVS, avait acheté l’américain Citgo. En échange d’un prêt de 1,5 milliard $ au Russe Rosneft, PDVS avait mis en caution ses actions dans Citgo. Aujourd’hui comme le prêt n’a pas été remboursé, Rosneft demande que les actions lui soient livrées.

Le réchauffement du permafrost dans la région de l’Ile de Bely, Sibérie, a créé plus de 7’000 poches de méthane dans les sols. Le risque d’explosion est réel alors que dans le meilleur des cas, ce méthane se dissipera dans l’atmosphère et alimentera l’effet de serre.

Le forage le plus profond au monde se trouve à Sakhalin dans l’Est de la Russie. Le puits Z-44 Chayvo puise à 13’500 m sous le sol.

 

Le Centre du Monde

ExxonMobil va devoir donner à l’avocat général de New York, la correspondance de ses dirigeants au sujet du réchauffement climatique. Depuis 1980, Exxon connaissait l’impact du pétrole et du gaz sur ce sujet. Pour continuer à vendre son or noir sans entrave, la major pétrolière a monté une stratégie de dénigrement du réchauffement climatique en empruntant les méthodes de l’industrie du tabac. Sans l’intervention de Donald Trump, on voit mal comment Exxon va pouvoir s’en sortir.

D’ici à 10 ans, il sera peut-être possible d’effectuer un vol commercial entre Paris et Londres à bord d’un avion complètement électrique. C’est du moins ce que Wright Electric souhaite.
Le Wright One, en développement, pourrait être le premier avion électrique à transporter 150 passagers sur des vols de courte distance, 480 km au maximum. A première vue, l’entreprise ne va pas utiliser les batteries du Samsung S7 et 10 ans semble ambitieux!

L’Etat de Californie désire instaurer de nouvelles normes anti-pollution pour les voitures et les camions. La mesure pourrait être anodine si elle n’entrait pas en frontal avec la stratégie de Trump. Au contraire, Donald envisage de libérer le secteur automobile de ces basses contingences climatiques.

Le Président Trump a donné son accord pour la construction du pipeline Keystone XL afin de transférer le pétrole des sables bitumineux canadiens aux USA. TransCanada, le constructeur canadien du pipeline, a retiré sa plainte en dédommagement de 16 milliards $ demandé aux tribunaux américains contre Washington.

La Maison Blanche a signé le «Décret sur l’indépendance énergétique» qui contribuera à s’assurer que l’énergie soit «abordable et propre» afin de «favoriser la croissance économique et les créations d’emplois». En plus du gaz et pétrole de schiste, Donald Trump désire relancer l’exploitation du «magnifique charbon propre». «De nombreux mineurs vont retrouver du travail». Comme les USA n’importent pas de charbon, la création d’emplois risque de se limiter à un Tweet sans lendemain. Il reste 65’971 mineurs de charbon en 2015, contre 87’755 en 2008. La chute d’utilisation du charbon n’est pas due aux restrictions environnementales, mais à la concurrence du gaz et des énergies renouvelables meilleur marché.

De son côté ExxonMobil demande au Président Trump de ne pas sortir les USA de l’accord de Paris. Exxon voit la possibilité de vendre du gaz pour remplacer le charbon et comme ExxonMobil est implantée dans une grande partie du monde, elle craint de subir les foudres de certains pays si les USA sortent de la COP22.

Les USA possèdent un réseau électrique presque aussi vieux que son Président. Il faudrait 4’800 milliards $ pour le convertir à la nouvelle génération de production électrique (le réseau, pas Trump).

Les eaux du Golf du Mexique sont anormalement chaudes avec une moyenne de 23 degrés durant cet hiver. La saison des tornades pourrait être sulfureuse et rappeler à Donald que le réchauffement climatique est d’une actualité brulante.

La production américaine était de 8,9 millions b/j en 2016 (9,4 en 2015). Le 40% de la consommation américaine est utilisée pour les voitures et camions.

Entre 1990 et 2007, l’utilisation de robots dans l’industrie a fait perdre 670’000 emplois aux USA selon le MIT et l’Université de Boston.

Intelligence artificielle. Fondation Artanim

 

Arabie Saoudite

La production du pays est repassée sur la barre des 10 millions b/j en février alors que Ryad prône une réduction au niveau mondial. C’est ce détail que les traders n’ont pas aimé. Ils ont expédié le baril sous les 50$ à New York durant le mois.

Le regain de production de l’Arabie est-il un message à l’attention des investisseurs dans le schiste américains ou pour les autres membres de l’OPEP qui ne respectent pas les diminutions imposées.

Le Roi Salman s’est accordé une virée en Asie, notamment en Malaisie, Japon, Indonésie pour tenter de diversifier l’industrie de son pays qui se résume aux trois mots: pétrole, pétrole, pétrole. C’est ballot, mais lors de sa visite en Chine, il n’a pas trouvé mieux que signer un accord avec Pékin pour l’extraction de… pétrole et une usine pétrochimique! Sortir du pétrole en investissant dans le pétrole, ça ne va pas le faire.

L’Arabie Saoudite devrait atteindre son peak oil en 2028. Comme de plus en plus d’or noir est consommé à l’intérieur du pays cela réduit d’autant les capacités financières de Ryad.

Comme le Yemen, la Syrie et l’Iran, l’Arabie Saoudite subit de plein fouet le réchauffement climatique. Les températures, supérieures de 4 degrés, aggravent la sécheresse qui détruit les points d’eau et limite la production agricole. La Syrie et le Yemen ont déjà implosé avec les conséquences que l’on connait.

De son côté son bras droit, le Prince bin Salman en a profité pour rencontrer Donald Trump histoire de voir si la relation entre les deux pays pourrait être meilleure que sous l’ère Obama. Ils ont parlé Yemen, Iran et pétrole. Ca va vraiment pas le faire !

Il se murmure que si l’OPEP devait allonger les coupes de production de 6 mois, l’Arabie Saoudite voudrait contraindre l’Iran à participer à l’effort. Ryad est frustré de voir certains marchés partir dans les mains de Téhéran. La prochaine rencontre aura lieu le 25 mai.

Ryad diminue petit à petit ses livraisons pétrolières au marché américain et se recentre sur les marchés asiatiques.

 

Chine

Les petites raffineries chinoises connues sous le nom de « teapots », importent du crude bon marché et exportent l’essence et produits raffinés sur les marchés asiatiques. Les japonais se plaignent que ces teapots noient le marché de produits de basse qualité alors que les raffineurs locaux doivent respecter des normes environnementales plus strictes.

Il n’y aurait pas uniquement les centrales à charbon qui participent à la pollution récurrente des grandes villes chinoises. Le réchauffement climatique influence les conditions atmosphériques en Sibérie et limite les vents qui poussent au large la pollution. Le premier ministre Li Keqiang a créé un fond spécial pour découvrir les raisons du smog qui envahit le nord de la Chine. Pékin dépensera le montant qu’il faudra pour gagner la guerre contre le smog.

Pour 1 milliard $, Sinopec a acheté 75% des actions de Chevron Afrique du Sud. Dans les bagages de la mariée, 820 stations d’essence et une raffinerie à Cape Town.

Les ventes de voitures Tesla ont atteint 1 milliards $ en 2016 soit 3 fois le chiffre de 2015. Un peu plus de 10’000 voitures ont trouvé un acquéreur. BYD reste toujours le leader sur le marché chinois de la voiture électrique. Lire également Après Trump, Pékin mise sur le Made in China.

Le groupe d’investissement Tencent Holdings a acheté 5% des actions de l’américain Tesla Motors. Avec 2 milliards $, le groupe devient le 5ème plus grand investisseur de Tesla et montre l’appétit des chinois pour les technologies de mobilité électrique.

Dessin Chappatte

Europe

Effectivement, nous abordons le dossier européen en soufflant sur les 60 bougies de l’accord.

 

Angleterre

Le pays a lancé la procédure de séparation de l’Europe. En lisant certains articles sur le Brexit, le pays devrait subir une période de famine, de peste et de choléra dans les années à venir. Pour d’autres, c’est un nouvel eldorado qui s’ouvre.

 

Allemagne

Le producteur électrique E-On a perdu 16 milliards $ en 2016. Le CEO veut réduire la dette de 7 milliards $ en licenciant 1’300 employés et en vendant quelques unités de production. Malin, E-On a déjà viré dans sa nouvelle « entreprise poubelle » Uniper tous ses actifs fossiles notamment les centrales à charbon, nucléaire et à gaz. Ainsi en amortissant fortement tous ses actifs pourris, Uniper n’aura plus qu’à faire faillite et à abandonner ses obligations notamment dans le démantèlement des centrales nucléaires. Pas éthique, mais légal.

De son côté, le bilan épuré d’E-On ne comporte plus que des actifs sains avec la solution aux clients, la production d’énergies renouvelables et les réseaux électriques. On retrouve cette stratégie en Suisse auprès d’Alpiq et d’Axpo, étrangement propriétaires de centrales nucléaires et à charbon !

 

Mer du Nord

Avec des chèques de plusieurs milliards $, Shell, le norvégien Statoil et l’italien Eni SpA ont remporté le droit de construire des fermes d’éolienne off-shore. Les dirigeants des majors pétrolières tentent de s’opposer aux géants éoliens Dong Energy et Vattenfall qui prennent de plus en plus de place dans le marché de l’énergie et représentent une menace grandissante pour leur business.

 

Suisse

Le Salon de l’Auto de Genève s’est terminé avec plus de 690’000 fans qui ont pu admirer la jeunesse des hôtesses. Comme quoi dans cette industrie, c’est toujours la minijupe qui parle au cerveau reptilien et qui déclenche l’acte d’achat.

Contrairement à l’année dernière, (où les constructeurs avaient inondé leurs stands de voitures électriques durant la journée de la presse pour les retirer le soir même) on est retourné aux bons vieux V6. Les constructeurs se plaignent que les gouvernements sont trop stricts et que s’il n’est plus possible de truquer les moteurs, il va être difficile de passer les standards d’émissions de CO2 et de pollution.

Les Suisses vont voter sur leur politique énergétique 2050. Rien de révolutionnaire et toujours pas de solution pour répondre aux changements climatiques ou à la déclaration de Paris. Naturellement on trouve certains politiciens pour reprendre le discours de Trump sur le changement climatique et prédisent peste, choléra et chômage.

Les confédérés jettent en moyenne 300 kg de nourriture par année. Le magasin Migros détruit 800 tonnes de nourriture par année et donne seulement 70 tonnes à des organisations. Le reste est détruit alors que cette chaîne de supermarchés exige une marge de 60% sur ses produits.

 

France

Selon la Répression des fraudes, le constructeur automobile Renault a faussé des tests d’homologation de ses véhicules diesel et essence. “Des stratégies frauduleuses” ont été mises en place depuis plus de 25 ans pour détourner les tests d’homologation de certains moteurs diesel et essence.

54% des français estiment que le changement d’heure a un impact négatif sur leur humeur. Manque de chance, cette année il y a la confluence entre le changement d’horaire et les élections ce qui devrait impacter la bonne ambiance dans le pays. 59% ignorent que l’heure d’été permet de réduire la consommation d’électricité (-440 GWh).

Trump tente de défaire l’Obamacare – dessin Chappatte

Les Amériques

USA – Schiste

Si le baril ne dépasse pas les 50$, la production de schiste va-t-elle pouvoir augmenter dans les années à venir sur le sol Yankee? La grande partie de la diminution des coûts de production a été reportée sur la baisse des salaires, la pression sur les fournisseurs, la location de matériel, le non-respect des normes environnementales. Les améliorations techniques ne représentent qu’une infinie partie de la réduction des coûts.

Les grandes majors entrent dans le jeu du schiste américain. Exxon, Shell et Chevron ont signé pour 10 milliards $ de chèques pour acheter des terrains potentiellement juteux. Attirées par l’immédiateté des gisements contrairement aux 10 années pour les forages en haute mer, elles poussent à la hausse les prix des terrains. On parle déjà d’une bulle dans le Bassin Permien.

La production de schiste dans le Bassin Permien est montée à 2,1 millions b/j en janvier (+200’000 depuis décembre).

Les réserves stratégiques de brut américains s’élèvent à 484 millions de barils de quoi assurer 24 jours de consommation. Du côté du schiste, la production US atteint 4,96 millions b/j.

Le marché du sable est à nouveau en plein boom grâce à la reprise des forages de schiste. En effet, en plus des 50’000 litres de produits chimiques il faut plusieurs tonnes de sable pour tenir les failles ouvertes. Les prix du sable sont en forte hausse ce qui n’arrangent pas les comptables des pétroliers.

 

Canada

Pas de bol pour le premier ministre canadien Justin Trudeau qui joue sur les 2 tableaux : extraction pétrolière et climat. La décision de Trump de réactiver le pipeline Keystone XL entre les sables bitumineux de l’Alberta, Canada, et les USA ravive les contradictions entre les lobby du pétrole et ceux du climat.

En janvier, Justin Trudeau affirmait vouloir «mettre un terme progressivement» à l’exploitation des sables bitumineux et faire cesser la «dépendance» du Canada aux hydrocarbures. Une position qualifiée de schizophrénique.

 

Brésil

Le Brésil est secoué depuis 2014 par une affaire de corruption mis en place autour du groupe pétrolier Petrobras.

Dans l’épisode de ce mois, la liste «La liste de Janot» (nom du procureur) donne les noms de 170 politiciens de tous les bords qui ont bénéficié des largesses financières. Dans cette liste, Rodrigo Janot y adresse à la Cour suprême, compétente pour juger ministres et parlementaires, pas moins de 83 demandes d’ouverture d’enquête pour corruption, blanchiment d’argent et financement occulte de campagnes électorales. Les politiciens brésiliens seraient encore plus turbulents que leurs collègues français ?

 

Venezuela

A force de tout vendre pour payer les dettes, le gouvernement n’a bientôt plus de bijoux de famille à échanger. L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a dû donner 10% de ses actions au Russe Rosneft dans Orinoco actif dans le brut extra lourd du pays. Ce brut est tellement lourd qu’il doit être mélangé avec du brut plus léger afin de pouvoir le raffiner.

Le gouvernement a pris le contrôle des boulangeries qui ne vendent pas le pain à un prix dérisoire, soit en dessous du prix de production. Le Venezuela importe la totalité de sa farine.

Le gouvernement entretient 30’000 comités locaux qui distribuent la nourriture à 4,5 millions de familles qui soutiennent le Gouvernement (sur les 6 millions du pays). Ces 4,5 millions de familles reçoivent 9 kg de nourriture par mois sur un total de 300 kg que nécessite une famille de 5 personnes. Cette situation ne va pas pouvoir continuer encore longtemps. Si le pays devrait s’écrouler, la production pétrolière devrait fortement être impactée.

Children interrupt BBC News interview – BBC News

Moyen Orient

Syrie

Les américains ont bombardé la salle des commandes du barrage de Tabqa à un jet de pierre de la ville de Raqqa et dans les mains de l’Etat Islamique. Haut de 60m et de 4 km de long le barrage de l’Euphrate permet d’irriguer les cultures et de produire de l’électricité pour toute la région.

Sans dispositif de contrôle, impossible d’ouvrir les vannes. Le compte à rebours a débuté. En montant, l’eau risque de submerger le barrage voire de le briser sous l’effet de la pression. Les américains pourraient désamorcer cette bombe en apportant des génératrices pour effectuer les opérations de délestage. Un détail : plus d’un million de personnes vivent en contrebas du barrage.

Pour mieux comprendre la guerre de Syrie. Deux événements conjoints ont allumé une partie de l’étincelle: le peak oil et le réchauffement climatique. Le peak oil atteint en 1996 (610’000 b/j) pour 385’000 b/j en 2010, n’a pas permis au gouvernement d’Assad de générer assez de devises pour subventionner les importations de céréales nécessaires après 3 années d’une sécheresse terrible (2007-2010). Et comme entre 2002 et 2008, les ressources en eau avaient diminué de moitié, la faim a lancé le processus actuel. La suite, ce mois-ci dans un prochain article.

 

Iran

Le pays plafonne sa production à 3,8 millions b/j. Difficile de dire s’il s’agit d’un signe envers la diminution de production voulue par l’OPEP ou des raisons techniques

Un nouvel arrangement pourrait avoir lieu entre la Russie et l’Iran dans le but d’échanger du pétrole contre des marchandises, de la nourriture et de l’armement.

 

Irak

Selon le décompte de Air Wars, les attaques aériennes des américains et des occidentaux sur Mossul font plus de victimes que les attaques russes sur Alep. Durant la première semaine de mars entre 250 et 370 civils ont été tués. Officiellement, la coalition quant à elle dénombre 21 civils tués depuis novembre 2016 !

Bagdad a produit 4,57 millions b/j en février et vise les 5 millions d’ici à la fin de l’année. Ce concept n’arrange pas l’OPEP.

 

Egypte

Le pays va ajouter 14’000 MW d’électricité d’ici à 2018. En 2013, le pays produisait 24’000 MW. Les fortes chaleurs durant l’été stressent fortement le système qui n’arrive pas toujours à répondre.

L’Arabie Saoudite a décidé de reprendre ses livraisons de pétrole à l’Egypte. Une brouille entre les deux pays avait interrompu le processus.

Asie

Corée du Sud

Le géant nucléaire coréen TEPKO n’est pas intéressé à acheter à Toshiba, leur succursale nucléaire américaine: Westinghouse. On les comprend car Toshiba a dû amortir une perte de 6,2 milliards $ de Westinghouse et bien malin celui qui connait la profondeur du gouffre.

Le français Areva étant noyé sous les dettes, il ne reste plus que les chinois ou les russes pour racheter à Toshiba leur succursale américaine. Cependant, on peine à imaginer Donald Trump tweeter: «Le nucléaire américain passe dans les mains chinoises. America First».

TEPKO pourrait jouer la montre et racheter le tout pour 1$ symbolique. Mais cela n’arrangera pas les comptes de Toshiba. A suivre d’autant que le nucléaire fait de moins en moins le poids face aux renouvelables.

 

Japon

Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a finalement réussi à introduire le robot PMORPH dans l’enceinte du réacteur 1 de Fukushima pour y mesurer les taux de radiation et la température. Lors des précédentes tentatives, tous les autres robots ont été détruits par le niveau des radiations.

L’objectif pour l’entreprise japonaise et d’évaluer la faisabilité de retirer le combustible nucléaire fondu afin de neutraliser le réacteur dans les décennies à venir.

Afrique

Libye

Les milices des différentes fractions (l’armée nationale du gouvernement de Tobruk et les diverses milices islamiques) se battent pour les terminaux pétroliers de Es Sider et Ras Lanuf.
L’Armée nationale du Général Haftar est aidée et soutenue par la Russie. Pour l’instant l’aide russe ne comporte pas un volet intervention militaire alors que le pays produit 700’000 b/j de pétrole.

 

Algérie

Sonatrach va investir 9 milliards $ entre 2017 et 2021 pour l’exploration de gaz. L’entreprise nationale va forer une centaine de puits par an et libérer 50 milliards supplémentaires pour la mise en service.

 

Phrases du mois

Il est temps pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, de débrancher définitivement la technologie défaillante des semences transgénique OGM et de se concentrer sur la façon dont nous rendons l’agriculture résistante au changement climatique, dont nous sauvons les fermes familiales et dont nous arrêtons la destruction de la nature. Il est temps de passer à autre chose.” Mute Schimpf, chargée de campagne alimentation aux Amis de la Terre Europe

Sur la nouvelle directive de Trump sur le climat et les énergies fossiles
This is not just dangerous; it’s embarrassing to us and our businesses on a global scale to be dismissing opportunities for new technologies, economic growth, and US leadership.” Former EPA Administrator Gina McCarthy.

As an industry, we’re not investing enough for supply growth to keep up with demand growth. Decreased spending, particularly in the resource-rich (but expensive) offshore, may cause supply to plateau or decline as global demand is rising A supply deficit is possible as soon as three years, and within five, when the reductions in capital investments should begin to show up in falling offshore supply. We’re not investing enough to keep the offshore investment pipeline full.
John Hess, CEO Hess oil

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Après Trump, Pékin mise sur le Made in China

Si Donald Trump effraie ou fait sourire avec son «America First», la stratégie du «Made in China 2025» dévoilée par Pékin va se révéler nettement plus dévastatrice pour l’Europe et les occidentaux. Si Trump tweete sa volonté, les chinois jouent la discrétion.

Ainsi après avoir fait main basse sur l’énergie solaire et éolienne, la Chine porte son dévolu sur les solutions hautement stratégiques de stockage d’électricité et les véhicules électriques. Comme à son habitude, le pays du Milieu ne fait pas dans la demi-mesure pour se saisir de ce marché initié par les occidentaux.

 

Le concept «Made in China 2025, ou China Manufacturing 2025» est fondamentalement simple. Il se contente de rapatrier des technologies occidentales via l’achat de brevets ou d’entreprises dans les domaines hautement stratégiques comme l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les voitures électriques ou la production énergétiques.

Pour compléter le dispositif, Pékin ajoute l’arsenal usuel de protectionnisme et de manipulation des marchés avec des freins administratifs ou des soutiens financiers aux entreprises locales.

Selon le président Xi Jinping la science et la technologie sont les «batailles principales de l’Economie» et au-delà de la puissance militaire, c’est sur ce terrain que l’hégémonie mondiale de la Chine se construit.

 

Activation des voitures électriques

Pour entrer sur le marché chinois, les grands fabricants occidentaux, japonais et Sud-Coréens de batteries doivent céder leur savoir-faire pour avoir le privilège d’écouler temporairement leurs produits. Preuve de son avance technologique, le Suisse Leclanché a vu entrer dans son actionnariat l’ombre chinoise.

Si la Chine est devenue incontournable, c’est qu’elle a su créer une demande dans la voiture électrique. Elle a réussi à immatriculer 1 million de véhicules et devrait en ajouter 4 millions d’ici à 3 ans pour atteindre la barre des 5 millions.

Depuis 2012, cette tendance a été encouragée par des subventions massives et des changements de lois. Ainsi les constructeurs locaux, comme BYD (Build Your Dream) ont été financièrement favorisés pour écouler leurs produits au nez et à la barbe des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

En quelques années, BYD installée à Shenzhen a vu sa capitalisation boursière exploser à 18,7 milliards $ à la poursuite de Telsa qui culmine à 50 milliards $.

 

Les japonais ont inventé la batterie, les Coréens l’ont démocratisée et les chinois vont la dominer.

Depuis une décennie, l’industrie des batteries est dominée par les japonais et les sud-coréens mais Pékin ambitionne de doubler sa production d’ici à 2020 pour reprendre le flambeau. La salve actuelle se focalise sur les systèmes lithium-ion chers aux constructeurs automobiles. Le chiffre d’affaires est estimé à 40 milliards $ d’ici à 2025.

Comme dans l’énergie solaire, la stratégie chinoise se base sur l’asphyxie de la compétition en proposant des tarifs imbattables. Si le solaire a chuté de 70% en quelques années, le prix des batteries est déjà sur cette voie.

Aujourd’hui Panasonic est le plus grand fournisseur mondial mais le japonais est talonné par CATL qui produit actuellement 7,6 GigaWatts heures (GWh) par année. En 2020, le chinois CATL dépassera, la Gigafactory de Tesla et Panasonic installée au Nevada, USA et créera 20’000 nouveaux emplois.

Globalement, la Chine est sur le point de livrer pour 121 GigaWatts heures assez pour propulser 5 millions de voitures sur 100 km selon Bloomberg.

Graphique: 2000Watts.org

Là aussi, Pékin s’assure que seuls les champions locaux en profitent. L’administration a bloqué tous les producteurs étrangers pour la livraison de batteries aux automobiles chinoises et seuls les producteurs qui dépassent 8GWh ont droit à des subsides.

Le hasard fait bien les choses puisque seuls BYD et CATL remplissent ces critères. Tout a été fait pour écarter Samsung et Panasonic.

 

Pour garder l’hégémonie planétaire, les chinois devront trouver le moyen d’augmenter la performance tout en diminuant les prix qui représentent aujourd’hui le 50% du prix des véhicules.

Malicieux, Pékin a planifié en détail son invasion en sécurisant l’accès aux matières premières notamment dans les terres rares, le cobalt ou le lithium. Là-aussi, le pays du milieu a déjà ratissé les mines du monde entier en passant par l’Argentine, le Chili ou les mines de Cobalt de la République Démocratique du Congo.

Avec les problèmes de plus en plus aigus du pétrole, la Chine a l’ambition de devenir “l’Arabie Saoudite” de la mobilité mondiale. Avec la main mise sur la voiture électrique et des solutions de stockage pour les énergies renouvelables, Pékin tient en ses mains une arme bien plus efficace que n’importe quelle armée.

Pendant ce temps là, Trump creuse pour trouver du pétrole…

Fukushima Daiichi souffle 6 bougies: éclairage

Il y a 6 ans, la catastrophe de Fukushima avait détruit 3 réacteurs, dévasté l’industrie nucléaire mondiale et transformé fondamentalement la vie de millions de japonais.

Initialement, les coûts avait été estimés à 10 puis réévalués à 40 milliards $. Six ans après, le Gouvernement a déjà versé 70 milliards $ à Tepco, l’opérateur de la Centrale et l’ancien Premier Ministre Naoto Kan, estime que la facture devrait atteindre plus de 240 milliards $ payés en grande partie par les impôts des japonais. A ce jour la douloureuse atteint 183 milliards $.

Du côté de la santé, les taux de radiations sont simplement effrayants.


Permettre aux liquidateurs de travailler

Dans le bâtiment du Réacteur 2, Tokyo Electric Power, Tepco, annonce une radioactivité ambiante de 650 millisieverts/heure à proximité du réacteur où les barres d’uranium ont fondu. A ce niveau, un homme est mortellement touché en moins d’une minute et les robots spécialement réalisés par Hitachi et Toshiba voient leurs systèmes informatiques grillés en 90 minutes.

Les informations dévoilées ces derniers mois permettent de mieux connaître l’état des réacteurs mais ne signifient pas que la situation s’est aggravée depuis 6 ans même si la catastrophe de Tchernobyl n’avait jamais atteint de tels niveaux radioactifs.

Du côté des Réacteurs 1 et 3, la radioactivité est tellement élevée qu’elle ne permet pas aux robots de s’aventurer dans les bâtiments.

A l’extérieur des réacteurs, le niveau est de 5 millisieverts par heure. Pour permettre de travailler dans la Centrale, le gouvernement a augmenté le taux maximal d’exposition à 250 mSw/an des 6’000 liquidateurs occupés à décontaminer, surveiller ou refroidir les réacteurs. A titre de comparaison, un travailleur européen du nucléaire est autorisé à supporter une exposition annuelle maximale de 20 mWs.

 

Attendre que la radioactivité diminue

Sous pression des experts internationaux, il aura fallu de longs mois à Tepco pour avouer que les centaines de tonnes de combustibles nucléaires des Réacteur 1, 2 et 3 avaient fondu et percé les cuves des coeurs des réacteurs. Naomi Hirose, President, TEPCO a présenté son méa culpa en juin 2016 pour avoir tardé à avouer la véritable situation.

Bien que personne ne sache réellement où l’uranium fondu des 3 réacteurs se trouve, Tepco espère que les enceintes de confinement en béton, situé sous les réacteurs, ont été capable de résister.

Naohiro Masuda, en charge du démantèlement et de la décommission des 3 réacteurs, espère pouvoir commencer à retirer l’uranium d’ici à 2021. Le processus devrait durer entre 20 et 30 ans. Mais pour l’instant, son plus grand défi est de trouver la balance entre le temps que chaque employé peut passer sur le site et le travail qui est à accomplir. Il estime que chaque réacteur comporte plus de 200 tonnes de matériaux nucléaire en fusion mélangé à des débris, du béton, du fer.

Le directeur actuel de la Centrale, Shundi Ushida confirme que la construction de sarcophages, comme à Tchernobyl, n’est pas une solution.

Tepco et les sous-traitants font face à une autre interrogation. Comment retirer le combustible en fusion? Cet défit n’a encore jamais été réalisé. La méthode ainsi que les machines restent à inventer.

La cuve du Réacteur 2 et le combustible fondu
Image: Tepco

Niveau des cancers à surveiller et retour des habitants

Du côté de la population, selon l’une des référence sur la catastrophe de Fukushima, l’ingénieur nucléaire Arnie Gundersen de FaireWinds.org, pense que les cancers de la tyroïde, des organes et leucémie augmentent notamment auprès des filles et des mamans et pourraient toucher plus d’un million de personnes.

Dans ce chaos, un seul homme est resté: Naoto Matsumura. Depuis le premier jour, il s’occupe des animaux abandonnés par leurs propriétaires partis sans espoir de retour.

Paradoxalement, c’est dans cette ambiance radioactive que le Gouvernement incite les anciens habitants à retourner vivre à proximité de la Centrale afin de réduire les coûts. Pour se faire, Tokyo va supprimer toutes les aides de ces 350’000 personnes parties et les forcer soit à retourner dans une région fortement irradiée soit à un exil définitif.

 

Refroidir les réacteurs

Depuis 6 ans, il faut continuellement et quotidiennement refroidir les réacteurs avec 300 m3 d’eau et le site a accumulé plus de 400’000 tonnes d’eau dans des milliers de réservoirs en attendant de pouvoir la décontaminer.

Des systèmes de filtration d’eau réalisés sur-mesure par Hitachi, Areva et Toshiba ont été installés pour tenter de diminuer la teneur radioactive, mais les éléments les plus virulents restent. Une solution pourrait être trouvée en déversant petit à petit cette eau hautement radioactive dans le Pacifique.

 

Il faudra encore 25-30 ans pour peut-être voir la lumière au bout du tunnel en espérant que cela ne soit pas un autre train qui arrive. Pour l’instant, les japonais croisent les doigts pour que les Jeux Olympiques de 2020 ne soient pas mis en danger par une évolution défavorable de la Centrale.

Dans les autres pays du monde, on espère que pareille erreur humaine ne se reproduise pas.

Energies, Pétrole et Economie: Revue Mondiale Février 2017

Comme le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies:
– USA: Tesla pèse 45 milliards $ et enlève le mot: Motors dans son nom
– Russie: Le pays achète du pétrole à l’Iran et la Libye
– Japon: Fukushima explose les taux de radiation de Tchernobyl
– DeepWater Horizon: La marée noire aura coûté 62,2 milliards $ à BP
– Irak: Les attentats se multiplient dans le sud pétrolier
– Canada: Les sables bitumineux à la peine financièrement
– USA: L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record.


Tout ça pour ça! Le pétrole est scotché sur le pas de la porte et ne sait pas s’il doit rentrer ou rester dehors. Le baril termine à 55,93$ à Londres (55,23$ janvier) et à New York 54.05$  (52.36$ janvier). Vous noterez que les stations d’essence ne répercutent plus les baisses

Le peak uranium s’invite dans les prix de l’uranium qui passe à la hausse après avoir touché les 18$ en novembre dernier. L’uranium remonte à 24,5$ (23$ janvier).

 

Le Graphique du mois
Découverte et investissements dans les nouveaux gisements pétroliers

Monde

Il n’y a eu que 174 découvertes de gisements de pétrole et de gaz en 2016 (400 en 2013). Un plus bas en 60 ans. Le manque de ressources financières et la difficulté de trouver de nouveaux endroits se cumulent et montrent que nous passons dans une nouvelle ère. Dans les années à venir, il va falloir compter sur le pétrole non-conventionnel pour répondre à la demande.

L’industrie pétrolière mondiale a perdu 441’371 emplois depuis juin 2014.

Le Grantham Institute et l’Imperial College London pense que la chute des prix des voitures électriques et des technologies solaires font peser une menace sur les compagnies pétrolières qui n’anticipent pas ce changement de paradigme prévu vers 2020.

Il y a 10 ans personne n’aurait pensé que les voitures électriques fassent trembler l’industrie pétrolière. General Motors retirait ses 1’117 voitures EV1 pour les détruire alors qu’aujourd’hui la valorisation boursière de Tesla dépasse la majorité des constructeurs automobiles conventionnels.

 

OPEP

Si les membres de l’OPEP suivent à 90% leur quota, l’augmentation de la production Libyenne et des USA coupe toute tentative d’une hausse des prix du baril. Du coup, les prix ont de la peine à prendre l’ascenseur pour le plus grand bien de l’Economie mondiale.

 

Russie

Le Kremelin a réduit sa production de 130’000 b/j par rapport à octobre et respecte les engagements de l’accord avec l’OPEP. En décembre, la Russie avait produit 10.49 millions b/j (no 1 mondial). Avec les coupes de l’Arabie Saoudite, le premier rang de la Russie pourrait durer quelques mois encore.

La Russie achète du pétrole en Iran, Irak (Kurdes), Lybie. Alors que le Kremelin n’a pas besoin de pétrole, il faut voir dans ce geste une intention géopolitique et une augmentation de son pouvoir dans ces régions pétrolières.

L’Economie du pays retrouve la croissance. En fait, pour être plus précis, les revenus du pétrole croissent et comme le pétrole c’est l’Economie, l’Economie croit. Si en 2016, la contraction était de 0,6%, cette année la croissance devrait indiquer : +1,1%.

Moscou se fait de plus en plus draguer par l’administration Trump qui espère diminuer l’entente Chine-Russie gardant en tête que diviser est une façon de régner. Cependant, les stratèges chinois et russes ont l’air mieux équipé et compétent que les oiseaux de la Maison Blanche.

Le gisement de Samotlor, qui produisait 3 millions b/j en 1980, n’atteint que 300’000 b/j aujourd’hui. Les forages sortent 20 fois plus d’eau que de pétrole et à 50$, la rentabilité est limitée.
Du coup, Moscou envisage de couper les taxes d’extractions en deux pour les gisements qui produisent plus d’eau que de pétrole. Cette tactique permettra à Rosneft, l’opérateur de ce gisement, d’extraire les dernières gouttes.

 

Le Nombril du Monde

Donald Trump va augmenter le budget de l’armée de 10% (+54 milliards $) pour cette année. Après Wall Street et le Pétrole, l’Armée rejoint le club des nantis.

Les majors pétrolières ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips ont été forcées d’emprunter pour payer les 21,4 milliards $ de dividendes à leurs actionnaires. Leurs dettes à long terme ont augmenté de 40 à 95 milliards $.
Le bénéfice de ces 3 acteurs a fondu de 80 milliards $ en 2012 à 3,7 milliards $ en 2016. Il reste toujours de quoi offrir des bonus dont 170 millions pour le départ de Rex Tillerson pour le Gouvernement Trump.

En 2016, la balance commerciale entre la Chine et les USA est de 347 milliards $ en faveur de la Chine. Le déficit total de la balance commerciale des américains est de 763 milliards $. Ces chiffres peuvent expliquer la volonté du Président Trump de redresser le déficit commercial US.

Rex Tillerson, encore lui, et Trump, encore lui, ont abrogé la loi de transparence Dood-Frank de 2010 qui interdisait l’utilisation de la corruption par les entreprises pétrolières, gazières et minières américaines à l’étranger. Grâce à ces deux compagnons, les entreprises US vont pouvoir réutiliser les petites enveloppes pour faciliter leur business et cela en toute légalité. Pour en savoir plus, cherchez dans le dictionnaire du Commerce sous “protectionnisme” et “éthique”.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie est le pays qui a le plus coupé sa production pour respecter les quotas imposés par l’OPEP. Il faut aussi dire que Ryad avait poussé ses machines à fonds afin d’annoncer une solide baisse. C’est comme manger 3 gâteaux en entrée, forcement qu’il est plus facile de se priver durant le repas principal. L’un dans l’autre, le pays est simplement revenu à sa production normale, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat!

Ryad se lance dans le solaire et l’éolien pour générer de l’électricité. L’objectif est de produire 10 gigawatts et d’économiser 13 millions de litres de pétrole par jour.

Ryad annonce qu’une étude indépendante réalisée par une entreprise américaine payée par Ryad dévoile que les réserves pétrolières d’Aramco sont exactement les mêmes que celles reportées par le Gouvernement. L’enseignement majeur de cette étude souligne que l’entreprise qui a réalisé cette étude va pouvoir continuer à travailler pour Aramco.

Pour mémoire, Saoudi Aramco annonce des réserves de 261 milliards de barils alors qu’il y a 30 ans les réserves étaient déjà de 261 milliards de barils. En Arabie Saoudite, le pétrole serait-il renouvelable ?

 

Japon

Les taux de radiations les plus élevés mesurés à Tchernobyl étaient de 300 sieverts par heure histoire de tuer un homme en 60 minutes.

Ce mois à Fukushima, les radiations ont été mesurées à 530 sieverts dans le Réacteur no 2. Une dose de 20 minutes vous sera mortelle et les parties électroniques d’un robot grilleront en 2 heures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le combustible nucléaire du Réacteur 3, à base de plutonium, est encore plus redoutable.

A ce jour, comme les hommes et robots n’ont pas réussi à s’approcher à proximité du Réacteur 3 et du Réacteur 1, il est impossible de connaître l’étendu des dégâts et surtout où se trouve l’uranium fondu.

Les coûts pour neutraliser les 3 réacteurs sont estimés à 170 milliards $ à la charge des contribuables japonais et les solutions techniques n’existent encore pas.

Dessin Chappatte

Europe

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA) a été ratifié à une large majorité, par le Parlement européen. Il entre en force en attendant que tous les gouvernements le ratifient.

 

Angleterre

Selon Bob Dudley, CEO de BP, la catastrophe de Deepwater Horizon de 2010 aura coûté 62,2 milliards $. Cela n’empêche pas ses dirigeants de retenter l’expérience avec de nouveaux forages dans le Golfe du Mexique. Toujours selon la major British, il faut un baril à 60$ pour redresser ses comptes financiers.

BP va s’engager de manière « incrémentale » dans le pétrole et gaz de schiste aux USA.

La pollution, causée par les voitures diesel et le chauffage à bois, atteint des records dans la capitale Londres.

EDF-Areva ne savent toujours pas si la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point va pouvoir se réaliser. Les français semblent finalement admettre que l’ampleur des fonds financiers pour construire ce temple pourrait être insurmontable voir déraisonnable.

Toshiba va certainement renoncer à construire une nouvelle centrale nucléaire en Angleterre. Le géant japonais croule sous les 10 milliards $ de dettes creusées par sa filiale nucléaire aux USA. La survie de Toshiba est en jeu.

 

Danemark

Maersk, n’est pas seulement l’un des leader mondial du transport maritime et de container, mais propose également ses services dans le pétrole. Pas de bol pour eux, il s’agit de deux domaines qui se sont fait laminer en 2016. Résultat de la casse: une perte de 1,9 milliard $ après déjà avoir amorti pour plus de 2,7 milliards $ les pertes de sa division pétrole.

 

Suisse

Les grandes entreprises suisses d’électricité ont réussi à cloisonner la production d’énergie solaire et à se réserver les subventions initialement prévues pour les particuliers. Ainsi les installations inférieures à 100 kW ne bénéficieront de plus aucune aide gouvernementale.

Du côté des barrages, les producteurs reçoivent une prime de 0,03 ct kWh ce qui va leur permettre de retourner dans leur léthargie et de consolider leur monopole.

Le parc suisse de véhicules à moteur a progressé de 84’500 unités en 2016 (+1,43%) pour un total de 5,98 million, dont 4,5 millions de voitures de tourisme et 720’400 motos. Les automobilistes ont dépensé 10,1 milliards pour l’essence, dont plus de 4 milliards sont exportés aux pays producteurs de pétrole.

 

France

La course à la Présidentielle française tourne au vaudeville dont les acteurs principaux sont un riche banquier psychopathe et un cleptomane au service de sa famille. En France, une certitude: les 5 prochaines années seront très longues.

Le gouvernement va supporter le solaire à hauteur de 9 milliards € et l’hydraulique avec 530 millions € durant les 20 prochaines années. On a de quoi être étonné par ces montants ridicules si on les met en relation avec les besoins du pays.

George Clooney durant les Césars sur Donald Trump

Les Amériques

CRU Group pense que 4,4 millions de voitures électriques seront vendues en 2021 en comparaison avec les 1,1 en 2016. Du coup, les prix du Cobalt partent à la hausse. Ce métal est un composant clé pour la fabrication des batteries lithium-ion.

 

USA

Tesla a publié de bons chiffres, les revenus sont en hausse de 88%. Ils ont donné plus de détails sur le modèle 3 à 30’000$ et enlevé le mot “Motors” dans le nom. Le titre Tesla pèse 45 milliards $ en capitalisation boursière. Renault pèse 25 milliards, PSA 15 milliards, Volkswagen 75 milliards, tout comme Daimler/Mercedes et BMW 55 milliards… Porsche 8 milliards et General Motors est à 55 milliards pendant que Ford vaut 50 milliards…
Si vous avez 5 minutes, regardez juste combien de voitures sont produites par Tesla et par le reste…

Philip Anschutz, le milliardaire du sport, va investir 3 milliards $ dans la construction d’une ferme d’éoliennes dans la Wyoming afin de livrer l’électricité en Californie. Il va également investir 3 autres milliards $ pour construire les lignes pour transporter l’électricité.

L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record pour le pays. (7,4 en 2015).

L’US Energy and Employment de l’United States Departement of Energy conclue que les énergies renouvelables créent plus d’emplois que les énergies fossiles. Ca ne risque de pas plaire à Donald.

L’évolution des investissements d’ExxonMobil, de Chevron et de ConocoPhillips
2013 = $87.2 milliards
2014 = $85.4 milliards
2015 = $66.0 milliards
2016 = $46.6 milliards

Le Pape François insiste que les peuplades indigènes doivent donner leur accord sur les activités économiques qui pourraient se réaliser sur la terre de leurs ancêtres. Cette remarque entre en frontale avec le souhait de l’équipe Trump de construire un pipeline de 3,8 milliards $, le Dakota Access, sur les terres des Indiens sous le Lake Oahe et la rivière Missouri. Sur ce sujet, les indiens Sioux ont été délogés par les forces de police sur le tracé prévu du pipeline.

Sur le même sujet. Kelcy Warren, le milliardaire qui possède Energy Transfert Partners, estime avoir suivi toutes les règles légales pour construire le pipeline Dakota Access mais qu’il a totalement sous-estimé la puissance des médias sociaux. Ce n’est pas pour le contrarier, mais le plus beau reste à venir.

Schiste
Grâce à Wall Street, l’industrie de schiste est en train de relever la tête. Il en va tout autrement pour les forages offshores qui boivent la tasse. Pour les années à venir, soit le pétrole de schiste tient ses promesses et va pouvoir être capable de maintenir la production mondiale, soit nous allons revisiter les années folles du Rock&Roll.

La production US remonte à 9 millions b/j.

Sur l’année 2016, le Texas a diminué sa production de 10%. En décembre la production a atteint 74,2 millions de barils contre 76,7 en décembre 2015.

Dessin Chappatte

Canada

Les sables bitumineux n’ont plus vraiment la côte avec un baril à 50$. Les investissements proviennent essentiellement des champions locaux comme Suncor Energy Inc.

ConocoPhillips annonce que ses réserves dans les sables bitumineux est passé à 1,2 milliard de barils au lieu de 2,4 comme précédemment annoncé. La réduction vient en grande partie du prix du baril de pétrole.

De son côté, ExxonMobil a historiquement effectué la plus grosse coupe dans l’évaluation de ses réserves de sables bitumineux. Roulement de tambour! -16 milliards $ ou -3,3 milliards de barils. Quel bouillon !

 

Venezuela

Caracas a de la peine à livrer la Chine et la Russie alors qu’ils tiennent à bout de bras le pays dans des échanges cash contre pétrole. La Chine détient 50 milliards et la Russie 5 milliards $ de dettes. Le retard est estimé à 45 tankers et le 1/3 du pétrole sert à repayer les dettes au lieu d’apporter de la nourriture dans le pays. Comme dans la pyramide de Maslow, le pétrole arrive après la nourriture, la probabilité que le peuple se soulève n’est pas nulle.

Puisque que l’on parle miam: 75% des vénézuéliens ont perdu en moyenne 10 kg durant la dernière année alors que les denrées alimentaires se font de plus en plus rare.

Caracas expédie 70 à 80’000 barils/jour de pétrole à Cuba en échange de docteurs et de services médicaux.

Moyen-Orient

Iran

L’ambiance est de plus en plus sympathique entre les faucons américains et Téhéran. L’Iran a proposé aux entreprises américaines de venir exploiter le pétrole, mais les règles US interdits aux américains d’y venir. Trump aimerait renforcer les sanctions, mais l’Europe s’y oppose

Avec le rapprochement Russie-Turquie-Iran-Qatar, l’Europe voit son gaz provenir d’un seul et même block. Ce n’est pas le moment de froisser l’Iran ou la Russie alors que le gaz est en jeu.

Téhéran vend 100’000 barils/jour à la Russie et reçoit la moitié du payement en cash et l’autre partie en nourriture, services et armes militaires.

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement de 15 milliards de barils dont 2 milliards extractibles. Le lieu n’a pas été indiqué, mais stratégiquement cette information peut attirer l’attention des investisseurs étrangers.

L’Iran a doublé ses livraisons pétrolières à la Corée du Sud et pique des parts de marché à de l’Arabie Saoudite.

 

Irak

La bataille de Mossoul n’est pas encore terminée que les parties sont déjà en train d’imaginer le futur. Les Peshmerga Kurdes ont conquis une grande partie du territoire de l’Etat Islamique dont les gisements pétroliers. Ce pétrole pourrait permettre aux Kurdes d’obtenir l’indépendance qu’ils recherchent depuis plus de 100 ans. Pour renforcer son influence dans la région, la Russie a commencé à acheter du crude aux Kurdes.

La baisse de la production irakienne du mois de janvier peut être imputée à la maintenance de plusieurs installations. Tant Bagdad que les Kurdes ont un besoin urgent d’argent et le respect des quotas de l’OPEP risque d’être une préoccupation trop onéreuse.

Bagdad a remonté ses réserves de pétrole de 143 à 153 milliards de barils de pétrole.

Les irakiens aimeraient reconstruire leur flotte de tankers pétroliers détruits durant la guerre de 1991 et construire 12 raffineries. Pour l’instant, l’argent du gouvernement est dirigé vers les forces militaires pour combattre l’Etat Islamique..

Evolution des bénéfices des 3 grandes majors pétrolières américaines

Asie

Chine

En 2016, la consommation de pétrole aurait augmenté de 3% et le PIB de 6,5%. Mathématiquement, ça se tient, d’autant que la Chine effectue un revirement de l’industrie vers les services.

La Chine possède 36 centrales nucléaires en opération, 21 en construction et 7 sont en projet. La Chine a également ratissé presque tout l’uranium qui trainait sur les marchés.

 

Corée du Nord

La nouvelle du mois, à part l’assassinat du demi-frère par le malade qui dirige cet Etat, est l’arrêt de l’importation du charbon nord-coréen par la Chine. Les ventes à Pékin représentaient 30-40% des revenus du pays ce qui va forcément avoir un impact sur le sourire du ministre du budget et le nombre de missiles tirés, pour l’instant, sans tête nucléaire.

En novembre dernier, l’ONU avait plafonné les exportations de la Corée du Nord à 57,5 millions de tonnes.

Afrique

Libye

Le géant Suisse Glencore, qui traite 4,4 millions b/j, pourrait s’occuper du tiers de la production libyenne soit 230’000 b/j sur une production de 700’000 b/j. Conformément aux pratiques de l’entité size à Zoug, (canton presque sans impôts), le montant, contenu dans la petite enveloppe distribuée aux dirigeants libyens, n’a pas été révélé.

La production est remontée à 700’000 b/j et pourrait atteindre 1,2 millions b/j d’ici août. Avant le renversement de Kadhafi par Sarkozi, la production atteignait 1,6 millions b/j. La moitié de ce pétrole est exporté mais le pays n’a toujours pas un gouvernement unique et l’augmentation de la production n’est pas garantie.

La Russie continue de resserrer et retisser ses liens avec la Libye alors que l’Europe patauge et que l’équipe de Trump ne sait toujours pas ou se trouve la Libye sur la carte du monde. Là aussi, Moscou commence à acheter du pétrole à la Libye.

 

Nigeria

Le président, de 74 ans, muhammadu Buhari s’est rendu à Londres le 19 janvier dernier. Ce qui devait être des vacances avec un contrôle de santé, semble être devenu un séjour à l’hôpital. Le vice-président Yemi Osinbajo est en charge du pays.

Le gouvernement est en train de travailler avec les milices pour diminuer le nombre d’attaques des installations pétrolières histoire de faire entrer des devises dans le pays et dans les poches des milices. Quand le pétrole était à 100$, le gouvernement avait instauré un système de corruption afin de déverser des pétrodollars dans les caisses des milices en échange d’une paix sur le pétrole.

Au Nigeria la corruption est endémique et le pétrole y participe activement. Le ministre du Pétrole a annoncé que le pays a perdu 100 milliards $ à cause des attaques des milices et on peut y ajouter les petites enveloppes aux bonnes personnes.

 

Phrases du mois

Scott McKay suggests in The American Spectator, “The hacks covering Trump are as lazy as they are partisan, so feeding them . . . manufactured controversies over [the size of] inaugural crowds is a guaranteed way of keeping them occupied while things of real substance are done.”

Le banquier est conservateur. Il fait toujours faillite de la même façon. Johen Keynes.

«L’industrie du ciment reçoit des allocations gratuites pour émettre du CO2, elle ne paie donc pas pour la pollution qu’elle produit. Bien pire, elle engrange des profits exceptionnels grâce aux trop nombreux permis de polluer qu’elle reçoit», selon l’ONG Carbon Market Watch, qui chiffre ces profits à «plus de 5 milliards d’euros».

Je ne monterai jamais dans une voiture sans chauffeur. J’ai déjà la trouille quand c’est pas moi qui conduit. Thomas Veillet

Fossil fuels may lose 10 percent of market share to PV and EVs within a single decade. This may not sound much but it can be the beginning of the end once demand starts to decline.” Carbon Tracker Initiative

If you can get anywhere near the cost target [$100 per kilowatt-hour of energy storage] then you can change the world. It becomes cost effective to put storage batteries in so many places – this research puts us one step closer to reaching that target.” Michael Aziz, lead researcher in a Harvard battery project and a professor of materials and energy technologies

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Retrouvez la Revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump: Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

Après la carte blanche offerte à l’industrie pétrolière par le Président Trump, l’industrie automobile n’aura pas attendu très longtemps pour réclamer sa part du gâteau.

Ainsi, 18 fabricants dont General Motors, Ford, Fiat, Chrysler, Toyota, Volkswagen, Honda, Hyundai, Nissan ont officiellement demandé l’assouplissement des réglementations légales sur les émissions polluantes et de gaz à effets de serre des véhicules produits aux USA. La tâche sera d’autant plus aisée que le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, est un climato-sceptique de haut vol.


En janvier, le Président Trump avait rencontré les CEO des 3 grands géants GM, Ford, Fiat-Chrysler. Promesse avait été faite d’alléger “les réglementations environnementales inutiles et hors de contrôle” afin d’aider à l’implantation d’usines et la création d’emplois aux Etats-Unis.

Dans son soutien inconditionnel au pétrole, le président Trump considère la voiture comme l’outil idéal pour consommer immédiatement et localement l’or noir.

 

Terminer avec l’ère Obama

Pourtant en 2011, la réglementation avait été acceptée par tous les constructeurs automobiles. Le gouvernement Obama proposait de réduire la consommation moyenne des voitures de tourisme, (hors pick-up et SUV) à 4.6 lt/100 km (10,5 kg CO2 au 100/km) d’ici à 2025 au lieu des 5,7 litres de l’époque.

En comparaison, l’objectif moyen 2020 pour l’Europe est de 4,1 lt/100 km  (9,5 kg CO2 /100 km)

Pour ce faire, les constructeurs devaient réduire la taille des moteurs sur vitaminés américains, améliorer leur efficience énergétique et éventuellement supprimer les logiciels cachés qui permettent de contourner les tests de pollution.

 

Le forcing de l’Industrie

Dans l’accord de 2011, l’EPA avait prévu une réévaluation de la réglementation d’ici à avril 2018 pour les modèles 2022-2025.

Aujourd’hui, les constructeurs demandent d’ouvrir cette étude «sans préjuger du résultat final» tout en soulignant «l’engagement du président Trump pour renforcer l’Economie des Etats-Unis et l’emploi dans le secteur automobile».

En se référant au manuel de base de la communication qui privilégie l’utilisation de chiffres élevés ainsi que la menace sur l’emploi pour influencer l’opinion, les constructeurs ont entonné en cœur le refrain «que ces règles menacent la production future mettant en péril des centaines de milliers et peut-être jusqu’à 1 million de postes». Dix millions auraient été encore plus imposant, mais ce chiffre aurait été immédiatement classé dans la case «fake news».

On comprend mieux la retenue relative du lobby automobile. Un million: c’est classe et ça fait juste assez peur.

 

Consommer le pétrole américain

A l’époque, l’administration Obama avait estimé les économies pour les consommateurs à un peu plus de 100 milliards $ par an. Du côté de l’industrie les coûts devraient se monter à 15 milliards par année sur 13 ans (200 milliards $ au total) soit en moyenne 100$ par voiture.

Aujourd’hui, la motivation des constructeurs est soutenue par la préférence des consommateurs américains qui orientent leurs achats principalement sur des SUV et des pick-up très gourmands ou des voitures puissantes. Ce comportement est amplifié par la forte baisse de l’essence qui est passé depuis 2008 de 1$ à 50 ct $ le litre.

Chaque jour, les USA consomment plus de 19,5 millions de barils de pétrole, 20 % de la production mondiale et ne produisent que 9 millions b/j. (10,7 millions b/j au plus haut).

 

Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

L’abandon des règles de l’EPA va également permettre à l’administration Trump d’éradiquer les règles encore plus strictes édictées par l’Etat de la Californie. La nouvelle loi fédérale ayant la primauté, tous les autres Etats tentés de suivre la Californie devront se cantonner à cette nouvelle décision.

Pour l’administration Trump, cette stratégie s’incorpore parfaitement avec l’aide apportée aux majors pétrolières et d’offrir un débouché à cet or noir en le canalisant directement vers les automobilistes. De facto, l’automobiliste US va financer une partie des infrastructures pétrolières du pays et les emplois associés.

De son côté, le monde de la finance pourra se réjouir des généreux dividendes habituellement versés par ces deux industries.

Ce système, bien huilé, pourra fonctionner pour autant que les prix du baril, au niveau mondial, restent dans une fourchette qui permette à Joe American de remplir son réservoir.

Et pour le climat ? Who cares ?

 

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

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Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Janvier 2017

Comme tous les 1er de chaque mois, l’inventaire mondial des Energies.
– Trump: Son soutient au pétrole sera-t-il décisif?
– Russie: Moscou premier exportateur pétrolier à la Chine
– Arabie Saoudite: à nouveau attaquée par un virus informatique
– Venezuela: des tankers noyés dans le pétrole
– Arabie Saoudite: les réserves n’ont pas bougé en 37 ans!
– Angleterre: L’éolien dépasse la production électrique au charbon
– Libye: Le pétrole part à la hausse, les russes arrivent.


Le pétrole s’est coincé le dos et n’a pratiquement pas bougé durant le mois. Le baril termine à 55,23$ à Londres (56,09$ décembre 2016) et à New York 52.36$  (53.90$ décembre 2016).

On commence à reparler du peak uranium alors que la partie d’uranium militaire pour les centrales ne représente plus que le 20% et 80% pour l’extraction minière. L’uranium remonte à 23$ (20.25$ décembre 16).

Graphique du mois: Quantité probable de pétrole de schiste par pays

Source EIA / FT.com

Monde

OPEP

En compilant le nombre de tankers qui sillonnent le monde et les chiffres de l’OPEP, la baisse de production pour le mois de janvier serait de 900’000 barils/jour (b/j).

Les surplus pétroliers mondiaux se trouveraient entre 270 millions et 1 milliard de barils. L’IEA ajoute que depuis septembre, ce stock est en train de diminuer. Ce mois de janvier, la baisse est de 82 millions de barils. L’Arabie Saoudite pense que l’équilibre offre/demande se rencontre durant cet été.

L’énergie solaire est moins chers que le charbon dans plusieurs pays du monde (Chili, Moyen-Orient) avec une moyenne de 0,03 ct $ kWh contre 0,06 pour le charbon.

A travers le monde 200 millions de personnes sont au chômage et 3,4 millions supplémentaires devraient rejoindre ce groupe durant 2017. De l’autre côté, 8 milliardaires possèdent autant d’argent (426 milliards $) que les 3,6 milliards les plus pauvres (moyenne 100 €).  Comparez votre salaire avec le reste du monde.

 

USA

Tous les experts financiers l’avaient prévu : en cas d’élection de Trump, la bourse allait s’effondrer. Résultat, pour la première fois dans l’histoire, le Dow Jones dépasse les 20’000.

En acceptant de participer au gouvernement Trump, l’ancien CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, a reçu une enveloppe de départ de 179 millions $. Le pauvre homme a dû également vendre ses 55 millions $ d’actions ExxonMobil afin d’être compatible avec son nouveau poste. Ce sacrifice inspire le respect.
De son côté, Gary Cohn, qui quitte Goldman Sachs pour également rejoindre Trump, a reçu un parachute de 106 millions $.
La beauté du système veut que ces nouveaux membres du Gouvernement bénéficient d’une exemption totale d’impôt (dont zéro impôt sur ces montants). Elle n’est pas belle l’Amérique ?

Si la majorité des nouveaux ministres de Trump reconnaissent qu’une « partie du réchauffement climatique serait dû à l’homme », ils adhèrent à l’équation : la menace du réchauffement est si lointain qu’elle ne doit pas interférer avec la croissance de l’industrie pétrolière américaine.

Tesla, le fabricant américain de voitures électriques a lancé la production de masse de batteries lithium-ion dans sa « gigafactory », son usine géante située dans le désert du Nevada. Au printemps, l’usine accompagnera le lancement du Model 3, la nouvelle voiture d’entrée de gamme de la marque qui sera vendue à partir de 35.000 dollars.

Pour la première fois depuis 1980, Chevron annonce une perte : 497 millions $ en 2016.

Dessin Chappatte

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, les USA devraient devenir un exportateur net d’énergies d’ici à 2026 grâce au pétrole et gaz de schiste. L’Agence n’est pas super connue pour la justesse de ses prévisions, mais il faut relever son enthousiasme.

De nombreux forages en haute mer débutés en 2010 vont être mis en service cette année. Il faut parfois plusieurs années entre la recherche à l’exploitation. Exxon, Shell, BP, Eni et Statoil devraient fêter l’arrivée de 400’000 barils p/j dans les mois à venir.

 

Chine

La dépendance énergétique étrangère pousse Pékin à une certaine agressivité dans l’acquisition de gisements notamment en Afrique. La Bank of China vient de prêter 600 millions $ à l’Angola pour la construction d’un terminal pétrolier.

En 2016, la Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine devant l’Arabie Saoudite avec 1,04 million b/j,  +24%. L’embargo européen pousse de plus en plus Moscou dans les bras du géant asiatique.

Pendant que l’on tente de justifier les salaires monstrueux de certains managers d’entreprises énergétiques occidentales, le CEO du plus grand groupe énergétique chinois, CNPC (China National Petroleum Company), Wang Yilin, reçoit une rémunération de 106’800$ par année. En comparaison le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, s’octroyait un salaire de 27,3 millions $ avant d’aller servir Donald Trump et le CEO d’Alpiq, Suisse 1,8 million $.

L’arrivée de la pollution à Pékin

Venezuela

Les exportations ont passé de 1,82 million b/j à 1,59 et les ennuis s’accumulent.

Les installations des ports pétroliers ont tellement de fuites, que les coques des tankers doivent être nettoyées avant de repartir en haute-mer. Comme la compagnie nationale n’a plus les moyens de payer ce nettoyage, plus de 12 tankers patientent avec 4 millions de barils dans leurs soutes. Pour compliquer la tâche, la durée de la file d’attente pour être nettoyé est de 2 mois.

De plus 11 tankers pour 2,9 millions de barils sont retenus pour des raisons financières car les cargaisons n’ont pas été payées.

 

Arabie Saoudite

La vente de 5% des actions de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, pousse à publier des chiffres. Depuis 1980, la transparence n’est pas le point fort de cette entité. Ainsi en 1980, les réserves pétrolières du pays atteignaient 261 milliards de barils. Aujourd’hui, 37 ans plus tard, en exploitant 3 milliards de barils/an, les réserves sont de… 261 milliards de barils. LOL.

Shamoon, le virus informatique, qui avait sévit dans le pays en 2012, est de retour. Shamoon 2.0 a attaqué 15 agences gouvernementales dont le producteur pétrolier Saudi Aramco. Le virus efface toutes les données des ordinateurs. L’Iran pourrait être à la base de cette mauvaise grippe.

L’Arabie a exporté le chiffre record de 8,26 millions b/j en novembre, juste avant la réduction de la production voulue par l’OPEP. Du coup, c’est forcément plus facile de réduire sa production après avoir poussé toutes les machines au maximum.

Selon le CEO d’Aramco, Amin Nasser, le monde a besoin de 25 trillons $ d’investissement durant les 25 prochaines années pour répondre à la demande.

Toujours selon Amin Nasser, le Royaume pourrait produire 12 millions b/j ainsi que doubler sa production de gaz durant les 10 prochaines années et le tout les doigts dans le nez et avec 261 milliards de barils en réserves.

Lequel d’entre vous a dit: pic pétrolier?

Nigeria

Shell Nigeria a annoncé la fermeture d’un pipeline d’une capacité de 140’000 b/j à cause d’un incendie». Au Nigeria les mots «à cause d’un incendie » signifient que les milices locales ont fait exploser le tout. Mais la situation devrait s’arranger. Le Gouvernement a repris les versements en faveur de ces milices pour « qu’elles protègent les installations pétrolières ». Là aussi il faut comprendre « si tu paies pas, badaboum ». Comme en Corse mais en plus grand.

Royal Dutch Shell a gagné. Les populations du Delta du Niger, qui avaient poursuivi la major pour marée noire et pollution devant les tribunaux Anglais, ont été déboutées. Le cas doit être porté devant les tribunaux au Nigeria et non en Angleterre.


Dessin: Chappatte

Europe

Angleterre

Pour la première fois sur une année, la quantité d’électricité éolienne (10,5) a dépassé la production au charbon (9,2%) durant 2016.

BP a publié son Energy Outlook 2017 et son optimisme fait plaisir à voir. BP annonce que 2’500 milliards de barils dorment encore sous nos pieds ce qui devrait suffire pour les 35 prochaines années. Détail, le rapport n’indique pas le prix du baril nécessaire pour extraire ce pétrole.

Le rapport mentionne également que tout le pétrole qui se trouve sous nos pieds pourrait ne pas être extrait à cause de la diminution de la demande. Dilemme pour les producteurs qui ont intérêt à extraire un maximum avant ce basculement sans toutefois trop produire pour ne pas faire baisser les prix.

 

France

CGG, entreprise française spécialisé dans les équipements géophysiques et la fourniture de données sismiques aux compagnies pétrolières affiche une perte de 2,32 milliards $ avec le mince espoir de voir le secteur rebondir cette année.

Gros suspense sur la course que se livrent Pemex et EDF. La dette d’EDF grimpe à 74 milliards € pour un chiffre d’affaires équivalent. Le géant français est sur le point de rattraper l’entreprise pétrolière mexicaine Pemex qui cumule 100 milliards $ de dettes.

 

Hollande

Shell se prépare à équiper ses stations d’essence avec des chargeurs pour les voitures électriques. Après le français Total et l’Italien ENI, c’est une nouvelle major pétrolière qui franchit le cap et qui considère les voitures électriques comme un nouveau marché important, d’autant que pour recharger une batterie le consommateur va devoir patienter devant un café ou un repas.

Shell va tester le concept en Hollande et en Angleterre.

 

Allemagne

En 2016, Volkswagen, (Audi, Porsche, Seat, Skoda et Bentley) est redevenu le premier constructeur automobile mondial avec 10,3 millions de voitures vendues (+ 3,8 %). Un record malgré le scandale des moteurs diesel. L’entreprise allemande met fin à la longue suprématie de Toyota, champion du secteur depuis 2008. Toyota, (Lexus, Daihatsu, Hino vendu 10,18 millions de véhicules (+0,2%).

A travers le pays, Shell va participer à la construction d’un réseau de 400 stations de recharge pour les voitures à hydrogène.


Allemagne: le charbon diminue. Les renouvelables et gaz augmentent
Graphique: LeMonde.fr

Italie

Le gazoduc Trans-Adriatique qui devrait transporter le gaz d’Azerbaïdjan en Europe, sans passer par la Russie, se trouve bloqué par des champs d’oliviers et de superbes plages dans la région des Pouilles. Le bras de fer entre la population et les industriels est pour l’instant à l’avantage des citoyens.

 

Suisse

La quantité de solaire photovoltaïque installé en Suisse a diminué de 20% en 2016 par rapport à 2015. Problème typique d’un pays riche qui voit dans le moindre changement une menace. Ne rien toucher dans cette belle mécanique est le mot d’ordre.

Est-ce que Trump viendra bouleverser la donne même dans ce petit pays ?

Les Amériques

USA (suite) Pétrole et gaz de Schiste

La consommation de sable pour les forages de schiste devrait atteindre un record de 120 milliards kg en 2017. Les producteurs utilisent de plus en plus de sable afin de faire remonter le pétrole et de garder ouvertes les fissures du fracking. Comme le nombre de forages et 70% inférieur au pic de 2014, cette utilisation massive de sable montre que cette une nouvelle technique permet d’extraire plus rapidement le pétrole.

Depuis Avril 2015, la production de schiste a reculé de 19% dans les champs du Bakken et 37% à Eagle Ford, Texas alors qu’elle a augmenté de 14% dans le Bassin Permien. En toute logique, les regards se tournent vers le Bassin Permien, Texas et Nouveau Mexique. (lire article) où ExxonMobil vient d’acquérir pour 6 milliards $ un terrain qui pourrait contenir 3,4 milliards de barils de pétrole.

La carte blanche environnementale que devrait recevoir les producteurs de schiste de la part du président Trump va pousser l’industrie à creuser et forer partout où cela est profitable ou en d’autres mots : polluer tant que cela fait financièrement du sens (ou pas). Mais ces entreprises vont toujours faire face aux protestations et aux poursuites des environnementalistes.

Une question à méditer durant les prochains mois. A l’image des Bush, le président Trump aura-t-il besoin de créer une guerre pour unifier les américains dans un projet commun ?

 

Canada

Deux jours après avoir reçu le feu vert de Trump, TransCanada a remis sur la table la construction du pipeline Keystone XL entre le Canada et les USA pour la modique somme de 8 milliards $. Obama avait abandonné ce projet en fin d’année et TransCanada avait décidé de poursuivre légalement le Gouvernement Américain pour demander 16 milliards $ de dédommagement.

La planche de TransCanada a été savonnée par le mari de Melania qui exige d’utiliser de l’acier US pour les tuyaux et l’entretien du pipeline soit réalisé par des entreprises américaines. Les comptables de TransCanada sont en train de faire chauffer leurs calculatrices.

Le Premier Ministre Justin Trudeau a suggéré que le pétrole bitumineux de l’Alberta devait gentiment cesser. Le lobby du pétrole a rapidement souligné que le 1/3 des emplois de la région sont générés par cette industrie, sans toutefois préciser le nombre de travailleurs canadiens.

 

Mexique

Le prix de l’essence a augmenté de 20,1% et celui du diesel de 14,2%. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours. Ainsi, il faudra 78 centimes $ pour obtenir un litre d’essence et 0,87$ pour le diesel, ce qui est toujours une bonne affaire selon les critères internationaux.

Il s’agit là de la première étape de l’ouverture au privé du marché des carburants et la fin du monopole de Pemex, le producteur pétrolier national qui pousse à la baisse des subventions du pays sur les carburants. De nombreux magasins ont été pillés par des manifestants dans tout le pays. quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique et 600 personnes arrêtés.

Le Président Enrique Pena Nieto a annulé sa rencontre avec son homologue américain après un Tweet annonçant que le Mexique allait payer pour la construction du déjà fameux mur.

Asie

Inde

La France tente de pousser sa technologie nucléaire (tech-push) et de refiler ses réacteurs nucléaires EPR Areva au premier ministre indien Narendra Modi. Après la visite de François Hollande, c’est Jean-Marc Ayrault qui a tenté d’enfoncer le clou.

Le concept français est comme d’habitude: P-H-A-R-A-O-N-I-Q-U-E

Située à Jaitapur, la centrale nucléaire aurA une capacité de 9 900 MW (20% de la production nucléaire française) avec un coût de construction estimé aujourd’hui à 60 milliards $ soit presque autant que la dette d’EDF. Le projet français fait face à une très forte opposition de la population locale d’autant qu’une chape de plomb couvre les négociations et que « personne ne sait » ce qu’EDF a proposé à NPCIL qui devrait commander ce joyau.

 

Moyen Orient

Les pays du Moyen-Orient vont probablement tous respecter la limitation de production proposée par l’OPEP. Pour les autres pays, leur situation économique demande des entrées immédiates de pétrodollars. Il y a déjà des doigts accusateurs qui se tendent notamment en Irak ou Bagdad vilipende les Kurdes qui produisent à tout va.

 

Iran

La Chine va prêter 3 milliards $ à l’Iran pour passer la raffinerie de Abadan à la version 2.0. La vieille dame avait été en partie détruite en 1980 durant la guerre Iran-Irak et produisait 635’000 b/j. Depuis les sanctions, les maintenances avaient été mises de côté.
En échange de ce prêt d’amis, l’Iran fera également un prix d’ami sur les livraisons pétrolières.

L’Iran exporte 2,16 millions b/j en janvier contre 2,6 en septembre. C’est qu’en septembre, le pays a pu vider les tankers qui stockaient depuis des mois le pétrole déjà extrait.

Le pays attend la prochaine élection présidentielle le 19 mai prochain.

Après l’annonce de Trump de bloquer l’accès aux USA pour les iraniens, Téhéran a donné la réciprocité aux américains. Dans le cas ou Washington voudrait renégocier les accords sur le nucléaire, on voit mal l’Europe s’y conformer.

 

Irak

Bagdad souligne que sa production a été coupée de 210’000 b/j pour se conformer aux veux de l’OPEP. Le Gouvernement a accepté de produire seulement 4,56 millions b/j mais dans son rapport mensuel sa production est de 4,75 millions b/j ! Traduisez : le pays n’a pas vraiment l’intention de diminuer sa production.

Pour 210 millions $, Halliburton va forer 30 puits pour le compte de Shell dans le champ de Majnoon dans le Sud, à zut, ceux du Nord…  Les 400’000 b/j prévus devraient arriver vers 2019.

A Mossoul, il reste 1 million d’habitants dont les combattants de l’Etat Islamique. Les américains et européens n’ont pas encore trouvé un moyen de les déloger.

Lors de sa visite à la CIA, le président Trump a claironné qu’en Irak les Américains auraient dû prendre le pétrole pendant qu’ils en avaient la chance et il a ajouté, «maybe we wil have another chance».

Afrique

Libye

La production à la pêche avec un objectif à 1,1 million b/j. ce qui interfère avec les objectifs de diminution de l’OPEP. Le pays pourrait monter à 1,6 million b/j pour autant que les astres soient alignés et que la Nationael Oil Company puisse trouver 100 milliards $ pour financer son développement.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye commence à aller mieux.  C’est le moment idéal pour qu’une grande puissance vienne y mettre son grain de sel. Comme l’Europe fait de l’Europe et que les américains regardent leur nombril et Twitter, c’est logiquement la Russie qui revient vers son ancien allier.

Vladimir soutient le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôlerait à 80% le pays et l’est libyen. Une excellente opération stratégique pour Moscou qui consolide son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

 

Phrases du mois

« A Flamanville et à Taishan, en Chine, les EPR sont presque terminés. Il aura fallu du temps mais l’EPR est aujourd’hui le plus puissant et le plus sûr des réacteurs nucléaires dans le monde. »  Jean-Bernard Lévy, CEO EDF

L’armée américaine doit être la mieux dirigée, équipée et la plus mortel dans le monde. “U.S. forces must be the “best led, best equipped and most lethal in the world.” Mad Dog, Gen. James Mattis, nouveau ministre de la defense américaine, directeur du Pentagon.

Coming into this country is a privilege, not a right.” Porte parole Maison Blanche. Sean Spicer.

Au sujet de l’Irak: “If we kept the oil, you probably wouldn’t have ISIS because that’s where they made their money in the first place, so we should have kept the oil, but, OK, maybe we’ll have another chance,” Donald Trump, devant la CIA, 20 janvier 2017.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump parie sur le renouveau du pétrole de schiste

Durant sa première semaine de règne, le bouillonnant Président Trump est immédiatement entré dans le vif du sujet pour extraire toutes les gouttes de pétrole US. Relance des pipelines Keyston XL et Dakota Access, ouverture de nouveaux gisements, annulation des restrictions de forages et paralysie des organes de surveillance.

Carte blanche a été donnée à l’industrie pétrolière pour produire dans tous les endroits financièrement profitables indépendamment des considérations environnementales. Est-ce le signal d’un renouveau du pétrole de schiste ?


Moribonde depuis la crise de 2014, l’industrie pétrolière américaine a perdu plus de 200 milliards $. Les 114 entreprises actives dans le schiste, qui ont fait faillites entre 2015-2016, ont laissé une ardoise de 74,2 milliards $. C’est sur ce score déficitaire que Washington tente de redonner un nouvel élan digne du boom américain des années 50-60.

 

Le Bassin Permien attise les ambitions

Des trois grandes régions américaines de schiste, le Bassin Permien entre le Texas et le Nouveau Mexique, attise toutes les convoitises. Alors que dans le Bakken, Dakota du Nord, la production de schiste a diminué de -19% depuis avril 2015 et de -37% à Eagle Ford, Texas, durant la même période, le Bassin Permien a augmenté de 14% selon l’Administration Américaine de l’Information de l’Energie (EIA).

Pendant que le baril barbotait sous les 50$, cette performance est d’autant plus étonnante pour les forages Permien . Elle pourrait confirmer les estimations de la référence en statistique pétrolière Wood Mackenzie qui souligne que dans certains endroits du Permien, les prix d’extractions de schiste sont parmi les meilleurs marchés au monde.

Pour combien de temps ? La question irrite et ne trouve aucun consensus. Pour certain le peak oil de schiste pourrait arriver en 2020 alors que les plus optimiste n’en voient plus la fin.

 

Le prix des terrains explosent

Pour le Bassin Permien, la tendance actuelle est claire. C’est la ruée vers l’or noir.

En 2012, Concho Resources avait posé sur la table 1 milliard $ ce qui valorisait l’acre à 5’000$. En août 2016, Concho a cassé sa tirelire et déboursé 1,6 milliard $ à 28’000$ l’acre.

En ce début d’année, l’entrée du plus grand acteur américain dans le Permien, ExxonMobil, a fait exploser les compteurs. La major vient d’acquérir son coin de terrain pour la modique somme de 6,6 milliards $ à 24’000$ l’acre.

La stratégie est claire. Les producteurs sécurisent des surfaces de plus en plus grandes afin de multiplier les puits et élargir les forages horizontaux pour réduire les coûts d’extraction.

Avec l’arrivée d’Exxon ou de Chevron, le Bassin Permien, ressemble de plus en plus à une bulle spéculative dont les derniers entrés pourraient payer des fortunes pour des terrains de moins en moins prolifiques.

 

Augmenter l’extraction en diminuant les coûts.

Depuis la crise de 2014, les producteurs ont dû réaliser des économies et améliorer leur productivité pour assurer leur existence: diminution des salaires, licenciements, fortes pression des sous-traitants, non-respect des règles environnementales et amélioration de la technologie.

Grâce à la possibilité de multiplier les forages avec le même puits et d’étendre horizontalement les points de facturations les résultats sont encourageants. Si en 2011, un forage extrayait en moyenne 16’000 litres de pétrole par jour, les 100’000 litres sont atteints en 2017.

La carte blanche environnementale et l’extension des terrains offerts par Trump vont certainement aider les producteurs à diminuer leurs coûts. Bien que positives, ces mesures ne seront pas décisives, car dans le pétrole, la clé du succès, c’est l’argent, beaucoup d’argent.

 

Finance, Wall Street et Goldman Sachs

L’administration Obama avait utilisé le Quantitative Easing pour noyer sous des tonnes de cash les producteurs de schiste. La dette fut le principal outil pour permettre l’émergence de cette technique impayable.

De son côté, les grandes institutions de Wall Street comme Goldman Sachs, JP-Morgan, BlackRock, Bank of America, Wells Fargo et UBS ont participé à la dissémination mondiale de ces investissements de schiste en dissimulant les actions et les junk bond dans des produits opaques.

Ce n’est pas un hasard si l’administration Trump compte dans ses rangs 3 faucons de Goldman Sachs et le CEO de JP-Morgan comme conseiller personnel du président. Un mécanisme sera certainement inventé pour rediriger un flot de dollars dans cette industrie et la maintenir artificiellement à flot le temps d’atteindre la prochaine élection en 2021. Après 2021, le schiste n’aura plus d’importance.

Dans ce conte de fée programmé, le rôle du méchant pourrait venir de la hausse des taux d’intérêt. Le schiste étant capital intensif, toute hausse des taux renchérira son extraction.

 

Faire grimper les prix du baril, mais pas trop

L’élément clé du schiste, c’est le prix du baril. Qu’importe les flux financiers de Wall Street, des relâchements environnementaux ou des Tweets du président, selon les champs pétroliers le seuil de rentabilité nécessite un baril entre 65 et +100$.

Sur ce point, toute la bonne volonté du Président Trump n’aura pas d’influence. Son concept s’évanouira si le baril n’arrive pas à grimper. Et s’il devait monter, c’est l’Economie qui prendra de plein fouet cette mauvaise nouvelle et qui sera ralentie.

Dans tous ces éléments incertains, une certitude.

Les USA ont besoin de plus de 11 millions b/j pour satisfaire leur consommation journalière de 20 millions de barils. Ce rêve ne se réalisera pas avec le schiste. Washington pourrait tabler sur l’efficience énergétique afin de diminuer la voracité de ses citoyens, mais cette science fiction n’est pas à l’ordre du jour. Ainsi Trump devra composer avec le Moyen-Orient et trouvera sur son chemin la Russie, l’Arabie Saoudite et la Chine.

On ne peut qu’imaginer la teneur des prochains Tweets sur le sujet, mais laissons au Président Trump l’exclusivité de la surprise.