Trump: Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

Après la carte blanche offerte à l’industrie pétrolière par le Président Trump, l’industrie automobile n’aura pas attendu très longtemps pour réclamer sa part du gâteau.

Ainsi, 18 fabricants dont General Motors, Ford, Fiat, Chrysler, Toyota, Volkswagen, Honda, Hyundai, Nissan ont officiellement demandé l’assouplissement des réglementations légales sur les émissions polluantes et de gaz à effets de serre des véhicules produits aux USA. La tâche sera d’autant plus aisée que le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, est un climato-sceptique de haut vol.


En janvier, le Président Trump avait rencontré les CEO des 3 grands géants GM, Ford, Fiat-Chrysler. Promesse avait été faite d’alléger “les réglementations environnementales inutiles et hors de contrôle” afin d’aider à l’implantation d’usines et la création d’emplois aux Etats-Unis.

Dans son soutien inconditionnel au pétrole, le président Trump considère la voiture comme l’outil idéal pour consommer immédiatement et localement l’or noir.

 

Terminer avec l’ère Obama

Pourtant en 2011, la réglementation avait été acceptée par tous les constructeurs automobiles. Le gouvernement Obama proposait de réduire la consommation moyenne des voitures de tourisme, (hors pick-up et SUV) à 4.6 lt/100 km (10,5 kg CO2 au 100/km) d’ici à 2025 au lieu des 5,7 litres de l’époque.

En comparaison, l’objectif moyen 2020 pour l’Europe est de 4,1 lt/100 km  (9,5 kg CO2 /100 km)

Pour ce faire, les constructeurs devaient réduire la taille des moteurs sur vitaminés américains, améliorer leur efficience énergétique et éventuellement supprimer les logiciels cachés qui permettent de contourner les tests de pollution.

 

Le forcing de l’Industrie

Dans l’accord de 2011, l’EPA avait prévu une réévaluation de la réglementation d’ici à avril 2018 pour les modèles 2022-2025.

Aujourd’hui, les constructeurs demandent d’ouvrir cette étude «sans préjuger du résultat final» tout en soulignant «l’engagement du président Trump pour renforcer l’Economie des Etats-Unis et l’emploi dans le secteur automobile».

En se référant au manuel de base de la communication qui privilégie l’utilisation de chiffres élevés ainsi que la menace sur l’emploi pour influencer l’opinion, les constructeurs ont entonné en cœur le refrain «que ces règles menacent la production future mettant en péril des centaines de milliers et peut-être jusqu’à 1 million de postes». Dix millions auraient été encore plus imposant, mais ce chiffre aurait été immédiatement classé dans la case «fake news».

On comprend mieux la retenue relative du lobby automobile. Un million: c’est classe et ça fait juste assez peur.

 

Consommer le pétrole américain

A l’époque, l’administration Obama avait estimé les économies pour les consommateurs à un peu plus de 100 milliards $ par an. Du côté de l’industrie les coûts devraient se monter à 15 milliards par année sur 13 ans (200 milliards $ au total) soit en moyenne 100$ par voiture.

Aujourd’hui, la motivation des constructeurs est soutenue par la préférence des consommateurs américains qui orientent leurs achats principalement sur des SUV et des pick-up très gourmands ou des voitures puissantes. Ce comportement est amplifié par la forte baisse de l’essence qui est passé depuis 2008 de 1$ à 50 ct $ le litre.

Chaque jour, les USA consomment plus de 19,5 millions de barils de pétrole, 20 % de la production mondiale et ne produisent que 9 millions b/j. (10,7 millions b/j au plus haut).

 

Victoire pour le conglomérat Pétrole-Automobile

L’abandon des règles de l’EPA va également permettre à l’administration Trump d’éradiquer les règles encore plus strictes édictées par l’Etat de la Californie. La nouvelle loi fédérale ayant la primauté, tous les autres Etats tentés de suivre la Californie devront se cantonner à cette nouvelle décision.

Pour l’administration Trump, cette stratégie s’incorpore parfaitement avec l’aide apportée aux majors pétrolières et d’offrir un débouché à cet or noir en le canalisant directement vers les automobilistes. De facto, l’automobiliste US va financer une partie des infrastructures pétrolières du pays et les emplois associés.

De son côté, le monde de la finance pourra se réjouir des généreux dividendes habituellement versés par ces deux industries.

Ce système, bien huilé, pourra fonctionner pour autant que les prix du baril, au niveau mondial, restent dans une fourchette qui permette à Joe American de remplir son réservoir.

Et pour le climat ? Who cares ?

 

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

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Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Janvier 2017

Comme tous les 1er de chaque mois, l’inventaire mondial des Energies.
– Trump: Son soutient au pétrole sera-t-il décisif?
– Russie: Moscou premier exportateur pétrolier à la Chine
– Arabie Saoudite: à nouveau attaquée par un virus informatique
– Venezuela: des tankers noyés dans le pétrole
– Arabie Saoudite: les réserves n’ont pas bougé en 37 ans!
– Angleterre: L’éolien dépasse la production électrique au charbon
– Libye: Le pétrole part à la hausse, les russes arrivent.


Le pétrole s’est coincé le dos et n’a pratiquement pas bougé durant le mois. Le baril termine à 55,23$ à Londres (56,09$ décembre 2016) et à New York 52.36$  (53.90$ décembre 2016).

On commence à reparler du peak uranium alors que la partie d’uranium militaire pour les centrales ne représente plus que le 20% et 80% pour l’extraction minière. L’uranium remonte à 23$ (20.25$ décembre 16).

Graphique du mois: Quantité probable de pétrole de schiste par pays

Source EIA / FT.com

Monde

OPEP

En compilant le nombre de tankers qui sillonnent le monde et les chiffres de l’OPEP, la baisse de production pour le mois de janvier serait de 900’000 barils/jour (b/j).

Les surplus pétroliers mondiaux se trouveraient entre 270 millions et 1 milliard de barils. L’IEA ajoute que depuis septembre, ce stock est en train de diminuer. Ce mois de janvier, la baisse est de 82 millions de barils. L’Arabie Saoudite pense que l’équilibre offre/demande se rencontre durant cet été.

L’énergie solaire est moins chers que le charbon dans plusieurs pays du monde (Chili, Moyen-Orient) avec une moyenne de 0,03 ct $ kWh contre 0,06 pour le charbon.

A travers le monde 200 millions de personnes sont au chômage et 3,4 millions supplémentaires devraient rejoindre ce groupe durant 2017. De l’autre côté, 8 milliardaires possèdent autant d’argent (426 milliards $) que les 3,6 milliards les plus pauvres (moyenne 100 €).  Comparez votre salaire avec le reste du monde.

 

USA

Tous les experts financiers l’avaient prévu : en cas d’élection de Trump, la bourse allait s’effondrer. Résultat, pour la première fois dans l’histoire, le Dow Jones dépasse les 20’000.

En acceptant de participer au gouvernement Trump, l’ancien CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, a reçu une enveloppe de départ de 179 millions $. Le pauvre homme a dû également vendre ses 55 millions $ d’actions ExxonMobil afin d’être compatible avec son nouveau poste. Ce sacrifice inspire le respect.
De son côté, Gary Cohn, qui quitte Goldman Sachs pour également rejoindre Trump, a reçu un parachute de 106 millions $.
La beauté du système veut que ces nouveaux membres du Gouvernement bénéficient d’une exemption totale d’impôt (dont zéro impôt sur ces montants). Elle n’est pas belle l’Amérique ?

Si la majorité des nouveaux ministres de Trump reconnaissent qu’une « partie du réchauffement climatique serait dû à l’homme », ils adhèrent à l’équation : la menace du réchauffement est si lointain qu’elle ne doit pas interférer avec la croissance de l’industrie pétrolière américaine.

Tesla, le fabricant américain de voitures électriques a lancé la production de masse de batteries lithium-ion dans sa « gigafactory », son usine géante située dans le désert du Nevada. Au printemps, l’usine accompagnera le lancement du Model 3, la nouvelle voiture d’entrée de gamme de la marque qui sera vendue à partir de 35.000 dollars.

Pour la première fois depuis 1980, Chevron annonce une perte : 497 millions $ en 2016.

Dessin Chappatte

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, les USA devraient devenir un exportateur net d’énergies d’ici à 2026 grâce au pétrole et gaz de schiste. L’Agence n’est pas super connue pour la justesse de ses prévisions, mais il faut relever son enthousiasme.

De nombreux forages en haute mer débutés en 2010 vont être mis en service cette année. Il faut parfois plusieurs années entre la recherche à l’exploitation. Exxon, Shell, BP, Eni et Statoil devraient fêter l’arrivée de 400’000 barils p/j dans les mois à venir.

 

Chine

La dépendance énergétique étrangère pousse Pékin à une certaine agressivité dans l’acquisition de gisements notamment en Afrique. La Bank of China vient de prêter 600 millions $ à l’Angola pour la construction d’un terminal pétrolier.

En 2016, la Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine devant l’Arabie Saoudite avec 1,04 million b/j,  +24%. L’embargo européen pousse de plus en plus Moscou dans les bras du géant asiatique.

Pendant que l’on tente de justifier les salaires monstrueux de certains managers d’entreprises énergétiques occidentales, le CEO du plus grand groupe énergétique chinois, CNPC (China National Petroleum Company), Wang Yilin, reçoit une rémunération de 106’800$ par année. En comparaison le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, s’octroyait un salaire de 27,3 millions $ avant d’aller servir Donald Trump et le CEO d’Alpiq, Suisse 1,8 million $.

L’arrivée de la pollution à Pékin

Venezuela

Les exportations ont passé de 1,82 million b/j à 1,59 et les ennuis s’accumulent.

Les installations des ports pétroliers ont tellement de fuites, que les coques des tankers doivent être nettoyées avant de repartir en haute-mer. Comme la compagnie nationale n’a plus les moyens de payer ce nettoyage, plus de 12 tankers patientent avec 4 millions de barils dans leurs soutes. Pour compliquer la tâche, la durée de la file d’attente pour être nettoyé est de 2 mois.

De plus 11 tankers pour 2,9 millions de barils sont retenus pour des raisons financières car les cargaisons n’ont pas été payées.

 

Arabie Saoudite

La vente de 5% des actions de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, pousse à publier des chiffres. Depuis 1980, la transparence n’est pas le point fort de cette entité. Ainsi en 1980, les réserves pétrolières du pays atteignaient 261 milliards de barils. Aujourd’hui, 37 ans plus tard, en exploitant 3 milliards de barils/an, les réserves sont de… 261 milliards de barils. LOL.

Shamoon, le virus informatique, qui avait sévit dans le pays en 2012, est de retour. Shamoon 2.0 a attaqué 15 agences gouvernementales dont le producteur pétrolier Saudi Aramco. Le virus efface toutes les données des ordinateurs. L’Iran pourrait être à la base de cette mauvaise grippe.

L’Arabie a exporté le chiffre record de 8,26 millions b/j en novembre, juste avant la réduction de la production voulue par l’OPEP. Du coup, c’est forcément plus facile de réduire sa production après avoir poussé toutes les machines au maximum.

Selon le CEO d’Aramco, Amin Nasser, le monde a besoin de 25 trillons $ d’investissement durant les 25 prochaines années pour répondre à la demande.

Toujours selon Amin Nasser, le Royaume pourrait produire 12 millions b/j ainsi que doubler sa production de gaz durant les 10 prochaines années et le tout les doigts dans le nez et avec 261 milliards de barils en réserves.

Lequel d’entre vous a dit: pic pétrolier?

Nigeria

Shell Nigeria a annoncé la fermeture d’un pipeline d’une capacité de 140’000 b/j à cause d’un incendie». Au Nigeria les mots «à cause d’un incendie » signifient que les milices locales ont fait exploser le tout. Mais la situation devrait s’arranger. Le Gouvernement a repris les versements en faveur de ces milices pour « qu’elles protègent les installations pétrolières ». Là aussi il faut comprendre « si tu paies pas, badaboum ». Comme en Corse mais en plus grand.

Royal Dutch Shell a gagné. Les populations du Delta du Niger, qui avaient poursuivi la major pour marée noire et pollution devant les tribunaux Anglais, ont été déboutées. Le cas doit être porté devant les tribunaux au Nigeria et non en Angleterre.


Dessin: Chappatte

Europe

Angleterre

Pour la première fois sur une année, la quantité d’électricité éolienne (10,5) a dépassé la production au charbon (9,2%) durant 2016.

BP a publié son Energy Outlook 2017 et son optimisme fait plaisir à voir. BP annonce que 2’500 milliards de barils dorment encore sous nos pieds ce qui devrait suffire pour les 35 prochaines années. Détail, le rapport n’indique pas le prix du baril nécessaire pour extraire ce pétrole.

Le rapport mentionne également que tout le pétrole qui se trouve sous nos pieds pourrait ne pas être extrait à cause de la diminution de la demande. Dilemme pour les producteurs qui ont intérêt à extraire un maximum avant ce basculement sans toutefois trop produire pour ne pas faire baisser les prix.

 

France

CGG, entreprise française spécialisé dans les équipements géophysiques et la fourniture de données sismiques aux compagnies pétrolières affiche une perte de 2,32 milliards $ avec le mince espoir de voir le secteur rebondir cette année.

Gros suspense sur la course que se livrent Pemex et EDF. La dette d’EDF grimpe à 74 milliards € pour un chiffre d’affaires équivalent. Le géant français est sur le point de rattraper l’entreprise pétrolière mexicaine Pemex qui cumule 100 milliards $ de dettes.

 

Hollande

Shell se prépare à équiper ses stations d’essence avec des chargeurs pour les voitures électriques. Après le français Total et l’Italien ENI, c’est une nouvelle major pétrolière qui franchit le cap et qui considère les voitures électriques comme un nouveau marché important, d’autant que pour recharger une batterie le consommateur va devoir patienter devant un café ou un repas.

Shell va tester le concept en Hollande et en Angleterre.

 

Allemagne

En 2016, Volkswagen, (Audi, Porsche, Seat, Skoda et Bentley) est redevenu le premier constructeur automobile mondial avec 10,3 millions de voitures vendues (+ 3,8 %). Un record malgré le scandale des moteurs diesel. L’entreprise allemande met fin à la longue suprématie de Toyota, champion du secteur depuis 2008. Toyota, (Lexus, Daihatsu, Hino vendu 10,18 millions de véhicules (+0,2%).

A travers le pays, Shell va participer à la construction d’un réseau de 400 stations de recharge pour les voitures à hydrogène.


Allemagne: le charbon diminue. Les renouvelables et gaz augmentent
Graphique: LeMonde.fr

Italie

Le gazoduc Trans-Adriatique qui devrait transporter le gaz d’Azerbaïdjan en Europe, sans passer par la Russie, se trouve bloqué par des champs d’oliviers et de superbes plages dans la région des Pouilles. Le bras de fer entre la population et les industriels est pour l’instant à l’avantage des citoyens.

 

Suisse

La quantité de solaire photovoltaïque installé en Suisse a diminué de 20% en 2016 par rapport à 2015. Problème typique d’un pays riche qui voit dans le moindre changement une menace. Ne rien toucher dans cette belle mécanique est le mot d’ordre.

Est-ce que Trump viendra bouleverser la donne même dans ce petit pays ?

Les Amériques

USA (suite) Pétrole et gaz de Schiste

La consommation de sable pour les forages de schiste devrait atteindre un record de 120 milliards kg en 2017. Les producteurs utilisent de plus en plus de sable afin de faire remonter le pétrole et de garder ouvertes les fissures du fracking. Comme le nombre de forages et 70% inférieur au pic de 2014, cette utilisation massive de sable montre que cette une nouvelle technique permet d’extraire plus rapidement le pétrole.

Depuis Avril 2015, la production de schiste a reculé de 19% dans les champs du Bakken et 37% à Eagle Ford, Texas alors qu’elle a augmenté de 14% dans le Bassin Permien. En toute logique, les regards se tournent vers le Bassin Permien, Texas et Nouveau Mexique. (lire article) où ExxonMobil vient d’acquérir pour 6 milliards $ un terrain qui pourrait contenir 3,4 milliards de barils de pétrole.

La carte blanche environnementale que devrait recevoir les producteurs de schiste de la part du président Trump va pousser l’industrie à creuser et forer partout où cela est profitable ou en d’autres mots : polluer tant que cela fait financièrement du sens (ou pas). Mais ces entreprises vont toujours faire face aux protestations et aux poursuites des environnementalistes.

Une question à méditer durant les prochains mois. A l’image des Bush, le président Trump aura-t-il besoin de créer une guerre pour unifier les américains dans un projet commun ?

 

Canada

Deux jours après avoir reçu le feu vert de Trump, TransCanada a remis sur la table la construction du pipeline Keystone XL entre le Canada et les USA pour la modique somme de 8 milliards $. Obama avait abandonné ce projet en fin d’année et TransCanada avait décidé de poursuivre légalement le Gouvernement Américain pour demander 16 milliards $ de dédommagement.

La planche de TransCanada a été savonnée par le mari de Melania qui exige d’utiliser de l’acier US pour les tuyaux et l’entretien du pipeline soit réalisé par des entreprises américaines. Les comptables de TransCanada sont en train de faire chauffer leurs calculatrices.

Le Premier Ministre Justin Trudeau a suggéré que le pétrole bitumineux de l’Alberta devait gentiment cesser. Le lobby du pétrole a rapidement souligné que le 1/3 des emplois de la région sont générés par cette industrie, sans toutefois préciser le nombre de travailleurs canadiens.

 

Mexique

Le prix de l’essence a augmenté de 20,1% et celui du diesel de 14,2%. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours. Ainsi, il faudra 78 centimes $ pour obtenir un litre d’essence et 0,87$ pour le diesel, ce qui est toujours une bonne affaire selon les critères internationaux.

Il s’agit là de la première étape de l’ouverture au privé du marché des carburants et la fin du monopole de Pemex, le producteur pétrolier national qui pousse à la baisse des subventions du pays sur les carburants. De nombreux magasins ont été pillés par des manifestants dans tout le pays. quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique et 600 personnes arrêtés.

Le Président Enrique Pena Nieto a annulé sa rencontre avec son homologue américain après un Tweet annonçant que le Mexique allait payer pour la construction du déjà fameux mur.

Asie

Inde

La France tente de pousser sa technologie nucléaire (tech-push) et de refiler ses réacteurs nucléaires EPR Areva au premier ministre indien Narendra Modi. Après la visite de François Hollande, c’est Jean-Marc Ayrault qui a tenté d’enfoncer le clou.

Le concept français est comme d’habitude: P-H-A-R-A-O-N-I-Q-U-E

Située à Jaitapur, la centrale nucléaire aurA une capacité de 9 900 MW (20% de la production nucléaire française) avec un coût de construction estimé aujourd’hui à 60 milliards $ soit presque autant que la dette d’EDF. Le projet français fait face à une très forte opposition de la population locale d’autant qu’une chape de plomb couvre les négociations et que « personne ne sait » ce qu’EDF a proposé à NPCIL qui devrait commander ce joyau.

 

Moyen Orient

Les pays du Moyen-Orient vont probablement tous respecter la limitation de production proposée par l’OPEP. Pour les autres pays, leur situation économique demande des entrées immédiates de pétrodollars. Il y a déjà des doigts accusateurs qui se tendent notamment en Irak ou Bagdad vilipende les Kurdes qui produisent à tout va.

 

Iran

La Chine va prêter 3 milliards $ à l’Iran pour passer la raffinerie de Abadan à la version 2.0. La vieille dame avait été en partie détruite en 1980 durant la guerre Iran-Irak et produisait 635’000 b/j. Depuis les sanctions, les maintenances avaient été mises de côté.
En échange de ce prêt d’amis, l’Iran fera également un prix d’ami sur les livraisons pétrolières.

L’Iran exporte 2,16 millions b/j en janvier contre 2,6 en septembre. C’est qu’en septembre, le pays a pu vider les tankers qui stockaient depuis des mois le pétrole déjà extrait.

Le pays attend la prochaine élection présidentielle le 19 mai prochain.

Après l’annonce de Trump de bloquer l’accès aux USA pour les iraniens, Téhéran a donné la réciprocité aux américains. Dans le cas ou Washington voudrait renégocier les accords sur le nucléaire, on voit mal l’Europe s’y conformer.

 

Irak

Bagdad souligne que sa production a été coupée de 210’000 b/j pour se conformer aux veux de l’OPEP. Le Gouvernement a accepté de produire seulement 4,56 millions b/j mais dans son rapport mensuel sa production est de 4,75 millions b/j ! Traduisez : le pays n’a pas vraiment l’intention de diminuer sa production.

Pour 210 millions $, Halliburton va forer 30 puits pour le compte de Shell dans le champ de Majnoon dans le Sud, à zut, ceux du Nord…  Les 400’000 b/j prévus devraient arriver vers 2019.

A Mossoul, il reste 1 million d’habitants dont les combattants de l’Etat Islamique. Les américains et européens n’ont pas encore trouvé un moyen de les déloger.

Lors de sa visite à la CIA, le président Trump a claironné qu’en Irak les Américains auraient dû prendre le pétrole pendant qu’ils en avaient la chance et il a ajouté, «maybe we wil have another chance».

Afrique

Libye

La production à la pêche avec un objectif à 1,1 million b/j. ce qui interfère avec les objectifs de diminution de l’OPEP. Le pays pourrait monter à 1,6 million b/j pour autant que les astres soient alignés et que la Nationael Oil Company puisse trouver 100 milliards $ pour financer son développement.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye commence à aller mieux.  C’est le moment idéal pour qu’une grande puissance vienne y mettre son grain de sel. Comme l’Europe fait de l’Europe et que les américains regardent leur nombril et Twitter, c’est logiquement la Russie qui revient vers son ancien allier.

Vladimir soutient le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôlerait à 80% le pays et l’est libyen. Une excellente opération stratégique pour Moscou qui consolide son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

 

Phrases du mois

« A Flamanville et à Taishan, en Chine, les EPR sont presque terminés. Il aura fallu du temps mais l’EPR est aujourd’hui le plus puissant et le plus sûr des réacteurs nucléaires dans le monde. »  Jean-Bernard Lévy, CEO EDF

L’armée américaine doit être la mieux dirigée, équipée et la plus mortel dans le monde. “U.S. forces must be the “best led, best equipped and most lethal in the world.” Mad Dog, Gen. James Mattis, nouveau ministre de la defense américaine, directeur du Pentagon.

Coming into this country is a privilege, not a right.” Porte parole Maison Blanche. Sean Spicer.

Au sujet de l’Irak: “If we kept the oil, you probably wouldn’t have ISIS because that’s where they made their money in the first place, so we should have kept the oil, but, OK, maybe we’ll have another chance,” Donald Trump, devant la CIA, 20 janvier 2017.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Trump parie sur le renouveau du pétrole de schiste

Durant sa première semaine de règne, le bouillonnant Président Trump est immédiatement entré dans le vif du sujet pour extraire toutes les gouttes de pétrole US. Relance des pipelines Keyston XL et Dakota Access, ouverture de nouveaux gisements, annulation des restrictions de forages et paralysie des organes de surveillance.

Carte blanche a été donnée à l’industrie pétrolière pour produire dans tous les endroits financièrement profitables indépendamment des considérations environnementales. Est-ce le signal d’un renouveau du pétrole de schiste ?


Moribonde depuis la crise de 2014, l’industrie pétrolière américaine a perdu plus de 200 milliards $. Les 114 entreprises actives dans le schiste, qui ont fait faillites entre 2015-2016, ont laissé une ardoise de 74,2 milliards $. C’est sur ce score déficitaire que Washington tente de redonner un nouvel élan digne du boom américain des années 50-60.

 

Le Bassin Permien attise les ambitions

Des trois grandes régions américaines de schiste, le Bassin Permien entre le Texas et le Nouveau Mexique, attise toutes les convoitises. Alors que dans le Bakken, Dakota du Nord, la production de schiste a diminué de -19% depuis avril 2015 et de -37% à Eagle Ford, Texas, durant la même période, le Bassin Permien a augmenté de 14% selon l’Administration Américaine de l’Information de l’Energie (EIA).

Pendant que le baril barbotait sous les 50$, cette performance est d’autant plus étonnante pour les forages Permien . Elle pourrait confirmer les estimations de la référence en statistique pétrolière Wood Mackenzie qui souligne que dans certains endroits du Permien, les prix d’extractions de schiste sont parmi les meilleurs marchés au monde.

Pour combien de temps ? La question irrite et ne trouve aucun consensus. Pour certain le peak oil de schiste pourrait arriver en 2020 alors que les plus optimiste n’en voient plus la fin.

 

Le prix des terrains explosent

Pour le Bassin Permien, la tendance actuelle est claire. C’est la ruée vers l’or noir.

En 2012, Concho Resources avait posé sur la table 1 milliard $ ce qui valorisait l’acre à 5’000$. En août 2016, Concho a cassé sa tirelire et déboursé 1,6 milliard $ à 28’000$ l’acre.

En ce début d’année, l’entrée du plus grand acteur américain dans le Permien, ExxonMobil, a fait exploser les compteurs. La major vient d’acquérir son coin de terrain pour la modique somme de 6,6 milliards $ à 24’000$ l’acre.

La stratégie est claire. Les producteurs sécurisent des surfaces de plus en plus grandes afin de multiplier les puits et élargir les forages horizontaux pour réduire les coûts d’extraction.

Avec l’arrivée d’Exxon ou de Chevron, le Bassin Permien, ressemble de plus en plus à une bulle spéculative dont les derniers entrés pourraient payer des fortunes pour des terrains de moins en moins prolifiques.

 

Augmenter l’extraction en diminuant les coûts.

Depuis la crise de 2014, les producteurs ont dû réaliser des économies et améliorer leur productivité pour assurer leur existence: diminution des salaires, licenciements, fortes pression des sous-traitants, non-respect des règles environnementales et amélioration de la technologie.

Grâce à la possibilité de multiplier les forages avec le même puits et d’étendre horizontalement les points de facturations les résultats sont encourageants. Si en 2011, un forage extrayait en moyenne 16’000 litres de pétrole par jour, les 100’000 litres sont atteints en 2017.

La carte blanche environnementale et l’extension des terrains offerts par Trump vont certainement aider les producteurs à diminuer leurs coûts. Bien que positives, ces mesures ne seront pas décisives, car dans le pétrole, la clé du succès, c’est l’argent, beaucoup d’argent.

 

Finance, Wall Street et Goldman Sachs

L’administration Obama avait utilisé le Quantitative Easing pour noyer sous des tonnes de cash les producteurs de schiste. La dette fut le principal outil pour permettre l’émergence de cette technique impayable.

De son côté, les grandes institutions de Wall Street comme Goldman Sachs, JP-Morgan, BlackRock, Bank of America, Wells Fargo et UBS ont participé à la dissémination mondiale de ces investissements de schiste en dissimulant les actions et les junk bond dans des produits opaques.

Ce n’est pas un hasard si l’administration Trump compte dans ses rangs 3 faucons de Goldman Sachs et le CEO de JP-Morgan comme conseiller personnel du président. Un mécanisme sera certainement inventé pour rediriger un flot de dollars dans cette industrie et la maintenir artificiellement à flot le temps d’atteindre la prochaine élection en 2021. Après 2021, le schiste n’aura plus d’importance.

Dans ce conte de fée programmé, le rôle du méchant pourrait venir de la hausse des taux d’intérêt. Le schiste étant capital intensif, toute hausse des taux renchérira son extraction.

 

Faire grimper les prix du baril, mais pas trop

L’élément clé du schiste, c’est le prix du baril. Qu’importe les flux financiers de Wall Street, des relâchements environnementaux ou des Tweets du président, selon les champs pétroliers le seuil de rentabilité nécessite un baril entre 65 et +100$.

Sur ce point, toute la bonne volonté du Président Trump n’aura pas d’influence. Son concept s’évanouira si le baril n’arrive pas à grimper. Et s’il devait monter, c’est l’Economie qui prendra de plein fouet cette mauvaise nouvelle et qui sera ralentie.

Dans tous ces éléments incertains, une certitude.

Les USA ont besoin de plus de 11 millions b/j pour satisfaire leur consommation journalière de 20 millions de barils. Ce rêve ne se réalisera pas avec le schiste. Washington pourrait tabler sur l’efficience énergétique afin de diminuer la voracité de ses citoyens, mais cette science fiction n’est pas à l’ordre du jour. Ainsi Trump devra composer avec le Moyen-Orient et trouvera sur son chemin la Russie, l’Arabie Saoudite et la Chine.

On ne peut qu’imaginer la teneur des prochains Tweets sur le sujet, mais laissons au Président Trump l’exclusivité de la surprise.

 

Nucléaire: Toshiba perd 8 milliards $ dans sa rocambolesque aventure américaine

Dans le monde du nucléaire, il n’y a pas que le français Areva qui collectionne les dettes et les cachoteries. Son concurrent japonais, Toshiba, vient de placer la barre encore plus haut!

Le géant japonais pionnier de la TV couleur, des ampoules électriques, d’informatique, de médecine ou des cartes flash se retrouve avec un découvert qui pourrait atteindre 8 milliards $ à cause d’investissements hasardeux dans le nucléaire américain.  Voici son histoire:


Avant son histoire d’amour dans le nucléaire, la direction de Toshiba avait manipulé les comptes pour faire ressortir des bénéfices factices. Poussée par une culture de «bénéfices à tous prix», le miroir s’était cassé en 2015, laissant plus de 1,3 milliard $ sur le carreau.

Avec une année 2016 passée à se refaire une santé, on pensait à un faux pas isolé. Mais à peine remis de ce mauvais rêve, le 27 décembre dernier, le CEO Satoshi Tsunakawa, a dû annoncer une autre mauvaise nouvelle: les pertes de sa rocambolesque aventure nucléaire américaine.

 

Westinghouse: le premier achat

Pour y voir plus clair, remontons de quelques années :

En 2006, dans un élan de générosité, Toshiba posa 5,4 milliards $ sur la table pour acheter le constructeur américain de centrales nucléaires: Westinghouse.

A la surprise générale, ce montant dépassait de 2 fois la deuxième meilleure offre d’achat et représentait 37 fois les profits annuels de l’américain. Le fait d’avoir cassé sa tirelire permettait à l’entreprise de rejoindre General Electric et Areva dans la cours des grands.

Mais dans un deuxième temps, Toshiba avoua son erreur et dévalua la valeur de Westinghouse de $2,3 milliards.

 

Les Années Fukushima

Comme un malheur arrive rarement seul, le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe de Fukushima Daiichi mirent à mal les envies de constructions nucléaires à travers le monde et les plans du géant japonais.

Maigre consolation pour l’entreprise, deux des trois réacteurs ravagés à Fukushima avaient été construits par Toshiba. C’est logiquement à elle que l’on a confié les travaux de démantèlement et les milliards $ inclus dans le processus.

 

Rebelote avec Stone & Webster

En décembre 2015, alors que la division nucléaire du groupe montrait des résultats financiers inquiétants, les dirigeants ne se démontèrent pas et firent l’acquisition de la compagnie américaine de construction nucléaire Stone & Webster. Evitons de parler prix, dans ce cas c’est un sujet qui fâche.

C’est le 27 décembre 2016, que le CEO  Satoshi Tsunakawa a dû confesser que son aventure nucléaire américaine pourrait coûter plusieurs milliards. Les estimations varient entre 5,4 et 8 milliards.

Visiblement les prévisions de Westinghouse et du nouveau venu, Stone & Webster, furent surévaluées.

 

Make Toshiba great again!

Incapable de payer la douloureuse, Toshiba est face à une série d’options qui pourraient changer radicalement son avenir.

L’option la plus radicale et la plus évidente pour le président Satoshi Tsunakawa serait de fermer le département nucléaire de son entreprise.
Mais le Gouvernement japonais pose son véto. Le démantèlement des 50 centrales nucléaires du pays pourrait coûter plus de 80 milliards sur une période de 40 ans (sans compter Fukushima qui devrait arriver à 70 milliards €).

Jugé stratégique, le Gouvernement de Shinzo Abe veut que cet argent reste dans les mains japonaises.

Il reste à Toshiba la possibilité de revendre Landys & Gyr, l’ex leader Suisse de smart meter acheté 2,3 milliards $ en 2012, sa division d’élévateur ou des unités à forte valeur ajoutée comme sa très lucrative division de Flash Card Memory.

Curieux destin pour cette entreprise dont l’innovation a fait son succès et qui doit vendre tours à tours ses bijoux de famille pour garder un domaine qui lui est contre nature.

 

USA-Chine : Le Combat des Energies Fossiles et Renouvelables

Si Trump fait le pari des énergies fossiles pour stimuler l’Economie et l’emploi US, la Chine, grande consommatrice d’énergies fossiles, table également sur les énergies renouvelables pour créer des emplois et sortir ses villes d’une pollution chronique.

A coup de protectionnisme et de dumping, les deux grandes économies mondiales prennent un chemin opposé. Au final, il devrait y avoir un vainqueur.


Protectionnisme, Dumping et Restriction du marché local

Il y a peine 10 ans, la Chine faisait figure de parent pauvre dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans un renversement de situation fulgurant, Pékin a mis sur pieds un programme d’industrialisation imparable notamment en opérant un transfert de technologie gratuit grâce à la naïveté ou/et la cupidité des dirigeants d’entreprises européennes et américaines venus chercher les promesses de croissance.

La stratégie chinoise a été construite sur des bases de protectionnisme, de complication administrative, de dumping et du blocage de son marché interne. De débutant, la Chine a pris le rôle de leader. Il n’est pas étonnant, que Donald Trump soit tenté d’utiliser les mêmes outils pour favoriser les entreprises américaines.

Ainsi les entreprises occidentales parties vers cet eldorado chinois ont été systématiquement vidées de leur savoir-faire puis achevées sur leur propre marché.

L’éclosion des cleatech chinoises ne doit rien au hasard. Le Gouvernement a investi plus de 100 milliards $ par année, le doubles des USA, pour assurer la main mise sur le secteur.

Aujourd’hui, les acteurs chinois sont 9 dans le top 10 au niveau solaire et 5 dans le top 10 mondial dans l’éolien.


Top 10 producteurs photovoltaïques: Monde 2015
Source: RenewableEnergyWorld.com

Créer des emplois et dominer le monde

Les chinois jouent sur plusieurs tableaux : la création d’emplois et la diminution de la pollution bien sûr, mais Pékin table également sur la maîtrise de la production électrique future et l’aspect géopolitique/militaire avec l’achat d’acteurs énergétiques dans les pays clés. A l’image du Moyen-Orient avec le pétrole, la Chine est devenue la puissance géopolitique/électrique mondiale.

En 2016: les chinois ont réalisé 11 acquisitions stratégiques à l’étranger à plus de 1 milliard $ pour un montant total de 32 milliards $ (+ 12 milliards par rapport à 2015). Ainsi des infrastructures en Allemagne, en Egypte en passant par les USA, la production de lithium au Chili pour les voitures électriques, sont passées en mains chinoises.

Sur les 5 plus grands accords énergétiques mondiaux de l’année écoulée, 4 provenaient de Pékin.

De son côté Donald Trump, mise sur le pétrole pour conserver l’hégémonie militaire américaine et reconstruire les infrastructures du pays pour soutenir l’emploi. Le précieux or noir n’a pas son pareil pour alimenter la mobilité des jets, chars, Humvee, porte-avions ou camions. Mais cette stratégie est trop conservative pour avoir une chance de gagner. Si elle a eu son heure de gloire dans les années 50-70, aujourd’hui chaque jour qui passe s’approche du plateau de production.

 

Part de marché des plus grands producteurs éoliens dans le monde: 2015


PRC: Chine     GE: Allemagne     ES: Espagne
Source: RenewableEnergyWorld.com

L’Europe et la Suisse ?

Alors que l’Europe et la Suisse ne possèdent pas/peu de pétrole, elles ont commis l’erreur irréparable d’abandonner à la Chine leurs industries d’énergies renouvelables.

Sous prétexte de liberté de marché et de libre concurrence, à l’opposé des pratiques chinoises et américaines, l’angélisme de Bruxelles et de Berne a laissé perdre des milliers d’emplois et une ressource stratégique cruciale : l’électricité renouvelable.

On parle déjà de la faisabilité technique pour la Chine de livrer de l’électricité à l’Europe.

 

Selon Bloomberg, la Chine va encore investir plus de 363 milliards $ jusqu’en 2020 dans les énergies renouvelables. Trump devrait en faire autant pour les énergies fossiles. Est-ce que ces deux stratégies ne soulignent-elles simplement pas la différence entre un pays qui se trouve sur une pente descendante et l’autre dont les actions ne font que d’augmenter?

Le temps de lire cet article, Pékin a investi 200’000 € dans les énergies renouvelables et la terre s’en porte déjà mieux ! N’est-ce pas là l’essentiel ?

 

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.

Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Décembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:

– Chine: Entre pic de pollution et énergie
– USA: Trump une équipe Pétro-GoldmanSachso
– Russie: ExxonMobile intéressée à l’Arctique
– Pakistan: 10’000 chinois pour produire de l’électricité
– Schiste US: 114 faillites en 2016 et 57 milliards $ perdus
– Arabie Saoudite: Le Royaume se met au solaire
– Iran: Rush pour signer des accords avant l’arrivée de Trump.

Vous pouvez découvrir cette revue le 1er de chaque mois.


Bonne Année à tous et merci d’être aussi nombreux à suivre la fabuleuse aventure des énergies à travers le monde.

Sacré yoyo pour le pétrole. Après avoir passé par la case 26$, il a doublé pour remonter à 56,13$ à Londres (37,28$ à la fin 2015) et à New York 53.72$  (37,04$ fin 2015).

L’uranium semble avoir touché le fond du trou. Une livre vous coûtera presque le prix d’une pizza à 20.25$ (35,80$ fin 2015).

 

Monde

Décembre a été «anormalement» chaud, avec un écart à la norme 1981-2010 de près de 4 degrés. Au final, la température annuelle en 2016 a dépassé la norme 1981-2010 de 0,4 à 0,9 degré dans la plupart des régions de Suisse.

Annus horribilis pour les super tankers qui transportent plus de 2 millions barils. Le revenu (pas le bénéfice) est passé à 25’000$ par jour soit une baisse de 12% depuis juin. Il en faut du cash pour acheter les 300’000-500’000 lt de pétrole quotidien pour faire tourner ses hélices.

pour terminer cette année en compagnie de Mix-Remix
qui nous a quitté en ce mois de décembre

Europe

Russie

Tex Tillerson, CEO d’ExxonMobil, a rejoint l’équipe Trump. Avant cela, Exxon avait contourné l’embargo pour négocier l’exploration pétrolière dans l’Arctique Russe. Est-ce que le nouveau négociateur en chef échangera l’Ukraine contre le pétrole de l’Arctique?

La Russie qui a produit 11,23 millions b/j en octobre et 11,21 millions b/j en novembre devrait réduire sa production de 300’000 b/j dès janvier pour satisfaire les quotas demandés aux non membre de l’OPEP. Il y a tellement d’ambigüité dans cet accord que la porte reste grande ouverte pour garder le statu quo. Officiellement, la réduction se fera graduellement et Moscou mettra sur pied une commission qui constatera cette baisse. On ne sait pas encore si une autre commission surveillera cette commission.

Gazprom Neft a débuté ses forages en Arctique avec l’aide d’un brise-glace. Le bateau devrait servir d’assistance à la plateforme, d’opération de secours, de bateau pompier et également de réparateur de marée-noire. Grande responsabilité pour un si petit bateau.

Glencore, basé en Suisse et le fonds souverain du Qatar s’offrent une partie du géant russe du pétrole Rosneft. La Russie leur a cédé 19,5% de son capital. L’opération, sans précédent dans ce secteur, rapportera quelque 10,2 milliards d’euros (11 milliards de francs) aux caisses du gouvernement. L’Etat conservera un peu plus de 50% de Rosneft. Le Qatar et Glencore sont réunis à égalité dans un consortium. Le britannique BP détient également une participation.

Suisse

Par le plus grand des hasards, la Conseillère Fédérale Doris Leuthard, opposée à la votation sur l’arrêt des centrales nucléaires d’ici à 2030, aura attendu la fin de la votation pour publier l’étude sur les coûts du démantèlement des centrales nucléaires et de la gestion des déchets : total +10% à 22,8 milliards CHF. La bonne nouvelle c’est qu’il manque encore 11 milliards dans le fonds prévu par les propriétaires de centrales. La même Doris s’est fait vilipendée par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence justement pour son manque de transparence relative aux questions énergétiques et nucléaires.

Axpo, le producteur d’électricité, annonce une perte de 1,25 milliards CHF dont 600 millions disparus dans le trading. On ne sait pas si les traders sont vraiment nuls ou si cela relève d’une stratégie planifiée. Certains indices penchent pour la deuxième option.

De plus, Axpo sur-amorti ses actifs afin de péjorer artificiellement la valeur de l’entreprise. Est-ce que cette technique ne vous rappelle pas Swissair ? Je dis ça mais je ne dis rien.

Axpo va créer une deuxième entité qui regroupera les activités sans risques : renouvelables & services pour laisser les centrales à gaz et les centrales nucléaires dans l’entité actuelle aux mains des pouvoirs publics. Le Président du conseil d’administration a proposé de virer les actionnaires  (les pouvoirs publics) du Conseil d’Administration et de les remplacer par de vrais professionnels comme chez Alpiq.

Les Amériques

Mexique

Pendant que Trump fait joujou avec le mur mexicain et la Chine, Pékin a gagné 2 ventes aux enchères organisées par le Mexique. Les 2 concessions pétrolières représentent les plus beaux bijoux du pays en eaux profondes du Golfe du Mexique. Pied de nez, CNOOC a acheté un champ pétrolier situé à 6,5 km des frontières américaines en misant 6 fois plus que la mise de départ. En vendant 10 lots, le gouvernement mexicain entrera 41 milliards $ sur la durée des contrats.

Les autres champs ont été remportés par BP, le norvégien Statoil, le français Total (qui a également remporté 2 champs), Chevron et ExxonMobil. Shell semble être le plus petit gagnant.

Le pays a accordé 9 contrats d’exploration pétrolière à des compagnies étrangères. Une première pour le pays. Les 9 champs devraient produire 900’000 b/j qui devraient s’ajouter aux 2 millions b/j actuels. C’est la China Offshore Oil Corporation qui a gagné le plus grand lot.

 

USA

En 2017, Google n’utilisera plus que de l’électricité provenant des énergies renouvelables. Actuellement, Google possède 2600 MW d’électricité verte soit 10 fois plus que ses besoins de 2010. En 2015, l’entreprise consommait 5,6 terrawatts heures soit de quoi alimenter la ville de San Francisco. L’entreprise s’est lancée dans ce projet pour des raisons environnementales mais surtout économiques. Les contrats conclus pour les 20 prochaines années sur l’éolien et du solaire sont moins chers que les prix du fossile.

Rex Tillerson, (Rex n’est pas le nom d’un tyrannosaure, mais d’un dinosaure) à la tête d’ExxonMobil, a été nommé Chef de la Diplomatie. On pense que la politique étrangère des USA ne sera absolument pas biaisée sur le sujet du pétrole. Comme depuis 25 ans d’ailleurs. Simplement que là, ce sera encore mieux.

Chevron va investir 19.8 milliards $ en 2017. C’est la 4è année consécutive de baisse d’investissements pour la major pétrolière (-42% depuis 2015).

Le nombre de forage remonte à 498 (316 en mai 2016) alors que 1’609 étaient en activité en juin 2014.

Schiste
Bonanza Creek Energy, Inc, Memorial Production Partners LP, Forbes Energy Services sont les dernières entreprises de schiste à entrer dans la liste des 114 entreprises qui ont fait faillite cette année pour un montant de 57 milliards $. Voici la liste dans le rapport de Haynes Boone.

Avec la vente de 450 millions $ de certains champs, Chesapeake Energy, Oklahoma, recherche 750 millions $ pour pouvoir repayer sa dette de 1,2 milliard $. Des investisseurs volontaires ? Si oui, contacter la Banque Nationale Suisse gros actionnaire de cette entreprise pionnière dans le schiste.

Rice Energy a reçu une amende de 3,5 millions $ pour avoir enfreint les lois sur 10 forages et 6 pipelines. Dès l’année prochaine, l’entreprise pourra vaquer à ses occupations sans plus se soucier de l’environnement grâce à la venue de Trump.

Rick Perry prochain directeur du département de l’énergie USA, département qu’il voulait supprimer en 2012.

 

Canada

Alors que l’équipe du président Trump a demandé la liste de toutes les personnes qui ont participé aux négociations sur le climat, certains canadiens ont proposé aux scientifiques américains de backuper leurs recherches et leurs données en-dehors des USA de peur de voir disparaître une partie de ces documents.

D’un côté, le premier ministre Justin Trudeau a proposé un pacte sur le climat aux provinces canadiennes et de l’autre côté 2 pipelines ont été acceptés. Du côté de l’Alberta et des sables de schiste, la légère hausse des prix du baril relance déjà les projets. L’entreprise Cenovus va passer à la phase G à Christina Lake pour extraire 50’000 barils/jour alors que Canadian Natural relance l’extraction à Kirby North avec 40’000 b/j.

La Canadian Association of Oilwell Drilling Contractors prévoit une augmentation de 31% du nombre de forages à 4’665. En 2014, ce chiffre dépassait les 10’000.

 

Brésil

Petrobras, la compagnie pétrolière nationale, a conclu un accord avec la China Development Bank pour un montant de 5 milliards $. En échange, Pétrobras livrera 100’000 b/j pendant 10 ans à des prix  super minis.

Le géant français TOTAL a investi 2,2 milliards $ pour avoir accès à 2 champs pétroliers en haute mer.

 

Venezuela

Le pays, membre de l’OPEP, continue sa descente au point que le département américain a averti ses citoyens qu’il est dangereux de vivre ou de visiter le pays.

La compagnie pétrolière nationale a mis en gage sa participation dans US Citgo Oil. Cette entreprise était la dernière richesse et a été rachetée par la Russie. La production pétrolière devrait bientôt s’arrêter dans le pays.

Asie

Chine

Pékin a commandé 164 avions Boeing et la Chine aurait encore besoin de 6’000 avions supplémentaires durant les 20 prochaines années. Ce deal pèsera de tout son poids dans les discussions avec Trump surtout qu’Airbus fait tout aussi bien l’affaire.

La Chine continue de faire des emplettes et de rafler tout le pétrole qui reste à travers le monde. En cette fin d’année, le Brésil, le Kurdistan et Curaçao ont conclu des accords.

Un demi-milliard de chinois ont été affectés par une pollution géante qui recouvre 24 villes au nord-est du pays. L’alerte rouge est déclenchée lorsque le taux de pollution de l’air est trop important. Même les compteurs n’ont pas été prévus pour ce niveau. 217 vols ont été annulés le 20 décembre. Plus tôt dans le mois, les habitants de Chengdu ont manifesté pour que les politiques trouvent des réponses. Ils ont reçu une réponse musclée de la police. Le smog atteint son peak en hiver alors que les centrales à charbon carburent pour produire l’électricité des chauffages.

1’200 entreprises dans la région de Pékin ont dû cesser leur production pour limiter la pollution. Dès 2018 des taxes vont pénaliser les entreprises les plus polluantes. Le pays brûle annuellement 4 milliards de tonnes de charbon et 20 millions de nouvelles voitures rejoignent les routes.

Alors que les USA ont commencé à exporter leur pétrole, PetroChina a importé 2 millions barils en décembre. BP a également expédié 3 millions barils de schiste.

La Chine a abandonné son statut de plus grand propriétaire de la dette américaine. Pékin ne possède plus que 1 trillion 120 milliards $ (-41,3 milliards en octobre) ou 1’120 milliards $. Le Japon prend la tête avec 1’130 milliards $ de bonds américains. La raison est à chercher du côté de la volonté de Pékin de soutenir sa monnaie, le Renminbi, avec la vente de dollars.

Alors que l’air est toujours irrespirable à Pékin et d’autres villes, le gouvernement stresse l’importance de continuer une croissance en prenant compte l’environnement. En quelques années, la Chine a rapatrié chez elle la quasi-totalité des emplois mondiaux dans le domaine du solaire et elle réalise le même processus avec l’éolien.

Japon

Les plans pour retirer les 566 barres d’uranium dans le Réacteur 3 de la Centrale de Fukushima sont pour l’instant arrêtés. Initialement prévu pour janvier 2018 (il s’agit bien de 2018), un nouveau calendrier n’a pas encore été défini. L’opérateur Tepco a de la peine à enlever les débris radioactifs autours du réacteur.

Inde

L’Inde a demandé au Nigeria d’augmenter ses livraisons de pétrole de 20%. L’Inde est en train de suivre un chemin identique à la Chine avec l’augmentation de la consommation d’énergie.

Le Premier Ministre Modi a retiré du marché les plus grands billets de banque afin de limiter la corruption. Alors que le cash représente 80% des échanges, pour l’instant cette initiative freine l’économie. Les payements d’essence peuvent toujours se faire avec ces billets.

 

Pakistan

A son arrivée au pouvoir, Nawaz Sharif avait promis de diminuer les pannes d’électricité qui représentaient 12 heures par jour. C’est la Chine qui va s’occuper de cela avec 10’000 employés chinois qui sont en train de construire des centrales à gaz, charbon et hydro financées par Pékin à hauteur de 21 milliards $. Durant les 2 années, la production devrait augmenter de 10’000 Megawatts (+60%). La Chine se présente comme un acteur incontournable de l’Energie et fait face au géant américain GE.

Moyen-Orient

Il y a 40 ans, les exportations du Moyen-Orient étaient supérieures à aujourd’hui alors que la production de l’OPEP vient de toucher un record à 34,14 millions b/j. Magie? Est-ce encore un coup de Bolloré? Pas vraiment, la consommation interne des pays a été multipliée par 6 en 40 ans. De 1,5 million b/j en 1976, ils en consomment 9.6 cette année ce qui réduit la propension à l’exportation.

 

Arabie Saoudite

Ryad pense que le prix du baril va augmenter en 2017 et va faire «ce qu’il faut »  « whatever it takes » dans le texte pour que son souhait se réalise. Pour l’instant, l’Arabie continue de pomper à plein régime en direction de l’Asie et combattre ses concurrents (Russie, Iran, Irak) et diminue ses exportations en direction des USA.

C’est la première fois depuis la découverte du pétrole dans le pays, que le Royaume fait face à un défi de la sorte. Bien que le pays atteint un record de production (+11 millions b/j), il a été nécessaire creuser de nombreux nouveaux puits pour maintenir la production actuelle. Si l’on ajoute le fait que Ryad vend des actions de sa compagnie pétrolière nationale, on a comme l’impression que l’Arabie arrive au bout de quelque chose.

La vente de 5% des actions de la compagnie pétrolière nationale Aramco pourrait ramener 100 milliards $ dans les caisses de l’Etat. La détérioration des relations entre l’Arabie et les USA pourraient écarter les Loups de Wall Street de ce deal.

Alors que le pétrole rapporte de juteux profits, de plus en plus d’argent est nécessaire pour garder une certaine stabilité politique sur les 30 millions d’habitants. A 50$ le baril, les vrais coûts du pétrole, sont supérieurs aux coûts d’extraction.

Si la baisse de la production de Ryad sera remplacée par le schiste américain et le prix du baril stagne, le Roi Salman devra revoir sa copie.

Le gouvernement va encore augmenter les prix des carburants qui sont déjà passés de 15 ct à 20 ct le litre durant cette année.

L’avenir de l’Arabie semble passer par l’énergie solaire. Ryad va lancer une offre pour 500 Mégawatt durant Q1/2017. Les prix devraient atteindre les 3 ct kWh. En été, l’Arabie utilise plus de 900’000 b/j de pétrole pour générer de l’électricité pour l’air conditionnée.

Le pays essaie désespérément de diversifier son économie. Le Roi a inauguré un nouveau complexe minier de 35 milliards $ et désire augmenter la plus-value de son pétrole en vendant des produits pétrochimiques transformés à la place d’essences et de carburants. C’est peut-être cela le début du peak oil. Utiliser l’or noir pour des produits à valeur ajoutée au lieu de carburants moins cher que du Coca-Cola.

 

Iran

Les grands acteurs pétroliers américains poussent pour vendre leurs services à Téhéran. Schlumberger était présent en 1979 et désire entrer officiellement en relations d’affaires avec le pays. Bien que par le passé, elle a payé une amende de 233 millions $ pour avoir vendu des services via sa succursale basée stratégiquement aux Caraïbes ainsi que l’interdiction de 3 ans d’entrer en Iran. L’Iran pourrait être une terre d’asile pour toutes ces entreprises qui se sont cassé les dents sur le schiste aux USA.

Téhéran désire attirer 60 milliards $ pour développer son industrie pétrochimique. L’objectif est de transformer les 159 litres d’un baril bon marché de pétrole en un liquide à forte valeur ajoutée. Même un litre de Coca-Cola est plus cher qu’un litre de pétrole.

Irak

Bagdad annonce une production de 4,051 millions b/j. et les quotas de l’OPEP limiteraient à 4,351 millions b/j. La question est de savoir qui va réduire sa production (Kurdes ou Chiites) et qui va supporter la perte de revenus. En vadrouille dans le Sud du Pays à Basra, le premier ministre al-Maliki c’est fait violemment rabroué par les Shiites. La pétrolière russe Lukoil prétend qu’elle n’a reçu aucune directive pour diminuer sa production dans le Sud.

Au Nord, une fuite d’e-mails, une mode venue des USA, indique qu’ExxonMobil a décidé de se retirer en partie de ses champs pétroliers du Sud à cause de résultats décevants et un retour sur ses 1,1 milliards $ investi plus que moyen. Un appel du Nord Kurde avec des accords financièrement plus intéressants font également pencher la balance. Comme le big boss d’ExxonMobil a rejoint le gouvernement Trump, il sera intéressant de voir à quelle sauce l’Irak va être mangée.

Après un siècle de présence dans le pays, Shell évalue la possibilité de se retirer d’Irak. Les accords avec le gouvernement ne rapportent pas assez d’argent. Shell possède 45% dans le champ pétrolier de Majnoon qui produit 200’000 b/j.

Dessin Chappatte: hommage à Mix & Remix

Afrique

Libye

La National Oil Company confirme la réouverture des champs pétroliers de Sharara et El-Feel après 2 années de blocage par les milices locales. Les deux champs produisent 420’000 b/j ce qui propulserait la production à 720’000 b/j dès janvier. Le gouvernement espère 1,1 million b/j. La Libye n’est pas tenue au qota de l’OPEP et pourrait contrarier les plans de retirer 1,8 million b/j du marché.

L’Egypte pourrait aider la Libye à extraire du pétrole. L’Egypte a un fort besoin pétrolier pour ses 95 millions d’habitants.

 

Soudan du Sud

Pour la première fois depuis son indépendance en 2011, la famine touche la capitale Juba. Le pays producteur de pétrole n’arrive toujours pas à partager les revenus entre sa classe dirigeante et son peuple. Un peu comme dans tous les pays producteur de pétrole d’ailleurs. 3 millions de personnes ont dû partir de leur maison depuis 2013.

 

Nigeria

Le pays serait remonté à 1,8 million b/j  (1,5 en août) Le président Buhari espère 2,2 millions b/j en 2017 malgré le quota de l’OPEP.

 

Phrases du mois

I know the guys at Goldman Sachs. They have total, total control over Ted Cruz. Just like they have total control over Hillary Clinton.” Donald Trump, février 2016.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

Trump: Le Nouveau Plan Marshall Américain

«Make America Great Again.» A l’énoncé de ce slogan, la nostalgie des années 50-60 vient automatiquement à l’esprit. Le plein-emploi, les hauts fourneaux sidérurgiques nécessaires à la construction d’infrastructures géantes et aux courbes infinies des Cadillac qui sillonnaient les rues afin d’afficher sa réussite sociale.

Une époque où le pétrole plafonnait à 2$ le baril, où le charbon et le gaz n’en valaient pas autant. Une époque où King Hubbert n’avait pas encore découvert le peak oil, où les journaux ne parlaient pas de pollution et de réchauffement climatique.

Pour tenter de réaliser ce rêve, Trump va devoir trouver d’énorme quantité d’énergie et de financement pour alimenter les moteurs de la croissance et de l’emploi. La composition de son cabinet témoigne de cette stratégie.


Jusque dans les années 70, les USA étaient le plus grand producteur mondial de pétrole avant de se faire rattraper par le peak oil. Aujourd’hui, Trump ambitionne d’aller chercher les 50 trillions $ de pétrole, de gaz et de charbon qui se trouveraient encore dans le sol US, sur les côtes, dans les océans, dans les réserves naturelles ou en Alaska et de sécuriser les importations avec des alliances stratégiques.

Pour se faire le président Trump a choisi Rex Tillerson, le CEO de la plus grande major pétrolière mondiale : ExxonMobil. Son expérience sera précieuse pour convoiter les champs pétroliers non exploités à travers le monde, notamment en Russie. Sur ce terrain, les américains vont se heurter frontalement aux chinois qui raflent depuis 10 ans toutes opportunités de l’Afrique à l’Amérique du Sud en passant par les USA-eux mêmes.

 

Drill, baby drill

A l’interne, les Agences de l’Energie et de la Protection de l’Environnement ont été mises dans les mains expertes de Scott Pruitt, un lobbyiste pétrolier et climato sceptique virulent et Rick Perry, gouverneur du très pétrolier Etat du Texas.

Les deux hommes vont s’atteler à détricoter et abolir les réglementations mises en place par Obama afin de permettre l’extraction par tous les moyens des dernières gouttes de pétrole, de gaz et de charbon.

 

Le président Trump s’appuie sur le monde de la finance.

Le président s’est tout naturellement tourné vers l’institution financière la plus influente dans le monde de l’énergie : Goldman Sachs.

Ainsi Gary Cohn et Steven Mnuchin auront la tâche de rallier les grandes institutions bancaires afin de financer ce Plan Marshall de l’énergie. Toutes les institutions financières américaines devraient jouer le jeu, même si cette année 70 milliards $ ont été passés dans les comptes “pertes et profits” suite aux faillites dans le schiste et alors que 200 milliards $ se sont évaporés dans la branche pétrolière US depuis la crise de 2014.

Pour compléter le round d’investissements, les institutions étrangères vont être sollicitées et des coups de pouce devraient provenir des financiers les plus actifs dans ce domaine comme la Deutsche Bank, les français BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole.

En Suisse Donald Trump pourra compter sur l’UBS et le Crédit Suisse, acteurs incontournables du schiste et du charbon aux USA, ainsi que sur l’appui inconditionnel et quasi religieux de Jean Studer, Président de la Banque Nationale Suisse (BNS).

La BNS est déjà l’un des plus grand actionnaire mondial d’ExxonMobil. Les actifs de la Banque dans le charbon et le schiste américain se chiffrent en milliards $. Magnifique destin de cet homme politique méconnu des montagnes neuchâteloises qui devient l’un des acteur de la politique énergétique de Washington.

 

Les Révolutions d’Internet et des Energies Renouvelables

Dans sa thèse de doctorat de 2008, Vladimir Poutine, soulignait “l’importance pour la Russie de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières afin de restaurer la puissance mondiale du pays“.

En 2002, la synthèse géostratégique de Robert Ebel soulignait: «Le pétrole alimente plus que les automobiles et les avions. Le pétrole alimente la puissance militaire, les finances nationales et la politique internationale. Il est déterminant pour le bien-être, la sécurité nationale et la puissance internationale pour ceux qu’il le possède et l’inverse pour ceux qui n’en n’ont pas.»

Ces pensées ne datent que de quelques années, mais elles ont été rattrapées par l’émergence stratégique des nouvelles technologies. Quelque soit la volonté de Washington, les énergies renouvelables gérées par l’internet sont en train de bousculer les certitudes, la géopolitique énergétique et les modèles d’affaires.

Si le balancement des USA se confirme, la place sera ouverte aux nations qui sauront en extraire le potentiel et maîtriser ces technologies. La fenêtre d’opportunité ne pourrait durer que 4 ans, mais nombreux sont ceux qui vont vouloir s’y engouffrer.

Là encore, la Chine ainsi que tous les autres pays qui ne possèdent pas de pétrole, ont toutes les cartes en main pour se profiler. La politique de Trump va offrir de magnifiques opportunités pour prendre la place des entreprises américaines ou pour les accueillir sur notre territoire.

Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

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